Le Dourduff-en-Mer est un hameau situé à l'ouest de la commune de Plouezoc'h, dans le nord du Finistère, en Bretagne.

Description du hameau C'est un hameau et un port qui dépend de la commune de Plouezoc'h. En 1901, il est indiqué que ce hameau a J. Meyrat, "Dictionnaire national des communes de France et d'Algérie. Postes, télégraphes, téléphones et chemins de fer", Deslis frères, Tours, 1901, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56983577/f248.image.r=Dourduff.langFR.

En 1892, Albert Clouard en fait la description suivante :

Le port et les activités maritimes Un sillon de galets formant poulier barre partiellement l'embouchure du Dourduff au niveau de sa confluence avec la Rivière de Morlaix et forme un havre qui a permis la naissance d'un port qui fut très actif par le passé. Le Dourduff-en-Mer, dénommé anciennement Le Dourduff, possédait des chantiers navals, qui construisirent par exemple en 1497 à la demande de François II de Bretagne La Cordelière (dénommée initialement La Nef de Morlaix puis la Mareschalle puis la Nef de la Royn), une caraque de 700 tonneaux, première frégate à deux batteries construite en Bretagne, commandée par Hervé de Portzmoguer, que le navire anglais la Régente coula corps et biens le au large de la pointe Saint-Mathieu.

Cet abri naturel a aussi servi maintes fois de cachette pour des navires hostiles :

En 1650, Yves Simon de Penanger, aïeul et curateur d'Yves de Goesbriant, donnait l'autorisation à deux pêcheurs de Penzez [Penzé] de faire la pêche aux crevettes dans le Dourduff moyennant 20 livres par anJournal Ouest-Éclair n°8668 du 13 juillet 1925, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k584930v/f1.image.r=Dourduff.langFR.

En 1830 la station de Plouezoc'h avait 3 pilotes et un aspirant.. En 1887 les pilotes de Locquénolé et Plouezoc'h (en fait du Dourduff-en-Mer) avaient le droit exclusif de conduire les bateaux depuis la Rade de Morlaix jusqu'au port de Morlaix et vice-versa, mais avaient aussi le droit de les piloter jusqu'au Bas de la rivière de Penzé, l'anse de Pempoul, Roscoff et l'Île de Batz..

Le Dourduff fut un port réputé pour l'exportation des toiles et connut d'importantes activités ostréicoles jusque dans la décennie 1950 ; l'ostréiculture y subsiste, mais l'activité est réduite depuis la maladie de l'huître plate survenue alors.. Ce fut aussi un important port de pêche côtière. Un quai en 1874 et un débarcadère destinés à faciliter le débarquement des engrais marins en 1880 y furent aménagés"Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère, avril 1874, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55620363/f7.image.r=Dourduff.langFR, avril 1877, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5562884x/f199.image.r=Dourduff.langFR et avril 1880, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56879265/f21.image.r=Dourduff.langFR. La desserte ferroviaire (ligne de Morlaix à Primel Tregastel) mise en service en 1912 (un accident ferroviaire concernant un train à destination du Dourduff-en-Mer survint le à la gare de Ploujean, faisant au moins deux morts et plusieurs blessés gravesJournal Le Gaulois n°12707 du 29 juillet 1912, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k535503s/f3.image.r=Dourduff.langFR et n°12708 du 30 juillet 1912, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5355045/f2.image.r=Dourduff.langFR) par les Chemins de fer armoricains, reprise ensuite par la Compagnie des Chemins de fer départementaux du Finistère, ferma dès 1935, mais assura une prospérité au Dourduff-en-Mer, où une gare existait, pendant cette période.

En 1922, 58 bateaux de pêche sont armés pour les trois ports de Primel, Térénez et Le Dourduff-en-MerJournal Ouest-Éclair n°7589 du 14 août 1922, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k583866k/f5.image.r=Dourduff.langFR. En 1924, le journal Ouest-Éclair écrit, parlant de la pêche au lieu jaune : « Les marchandes du Dourduff-en-Mer les apportent par paniers à l'arrivée du petit train, à la sortie de la Manufactures des Tabacs, etc. »Journal Ouest-Éclair n°8227 du 24 mars 1924, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k584454h/f3.image.r=Dourduff.langFR. Pendant l'Entre-deux-guerres, le journal Ouest-Éclair publie fréquemment des articles évoquant l'abandance des prises et la prospérité du port : « Les huitres du Dourduff-en-mer sont servies sur les tables de la capitale »Journal Ouest-Éclair n°9147 du 8 novembre 1926, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6117709/f7.image.r=Dourduff.langFR, « Les tournées en rade [de Morlaix] continuent à être fructueuses pour les flottilles du Dourduff-en-Mer et de Locquénolé, (...) le trafic de marchandises est intense (...) par le petit train soit à l'arrêt du Dourduff-en-mer, soit à MorlaixJournal Ouest-Éclair n°9358 du 7 juin 1927, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k611981n/f7.image.r=Dourduff.langFR, « Les marchandes du Dourduff apportent chaque jour à Morlaix du lieu bien frais et du maquereau qui sont très vite vendus à la descente du petit train »Journal Ouest-Éclair n°10193 du 24 septembre 1929, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k623848d/f8.image.r=Dourduff.langFR, « Les huîtres du Dourduff-en-Mer sont très demandées. Beaucoup d'ormeaux, de praires, de merlus »Journal Ouest-Éclair n°8842 du 3 janvier 1926, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k611461d/f8.image.r=Dourduff.langFR, « il a été pris des lieus de belle taille et qui se vendent un prix très élevé au marché de Morlaix. Les huîtres plates du pays sont d'un bon rendement. Les coquilles Saint-Jacques prises à la drague se vendent facilement. La menue cueillette de palourdes, bigorneaux et coques est d'un bon rendement »Journal Ouest-Éclair n°10325 du 3 février 1930, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6239802/f10.image.r=Dourduff.langFR, etc.

Un projet de bassin à flot fut lancé par l'ingénieur La Force en 1772, mais n'aboutit pas. L'absence d'aménagement a permis la conservation du palud (marais maritime) ; le hameau a aussi conservé la "Maison du corps de garde", devenue "Vigie de la douane" au ., et qui abrite désormais la "Société des Régates du Dourduff-en-Mer".

Des corps morts destinés à faciliter l'amerrissage des hydravions furent installés au Dourduff-en-Mer en 1933Journal Ouest-Éclair n°13234 du 30 janvier 1933, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6250727/f7.image.r=Dourdu.langFR.

Autres aspects historiques

Hervé du Bois est seigneur du Dourduff en Plougoulm selon un aveu de 1540 ; il relève de la juridiction de LesnevenRené Kerviler, "Répertoire général de bio-bibliographie bretonne", J. Plihon et L. Hervé, Rennes, 1886, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58160499/f139.image.r=Dourduff.langFR. Cette famille est d'ailleurs parfois dénommée "Du Bois-Dourduff" : par exemple une Marguerite Du Bois-Dourduff épouse Pierre de Kerléau au début du Pol Potier de Courcy, "Nobiliaire et armorial de Bretagne", édition 2, tome 2, 1862, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5406239c/f42.image.r=Dourduff.langFR.

"Du Dourduff" ou "Du Dourdu" était aussi le nom d'une ancienne famille déclarée d'extraction noble par l'arrêt du René Kerviler, "Répertoire général de bio-bibliographie bretonne", tome 12, J. Plihon et L. Hervé, Rennes, 1886, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58202999/f317.image.r=Dourduff.langFR.

Josias-Claude-Michel Le Gac de Lansalut, né le , était seigneur du dit lieu, de l'Île-Crékan et du DourduffFrançois-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois et Jacques Badier, "Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France", édition 3, tome 8, 1863, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5424931d/f390.image.r=Dourduff.langFR

Littérature François-Marie Luzel dans une nouvelle intitulée Le pêcheur qui vendit son âme au diable, qui fait partie du recueil Veillées bretonnes paru en 1879 parle à plusieurs reprises du DourduffL'Alliance française illustrée, 15 octobre 1894, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57387183/f12.image.r=Dourduff.langFR et 15 décembre 1894, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57387205/f9.image.r=Dourduff.langFR. L'auteur a repris une vieille légende des environs de Morlaix qui racontait qu'un pêcheur du Dourduff, se trouvant un jour seul sur sa barque en pleine mer était à songer tristement à son malheureux sort lorsqu'il entendit un grand bruit et vit un cavalier tout habillé de rouge surgir des flots, faisant jaillir le feu de ses quatre pieds et de ses narines, et qui marchait sur la mer. Ce cavalier était le diable qui venait proposer au pêcheur de lui vendre son âmePaul Sébillot, "La mer et les eaux. Les personnages qui marchent sur la mer", Revue des traditions populaires, avril 1899, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5833523d/f3.image.r=Dourduff.langFR. Pierre Maël a publié en 1899 un roman Seulette dont l'action se déroule principalement au Dourdu (Le Dourduff-en-Mer)Pierre Maël, "Seulette", 1899, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5773316f/f305.image.r=Dourdu.langFR.

Notes et références

Voir aussi Article connexe Plouezoc'h

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