La fosse Notre-Dame, également orthographiée Notre Dame, de la Compagnie des mines d'Aniche est un ancien charbonnage du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Waziers. Les travaux de fonçage commencent en 1856, lorsque la fosse Gayant toute proche commence à produire. La fosse Notre-Dame commence à produire en 1860. La fosse est riche et productive d'après Émile Vuillemin, qui précise en 1878 que la fosse a produit de houille depuis sa mise en service.

Un second puits est ajouté à partir de 1905 ou 1907, c'est également à cette époque qu'est ajouté un second puits productif à la fosse Gayant. La fosse est détruite pendant la Première Guerre mondiale. Après sa reconstruction, des cités sont construites à proximité de la fosse, ainsi que des écoles et une église.

La Compagnie des mines d'Aniche est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe de Douai. la fosse Notre-Dame est concentrée sur la fosse Gayant en 1953. Dès lors, le puits Notre-Dame 1 cesse toute activité, alors que le puits 2 assure le retour d'air et le service pour la concentration. Il est approfondi en 1964 à et doté d'un nouveau chevalement à molettes superposées, l'ancien ne suffisant plus face à la profondeur du puits. La fosse cesse toute activité en 1977, la concentration Gayant le . Les puits, profonds de 542 et , sont remblayés en 1978, et les chevalements respectivement détruits en octobre et .

Le site est reconverti en entrepôts de logistique. Au début du , Charbonnages de France matérialise les têtes des puits Notre-Dame 1 et 2, et y installe des exutoires de grisou. De nombreux bâtiments existent encore, ainsi que le terril cavalier 252, les cités (bien que quelques rues aient été démolies), l'église Notre-Dame des Mineurs, et les écoles. En 2009, le centre médical et les écoles sont inscrits aux monuments historiques, les presbytères français et polonais le sont en 2010, l'église Notre-Dame des Mineurs est classée la même année. La cité-jardin de la Clochette à Douai, la cité pavillonnaire Notre-Dame, le groupe scolaire, le patronage, l'église Notre-Dame des Mineurs, ainsi que les presbytères français et polonais, à Waziers, ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco.

La fosse

Alors que la production commence à la fosse Gayant, la Compagnie des mines d'Aniche décide d'ouvrir une nouvelle fosse, également dotée d'un seul puits.

Fonçage

La fosse Notre-Dame est ouverte à au sud-est de la fosse Gayant, à Waziers, près des limites avec Sin-le-Noble. Le puits est commencé en 1856 à l'altitude de . Le diamètre du puits est de dans la partie cuvelée et dans sa partie non cuvelée. Le cuvelage est en fonte de 4,10 à . Le terrain houiller a été atteint à , ou à .

thumb|left|La fosse Notre-Dame au cours de la seconde moitié du . Exploitation

La fosse commence à extraire en 1860. La fosse Dechy a été commencée en 1859 à au sud-est et commence à produire en 1863. Les fosses Saint-René et Bernicourt sont également commencées dans la décennie. La Compagnie des mines d'Aniche exploite alors intensivement la partie occidentale de sa concession, tout en continuant d'ouvrir des fosses dans sa partie orientale.

En 1878, Émile Vuillemin indique que la fosse Notre-Dame est très riche et productive, et a alors produit depuis son ouverture de houille. Le puits est alors profond de , et comporte en conséquence trois accrochages établis à 198, 235 et .

Vers 1886, le dernier accrochage de la fosse Notre-Dame est situé au niveau de . Ses bowettes nord s'étendent jusqu'à la veine Marcel, qui paraît soumise à l'influence des glissements horizontaux constatés à la fosse Bernicourt, sise à au nord. Au sud, la bowette de l'étage de a dépassé la veine 10 ou Claire, et a recoupé les veines 11, 12 et 13.

Le puits Notre-Dame 2 est commencé en 1905 ou 1907, à au nord du premier puits. Son diamètre est de , comme les puits Gayant 1 et 2. Le cuvelage est en fonte de 1,30 à . Le terrain houiller a été atteint à . La fosse est détruite durant la Première Guerre mondiale.

thumb|left|La fosse Notre-Dame vers 1955. La Compagnie des mines d'Aniche est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe de Douai. Le puits Notre-Dame 1 assure le retour d'air, et son dernier accrochage est établi à . Le puits Notre-Dame 2 est entrée d'air, et accroché à . Tous deux assurent en plus le service et l'extraction. L'année suivante, une bowette est creusée en direction de la fosse Puits du Midi, sise à Sin-le-Noble à au sud-sud-ouest. C'est également en 1947 que commence le fonçage de ce siège post-nationalisation. L'étage de est alors celui de la concentration Gayant.

La fosse Notre-Dame est reliée à la fosse Gayant par une bowette en 1953. À cette date, la production de la fosse Notre-Dame est remontée par le puits Gayant 1. Le puits Notre-Dame 1 est définitivement arrêté, quant au second puits, il assure le retour d'air et le service. Celui-ci est d'ailleurs approfondi à en 1964. Le puits 2 est par cette occasion équipé d'un chevalement à molettes superposées, comme le puits Gayant 2, et une machine d'extraction à poulie Koepe de remplace la précédente machine d'extraction, qui fonctionnait encore à la vapeur, puisque les installations ne suffiraient plus à la suite du ravalement du puits. La machine d'extraction et son bâtiment, datant de 1948, proviennent de la fosse 4 - 4 bis des mines de Nœux, sise à Hersin-Coupigny et récemment fermée. Ils sont démontés et réinstallés au puits Notre-Dame 2.

La fosse ferme en 1977, la concentration Gayant cesse, quant à elle, toute activité le . Les deux puits, respectivement profonds de 542 et , sont remblayés en 1978. Ils étaient dotés d'accrochages à 198, 235, 281, 341, 441 et . Le puits Notre-Dame 2, le plus profond du Groupe de Douai, avait en plus des étages d'extraction établis à 576, 613, 650, 677, 727 et . Les puits 1 et 2 ont alors comporté respectivement six et douze accrochages.

Les chevalements sont respectivement abattus en octobre et . Catastrophe

Reconversion

Au début du , Charbonnages de France matérialise les têtes des puits Notre-Dame 1 et 2, et y installe des exutoire de grisou. Le BRGM y effectue des inspections chaque année. Les puits sont situés dans des hangars.

Bien que la partie extractive ait été démolie, il subsiste de nombreux bâtiments annexes : les bureaux, l'atelier, le magasin, les lavabos, la lampisterie, la chaufferie, la salle des machines du puits Notre-Dame 2 (qui provient de la fosse 4 - 4 bis des mines de Nœux), la maison du garde et les garages, ainsi qu'une bonne partie des murs d'enceinte. Certains de ces bâtiments sont difficilement décelables, car intégrés aux hangars de la société de logistique Bils Deroo.

L'APPHIM, association pour la protection du patrimoine historique industriel et minier, demande le classement aux monuments historiques de ces bâtiments.

Le terril thumb|Le terril cavalier du siège Notre Dame commence près de la fosse.

Le terril 252, Cavalier du siège Notre Dame, situé à Sin-le-Noble, est le terril cavalier de la fosse Notre-Dame des mines d'Aniche. Il est entièrement boisé.

Les cités

La Compagnie des mines d'Aniche a bâti d'immenses cités afin de loger ses mineurs de la fosse Notre-Dame. Les habitations reprennent à peu près tous les modèles de la Compagnie. Une partie des habitations a été démolie. La cité-jardin de la Clochette et la cité pavillonnaire Notre-Dame font partie des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. Elles constituent le site 25.

thumb|L'église. L'église Notre-Dame des Mineurs

L'église Notre-Dame des mineurs de Waziers étant située au centre de la commune, la Compagnie a fait construire une grande église, qui marque le cœur de la cité. Louis Marie Cordonnier fait ériger une église dont l'intérieur rappelle les galeries d'une mine. L'édifice est long de soixante mètres, et large de vingt mètres. Mille-cinq-cents personnes peuvent s'y assoir. Les travaux commencent en 1923, l'église est bénie en par l'archevêque de Cambrai.

Sous l'influence du prêtre polonais François Wojtyla, l'Archidiocèse de Cambrai cède la gestion de l'église à l'association de sauvegarde de l'église Notre-Dame des Mineurs de Waziers en 2001. Dès lors, l'église reprend vie, puis est rénovée. L'église en totalité est classée aux monuments historiques par arrêté du , elle est propriété d'une association diocésaine. L'église est classée depuis le au patrimoine mondial de l'Unesco.

thumb|Les presbytères.

Les presbytères français et polonais

Les presbytères forment une unique maison constituée de deux habitations dont les façades sont différentes, et remarquables par la quantité de détails architecturaux. Par arrêté du , les façades et les toitures des presbytères sont inscrites aux monuments historiques. Ils sont encore habités, et sont propriété d'une association diocésaine. Les presbytères français et polonais sont classés depuis le au patrimoine mondial de l'Unesco.

thumb|left|Les écoles. thumb|Le centre médical. Les écoles

Des écoles ont été construites à l'extrémité nord des cités, près des cités de la fosse Gayant. Ce modèle est typique de la Compagnie d'Aniche. Les façades et les toitures ont été inscrites par arrêté du , et sont propriété de la commune. Les écoles sont classées depuis le au patrimoine mondial de l'Unesco.

Le centre médical

Le centre médical et de patronage des cités de la fosse Notre-Dame a été reconverti en centre social. Par arrêté du , les façades et toitures sont inscrites aux monuments historiques. Le centre social est la propriété de la commune. Le patronage est classé depuis le au patrimoine mondial de l'Unesco.

Notes et références

Notes

Références

Références aux fiches du BRGM

Références à

Références à

Références à

Références à

Références à

Références aux dossiers concernant la renonciation à la concession d'Aniche par Charbonnages de France

Voir aussi

Articles connexes Compagnie des mines d'Aniche Groupe de Douai Liste des monuments historiques du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais Liste des biens du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais classés au patrimoine mondial de l'Unesco, site 25 Liste des puits de mine les plus profonds du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais

Bibliographie

Notre-Dame Aniche Notre-Dame Catégorie:Mine monument historique en France