droite |vignette| Affiche touristique de 1950 promouvant le tourisme et le thermalisme dans les Pyrénées béarnaises Le tourisme dans les Pyrénées est un secteur économique important pour le massif pyrénéen. Il permet la création de nombreux emplois, ainsi que l'apport de fonds nécessaires au développement de la région.

Le tourisme en général représente une part non négligeable de l'économie des trois pays qui se partagent le massif, notamment pour la France et l'Espagne. En effet, ces deux pays apparaissent régulièrement en haut des classements des pays les plus visités au monde. Le tourisme en Espagne (sur l'ensemble du territoire, pas seulement dans les Pyrénées) représente 12,8% du PIB national.

Le tourisme pyrénéen s'est bâti progressivement. Durant l'Antiquité, il ne dépassait guère le cadre du thermalisme. Au Moyen Âge, il s'est élargi avec le pèlerinage de Compostelle, et plus tard, avec les randonnées pédestre, l'alpinisme et le pyrénéisme, le cyclisme, les sports d'hiver, etc. Son passé a été marqué par de nombreuses civilisations et peuples au fil des époques et selon les espaces. Il en demeure aujourd'hui des traces importantes, participant à la création d'un tourisme culturel. Les patrimoines culturel et naturel du massif sont entre autres reconnus par l'ONU avec l'inscription de trois biens au patrimoine mondial de l'UNESCO. On retrouve le mont Perdu, la vallée du Madriu-Perafita-Claror et les églises romanes catalanes de la Vall de Boí.

Cependant, les problématiques actuelles liées au climat, à la démographie ou encore à l'économie poussent à ré-envisager le tourisme afin de le raccorder aux enjeux actuels. De même, ces contraintes engendrent une baisse du tourisme dans certains secteurs, en particulier dans les stations de sport d'hiver à cause de la raréfaction de la neige sur les pistes.

Histoire du tourisme pyrénéen

Antiquité Les premières traces de tourisme dans le massif pyrénéen se concentrent d'abord autour du thermalisme, et plus précisément de la balnéothérapie sous l'empire romain. Plusieurs villes thermales sont apparues après la conquête des Pyrénées par l'empereur Auguste, de 27 à 19 avant J.-C. Les Romains considéraient alors les villes d'eaux comme des points stratégiques lors de leur politique de conquête territoriale et des armées étaient souvent positionnées proches de thermes. L'empire romain est également à l'origine de la création d'infrastructures reliant les villes d'eaux entre elles, telles que des routes ou des aqueducs. Quant aux thermes à proprement dit, ils étaient constitués de plusieurs salles : le curiste commençait par se déshabiller dans les vestiaires puis réalisait quelques exercices physiques. Après, il se rendait dans une suite de salles : une piscine extérieure, une salle tiède appelée tepidarium, le sudatorium où son corps évacuait les impuretés, un bain de propreté chauffé à dans le caldarium, une salle où il recevait un massage à la brosse, et enfin, le frigidarium où il trouvait un bain froid accompagné d'huiles odorantes. Il terminait généralement sa cure par des moments de détente tels que des siestes, promenades et lectures . La déesse latine associée aux eaux s'appelait Ilixion. Elle avait, entre autres, prêté son nom à une cité thermale éponyme, (aujourd'hui devenue Bagnères-de-Luchon). Un exemple de thermes romains est celui de la cité d'Imus Pyrenaeus (aujourd'hui Saint-Jean-Le-Vieux). Construits aux alentours de , les thermes sont constitués des bassins et d'un camp militaire, la position étant alors un enjeu stratégique. Cependant, le thermalisme déclina lors des invasions barbares.

Le Moyen Âge Le tourisme pyrénéen du Moyen Âge s’est essentiellement construit autour du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il s'agit d'un pèlerinage catholique, mettant en avant la figure sainte de l’apôtre saint Jacques le Majeur. Ce pèlerinage, encore pratiqué aujourd’hui, accueille plus de chaque année.

Le pèlerinage de Compostelle est apparu peu avant le et vénère l'apôtre Jacques le Majeur, saint patron de l’Espagne. Deux légendes des s racontent que son corps décapité aurait été miraculeusement mené sur une barque jusqu’en Galice, à Saint-Jacques de Compostelle, où il aurait été enterré. Son tombeau aurait été ensuite oublié, puis retrouvé par l'ermite Pelayo (Pélage) grâce à une lumière divine, le . Cette date n’apparaît que dans la légende et n’a aucune vérité historique. Autour du , son tombeau, situé à Saint-Jacques de Compostelle, gagne en importance pour devenir un pèlerinage de la péninsule Ibérique. Par la suite, sa réputation va s'élargir au-delà des Pyrénées, on retrouve des premières traces de visiteurs notables vers les années 950. Cependant, le pèlerinage perdit son influence lors des incursions musulmanes menées dans le Nord de l'Espagne durant le dernier quart du , notamment en 997, lors du sac de la ville par El Mansour. Mais la mort de ce dernier en l'an 1002 va permettre la réouverture du chemin de Compostelle. Saint-Jacques de Compostelle connaît son apogée en 1100 grâce à l'évêque Diego Gelmírez, promu archevêque en 1120. En 1124, Gelmirez finit l'édification d'une cathédrale dont la construction avait débuté en 1078. Saint-Jacques de Compostelle s'est alors hissée dans la chrétienté afin d'en devenir un grand sanctuaire. Dès les , de nombreux personnages illustres se rendent à Compostelle, tels que le duc d'Aquitaine en 1137, le roi de Castille Alphonse VIII et le roi de France en 1154. Durant tout le Moyen Âge, le passage des pèlerins a pu être à l'origine de la création d'infrastructures utiles aux populations locales. Ainsi, se sont développés les édifices liés au tourisme, principalement des auberges. La prolifération des bâtiments médicaux est entre autres due au passage des pèlerins car, comme pour les églises canoniales situées sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, leurs revenus provenaient principalement des pèlerins. D'autres édifices profitent, dans d'autres mesures, de leur position sur les chemins jacquaires, tels que les châteaux, églises ou bastides. L'entretien des chemins et des constructions liées, principalement les ponts, est également favorisé par la circulation sur les chemins de Saint-Jacques. Précisons également que si de nombreux pèlerins empruntaient les chemins de Compostelle, tous n'avaient pas pour objectif d'atteindre le tombeau du saint et beaucoup se rendaient sur des lieux de cultes plus locaux, ne suivant alors qu'un tronçon du chemin.

Si dans un premier temps, le Moyen Âge a abandonné le thermalisme, entre autres parce que ses origines étaient païennes, les maladies, notamment la lèpre, survenues lors des croisades entre les s, ont remis en avant le thermalisme pour ses bienfaits curatifs. Les rois de France furent des acteurs majeurs de la redécouverte du thermalisme au Moyen Âge, en commençant par Charlemagne qui ordonna la construction d'un vaste bassin à Aix-la-Chapelle, l'ensemble des sources du royaume recommencèrent alors à être visitées. , en 1603, nomma des intendants chargés d'administrer les sources de l'ensemble de la France. De là, sont apparus les premiers commerces d'eau en bouteille. Le grand-père d'Henri IV, Jean d’Albret, avait déjà constaté les effets bénéfiques des sources thermales d'Eaux-Bonnes et d'Eaux-Chaudes, dans les Pyrénées. Elles furent notamment capables de soigner les blessures de ses soldats lorsqu'il revint de la bataille de Pavie. Sous le règne de Louis XIV, c'est la Société royale de médecine qui distribue des autorisations d'exploitation des sources. En 1677, l'Académie des sciences s'y intéresse à son tour et commande une étude chimique des sources. Le duc de Maine, fils de Louis XIV, vint soigner sa scrofule à Eaux-Bonnes et Eaux-Chaudes ; la réussite de sa cure contribua à la renommée de ces deux sources.

Le Le a été marqué par une transformation du tourisme. Les Pyrénées n'ont pas été épargnées par celle-ci, en témoigne la naissance du pyrénéisme. vignette | Statue du comte Henry Russell à Gavarnie-Gèdre dans les Hautes-Pyrénées. La statue s'inspire d'une photographie prise par son ami M. Meys, pendant que Russel dormait. Ladite photographie s'accompagnait alors de la légende « L'auteur endormi sur les montagnes dans son sac de peaux d'agneaux » Au , la perception des Pyrénées change, notamment au travers de l'émergence des premières grandes figures. Elles vont chercher à mieux connaître ces montagnes, à les parcourir de long en large et à gravir leurs sommets. Elles vont transformer le tourisme mondain en un tourisme avide de découvertes, de défis et de savoir. En 1802, Ramond de Carbonnières réalise l'ascension du mont Perdu après 10 ans de tentatives. Il devient l'un des premiers à parcourir les Pyrénées centrales et est également l'un des rares à voyager à pied, le tourisme de l'époque, davantage mondain, préfère se déplacer en diligence ou à cheval sur ces routes escarpées. Par ses exploits et sa vision des Pyrénées, Ramond de Carbonnières a été à l'origine du mouvement pyrénéiste. Après lui, de nouvelles grandes figures vont se distinguer, on retrouve parmi elles, Anne Lister qui réalise la première ascension touristique du Vignemale. De 1825 à 1827, Peytier, Hossard, Corabœuf et Testu triangulent les Pyrénées. En 1834, Vincent de Chausenque publie Les Pyrénées, ou voyages pédestres dans toutes les régions de ces montagnes. Il y relate différents aspects du massif : des études scientifiques sur la faune, la flore et la géologie de ces montagnes, des réflexions philosophiques et ethnologiques et des récits. L'une des figures les plus illustres du courant pyrénéiste est celle d'Henry Russell. Né à Toulouse et d'origine Irlandaise, le comte Russell est à l'origine de plusieurs grandes ascensions. Le , il gravit et bivouaque sur l'Aneto (). De même, il réalise la première ascension du Petit Nethou (), rebaptisé pic Russell en son honneur, c'est l'une de ses 30 premières ascensions. Il s'illustre particulièrement avec le Vignemale où il fait creuser plusieurs grottes. Il les aménage pour y passer la nuit et elles peuvent être encore utilisées aujourd'hui. Son sac de couchage en peau de mouton est un ancêtre de ceux utilisés aujourd'hui.

Le terme de pyrénéisme est employé pour la première fois par Henri Beraldi en 1898. Il associe ce terme à « ascensionner », « sentir » et « écrire ». Il s'agit, selon lui, de transmettre la découverte des Pyrénées au travers de la science et de l'art. Le pyrénéisme est créé pour s'opposer à l'alpinisme et permettre aux découvreurs des Pyrénées de se détacher de ceux des Alpes.

Le thermalisme apparaît, de nouveau, comme un avantage pour les Pyrénées et son tourisme. Au , il participe au désenclavement du massif avec la construction de routes carrossables reliant les villes d'eaux. S'étendent également des routes secondaires autour de ces stations thermales, permettant alors aux populations locales d'être plus facilement reliées aux grandes villes. Lesdites stations connaissent alors une augmentation du flux touristique, attiré par cette nouvelle facilité d'accès. Cet afflux est renforcé par l'apparition du train, remplaçant progressivement l'usage des diligences qui reliaient Paris jusqu'aux Pyrénées.

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Le développement du ski au