La de chars (en russe : 5-я танковая армия, parfois traduit « de tanks ») est une grande unité de l'Armée rouge lors de la Grande Guerre patriotique (la Seconde Guerre mondiale). Cette armée est créée en , pour être dissoute en ; le nom est repris ensuite par la de chars de la Garde.

Première formation

la armée de chars est formée une première fois le dans le district militaire de Moscou par ordre de la directive du , pour servir de réserve à la Stavka.

Elle était composée des et , de la de fusiliers et de la .. Début de juillet elle est renforcée par le de chars.

Selon la doctrine militaire des opérations en profondeur prônée par l'Armée rouge (théorisée par Triandafillov et Toukhatchevski), une armée de chars (Танковая армия, abrégée en TA) est destinée à être engagée après une percée effectuée par une autre armée combinée (composée d'infanterie largement soutenue par des divisions d'artillerie et des brigades de tanks d'accompagnement) ; le rôle de l'armée de chars étaient de servir d'« échelon de frappe opérative » en s'enfonçant le plus loin possible en territoire adverse (jusqu'à 150 à ), si possible ses corps d'armée avançant en parallèle, pour déstructurer tout le système ennemi.. Les deux ( et dès mai-) puis six armées de chars furent les fers de lance des principales offensives soviétiques de la seconde partie de la Grande Guerre patriotique.

Son commandant fut le major-général Alexandre Ilitch Lizioukov (du jusqu'au ).

Voronej Le , l'armée est rattachée au front de Briansk : les services de renseignement soviétique ont repéré une concentration allemande à l'est de Koursk, identifiée par la Stavka comme la préparation d'une vaste offensive menaçant Moscou. Le , l'aviation et l'artillerie allemande frappent, puis la blindée d'Hermann Hoth perce le front, fonçant plein est, vers le Don. La de chars est alors, avec les et , plus au nord, autour de Ielets, sur la route de Moscou. Le 28 au soir, la Stavka ordonne le renforcement du front de Briansk avec les , et . La nuit du 3 au , les forces allemandes atteignent le Don. Staline ordonne alors la formation du front de Voronej pour tenir les environs de la ville, tout en préparant la contre-offensive de chars soviétique qui doit partir du nord vers Zemliansk, sur le flanc allemand.

La contre-offensive soviétique démarre le (« opération Voronej-Vorochilovgrad »), mais en ordre dispersé et non-coordonné : sous un ciel dominé par les Stukas du von Richthofen et sur une steppe bien dégagée pour le tir des antichars (PaK 38 et PaK 40), les unités de chars de Lizioukov se font toutes étriller avant d'arriver au contact.. L'attaque est relancée le 6 avec le de Rotmistrov, le 7 avec le et le 10 avec le , sans de meilleurs résultats, les chars allemands PzKpfW IV se mêlant au tir aux pigeons. La de chars ayant perdu la majorité de ses effectifs sans atteindre ses objectifs, Lizioukov est rétrogradé le comme commandant du . Il meurt finalement au combat dans son char KV-1 le ..

Ayant eu la majorité de ses chars détruits lors des combats, l'armée est dissoute le , en application de la directive 170511 du commandement suprême datée du . Son état-major est versé dans les réserves de la Stavka alors que les restes de ses troupes sont transférées vers d'autres unités des fronts de Briansk et de Voronej.

Seconde formation La de chars est recrée le sur la base de la directive du , à partir des réserves de la Stavka.

Elle se composait des , et , de la et quelques unités autonomes.

Commandants : major-général Pavel Semionovitch Rybalko (juillet - ) ; major-général Prokofi Logvinovitch Romanenko ( - ) ; lieutenant-général Markian Popov ( - ) ; major-général (lieutenant-général à partir de ) (janvier - ).

Uranus vignette|L'opération Uranus : les deux pinces d'encerclement devant Stalingrad, la de chars attaquant du nord vers le sud-est. Le , la de chars reconstituées est affectée comme réserve au front de Briansk ; le elle est transférée au front du Sud-Ouest et déployée dans la tête de pont de Serafimovitch sur le Don pour participer à la contre-offensive soviétique en préparation dans le cadre de la bataille de Stalingrad. Elle doit servir de fer de lance de la pince nord de l'opération Uranus, d'où son renforcement : elle comprend non seulement deux corps de chars (les et ), mais aussi le et six divisions de fusiliers (les , et de la Garde, ainsi que les , et ). dont plusieurs transportées sur camions.

Le au matin, sous un brouillard givrant, le front du Sud-Ouest attaque sur de large à partir de la tête de pont de Serafimovitch : l'artillerie prépare le terrain pendant , puis l'infanterie d'assaut et ses chars d'accompagnement percent un trou de de large à travers les premières lignes de la roumaine. Les corps d'exploitation sont ensuite introduits dans la brèche, franchissant dans la foulée la seconde ligne roumaine (peu étoffée) et foncent en parallèle plein sud puis sud-est, faisant dès le premier jour : le de cavalerie atteint la Tchir à Tchernikovskaïa le 21 et Osinovski ; le de chars va jusqu'à Sourovikino sur la Tchir puis Rijkov sur le Don ; et le de chars prend successivement Dobrinka et Ostrov le 21, puis le pont de Kalatch-sur-le-Don le 22 au petit matin (après avoir franchi ), flanc-gardée par le de chars (de la ).

À l'est de Kalatch, les blindés de la de chars font leur jonction le 23 avec le (de la du front de Stalingrad), encerclant la allemande dans la poche de Stalingrad. Les six divisions de fusiliers attachées à la de chars se repositionnent défensivement face au sud-ouest, le long du Tchir, pour empêcher les secours d'arriver, laissant la réduction de la poche aux front du Don (côtés ouest et nord) et de Stalingrad (côtés est et sud).

Petit Saturne Le , l'infanterie de la de chars repart à l'attaque, cette fois-ci sur la Tchir, entre Sourovikino et la confluence avec le Don, avec pour objectif Morozovsk et Tatsinskaïa, pour démarrer l'opération Saturne. Si la d'infanterie allemande tient sur ses positions, la de la Luftwaffe plus en amont lâche pied le : le front du Sud-Ouest envoie alors le soviétique dans la brèche, mais Hoth réplique en contre-attaquant avec la de Panzer, ce qui reste de la d'infanterie et un bon soutien aérien, repoussant les Soviétiques. Le 11, nouvelle tentative avec engagement du mécanisé, dont les Matilda et Valentine (de construction britannique, apportés par le prêt-bail) se font tailler en pièces par les PaK et Panzer IV de la . Puis c'est la qui flanche en aval, enfoncée par la , mais cette dernière est elle aussi arrêtée par la .

La résistance allemande entraîne la transformation de l'opération Saturne en une offensive plus modeste, « petit Saturne » (Malii Saturn), dont la de chars, bloquée sur la Tchir, est désormais exclue.

Donbass

En janvier-, elle participe à la reconquête du Donbass, ses troupes prennent part à la libération des villes Morozovsk (), Tatsinskaïa (), Kamensk-Chakhtinski (), Krasny Souline (). Fin février elle atteint le Mious et passe sur la défensive.

l'armée est dissoute le , son état-major servant de base à la formation de la du front du Sud-Ouest. Dans le même temps, la de chars de la Garde est mise sur pied.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie .

Articles connexes Corps blindé Corps mécanisé Histoire militaire de l'Union soviétique

Catégorie:Unité militaire soviétique Catégorie:Armée soviétique de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1942 Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 1943 Catégorie:Unité blindée russe