La bataille de Tripoli ou opération aube de la sirène est un affrontement pour la prise de la capitale libyenne par les troupes insurgées dans le cadre de la guerre civile libyenne, celles-ci s'opposant aux forces kadhafistes. Cette bataille a commencé au soir du avec un soulèvement des citadins, après l'assaut des forces rebelles dans la nuit qui suit elles progressent rapidement du 21 au , la bataille se concentrant ensuite autour des poches de résistance kadhafistes jusqu'au , date à laquelle Tripoli semblait entièrement contrôlée par les rebelles.

Les rebelles ont donné à cette attaque le nom de code « opération aube de la sirène » ( ). Le surnom de Tripoli est « la sirène » ( , littéralement, « l'épouse de la mer »)..

Contexte thumb|left|300 px|Situation militaire en Tripolitaine à la veille de la bataille.

Sur le plan militaire, les forces rebelles s'approchent fortement de Tripoli depuis quelques jours : les 13 et , ils attaquent Gharyan au sud de la capitale, ainsi que Zaouïa et Sorman à l'ouest, menaçant ainsi de couper deux importantes voies d'accès à Tripoli. ; le , les rebelles contrôlent Gharyan, Sabratha, et un axe routier stratégique, privant ainsi Tripoli de sa voie principale d'approvisionnement depuis la Tunisie, ce qui permet à Moustafa Abdel Jalil, chef du Conseil national de transition, de résumer ainsi la situation : . ; les 19 et , les rebelles sont en effet victorieux à l'ouest de Tripoli à Zaouïa, où se trouve la dernière raffinerie pétrolière du pays en état de fonctionnement., et à l'est à Zliten.. La presse parle alors de Tripoli comme en « état de siège »...

Sur le plan politique, le pays est confronté depuis six mois à un état de conflit de pouvoir opposant Mouammar Kadhafi et ses partisans à une insurrection armée issue notamment des villes de Benghazi et de Misrata, cette insurrection étant représentée politiquement par le Conseil national de transition (CNT), organe reconnu par plusieurs pays occidentaux mais pas encore à la veille de la seconde bataille de Tripoli par l'ensemble de la communauté internationale.

Forces en présence Du côté des forces rebelles se trouvent d'une part les combattants des fronts Est et Ouest qui avaient pris les villes autour de Tripoli pour pouvoir lancer l'assaut de la capitale, et d'autre part des combattants de Misrata qui ont rejoint la capitale par la mer le ., ainsi que la brigade de Tripoli dite « Katiba Tripoli », un groupe de , constitué de bi-nationaux vivant à l'étranger et de Tripolitains qui ont fui leur ville après le soulèvement de Tripoli en février. Cette brigade s'est entraînée spécialement pour cette opération « Sirène ».. Ils sont appuyés par des attaques aériennes des forces de l'Otan dans le cadre de l'intervention militaire de 2011 en Libye (voir la carte du déploiement des forces de l'Otan). De plus, des commandos français et britanniques épaulent au sol les forces rebelles....

La brigade du 17 février, transportée au Djbel Nefoussa par pont aérien, a été formée et armée au Qatar. Elle est dirigée par l'islamiste Abdelhakim Belhadj.

Du côté loyaliste se trouve d'une part les forces libyennes kadhafistes, c'est-à-dire les unités anciennes de l'armée libyenne qui n'ont pas rejoint la rébellion, mal entraînées et mal équipées car Kadhafi craignait un coup d'État, accompagnées des forces spéciales plus opérationnelles et dirigées par les fils de Kadhafi ; et d'autre part de nouvelles unités constituées spécialement pour réprimer l'insurrection, avec des mercenaires et des soldats de pays amis comme le Tchad.. La katiba chargée de la défense de la ville comptait dont, selon un proche de Khadafi, seuls 160 ont combattu à la suite de la .

Front militaire Progression rapide et prise de Tripoli par les rebelles Le samedi , à Tripoli., au moment des premiers bombardements de l'OTAN et de l'appel du soir diffusé par haut-parleurs des mosquées, un soulèvement est lancé en soirée dans les banlieues Est de Souq al-Jomaa et Tajoura et dans les quartiers de Fashloum, Fournaj, Sabah, Ghoud al-Shayal, Hanshir and Dahra.. Des commandos insurgés venus de Misrata débarquent sur une plage de Tripoli. Un premier groupe 200 hommes aidé par le Commando Hubert puis plusieurs autres groupes entre en action. Cette opération du Service Action de la Direction générale de la Sécurité extérieure et du Special Air Service britannique a été menée avec des Qataris et probablement des Emiratis et des premiers coups de feu sont alors entendus dans la capitale....

Dans la nuit, l'OTAN continue son bombardement de la ville...

Dans l'après-midi du dimanche , le Conseil national de transition (CNT) annonce que les forces rebelles sont au cœur de la capitale Tripoli et que les loyalistes sont pris en étau entre : une partie des forces rebelles qui est arrivée par la mer, notamment en provenance de l'enclave côtière de Misrata. ; une autre partie provient notamment du front du Djebel Nefoussa à 50 kilomètres de Tripoli, où un aérodrome improvisé a été construit.. Et ils s'étaient récemment emparées de la ville de Zaouïa (située à de la capitale).. Les troupes de Abdelhakim Belhadj s'emparent de la caserne Khamis, principal verrou loyaliste de la capitale à l'ouest, et de son important stock d'armes.Des informations contradictoires circulent sur le sort de Mouammar Kadhafi et de son entourage.

Bien que la rébellion annonce la capture de Saïf al-Islam Kadhafi, confirmée par la Cour pénale internationale, puis de deux autres de ses frères., ceux-ci sont ensuite vu libres, la rébellion affirmant qu'ils se sont échappés.. Saïf Kadhafi dément avoir été capturé et affirme devant les journalistes de l'hôtel Rixos : et ..

Dès le lundi , les rebelles affirment avoir pris possession et contrôler seuls la quasi-totalité de Tripoli (soit 80 à 90 % de la capitale.) et ils paradent sur la Place Verte, symbole du pouvoir du « Guide », le Colonel Kadhafi. Ils la renomment Place des Martyrs...

On peut considérer comme le point culminant de la progression militaire rapide des rebelles la journée du mardi qui est finalement marquée par la prise du quartier général de Kadhafi à Bab al-Azizia, qui est totalement pillé par les forces rebelles..

Alors que les rebelles annoncent qu'il ne reste que quatre ou cinq petites poches de résistance loyalistes et que leur victoire est une question d'heures., ils sont toujours confrontés à d'importants groupes de combattants loyalistes qui se déplacent dans les rues tripolitaines, ainsi qu'à des snipers postés sur les toits..

Prise des dernières poches loyalistes Le mercredi , les combats font à nouveau rage à l'intérieur du complexe de Bab al-Azizia : les rebelles qui en avaient pris le contrôle la veille sont maintenant à leurs tour la cible d'incursions des loyalistes et de tirs de l'artillerie. Les soldats kadhafistes seraient notamment basés dans le quartier d'Abou Slim et dans les espaces arborés proche du zoo de Tripoli et du Quartier Général partiellement détruit du Colonel Khadafi.. left|thumb|Checkpoint de rebelles, 26 août 2011. En fin de journée, les insurgés donnent l'assaut du quartier d'Abou Slim, fouillant les habitations pour en chasser les tireurs embusqués. ; d'autre part des combats intenses ont lieu avec pour enjeu deux bâtiments contrôlés jusqu'ici par les loyalistes à proximité du complexe de Bab Al-Azizia.

Le vendredi , le quartier d'Abou Salim est passé sous le contrôle des insurgés., tandis que les combats se poursuivent dans celui de Ghargour..

Le samedi , l'un des quartiers de la capitale encore aux mains des kadhafistes, celui de Qasr ben Gahchir, situé près de l'aéroport international, tombe selon les rebelles presque entièrement entre leurs mains..

Les frappes de l'OTAN à Tripoli cessent le : aucune frappe répertoriée dans la localité de Tripoli le 28 août. et . C'est la fin de la bataille de Tripoli.

Guerre médiatique La seconde bataille de Tripoli, entre les rebelles libyens et leurs alliés de l'Otan contre les forces kadhafistes, localisée sur le territoire libyen, se double d'une guerre de communication médiatique de niveau international.

Tandis que les rebelles affirment avancer rapidement dès le premier jour des combats (voir par exemple cette vidéo publiée le sur le média officiel américain Voice of America), Moussa Ibrahim, le numéro 2 du régime de Kadhafi, affirme sur la chaîne libyenne loyaliste qu'il n'y a eu que quelques troubles provenant de l'extérieur, et qu'ils ont été maîtrisés en une demi-heure.. Les chaînes de télévision Al Jazeera du Qatar et Al-Arabiya des Émirats arabes unis, annoncent que la brigade chargée de la garde personnelle de Kadhafi se serait rendue . L'information est aussitôt relayée par les médias occidentaux... sans que cette information puisse être confirmée.

Dans le même temps, les habitants de Tripoli auraient reçu sur leurs portables des SMS les engageant à participer à la défense du régime kadhafiste.. Hala Misrati, une présentatrice de la chaîne de télévision d'État a déclaré en brandissant théâtralement un pistolet à l'antenne : L'un des fils de Kadhafi avait conclu un discours sur la télévision officielle en affirmant que le régime . Le mardi , l'OTAN lance des tracts de propagande sur la ville de Tripoli. (voir leur contenu).

Ds rumeurs circulent sur la position de Kadhafi : par exemple, le , certains annoncent qu'il a fui au Venezuela. alors que le , l'Élysée affirme que Kadhafi aurait été localisé à Syrte, un des derniers bastions du régime..

Des discours de Mouammar Kadhafi sont diffusés tous les jours... En réponse, le CNT met à prix la tête de Mouammar Kadhafi pour , mort ou vif. Cette somme serait financée par des hommes d'affaires libyens. Les rebelles annoncent que .

Alors que dans une conférence de presse Oana Lungescu, la porte-parole de l'OTAN, affirme à deux reprises qu'elle agit uniquement dans le cadre du mandat de l'ONU, certains observateurs jugent que le rôle militaire de l'OTAN a dépassé la simple protection des civils, notamment dans le déploiement au sol de forces spéciales et dans l'aide aux rebelles en dehors de la simple protection des civils. .. Sur ce dernier point, Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire générale de l'OTAN, répond : .

Certains activistes anti-américains et favorables au régime kadhafiste vont jusqu'à affirmer que des informations qu'ils relaient prouvent que la rébellion est commandée par l'OTAN dans le but d'occuper la Libye et ne représente pas la volonté populaire.. Ainsi, ils considèrent les commandos ou les forces spéciales françaises et britanniques présentes aux côtés des insurgés, comme une force d'occupation, ce qui violerait la résolution de l'ONU.

Pertes et dégâts Pertes humaines left|thumb|Combattant hospitalisé à Tripoli. Dans la soirée du , les pertes dans les deux camps lors de la seconde bataille de Tripoli, selon un officiel libyen, seraient estimées à et un millier de blessés..

Le même jour, le porte-parole du régime kadhafiste, Moussa Ibrahim, ainsi que des observateurs à Tripoli. indiquent, quant à eux, que l'offensive des rebelles aurait fait au moins et dans la capitale..

Le , Moustafa Abdel Jalil, président du Conseil national de transition, indique à la chaîne de télévision France 24 que le bilan non définitif serait selon le CNT de et en ..

Pertes matérielles Dans la nuit du samedi au dimanche 21, l’Otan confirme avoir détruit 22 objectifs militaires au cours d'un intensif et massif bombardement de la région de Tripoli. qui a détruit entre autres des radars, des véhicules armés et des centres de commandement appartenant aux forces kadhafistes. Ensuite, pendant l'offensive de l'Otan du 20 au , et selon son journal quotidien, les frappes de ses navires, avions, hélicoptères et drones sur la capitale libyenne ont touché :