La forêt du Pertre est une forêt située dans le département d'Ille-et-Vilaine et la région BretagneLe Pertre sur le site patrimoine.region-bretagne.fr. Consulté le 22 août 2011.. La forêt du Pertre était territoire neutre et de marche commune, possédé en indivis par les seigneurs de Laval et de Vitré, entre le comté de Laval et le duché de Bretagne. Elle est une partie d'une ancienne et vaste forêt située aux confins des départements de la Mayenne à l'est, et de l'Ille-et-Vilaine à l'ouest, qui comprenait, du nord-est au sud-ouest : la forêt de FrageuQui comprenait le bois de Misedon, le bois des Gravelles (entre Saint-Pierre-la-Cour et La Brûlatte), le bois des Éffretais (entre Saint-Pierre-la-Cour et La Gravelle) et la forêt du Pertre (entre Mondevert et Le Pertre). Aujourd'hui deux propriétaires se partagent son territoire. Il est à noter qu'un garde forestier s'occupe de son vaste entretien, comme a pu le faire Augustin Le Tulzo jusqu'au début des années 2000.

Géographie thumb|center|350px|Carte de la forêt du Pertre (OpenStreetMap).

Histoire Antiquité Les forêts de Fougères, du Pertre, de La Guerche et d'Araize devaient former autrefois une ligne continue de forêts entre les Redones et les Cenomani, une sorte de première marche frontière entre la Bretagne, le Maine et l'AnjouRené Kerviler, "Étude critique sur la géographie de la presqu'île armoricaine au commencement et à la fin de l'occupation romaine", 1874, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57839621/f41.image.r=Pertre?rk=3369115;2.

Moyen-Âge La famille de Laval possède en indivis la forêt dès le . Hamon de Laval concède entre 1080 et 1090 le bois de Montevert, sans doute un démembrement de la forêt du Pertre, aux moines de l'abbaye de MarmoutierA. Bertrand de Broussillon, La maison de Laval, I, 1895, n° 64. . Un Ricardus forestariusForestier. est mentionné comme témoin dans l’acte de donation. À la mort du baron André III, la forêt échoit entièrement à la famille des comtes de Laval ; par exemple le Jehan et Guillaume de Cornillé sont cités dans une procédure comme étant « gardes des forêts de Vitré et du Pertre » qui appartiennent alors à Guy, sire de Laval et de VitréErnest de Cornulier-Lucinière, "Supplément à la "Généalogie de la maison de Cornulier" imprimée en 1847", 1860, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5508479f/f69.image.r=Pertre?rk=3969976;4.

« Du au la forêt du Pertre semble avoir formé entre la Bretagne et le Maine une sorte de terre-frontière et de marche commune, possédée en indivis par les sires de Laval et de Vitré » a écrit Arthur de La BorderieArthur de La Borderie, "Revue de Bretagne et de Vendée", XXXIX, 189.

Révolution française La forêt du Pertre, « d'une circonférence de sept à huit lieues, offrait surtout alors une retraite presque impénétrable ». . Pendant la Révolution française, cette forêt a été le théâtre de plusieurs combats entre Chouans et Républicains. Le , le district de Vitré évalue à 600 le nombre des « brigands » rassemblés en forêt du Pertre et rapporte « qu'ils espèrent être bientôt trois mille et qu'il paraît que cette bande a des relations avec les brigands de la Vendée »Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, cité par Roger Dupuis, "De la Révolution à la Chouannerie", Nouvelle bibliothèque scientifique, Flammarion, 1988,[]. On distingue encore par endroits des caches de Chouans. Joseph de Puisaye, une figure de la contre-révolution, y a séjourné, tentant même d'y installer une sorte de gouvernement occulteJournal Le Temps, n° du 28 août 1893, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k233824m/f4.image.r=pertre?rk=751076;4 et faisant la chasse aux Bleus, notamment aux forgerons de Port-BrilletJournal Le Temps, n° du 16 août 1892, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k233415d/f2.image.r=pertre?rk=42918;4.

La forêt du Pertre constitua un des refuges préférés des Chouans, que les autorités révolutionnaires s'évertuèrent à neutraliser en y aménageant de larges brisées et en éclaircissant les taillis. Dans la campagne avoisinante, on obligea les paysans à couper les arbrisseaux des talus, qui protégeaient si bien ceux qui tendaient des embuscades. Dans l'espoir de neutraliser la rébellion, on vida les communes des alentours, obligeant leurs habitants à se réfugier à Vitré, qui fut comme leur prison. Plus de 1 200 hommes de troupe y étaient cantonnés. Le prince de Talmont, commandant en chef de la cavalerie vendéenne, y fit halte quelques jours en alors qu'il était en fuite (Virée de Galerne), se dirigeant vers la NormandieJoseph Chardonnet, "Rennes et la Haute-Bretagne", éditions France-Empire, 1980.

« Les forêts du Pertre, de Fougères et de Haute-Sève, les bois de Beaufeu, de Fatines, d'Illivet, etc.. furent fouillés buisson par buisson ; dans la forêt du Pertre on ouvrit, après avoir dégagé leurs abords, douze chemins de 200 pieds de large : c'est au cours d'une de ces battues que Talmont se fit prendre sur la commune de Bazouges, et que François Cottereau, le , fut tué sur les lisières du Maine (s'il n'y mourut pas d'épuisement) »Charles Le Goffic, "La Chouannerie : Blancs contre Bleus, 1790-1800", 1930, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k14132943/f75.image.r=Pertre?rk=1008588;4.

Le La forêt du Pertre servait à l'approvisionnement en charbon de bois des Forges de Port-BrilletFrançois Dornic, Le fer contre la forêt, "Bulletin de la Société d'histoire moderne", 1986, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56211709/f5.image.r=Pertre?rk=3798302;0. Elle appartenait, lors de l'insurrection légitimiste de 1832 (une bande d'environ 500 chouans et déserteurs y trouva alors momentanément refugeJournal Le Courrier, n° du 17 juin 1831, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4708440v/f3.image.r=Pertre?rk=64378;0 et n° du 26 juillet 1831, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4708479q/f2.image.r=Pertre?rk=107296;4) à Constant Paillard DucléréConstant Paillard Ducléré, né le à Laval, maître de forge, décédé le à Laval., qui l'avait achetée pour l'exploitation des Forges.

Le journal Le Constitutionnel écrit le : « Les loups de la forêt du Pertre, poussés par le froid, se jettent sur les communes environnantes. Il y a trois jours un fermier de la commune de Champeaux a vu tout à coup un énorme loup entrer dans la cour de sa ferme et y dérober une brebis, au milieu du troupeau. Une battue serait utile »Journal Le Constitutionnel, n° du 13 décembre 1844, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k666937s/f2.image.r=pertre?rk=42918;4. Un article du Journal des débats politiques et littéraires du évoque aussi la chasse d'un loup réfugié en forêt du PertreJournal des débats politiques et littéraires, n° du 31 décembre 1852, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k449687h/f3.image.r=Pertre?rk=278971;2.

hectares de la forêt du Pertre, ainsi qu'une superficie presque équivalente de la forêt de Chevré, furent mises en vente par les "Forges de Port-Brillet" en 1856Journal Le Pays, n° du 12 mars 1856, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4656298w/f4.image.r=Pertre?rk=257512;0.

En un incendie, probablement allumé volontairement par un ouvrier de La Gravelle, dévasta une partie importante de la forêt du PertreJournal Le Petit Journal, n° du 14 avril 1870, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k590712f/f3.image.r=Pertre?rk=64378;0.

La forêt du Pertre était aussi un lieu renommé pour la chasse à courre, pratiquée notamment par l'aristocratie locale comme l'illustre un article publié le par le journal Gil BlasJournal Gil Blas, n° du 23 avril 1895, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7526661s/f1.image.r=Pertre?rk=1802584;0. Un autre exemple : le journal Le Matin écrit le que l'équipage du comte d'Elva, lieutenant de louveterie, a fait de belles prises en forêt du PertreJournal Le Matin, n° du 1er décembre 1888, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k553574h/f3.image.r=Pertre?rk=42918;4.

Faune et flore La forêt est classée ZNIEFF de type II« Profil environnemental du Pays de Vitré - Porte de Bretagne » sur le site www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr. D'une superficie de , c'est une chênaie-hêtraie. Elle a certain intérêt ornithologique puisque 32 espèces d'oiseaux y sont recensées, dont 5 peu courantes dans la région (la Bondrée apivore, le Faucon hobereau, la Huppe fasciée, la Rougequeue à front blanc et le Pic mar). Par ailleurs, cette forêt compte 2 espèces de chauves-souris.

Eau La forêt est un site de captage d'eau potable, via des drains qui amènent l'eau jusqu'à Vitré et un périmètre de protection. La ligne haute tension Normandie-Maine entaille la partie Nord et Est de la forêt et le pylône posé sur le drain de captage a bloqué le projet, du fait de recours juridiques..

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Le Pertre Chapelle Notre-Dame de Bréal Comté de Laval Baronnie de Vitré Chouans Joseph de Puisaye Antoine-Philippe de La Trémoïlle Etang de la Guéhardière

Lien externe

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