vignette|alt=Statue du dieu grec Asclépios, debout. Barbu, il est habillé avec une toge qui laisse son torse nu. À sa gauche, un serpent est enroulé autour d'un bout de bois. La statue est fêlée à plusieurs endroits, il manque des doigts à sa main gauche et son avant-bras droit. Sa main droite est posée contre sa hanche.|Statue d'Asclépios du sanctuaire d'Épidaure. Ici une copie d'un original du

Les Jeux asclépiens d'Épidaure, ou Asklépieia (parfois écrit Asclépieia), sont des compétitions sportives et culturelles organisées en l'honneur du dieu grec de la médecine Asclépios, qui se tenaient tous les quatre ans en son sanctuaire situé à Épidaure, dans le Péloponnèse.

Histoire

Le poète grec Pindare est le premier à faire mention des jeux d'Épidaure, dans trois épinicies à des pancratiastes vainqueurs des épreuves sportives. Thémistios, cité dans une ode à son petit-fils Pythéas, est le plus ancien concourant retrouvé, vers les années .. D'après Eusèbe (circa 265-339) repris dans les Nouvelles de la république des lettres en 1702, les premiers jeux asclépiens ont eu lieu en même temps que les premiers jeux isthmiques, durant la quarante-quatrième olympiade (entre 604 et ). Numéros de janvier à avril..

Les compétitions sont évoquées dans un dialogue de Platon, Ion, où le personnage éponyme part d'Éphèse en Asie mineure pour y participer., vers l'année .. Selon Pierre Sineux, si Ion parcourt une distance si importante pour participer aux jeux, c'est qu'ils ont . Il évoque une création des jeux vers la fin du Le développement des concours musicaux, qui auraient pu être instaurés dès la fondation des Asklépiéia, est important dans ce siècle, et aurait, d'après les écrits de Sineux, été une des motivations de la construction du théâtre d'Épidaure. C'est cent après que les épreuves gymniques obtiennent une notoriété, avec notamment le triomphe de l'athlète Dorieus de Rhodes. Le , le et le sont justement ceux de l'apogée des jeux asclépiens. Les sportifs et artistes concourant viennent de loin pour y participer, dans une volonté panhellénisteFace au peu de sources datant de ces deux siècles, Pierre Sineux précise qu' ()..

Très peu de sources reviennent sur les siècles suivants. On sait cependant que les jeux asclépiens de Kos (ou Cos), créés en 241, deviennent rapidement plus populaires que ceux d'Épidaure et sont reconnus par de nombreuses puissances étrangères. La dernière mention d'un vainqueur aux épreuves des jeux remonte au milieu du et la dernière date retrouvée évoquant les Asklépiéia est 355. Dans la Revue des études grecques en 1993, le professeur en histoire grecque Michel Sève émet l'hypothèse que les jeux asclépiens se sont .

Organisation

Les jeux asclépiens, pentétériques, débutent neuf jours après les jeux isthmiques. D'après le maître ès arts de l'université d'Oxford. Henri Dodwell dans un écrit datant du début du , les jeux isthmiques commençaient à la moitié du mois attique Hécatombéon, qui équivaut au mois de juillet du calendrier grégorien. Cité dans le numéro de des Nouvelles de la république des lettres, 288.. Un colloque organisé à l'université de Valladolid en 1999 donne le mois de Boédromion (septembre) comme mois d'organisation des festivités. Les jeux sont organisés en même temps que des fêtes pour Asclépios à Épidaure, de grande importancePour les Épidauria (appelées Asclépieia) de Boédromion en 332/1, le montant [de la vente des peaux des victimes sacrifiées et consommées] atteint ; c'est l'un des totaux les plus élevés [...], ce qui confirme l'importance de cette fête civique à cette époque... Pour permettre à tous de participer en sécurité, il est convoqué une . Des théores envoyés par la cité parcourent la Grèce pour faire la promotion des évènements.. Un agonothète et plusieurs hellanodices se chargent de l'organisation des concours. Les vainqueurs remportent comme prix une couronne de feuilles, pareillement que dans les autres jeux antiques. Sixième partie, chapitre premier : Claude Vial, , ..

Selon l'Académie des inscriptions et belles-lettres au , les , inspirés des jeux pythiques et isthmiques, étaient composés de .. On y trouve par exemple des épreuves et des concours de poésie, de musique, de lutte et des courses hippiques et pédestres. Dans Ion, Platon évoque des concours .

Des sacrifices étaient aussi organisés. L'archéologue grec Panagiotis Kavvadias rapporte dans un écrit de la fin du que les sacrifices se voulaient être une preuve de dévouements aux divinités helléniques. Sur l'autel, un bœuf était tué en l'honneur Asclépios, deux en l'honneur de tous les autres dieux du panthéon. On immolait également une poule pour Léto, déesse de la maternité, et un coq pour Asclépios. Après les mises à mort, la chair des victimes était répartie entre les dieux et les humains chargés du culte : prêtres et aèdes notamment.. Le colloque de Valladolid précise que la peau des était vendue, et avait rapporté un millier de drachmes lors d'une édition des années 330.

Lieux vignette|300px|alt=Ruines du stade d'Épidaure, on voit quelques gradins et le terrain désherbé.|Le stade d'Épidaure, où se déroulaient certaines épreuves.

Les épreuves gymniques se déroulent au stade d'Épidaure, un stade construit du au qui mesure de longueur pour de largeur. Il bénéficie d'améliorations dans les siècles suivants. Vers la fin du sont construits une tribune et des gradins sur les côtés Nord et Sud du stade (auparavant les spectateurs s'installaient directement sur les talus). Au siècle suivant, un passage permettant un accès direct à la piste pour les sportifs est aménagé, de même que des gradins au Nord. Le passage est vouté durant le . Les concourants aux épreuves hippiques disposent d'un hippodrome, dont l'emplacement est inconnu en 1993. Il n'en reste qu'une borne datant de la fin du ou du début du trouvée à l'ouest de la plaine du sanctuaire.

Le théâtre, où sont organisés les concours de musique, est construit à la fin du ou au début du .. Il peut accueillir à ses débuts jusqu'à un agrandissement au qui augmente ce nombre à . Selon Panagiotis Kavvadias, avant la construction du théâtre les épreuves artistiques se déroulaient probablement dans le stade, comme on le faisait possiblement pour les jeux pythiques. Entre la fondation du théâtre et l'avènement de l'Empire romain, un nouvel édifice est érigé spécialement pour les concours d'art.

Pour Michel Sève, les travaux effectués sur le stade et sur le théâtre aux et sont les marques d'un possible succès, même si .

Vainqueurs vignette|300px|alt=Le théâtre antique d'Épidaure, très bien conservé, en vue panoramique.|Le théâtre d'Épidaure.

Dans ses odes, Pindare () évoque plusieurs athlètes pancratiastes victorieux d'Épidaure : Thémistios dans les années , Aristocleidès et Cléandros. Thémistios est aussi vainqueur au pugilat. Au toujours, le grand athlète Dorieus de Rhodes est quatre fois victorieux au pancrace. Michel Sève écrit que, même s'il n'y a que peu de renseignements sur les jeux durant les deux derniers siècles avant Jésus-Christ, il est parvenu plusieurs mentions de vainqueurs des Asklépiéia aux catégories enfants : Athénopolis remporte l'épreuve de la lutte au , Sokratès celle de la course du quadruple stade (ou hippios) et Dracontoménès la diaule (course de deux tours de stade). Le rhapsode Ion, spécialiste des textes d'Homère et connu pour être un des protagonistes du dialogue homonyme de Platon, aurait été victorieux de l'épreuve de poésie. Cependant, son existence n'est pas prouvée.

Pour les vainqueurs des jeux après l'an un, des confusions sont possibles avec ceux de Kos. On retrouve néanmoins pour plusieurs une précision de lieu : Dionysa, fille d'une famille de sportives et musiciennes, remporte l'épreuve de la course du stade et C. Heius Magio de Corinthe celle de lutte catégorie enfants au début du règne de l'empereur Trajan (98-117). Dans la même période, L. Vibius Florus, un enfant comédien patréen et corinthien, est victorieux du dia patôn. Il acquiert une renommée locale, et une statue est érigée en son honneur au théâtre de Corinthe. Le pancratiaste Aurelius Asclépiadès, fort de trente-trois autres victoires, sort gagnant des concours d'Épidaure durant la deuxième moitié du . De même pour le citharède C. Ant. Septiomios Poplios et le spécialiste de la course de fond Agathopous sous le pouvoir de la dynastie des Sévères. Permagos d'Illion, pancratiaste, est vainqueur au ou au , Aurelius Abas, coureur de fond d'Adada en Pisidie, dans les années 220 ou 230, K. Ioulios Dionysios Kataneus deux fois entre 245 et 261 et Valerios Eclectos de Sinope deux fois également entre 253 et 257. Michel Sève relate aussi la découverte d'inscriptions d'autres vainqueurs, mais dont les noms sont perdus. Parmi eux, on retrouve un athlète trois fois victorieux aux Asklépiéia, et un autre quatre fois successivement. Ils vivaient tous deux au .

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes Sport en Grèce antique Jeux panhelléniques

Bibliographie

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