vignette|Mosaïque de la basilique de Saint-Vital à Ravenne représentant Justinien (au centre), Bélisaire (à la gauche de Justinien), Narsès (à la droite de Justinien) et son entourage. Le sacellaire (en grec sakellarios) était un haut responsable financier de l'administration byzantine, chargé à l'origine de la gestion du sakellion, la cassette impériale.
Histoire
Le mot grec est un emprunt du latin , dérivé de , « petit sac », diminutif de , désignant plus spécialement une « bourse ». Le sacellaire est, à partir du , le gestionnaire du , caisse alimentée par les excédents des revenus du domaine impérial, et le contrôleur des finances de ce domaine. Sa grande importance vient du fait que le fut toujours l'une des réserves principales du trésor public, et, à partir du , la principale réserve. D'après le Taktikon Ouspenski (milieu du ), le sacellaire est supérieur hiérarchiquement au logothète général, responsable de l'administration fiscale.
Sous Septime Sévère, on distinguait les biens de la couronne, , et la fortune personnelle de chaque empereur, . Tout en restant distincts, les deux domaines furent réunis au sous l'administration du (« comte des biens privés »), mais les domaines de Cappadoce, qui alimentaient une caisse privée, étaient placés sous la direction d'un (« préposé de la chambre sacrée »). L'empereur , ayant confisqué les biens de son prédécesseur Zénon et cédé sa propre fortune personnelle à la couronne, créa pour régir ce nouveau secteur une administration spéciale, la . Justinien reprivatisa ce sous le nom de (« maison impériale »), un domaine composé surtout de biens confisqués ou légués à l'empereur, à la tête duquel plaça en un grand curateur.
On distinguait donc à partir de Justinien : les domaines de la couronne proprement dits (), l'ancienne res privata, et la . Cette dernière comprenait notamment des maisons et palais sis à Constantinople et dans sa banlieue, avec parfois des dépendances constituées de maisons, de magasins, d'une église, et aussi des dépendances lointaines situées dans les provinces ; ces domaines particuliers conservaient souvent le nom de leur ancien propriétaire (« palais d'Hormisdas », c'est-à-dire en grec , « les biens d'Hormisdas »). Après la conquête de l'Afrique sur les Vandales, et celle de l'Italie sur les Ostrogoths, les domaines du s'accrurent considérablement par annexion des biens des rois barbares, mais aussi la par de nombreuses confiscations, des captations d'héritages, et des détournements souvent inavouables, comme l'indiquent les réclamations des victimes sous et . Les ressources des domaines de Cappadoce étaient immenses (pâturages, haras, mines d'or et d'argent, carrières de marbre), et ceux d'Égypte étaient également très importants.
Dès son apparition formelle au , le sacellaire est pourvu d'attributions très larges : pendant le procès du pape , en (procès auquel le gouvernement de l'empereur tenait à donner un caractère purement profane, en lien avec l'usurpation de l'exarque Olympios), le rôle de procureur est tenu par le sacellaire Troïlos, qui interroge et frappe le pape. Au , un poste de « chartulaire du », cinquième dans la hiérarchie des , ayant été créé, le sacellaire, d'après le de Philothée (), premier de l'ordre des , est le contrôleur général de tous les offices. Mais en , dans le chrysobulle d' organisant la régence de sa mère Anne Dalassène, apparaît auprès de lui un logothète des bureaux (), qui intervient dans tous les actes du gouvernement et a en outre des attributions financières. Au existe d'ailleurs à côté du une autre caisse appelée le : des amendes prévues pour ceux qui violeraient les privilèges des monastères doivent être versées au « saint », et parmi les fonctionnaires à qui il est enjoint de faire respecter ces privilèges figurent « ceux de notre et de notre ». Au , dans le du Pseudo-Codinus, et sacellaire ont disparu, et c'est le « président du » () qui est devenu le chef de l'administration financière.
Fonction ecclésiastique Il y avait aussi dans les services du patriarcat de Constantinople un responsable appelé « grand sacellaire », dont les attributions étaient bien différentes de celles du fonctionnaire civil : il était chargé de la surveillance des monastères, de l'inspection de leur temporel, mais aussi du maintien dans leurs murs du bon ordre et de la discipline. Il était aidé dans ses fonctions par un archonte des monastères. Il présidait aussi une cour de justice ecclésiastique.
Bibliographie Louis Bréhier, Les institutions de l'Empire byzantin, coll. L'évolution de l'humanité, Albin Michel, 1949 et 1970.
Liens externes
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