Yelena Gadzhievna Isinbayeva (en ) née le à Volgograd est une athlète russe pratiquant le saut à la perche. Double championne olympique, aux Jeux d'Athènes 2004 et de Pékin 2008, elle est également triple championne du monde et championne d'Europe. Elle est l'actuelle détentrice du record du monde du saut à la perche féminin, avec franchis en plein air à Zurich en 2009. Elle met un terme à sa carrière sportive en , tout en devenant dans le même temps membre du Comité international olympique en étant élue à sa commission des athlètes.

Biographie Yelena Isinbayeva est née le à Volgograd. Son père, Gadji Gadjiyévitch Issinbaïev, est plombier d'ethnie tabassarane, il est originaire du Daghestan. Le prénom du père ainsi que son patronyme sont la version russe de hadji, celui qui a fait le pèlerinage à La Mecque. Yelena Isinbayeva a une sœur nommée Inna.

Carrière junior Elle débute dans le sport par la gymnastique artistique dans sa ville de Volgograd. Mais, à quinze ans, elle est désormais considérée comme trop grande, , pour la discipline. Elle s'essaye au saut à la perche, sport où elle obtient rapidement de bons résultats.

En 1998, elle remporte les jeux de la jeunesse, compétition disputée à Moscou en franchissant la barre de . La même saison, elle participe aux Championnats du monde junior disputés à Annecy.

La saison suivante, elle remporte les championnats du monde de la jeunesse de Bydgoszcz en franchissant .

Elle continue sa progression en remportant une autre compétition de jeunes avec les Championnats du monde junior de Santiago du Chili. Avec , elle établit un nouveau record du monde junior. Elle participe à ses premiers Jeux olympiques d'été à Sydney où, ne franchissant pas la barre de , elle échoue lors du concours de qualification.

Elle remporte ensuite les Championnats d'Europe junior 2001. La même saison, elle avait auparavant participé, durant la saison hivernale, aux Championnats du monde en salle 2001 à Lisbonne, compétition qu'elle termine à la septième place.

En 2002, elle remporte sa première médaille chez les séniors en finissant deuxième des Championnats d'Europe de Munich en réalisant , soit cinq centimètres de moins que sa compatriote Svetlana Feofanova. La troisième place est prise par l'Allemande Yvonne Buschbaum .

Premier record du monde, sacre olympique thumb|Yelena Isinbayeva en 2003|gauche La lutte avec Feofanova, alors détentrice du record du monde, s'accentue l'année suivante. Feofanova établit trois records du monde en salle et remporte le Championnat du monde en salle 2003 devant Isinbayeva. Mais le , à Gateshead, lors du meeting de Crystal Palace, Isinbayeva bat son premier record du monde en réalisant . Elle se positionne également parmi les favorites du Championnat du monde de Paris. Lors de celui-ci, Isinbayeva réalise , hauteur insuffisante pour rivaliser avec sa compatriote qui réussit pour remporter le titre mondial devant l'Allemande Annika Becker.

En 2004, elle établit deux records du monde en salle lors du meeting de Donetsk, passant puis une barre supérieure de deux centimètres. Après que Feofanova a fait progresser la marque à cinq jours plus tard à Athènes, Isinbayeva reprend la tête des bilans mondiaux en passant la barre de lors des championnats du monde en salle de Budapest, compétition où la Russe devance Stacy Dragila et Feofanova.

Lors de la saison estivale, Isinbayeva franchit à Crystal Palace, puis un mois plus tard avant d'atteindre la hauteur de cinq jours plus tard à Londres.

Le concours de saut à la perche féminin des Jeux olympiques d'Athènes voit la première championne olympique de la spécialité, Stacy Dragila, échouer lors du concours de qualification en raison d'une blessure au pied. Malgré cette absence, la compétition présente un grand intérêt avec l'affrontement des deux Russes, en tête des bilans mondiaux. La Polonaise Anna Rogowska et Feofanova franchissent la hauteur de au premier essai, ce que ne parvient pas à réussir Isinbayeva. Celle-ci décide donc de reporter ses deux essais restant à la barre suivante, . Elle échoue de nouveau, tandis que sa compatriote franchit à sa deuxième tentative, la Polonaise échouant à cette hauteur. Isinbayeva reporte de nouveau son dernier essai à la barre suivante. En réussissant cette hauteur, elle reprend la tête du concours. Feofanova, en échouant une dernière fois à , laisse le titre à sa rivale. Celle-ci, déjà championne olympique, demande alors une barre de qu'elle franchit, établissant ainsi un nouveau record du monde.

Peu après les jeux, elle se rend au Mémorial Van Damme où elle réussit , son huitième record du monde de la saison. Elle remporte ensuite sa première finale mondiale de l'athlétisme, disputée à Monaco.

Ces huit records, et ses deux titres, mondial en salle et olympique, la désigne Athlète IAAF de l'année, le titre chez les hommes étant remporté par l'ethiopien Kenenisa Bekele.

La barrière des 5 mètres (2005)

Lors de la saison 2005, elle continue sa chasse au record. Dès la saison hivernale, elle bat à quatre reprises le record du monde en salle, à Donetsk, Birmingham, Liévin et Madrid, cette dernière ville étant l'hôte des Championnats d'Europe en salle. Cette quête de records continue lors de la saison estivale. Elle passe d'abord lors du meeting Athletissima de Lausanne, puis à Madrid. Lors du meeting de Crystal Palace, le , elle passe puis demande une nouvelle barre : elle franchit , barre symbolique que l'Américain Brian Sternberg avait été le premier homme à franchir en 1963.

Les Championnats du monde 2005 à Helsinki sont perturbés par les conditions climatiques. Le concours de saut à la perche féminin est retardé. Cependant, ces conditions ne l'empêchent pas de remporter un premier titre mondial, en établissant de surcroît un nouveau record du monde avec réussis lors de sa seconde tentative. De plus, elle devance sa dauphine, la Polonaise Monika Pyrek, de Vidéo du record du monde du saut à la perche aux Mondiaux d'Helsinki 2005, site de l'IAAF, consulté le 15 mai 2009. Comme la saison précédente, elle remporte la finale mondiale de l'athlétisme.

En , elle décide de changer d'entraîneur pour travailler avec Vitaliy Petrov, qui avait été celui de Sergueï Bubka. Son but est d'imiter, voire dépasser le palmarès de l'Ukrainien, qui a entre autres battu 35 records du monde. Petrov considère que les ajustements, principalement liés à sa course d'approche, peuvent la conduire aux alentours de , .

Pour la troisième année consécutive, elle se rend à Donetsk, ancien lieu d'entraînement de Bubka, et y établit un nouveau record du monde en salle. Durant cette saison hivernale, elle remporte un nouveau titre mondial lors des mondiaux en salle de Moscou.

Lors de la saison estivale, elle réalise de bonnes performances, à Lausanne, à Londres mais ne parvient pas à atteindre les . Lors des Championnats d'Europe à Göteborg, elle remporte le dernier titre qui ne figure pas encore à son palmarès, mais en se contentant d'une hauteur de . Pour la troisième saison consécutive, elle remporte la finale mondiale. Elle remporte également la coupe du monde sous les couleurs de la Russie.

Nouveau titre mondial (2007) et olympique (2008) thumb|Yelena Isinbayeva franchissant à Osaka|318x318px Comme désormais chaque saison, Isinbayeva bat le record du monde en salle à Donetsk.

Lors de la saison estivale, Isinbayeva se voit confronter à un nouvel objectif : le saut à la perche féminin figure parmi les épreuves de la Golden League 2007. Les premières étapes de celle-ci sont ponctuées de victoires, avec entre autres des sauts de au meeting Gaz de France et au Golden Gala de Rome.

Lors des mondiaux 2007 d'Osaka, ses deux principales adversaires, la Tchèque Katerina Badurová et Feofanova s'arrêtent à , échouant toutes les deux à , hauteur que Isinbayeva franchit à son second essai. Elle demande alors , ce qui serait un nouveau record, mais échoue lors de ses trois tentatives. Elle termine la saison en remportant les dernières étapes de la Golden League, se partageant le million de dollars octroyé aux vainqueurs avec l'Américaine Sanya Richards. Elle remporte également une nouvelle fois la finale mondiale.

Après une nouvelle saison hivernale ponctuée d'un record du monde en salle à Donetsk et une médaille d'or aux mondiaux en salle de Valence, elle renoue avec les sommets en établissant un nouveau record du monde lors du Golden Gala avec . Ce record se produit près de trois ans après son dernier record du monde en plein air. Elle explique ce délai par divers changements : changement de technique, d'entraîneur, de vie personnelle. Elle reconnait également que les performances de l'Américaine Jennifer Stuczynski, puis , ont eu une importance sur son réveil : . 18 jours plus tard, le , à Monaco pour le dernier meeting avant les Jeux olympiques, elle bat de nouveau son propre record du monde au troisième essai pour le porter à .

Le , elle bat le record du monde aux Jeux de Pékin au dernier essai avec . Par la même occasion elle établit un nouveau record olympique. Elle obtient ainsi une nouvelle médaille d'or olympique. Cette médaille lui était assurée lorsqu'elle avait réussi à son premier essai, sa dernière rivale, l'Américaine Jennifer Stuczynski ne parvenant pas à franchir tandis que Feofanova termine troisième.

5,00 m en salle (2009) et premières désillusions Le , à Donetsk, elle est la première femme à passer la barre des en salle, établissant ainsi un nouveau record du monde. C'est la sixième année consécutive qu'elle bat le record du monde lors de cette réunion. Lors de cette édition, elle le fait deux fois : une première à après avoir échoué deux fois un centimètre plus bas, puis cinq mètres lors de son second essai. thumb|Yelena Isinbayeva lors des mondiaux de Berlin 2009.|gauche|376x376px En début de la saison estivale, elle est battue aux essais lors du meeting de Crystal Palace par la Polonaise Anna Rogowska. Le , lors des championnats du monde de Berlin, elle connaît la première véritable désillusion de sa carrière en ne franchissant aucune barre. Elle commence son concours à , alors que sa meilleure performance de l'année est de . Après un premier échec à cette hauteur, elle décide de reporter ses deux sauts suivants pour la barre successive de , la Polonaise Anna Rogowska ayant franchi cette barre. Mais elle échoue de nouveau à et laisse le titre à son adversaire, sans marque mesurée (NM), ce qui la classe dernière du concours.

Le , durant la de la Golden League à Zurich, Yelena bat son propre record du monde en passant au premier essai à . Elle prend par la même occasion sa revanche sur Rogowska, qui se classe avec . Ce nouveau record du monde est le de sa carrière (15 en plein air et 12 en salle). Elle se rapproche encore un peu plus du record de Bubka qui a battu 35 fois le record du monde du saut à la perche chez les hommes (18 fois en extérieur et 17 fois en salle).

Le , Yelena emporte le meeting Mémorial Van Damme à Bruxelles en sautant à . Elle échoue trois fois dans sa tentative de record du monde à . Cette victoire lui permet de gagner le jackpot de la Golden League 2009 aux côtés de Sanya Richards et Kenenisa Bekele. C'est la de sa carrière qu'elle emporte la Golden League avec sa victoire en 2007. Le , elle gagne la Finale mondiale de l'athlétisme avec .

Saison 2010, pause et reprise en 2011