Sonnerie de cloches, musique d'orgue et musique vocale à la cathédrale de Rouen
La cathédrale de Rouen est l'une des premières cathédrales d'Occident à avoir possédé un orgue, dès le . Elle est le berceau de l'école française d'orgue, grâce à Jehan Titelouze († 1633), organiste de la cathédrale à partir de 1588.
Les orgues La cathédrale de Rouen est l'une des premières cathédrales d'Occident à avoir possédé un orgue. Elle en possédait un avant 1380. Initialement installé dans le croisillon nord, près de la porte de l'archevêché, il trouve son emplacement actuel dès 1493 sous l'archiépiscopat de Robert de Croismare.
Le grand orgue Description Il a été reconstruit par les établissements Jacquot-Lavergne, à la suite de la campagne de restauration de la cathédrale liée aux destructions de la Seconde Guerre mondiale. Il est inauguré en 1956 par Marcel Lanquetuit, titulaire du grand-orgue, avec une composition de Marcel Dupré.
De nombreux facteurs d'orgues se sont succédé au cours des siècles à la tribune de la cathédrale : Crespin Carlier restaure l'instrument en 1601 à la demande de Titelouze. On trouve aussi le nom de Robert Ingoult. L'orgue souffre de l'ouragan de 1683 avant sa reconstruction par Robert Clicquot en 1693 sous l'impulsion de Jacques Boyvin, alors organiste titulaire. Jean-Baptiste Nicolas Lefebvre travaille lui aussi sur l'instrument. Une reconstruction intervient en 1858. Elle est effectuée par Merklin et Schütze avec l'inauguration en 1860 par l'organiste belge Jacques-Nicolas Lemmens. Les établissements Jacquot-Lavergne sont les derniers à intervenir sur l'orgue en 1956.
Le buffet, construit après l'ouragan de 1683, est l'œuvre de Joseph Pilon. Il a été partiellement victime des bombardements de la dernière guerre. Ce buffet a fait l’objet d’un classement au titre objet des monuments historiques sur la liste de 1862.
La Direction régionale des affaires culturelles suspend l'utilisation de l'orgue à compter du après avoir constaté une défaillance dans le système électrique potentiellement dangereuse..
Composition du grand orgue + Grandes orgues de la cathédrale Notre-Dame de Rouen. Grand orgue I (61 notes) Positif expressif II (61 notes) Récit expressif III (61 notes) Bombarde expressif IV (61 notes) Pédalier (31 notes) Bourdon 16Bourdon 16Quintaton 16 Bourdon 16Soubasse 32 Montre 16Montre 8Diapason 8Diapason 8Flûte 16 Montre 8Flûte harmonique 8Flûte harmonique 8Flûte 8 Flûte 8 Flûte harmonique 8 Bourdon 8 Bourdon 8 Gambe 8 Basse 8 Bourdon 8Gambe 8Gambe 8Unda maris 8Flûte 4Salicional 8Prestant 4Voix céleste 8Flûte ouverte 4Quinte 2 2/3Prestant 4Flûte douce 4Flûte 4Prestant 4Quinte 5 1/3Flûte octaviante 4Nazard 2 2/3Octavin 2Grande fourniture IVBombarde 32Nazard 2 2/3Doublette 2Fourniture IVCornet VBombarde 16Doublette 2Tierce 1 3/5Basson hautbois 8Bombarde 16Trompette 8Tierce 1 3/5Fourniture IVVoix humaine 8Trompette 8Clairon 4Fourniture IVCromorne 8Bombarde 16Clairon 4Cymbale IIITrompette 8Trompette 8 Bombarde 16Clairon 4Clairon 4 Trompette 8 Clairon 4
Accessoires :
Tous les accouplements et tirasses possibles en 16, 8, 4 pieds ; 6 combinaisons ajustables par clavier ; tutti par clavier ; tutti général ; annulation de chaque clavier ; trémolo au récit.
L'orgue de chœur
Robert de Croismare, archevêque de Rouen (1483-1493), fait réaliser à partir de 1491 la construction d'un orgue comprenant des jeux de pour remplacer celui du chœur de la cathédrale. Placé sur une tribune en bas de la nef, il est utilisé pour la première fois lors de la fête de l'Annonciation, en 1494.
Au , un nouvel instrument est offert par le chanoine Pierre Mésenger. Érigé en 1517 sur la partie centrale du jubé gothique, il est détruit en 1562 lors des guerres de religion.
Description de l'instrument actuel L'instrument est conçu par Albert Dupré et construit par le facteur romantique Aristide Cavaillé-Coll. Il est installé en 1896 chez Albert Dupré. Son fils, Marcel Dupré, l'offre en 1945, en remplacement de l'orgue Ducroquet, détruit par les bombardements en 1944. Il comporte 11 jeux répartis sur deux claviers de 56 touches et un pédalier de 32 marches. Les titulaires de cet orgue ont été : Jules Lambert, Annette Aubert, Monika Dabrowska-Beuzelin et depuis 1992, Lionel Coulon.. Cet orgue fait l’objet d’un classement au titre objet des monuments historiques depuis le .
Instrument +Orgue de chœur de la cathédrale Notre-Dame de RouenGrand Orgue I (56 notes)Récit expressif II (56 notes)Pédalier (32 notes)Montre 8Cor de nuit 8Soubasse 16Bourdon 8Dulciane 8Basson 16Prestant 4Unda maris 8 Flûte 4 Trompette 8 Basson-hautbois 8
Accessoires:
I / Péd
II /Péd
II / I
Trémolo
Appel et renvoi Montre et Prestant
Appel trompette
Appel Basson
Organistes
La cathédrale de Rouen, berceau de l’école française d'orgue, a connu 42 organistes qui se sont succédé depuis Étienne Lequien en 1383, jusqu’à Lionel Coulon, titulaire en 1992, parmi lesquels on peut retenir les noms de compositeurs connus comme Jehan Titelouze considéré comme le fondateur de l’école française d’orgue, Jacques Boyvin ou d’Agincourt, maitre de Duphly :
+ Titre 1. Étienne Lequien 1383 2. Robert Labbé 1386 3. Nicolas Novel 1406 4. Nicolas Crasbonel, prêtre et prébendé 1414-1437 5. Nicolas Hersent 1450 6. Jacques Duval 1452 7. Raoul Lefebvre 1457 8. Jean Fleury 1467 9. Robert Martin 1483 10. Guillaume Duval 1488 11. Raoul De Sainne 1499 12. Anonyme 1511 14. Simon Leclerc 1514 15. Gervais 1515 16. Jean Bachelet 1517 17. Un anonyme désigné comme Organista elegantissimus è partibus Flandriæ, mandé par Georges II d’Amboise 1518 18. Pierre Dumarais 1521 19. Nicolas Dulot, de Saint-Omer 20. Jacques Brunel 13 déc. 1524 21. Simon Madelin 28 déc. 1524 22. Guillaume Moncuit, de Darnétal 1539 23. François Josseline, inhumé aux Célestins 1562 24. Jehan Titelouze, prêtre-chanoine 1588 25. Leroy, prêtre, organiste de Saint-Omer / Jacques Lefebvre
26. François De Minorville , prêtre lorrain 1645 27. Michel Yart 1653 28. Germain Yart 1672 29. Jacques Boyvin 1674 30. François d'Agincourt 1706 31. Laurent Desmazures, de Marseille 1758 32. Charles Broche 1777 33. A. Godefroy 1803 34. Després 1804 35. Maurger 1809 36. A. Godefroy () 1814 37. A. Godefroy (fils) 1824 38. Élèves de la Maîtrise de la Cathédrale 1847 39. Aloys Klein 1855 40. Franz-Aloys Klein 1872 41. Émilien Ledru 1881 42. Jules Haelling, maître de Maurice Duruflé à la Maîtrise Saint-Évode 1904 43. Henri Beaucamp, père d'Albert Beaucamp 1926 44. Marcel Lanquetuit, élève de Marcel Dupré 1937 45. Marie-Thérèse Dutoit, élève de Marcel Dupré 1978 46. Lionel Coulon 1992
Musique vocale : la maîtrise Saint-Évode
Les cloches À côté du carillon installé en 1920 et agrandi en 1954, la cathédrale possède une sonnerie de six cloches. Cinq sont installées dans la tour de Beurre ; l'imposant bourdon Jeanne d'Arc se trouve seul dans le beffroi de la tour Saint-Romain.
Anciennes sonneries + Cloches de Notre-Dame de Rouen avant 1920. Nom Masse Note DédicaceTour Année Fondeur RouvelLa Rouvel et la Cache-Ribaud, aurait été transférées en 1382 dans le beffroi du Gros-Horloge suivant Henri Loriquet dans Le beffroi de Rouen avant la sédition de la Harelle, 1906.(la cloche d'argent)Saint-Romain - 1382Jean d'Amiens Cache-RibaudSaint-Romain - 1382Jean d'Amiens Neuf-SaintsSaint-Romain? - 1467 RomaineElle aurait été donnée par l'évêque Romain.Saint-Romain- 1685 RigaudDonnée par l'archevêque de Rouen Eudes Rigaud.miSaint-Romain - 1793 JosephsiSaint-Romain- 1793 ThibaultDu nom de son donateur Thibaut d'Amiens († 1229), archevêque de Rouen, refondue en 1685faSaint-Romain- 1793 NicolassolSaint-Romain- 1793 Petite-MarieSaint-Romain1467 - 1685 CompilesSaint-Romain- 1685 Grand-Saint-BenoîtSaint-Romain- 1793 Petit-Saint-BenoîtSaint-Romain- 1793 Robin de LuzlaSaint-Romain- 1793 Marie-d'EstoutevilleréSaint-Romain1467 - 1793Pierre Chapuzot Guillaume-d'EstoutevilleSaint-Romain1470 - 1685 Georges-d'AmboiseElle sera félée le , lors de l'entrée de Louis XVI dans la ville. Brisée en 1793, ses débris ont été envoyés à Romilly pour être convertis en canons. Quatre médailles des fragments ont été réalisées en souvenir.« Ipsa ego sum quamvis sonitu veneranda tonanti,/Prima est auctori gloria danda meo./Namque ter et denis cum ternis millibus æris/Obtulit, hæc vero dona dicata Deo./Scilicet Ambasius qui sancat, Georgius, arma/Cunctaque Francigenis tractat habenda viris./Rotomagus tanto felix Antistite gaudet:/Cum sit Cardinei gloria summa chori./Anno a natali Christi 1501, regante Ludovico XII, Francorum/rege. L'an 1501, sous le règne de Louis XII, roi de France./Jean Le Machon, demeurant à Chartres, m'a faite. »« Je suis nommée Georges-d'Amboise, qui bien trente-six mille poise;et cil qui bien me pèsera quarante mille y trouvera »Beurre1501 - 1793Jean Le Masson Victricelatour-lanterne- 1793 Mellon(l'Échelle)sitour-lanterne- 1793 Nicaise(Maillard)uttour-lanterne- 1793 Maur(ou Mortuaire)rétour-lanterne- 1793 Ouen(Ouinet ou Louise-Quinet)mitour-lanterne- 1793 Quatr'Une ouLa PrincesseElle est issue de la fusion de 4 cloches plus anciennes: Guillaume-d'Estouteville, Saint-Romain, Petite-Marie et Completorium.réSaint-Romain1686 - 1845Jean Aubert Louis-Marie-de-BailleulElle a été remplacée par la Jeanne-d'Arc. Son parrain est l'abbé Antoine Le Cœur, chanoine de la Métropole, docteur en théologie, et sa marraine la princesse Anna Sidonia Joseph Maria de Montmorency, comtesse de la Chastre« † Audite et attendite, populi, de longe./ISAIE, XLIX./Ann. Dni. 1686. Ex quatuor conflata scilicet Guill. Card. d'Estouteville, Romano, Maria minore et Completorio, vulgo vocabatur Quatr'Une, sive la Réunie, et anno 1850 mense dec., piis D. D. Archiep. Rothom. largitionibus aucta pondere, repetitoque conflationis opere, nominor Ludovicus Maria de Bailleul; unanimi cleri populique applausu nomen imposuere venerabilis et discretus vir Antonius Le Cœur, S. theologiœ doctor et professor Ecclesiœque Rothom. canonicus, et nobiliss. dna. Anna Sidonia Joseph Maria de Montmorency, comitissa de la Chastre. »(1ère dédicace)« † Audite et attendite, populi, de longe./ISAIE, XLIX, 1./† Loco pristinœ vocatœ Quatr'Une sive la Réunie, ann. D N I/1852 mense februarii, piis D. D. Blanquart de Bailleul,/Archiep. Rotom. largitionibus conflata, nominor Ludovica/Maria, quod nomen imposuere Vnblis et Discr. Vir Ant. Le/Cœur, S. theol. doctor et prof., Ecclesiœque Rotom. canonicus,/et nobiliss. Dna. Anna Sidonia Joseph Maria de Montmorency,/comitissa de la Chastre./Ernest Bollée, fondeur au Mans (Sarthe). »(, après sa refonte)Saint-Romain1850 - 1920Ernest Bollée
+ Cloches et carillon de Notre-Dame de Rouen en 1920. Nom Masse Diamètre à la base Note Parrains et Marraines Dédicace Tour Année Fondeur Illustration Jeanne d'Arc(volée)16 000 kg