La bataille de Beignon se déroula lors de la chouannerie. À la fin du mois d', des Chouans venus pour la plupart du pays de Vitré effectuent une expédition jusque sur les limites du Morbihan. Le , ils s'emparent du bourg de Beignon. Mais l'expédition menée par Puisaye est un échec, car contrairement à ses espérances, elle ne provoque aucune insurrection.
Prélude Le , les Fédéralistes de Normandie et de Bretagne sont écrasés à la bataille de Brécourt, son commandant Joseph de Puisaye s'enfuit en Bretagne et trouve refuge à la forêt du Pertre, avec quelques officiers fédéralistes ou royalistes ; Frocard, de la Haichois, le colonel Roy, de la Massüe, Legge et son frère, prêtreToussaint du Breil de Pontbriand, Mémoires du colonel de Pontbriand sur les guerres de la Chouannerie, 84-94.. En octobre, pendant la Virée de Galerne, Puisaye tente d'entrer en relation avec les généraux vendéens mais arrive à Laval après le départ de l'armée. Il regagne la forêt du Pertre, mais en est expulsé au début de l'année 1794, par la grande battue opérée par les généraux Rossignol et KléberFrançois Cadic, Histoire populaire de la chouannerie, t. I, 453-458.. La Haichois et La Massüe sont tués par les Républicains et Puisaye trouve refuge dans le pays de Vitré.
Puisaye a pour ambition de prendre la tête des insurgés du nord de la Loire et de succéder au marquis de La Rouërie, il entre en relation avec Bertin, de Saint-Malo ancien conjuré de l'Association bretonne, ce qui lui permet d'avoir des contacts avec l'Angleterre. Dans le pays de Vitré, il rencontre le chef chouan Louis Hubert et lui fait part de son projet d'expédition sur le Morbihan. Après avoir obtenu son soutien, Puisaye gagne les environs de Rennes où il s'assure là aussi l'appui de rescapés vendéens et de chefs chouans ; Dupérat, Henri Forestier, Chantereau, Cacqueray, Poncet, Bréchard et Jarry.
L'expédition de Puisaye Puisaye revient au pays de Vitré en avril, son projet est de se porter sur Morbihan et de rassembler les insurgés de ce département avec ceux d'Ille-et-Vilaine, il assure qu'il pourra ainsi rassembler une armée de plus de pour prendre Rennes. Forts de ces promesses Hubert et les autres chefs de Vitré ; La Poule, Blondiau, Mercier, Rossignol et Piquet à la tête de , dont plusieurs vétérans de la Virée de Galerne, armés de fusils de chasse, de fourches ou de bâtons se rassemblent à Saint-Didier et se mettent en marche le pour le pays de Rennes. Puisaye tente également de rallier les Chouans de Fougères, dont le chef Aimé du Boisguy se présente à La Chapelle-Saint-Aubert avec 300 hommes, mais pour une raison inconnue, Puisaye n'est pas présent au rendez-vous. La population des communes situées aux Sud-Est de Rennes étant républicaines, les Chouans traversent rapidement ces territoires, ils gagnent la forêt de Rennes où ils reçoivent quelques renforts, mais deux colonnes républicaines les attaquent et ils se replient après une courte escarmouche, traversent la Vilaine à Cesson-Sévigné, s'emparent d'un convoi de farine et couchent le soir à Vern-sur-SeicheJean Julien Michel Savary, Guerre des Vendéens et des chouans, par un officier supérieur de l'armée de Vendée (1824-1827), t. III, 518-519..
À Rennes, les Républicains sont informés de ce mouvement, 50 hussards sont envoyés sur Vern, mais ils tombent dans une embusade et se replient avec perte de deux morts. Cependant seuls les officiers vendéens avec une soixantaine d'hommes ont rejoint la troupe de Puisaye. Les Chouans de Vitré commencent à se méfier, car Puisaye leur avait dit disposer de au sud de Rennes, et menacent de faire demi-tour. Puisaye parvient cependant à les convaincre que la majorité de ses forces sont au Morbihan.
La marche reprend, mais les 50 cavaliers de l'adjudant-général Damas sont à leur poursuite. Le convoi est repris, mais les Bleus perdent la trace des Chouans qui franchissent à nouveau la Vilaine à Cicé. Des gardes nationaux de Rennes tentent de leur couper la route, mais Puisaye les contourne par Maure-de-Bretagne puis gagne la forêt de Paimpont. Le il est à Beignon situé à la limite des deux départements.
Le combat Parti de Montfort, le colonel Doré rassemble plusieurs garnisons et forme une colonne de , dont 40 cavaliers parmi lesquels des gendarmes et douze prêtres constitutionnels mené par le curé Champion. Les Républicains arrivent en vue de Beignon, aux abords du bourg un cavalier en uniforme s'opproche d'eux ; « En avant, mes amis, les Royalistes, presque tous ivres morts, gisent dans les rues de Beignon, avançons rapidement et c'en est fait d'eux. » Mais il s'agit d'un piège, les Républicains attaquent sans se méfier et tombent sur les Chouans et les Vendéens en bon ordre dans le bourg. Ces derniers avancent sans tirer, cependant les cavaliers et le colonel trop avancés, prennent la fuite et jettent la confusion dans leurs rangs. Ce désordre fait paniquer les Républicains qui prennent la fuite avant même qu'un seul coup de fusil ne soit tiré. Poursuivis par les Chouans, les Républicains se divisent en deux groupes, le premier s'enfuit par la forêt de Paimpont et n'est pas inquiété, le second en revanche est rattrapé près de la petite rivière de l'Aff. Selon Pontbriand, 45 Républicains sont tués, parmi lesquels le curé Champion et le juge de paix Jan de la Hamelinais.
L'abbé Pierre-Paul Guillotin, prêtre réfractaire, laisse un témoignage dans ses mémoires :
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