La ligne de Chars à Magny-en-Vexin est une ancienne ligne de chemin de fer secondaire à voie normale de de longueur, située dans l'Oise et le Val-d'Oise. Embranchement de la ligne de Saint-Denis à Dieppe, elle permet depuis cette dernière de desservir le bourg de Magny-en-Vexin, centre agricole du Vexin français. Elle constitue la ligne Livre : Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français, édité par La Vie du Rail en août 2011, , volume 1, page 126. du réseau ferré national.
Histoire
Jusque dans les années 1840, Magny-en-Vexin, située approximativement à mi-chemin de Paris et de Rouen, constitue un relais important de diligences, reliant notamment Paris à Rouen et Le Havre. Mais l'ouverture du chemin de fer entre Paris et Rouen le porte un coup fatal à ce trafic, qui porte la même année sur sept voitures quotidiennes dans chaque direction. Le trafic cesse vers Paris et est d'abord redirigé vers Mantes et vers Pontoise, que la ligne de Paris-Nord à Lille dessert à partir du .
Dès le milieu du , la population appelle de ses vœux une desserte par le chemin de fer, dont elle attend un important développement économique, d'autant qu'une nouvelle ligne en projet doit relier Pontoise à Dieppe et être achevée en . Magny comptant plus de trois mille habitants à cette époque, il paraît évident que cette nouvelle ligne passera par la commune ; mais les espoirs sont rapidement déçus, le tracé remontant la vallée de la Viosne plus à l'est pour rejoindre celle de la Troesne, ignorant Magny-en-Vexin. Lors de l'ouverture du tronçon de Pontoise à Gisors de la ligne de Dieppe, le , le trafic des diligences est de nouveau redirigé, cette fois vers la gare de Chars, par Serans et par Nucourt. Mais l'ouverture de la ligne de Chars à Magny-en-Vexin entraîne l'arrêt de cette dernière desserte, pour ne laisser subsister que deux voitures quotidiennes vers Mantes, dont une est rapidement suppriméeRoland Vasseur et Françoise Waro, Magny-en-Vexin des origines à 1914, ..
Cette ligne, embranchement à voie normale de la ligne de Saint-Denis à Dieppe et pendant occidental de l'embranchement de Chars à Marines, est concédée le par le conseil général de Seine-et-Oise à , auquel se substitue rapidement une société anonyme, la nouvelle compagnie du chemin de fer de Magny-en-Vexin à Chars, en tant que concession d'intérêt local. Une convention signée le entre le préfet du département de Seine-et-Oise et lui concède la ligne pour une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans, et lui vers la somme de , dont provenant du département de Seine-et-Oise et de l’État, à charge pour lui de réaliser le chemin de fer à ses frais, risques et périls, dans un délai de deux ans suivant le décret impérial déclarant la ligne d'utilité publique, signé le .. Débrousse conserve pendant six ans le droit exclusif de prolonger la ligne à Bray-et-LûRoland Vasseur et Françoise Waro, Magny-en-Vexin des origines à 1914, ..
Des procès puis la guerre de 1870 retardent les travaux de la ligne, qui est finalement ouverte le Roland Vasseur et Françoise Waro, Magny-en-Vexin des origines à 1914, .. D'une longueur de et desservant deux gares intermédiaires, Nucourt et Bouconvillers, la ligne voit transiter et de marchandises en 1879. En 1877, le trajet vers Paris coûte de à selon la classe, soit un montant équivalent à celui des diligences, mais le trajet ne demande plus que deux heures au lieu de douze heures en 1801 et sept heures en 1826.
La ligne est rachetée par l'État par une convention signée le entre le ministre des Travaux publics et la Compagnie du chemin de fer de Magny à Chars. La ligne est concédée à la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest et reclassée d'intérêt général par une loi le .. En 1909, la ligne passe sous le contrôle du réseau de l'État, comme toutes les lignes de la compagnie de l'OuestHenri Domengie et José Banaudo, les petits trains de jadis, tome 4 : Nord de la France, ..
Le trafic de voyageurs est transféré sur route le et seul un trafic résiduel de marchandises lui survit jusqu'en 1987 sous le régime des dessertes à trafic restreint. Le bâtiment de la gare de Magny-en-Vexin est resté depuis en l'état ; seule la marquise a disparuClaude Wagner, les petits trains et les tramways du Val-d'Oise, ..
La section de Bouconvillers à Magny-en-Vexin (PK 4,200 à 12,150) a été déclassée le Journal Officiel de la République Française du 11 décembre 1992, page 16899. et celle de Chars à Bouconvillers (PK 0,350 à 4,200) le Journal Officiel de la République Française du 18 janvier 2002, ..
En 1995, le musée des tramways à vapeur et des chemins de fer secondaires français (MTVS), situé trop à l'étroit dans ses locaux de Butry-sur-Oise, propose d'exploiter la ligne à vocation touristique, avec l'aide des collectivités localesSite municipal de Chars - La grande histoire du petit train .. Elle serait alors réaménagée à voie métrique, un atelier de , un musée de et des garages pour abriter la collection sont alors prévus. Mais en 2008, un changement de majorité dans le département du Val-d'Oise met fin au projetLe Parisien - La future ligne du train à vapeur sur une voie de garage , article du 26 avril 2008., le projet n'étant plus inscrit dans le nouveau contrat de plan 2009-2013MTVS - 18 mars 2009 : Fin du projet de déménagement dans le Vexin.. La voie est déposée vers 1995 entre Bouconvillers et Magny-en-Vexin, puis en de Chars à BouconvillersTrain de l'Eure - Ligne de Chars a Magny-en-Vexin..
Tracé
L'antenne de Chars à Magny-en-Vexin trouve son origine en gare de Chars, sur la ligne de Saint-Denis à Dieppe, qui remonte la vallée de la Viosne depuis Pontoise. Elle traverse le tunnel de Clochard parallèle au tunnel de Chars de la ligne de Saint-Denis à Dieppe, avant de s'en séparer et de s'orienter à l'ouest en limite des départements du Val-d'Oise (anciennement Seine-et-Oise), et de l'Oise pour gravir le plateau du Vexin français avec une rampe atteignant 20 ‰. Après avoir desservi Bouconvillers et atteint le faîte du parcours après une nouvelle rampe de 13 ‰, la ligne amorce sa descente en pente de 18 ‰ et dessert alors Nucourt, avant d'atteindre son terminus en impasse à Magny-en-Vexin, dans la vallée de l'Aubette de MagnyHenri Domengie et José Banaudo, les petits trains de jadis, tome 4 : Nord de la France, . Une correspondance y est assurée avec les chemins de fer de grande banlieue (CGB), sur ce réseau secondaire à voie normale vers Sagy, Meulan-en-Yvelines et Saint-Germain-en-Laye.
Exploitation
thumb|La gare de Magny-en-Vexin vers 1900.
Aux débuts de l'exploitation, le parc de matériel est constitué de deux locomotives 030 T, et de quatre voitures à essieux. Plus tard, diverses séries de 030 T du dépôt de Gisors circulent sur la ligne, ainsi que sur celle de Chars à Marines. En 1914, la desserte est assurée par six aller-retours omnibus quotidiens, dont un facultatif. Quelques années plus tard, des autorails Renault-SCEMIA complètent le parc, et assurent deux navettes par jour.
À la suite de la fermeture de la ligne aux voyageurs en 1949, la SNCF assure la traction des trains de marchandises sur la ligne à l'aide de 030 TA détachées du dépôt de Sotteville, puis avec des locomotives dieselHenri Domengie et José Banaudo, les petits trains de jadis, tome 4 : Nord de la France, .
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Liste des lignes de chemin de fer de France Lignes ferroviaires françaises désaffectées ou disparues Gare de Chars Ligne de Chars à Marines Musée des tramways à vapeur et des chemins de fer secondaires français
Bibliographie
Henri Domengie et José Banaudo, les petits trains de jadis, tome 4 : Nord de la France, éditions du Cabri, 1982, 223 pages. Claude Wagner, les petits trains et les tramways du Val-d'Oise, éditions du Valhermeil, 1994, 250 pages. Roland Vasseur et Françoise Waro, Magny-en-Vexin des origines à 1914, éditions du Valhermeil, 1995, 426 pages.
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