L'aqueduc romain de Briord, parfois appelé aqueduc gallo-romain de Briarette, est parvenu jusqu'à nous grâce à son tunnel-aqueduc situé à Briord, dans le département français de l'Ain. Dégagé au début du , le tunnel est classé comme monument historique en 1904.

L'aqueduc captait l'eau de la Brivaz à Montagnieu, traversait la colline Saint-Didier, dite de la Briarette, pour aboutir au niveau de l'établissement gallo-romain de (Briord). Seule sa partie souterraine est connue.

Localisation vignette|gauche|OpenStreetMap Tracé reconnu de l'aqueduc. L'aqueduc est situé dans le département français de l'Ain, sur la commune de Briord, entre le cours du Rhône et les contreforts du Jura. Il comporte un tunnel d'environ , quasiment horizontalLa sortie est 0,75 m plus bas que l'entrée., orienté nord-est (entrée) sud-ouest (sortie), qui traverse la colline de BriaretteÉgalement nommée colline des Bruyaret., alimenté par un barrage sur la Brivaz (à sur la commune de Montagnieu). Le tunnel débouche dans la vallée du Rhône au niveau de la nécropole gallo-romaine des Plantées, non loin de l'ex .

Description vignette|gauche|Intérieur du tunnel-aqueduc. La longueur du tunnel traversant la colline, a été estimée entre 200 et au début du , puis mesurée plus précisément à . La dénivellation entre la prise d'eau de la Brivaz et la sortie du tunnel vers Briord est de , ce qui crée une pente importante pour un aqueduc. Il y avait probablement un aménagement à la prise d'eau, dont les blocs de pierre, visibles sur place, seraient les vestiges. À cet emplacement, un ouvrage aux murs épais d'un demi-mètre fut détruit en 1844.On distingue des assises de pierres massives régulièrement taillées, peut-être de facture romaine. Selon l'abbé Marchand (début du XXe siècle)C'est lui qui effectua la première topographie du tunnel ., ce pourrait être un barrage relevant le niveau de la rivière, d'où partait le canal de l'aqueduc. Ces caractéristiques suggèrent que l'aqueduc aurait été destiné à alimenter des aménagements agricoles, peut-être des moulins.

Le tunnel est creusé dans un calcaire compact. Du côté amont (vallée de la Brivaz), l'entrée, de de largeur et de hauteur sur une profondeur de , se prolonge par le tunnel lui-même . Celui-ci présente une largeur d'environ pour une hauteur variant entre et . À environ , le tracé fait un coude à angle droit sur puis reprend sa direction initiale en direction de Briord. La déviation s'observe aussi verticalement, avec un relèvement de à la jonction. Cet angle marqué est interprété par Marchand comme le point de jonction des deux équipes de mineurs, parties chacune d'une extrémité du tracé prévu. L'équipe partie de Briord a creusé la plus grande longueur et aurait dévié sur sa droite en cherchant à localiser au son l'autre équipe.

Aucune inscription antique n'a été repérée lors des explorations du début du , que ce soit aux entrées du tunnel, ou à l'intérieur. Un fragment d'inscription paléochrétienne trouvé vers 1980 à l'entrée côté Briord n'est qu'un bloc de remploi pour l'aménagement d'une tranchée récente..

Historique

En 1853, Alexandre Sirand fait quelques fouilles à ses frais et explore le tunnel creusé dans la colline. Il découvre gravés dans la paroi, tracés au charbon ou à la craie quelques noms parfois accompagnés de dates, traces de visites antérieures : Prieur Delisle, Pingon 1550, Perret, Duchastre, Cointet 1552. Alexandre Sirand publie son exploration dans une revue culturelle de l'AinA. Sirand, « Treizième course archéologique », Journal d'agriculture, sciences, lettres et arts de l'Ain, 1853, p. 228, et le site retourne à l'abandon.

En 1900, la galerie, dont les ouvertures sont encombrées de débris de terre et de roches, est en partie dégagée par le curé de Briod, l’abbé Jacquand, qui a pu organiser une visite pour les abbés Marchand et Morgon le : dans un premier temps à l’entrée du côté Briord, sur une vingtaine de mètres, puis à l’autre extrémité du côté de la Brivaz. L’ouverture de la galerie taillée dans le rocher est large de et longue de . La largeur du tunnel, parcouru sur plus d’une centaine de mètres, est d'un mètre et demi à deux mètres, avec une hauteur variant entre et , sauf aux entrées qui sont partiellement obturées de débris. La partie centrale du tunnel était impraticable lors de cette visite, mais les visiteurs estiment sa longueur totale à environ . Les traits de burin des mineurs du tunnel sont visibles sur les parois, et leur oblicité différente selon les entrées indique que deux équipes ont entamé le creusement à chaque extrémité. Elles ont dévié avant d’atteindre leur point de rencontre, qui forme donc un coude. Les visiteurs hésitent sur l’explication de cet écart, soit une déviation involontaire, soit une sinuosité ménagée pour casser la force du courant, hypothèse défendue par Adrien Blanchet.

L'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté du ..

En 1905, des subventions pour terminer le dégagement du tunnel sont accordées par le ministère des Beaux-Arts (), le Conseil général de l'Ain et la Société d'émulation de l'Ain (pour chacun). En 1906 grâce aux financements, M. Chevelu entame les travaux de déblaiement.

En 2019, un collectif de géomètres entreprend de modéliser numériquement l'aqueduc.

Références

Annexes

Bibliographie . . . .

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Articles connexes Liste des aqueducs romains Liste des monuments historiques de l'Ain Musée de la société d'histoire et d'archéologie de Briord

Liens externes

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