Aux s, mais aussi dans les siècles précédents, les mauvais-garçons étaient des bandes armées, souvent des brigands, des mercenaires, lansquenets et reîtres démobilisés qui terrorisaient les villes et les campagnes.

On désignait autrefois par le mot « garçons » les serviteurs et valets qui marchaient à la suite des hommes d'armes, des chevaliers et des chefs de corps, pour leur rendre les services qu'exigeaient les circonstances. .

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On lit dans la vie de saint Théodard (840-893), archevêque de Narbonne, que ce prélat fut contraint de renoncer à un voyage qu'il avait résolu, par suite de la crainte que lui inspiraient les mauvais garçons dont le territoire de son diocèse était infesté.

Sous le règne de François , les mauvais-garçons étaient

Leur cri de guerre était « Vive Bourgogne! à sac! à sac ! »par allusion aux prétentions de Charles-Quint sur cette province dans Charles Daniel, Jean Gagarin, Études de théologie de philosophie et d'histoire, vol. 2

On fit alors assemblée (cette époque voit croître le pouvoir municipal). On décida de leur faire la guerre à Chartres et à Paris, il y eut une grande bataille, où plusieurs de leurs chefs furent tués ou suppliciés.

Peu à peu les mauvais-garçons et pillards furent battus.

La ville du est laideur et tristesse, une contagion et un désordre d'enfer. La nuit profite aux mauvais-garçons qui vont dans la ville armés de bâtons, qui crochètent les huys et fenêtres, et s’efforcent d’y entrer pour pillerRevue des deux Mondes, vol. 2, 1848 (Livre numérique Google).. En 1667, Gabriel Nicolas de La Reynie, nommé lieutenant du prévôt de Paris pour la police, songea le premier à placer au milieu et aux deux extrémités de chaque rue des lanternes garnies de chandelles, innovation si importante, que, pour en perpétuer le souvenir, on frappa en 1669 une médaille représentant la ville de Paris, personnifiée par une femme debout, tenant une lanterne rayonnante et une bourse, avec cette légende : Urbis securitas et nitor« La sûreté et la netteté [au figuré : « clarté »] de Paris », sur CGB (Compagnie générale de bourse, site commercial). Consulté le 14 octobre 2011.

À Paris au thumb|350px|Matthäus Merian. Vue de Paris vers 1615.

C'étaient les retentissements de l'agonie du Moyen Âge, et les premiers symptômes de la mort de la branche des Valois, et qui devait enfin disparaître dans les tempêtes, soulevées par les protestants et la Ligue.

À Paris, sous un gouvernement faible où il y a des émeutes, des séditions, des révolutions, il n'y a guère de voleurs et de malfaiteurs; mais sous un gouvernement fort il y en a en grand nombreAmans-Alexis Monteil. Histoire des Français des divers états : . Wouters, 1843, . Tant que durèrent les guerres avec les Espagnols, les hommes sans foi ni loi, ces êtres d'aventure qui vivent au jour le jour, n'importe comment, du crime ou du travail, ayant au dehors tous les moyens de donner carrière à leur esprit d'inquiétude et de hasardeuses entreprises, et d'alimenter leur cupidité prodigue, éloignèrent un peu de nos villes le fléau des associations de malfaiteurs. Paris, si constamment exploité, dans tous les âges de la monarchie, par les filous et les assassins, fut lui-même un peu favorisé par ces saignées au dehors; mais depuis la paix il y avait engorgement. Les souvenirs des brigandages, exercés aux derniers temps, fermentaient dans quelques têtes et se produisaient par le crimeVictor Boreau. La Renaudie ou la conjuration d'Amboise : chroniques de 1560, volume 1. Hivert, 1834.

Tout ce que Paris compte de malfaiteurs, d'aventuriers, d'escrocs, et d'assassins s'y organisa en

La compagnie des Mauvais-garçons se distingua entre toutes celles qui se formèrent au sein de la capitale. Elle se divisait en sections, ayant les mêmes statuts que les Bravi d'Italie (), et chacun de ses membres se louant publiquement comme eux au plus offrant,

Au la population de Paris est de ; c'est un peu plus qu'à Londres, c'est un peu moins qu'à Constantinople. On dit qu'ordinairement il y a à l'hôtel-Dieu. On porte le nombre des pauvres à . On porte le nombre des marchands en gros, ayant plus de , à 200. Et le nombre des autres marchands ayant une fortune médiocre, à . On croit qu'il y a au moins boulangers. Le petit peuple avec lequel se confondent les Irlandais et les gens pauvres logés chez les logeurs à un liard, se trouve partout, mais en plus grand nombre dans les quartiers orientaux où il appartient aux fabricants qui lui donnent du travail, et dans les quartiers méridionaux où il appartient aux moines qui remplissent son écuelle.

Les mauvais-garçons

. Ils eurent bientôt des intelligences même avec les archers, qui les avertissaient des jours où ils pouvaient pénétrer dans la ville sans péril.

Ils se retirèrent alors à la campagne, et, sous le commandement d'Esclaireau, de Jean Charroi, clerc de Février, procureur au parlement ; de Jean Lubbe, tailleur de pierres ; de Guillaume Ogier et de Jean de Metz, ils établirent leur quartier général dans un village voisin du Bourget, et non loin d'un bois, sur le chemin de Meaux, qui pouvait leur servir de retraite au besoin. De là, ils s'étendaient jusqu'aux portes de Paris.

Là, ils vivaient là,

Le 14, ils revinrent au cri de vive Bourgogne ! et donnèrent une nouvelle alarme à la ville. Alors un capitaine, Louis de Harlay, seigneur de Beaumont, reçut l'ordre de rassembler les deux guets de Paris et de tomber vigoureusement sur eux. Cet officier ne trouva rien la première nuit, mais la suivante il rencontra l'ennemi, et l'affaire s'engagea ; il eut de son côté 25 ou 30 blessés et 4 morts, tandis que du côté des mauvais garçons, Guillaume Ogier fut tué. Barbiton, leur meilleur capitaine, Jean Charrot, Jean Lubbe et Arthur Maccari furent pris avec un autre, et pendus au gibet de Montfaucon.

Au , les mauvais-garçons furent remplacés par les princes du sang royal et les jeunes seigneurs de la cour,

Chartres sous le règne de François Au , quelques villes firent réparer leurs murailles, il y en eut même qui se firent ceindre de murs pour la première fois, mais par mesure de police, et plutôt pour se garantir des voleurs que de l'ennemi. Ainsi, nous voyons qu'en 1540, les habitants de Montlhéry, près de Paris, demandent et obtiennent de François , la permission de faire entourer leur ville d'une enceinte de murailles, « parce qu'ils avaient souffert plusieurs maux, pilleries, tueries, etc., d'aucuns mauvais-garçons, gens volontaires, tenant les champs, qui les avaient souvent volés, pillés, battus et outragésJacques Antoine Dulaure. Histoire physique, civile et morale de Paris : depuis les premiers temps historiques jusqu’à nos jours. Guillaume, 1823 (Livre numérique Google) ».

La ville de Chartres aux environs du ,

À Chartres, des suites des guerres d'Italie, et grâce . thumb|left|Albrecht Dürer Ritter, Tod und Teufel (Le Chevalier, la Mort et le Diable) 1513 On fit alors une assemblée, en laquelle il fut ordonné que, thumb|350px|Les Cinq Lansquenets, gravure de Daniel Hopfer (1530).

La police et des lanternes

Cette époque voit croître le pouvoir municipal; les troubles même de la religion lui sont favorables.

À Paris,

Dans certaines circonstances exceptionnelles, on demande aux bourgeois de placer une chandelle sur la fenêtre du premier étage; par exemple en 1324, 1526 et 1553, lorsque la capitale était mise à contribution par les mauvais garçonsLes industriels métiers et professions en France. Émile de La Bédollière Janet, 1842. Livre numérique Google.

Quant à la garde non soldée qu'on nomme le guet, elle est formée des corps de métiers. À noter que les métiers exempts de faire le guet sont en plus grand nombre que les métiers qui le font.

En 1667, Gabriel Nicolas de La Reynie, nommé lieutenant du Prévôt de Paris pour la police, songea le premier à placer au milieu et aux deux extrémités de chaque rue des lanternes garnies de chandelles; innovation si importante, que, pour en perpétuer le souvenir, on frappe une médaille avec cette légende : « Urbis securitas et nitor ».

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Bons et mauvays enfans

On donnait à Paris, vers 1208 le nom de « bons enfans » aux jeunes gens qui se livraient à l'étude. Par opposition on nommait « mauvais enfants » ou « mauvais-garçons » ceux qui vivaient dans la débauche et le brigandage.

Il exista deux « collèges des Bons-Enfants, l'un d'eux rue des bons enfants, près du palais royal, fondé en 1208, reçut d'abord le nom d'« hôpital des Pauvres-Écoliers. » Il méritait ce titre; car les écoliers étaient obligés, comme la plupart des religieux de Paris, de demander l'aumône. Dans la pièce intitulée les Crieries de Paris, on voit que chaque jour ils quêtaient du pain dans les rues de cette ville :

Les libéralités de quelques personnes bienfaisantes, notamment celles du célèbre Jacques Cœur (1400-1456), procurèrent à ce collège un revenu suffisant; et les écoliers ne furent plus réduits à implorer la charité des habitants de Paris. Des rues de Paris et d'ailleurs Des rues étroites, tortueuses, telles qu'on en voit encore dans les plus anciens quartiers de cette ville, et notamment dans celui qui est au nord du parvis Notre-Dame, bordées, si l'on en excepte les édifices publics, de tristes chaumières; des rues qui, dénuées de pavé, jamais nettoyées, devaient être bourbeuses, pleines d'immondices, puantes, hideuses à voir, pénibles à parcourir et malsaines à habiter, offraient l'unique moyen de communication qu'eussent les Parisiens.

Leurs noms grossiers, ridicules, même obscènes, se trouvent en harmonie avec leur mauvais état. Les uns désignent la malpropreté de ces rues, comme les noms de Merderais, Merderet, Merderiaux, Merderel, Orde-Rue, rue Breneuse, il s'en trouvait plusieurs de ce nom; Trou-Punais, ce dernier nom était celui de plusieurs cloaques, ainsi que ceux du TrouBernard, de la Fosse-aux-Chiens, autrefois nommée Fosse-aux-Chieurs; rues Tire-Pet, du Pet, du Petit-Pet, du Gros-Pet, du Pet-au Diable, du Cul-de-Pet, etc.

D'autres noms indiquent les intentions ou les habitudes malfaisantes de ceux qui les habitaient. De ce nombre sont les rues de Maudestour, Mauconseil, Maldésirant, Maleparole, Malivaux, Mauvoisin ou Mauvais-Voisin et deux rues dites des Mauvais-Garçons, etc.

Il existait deux rues à Paris qui portaient le nom de mauvais-garçons: – la rue des Mauvais-Garçons-Saint-Jean, une voie située dans le arrondissement de Paris ; – l'ancienne rue des Mauvais-Garçons-Saint-Germain.

Notes et références

Articles connexes Cour des miracles Gibet de Montfaucon Rue des Mauvais-Garçons

Sac de Rome (1527)

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