thumb|Consommation globale d'énergie entre 2000 et 2020.
L'atténuation du changement climatique ou « atténuation du réchauffement climatique » (en anglais, climate change mitigation) regroupe les actions visant à atténuer l'ampleur du réchauffement mondial d'origine humaine par la réduction des émissions de gaz à effet de serre ou la capture et séquestration du dioxyde de carbone de l'atmosphère.
Définition L'ADEME donne la définition suivante : Il s’agit d’activités permettant soit de réduire ou de limiter les émissions de gaz à effet de serre, soit de protéger et d'accroître les puits et réservoirs de GES, tels que les forêts et les sols..
Le dioxyde de carbone () et les autres gaz à effet de serre s'accumulent dans l'atmosphère, entraînant le réchauffement climatique, dont les nombreux effets représentent pour la plupart des menaces majeures. La réduction des émissions de gaz à effet de serre ou leur stockage dans des puits de carbone naturels ou artificiels (séquestration du dioxyde de carbone) est donc un objectif vital pour l'humanité.
Principales activités humaines émettrices de gaz à effet de serre
Les émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial en 2015 provenaient pour 81,2 % du dioxyde de carbone, 10,6 % du méthane, 5,5 % du protoxyde d'azote et 2,7 % des autres GES..
Les émissions liées à l'énergie représentent les deux tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre et 80 % de celles de ; la réduction des émissions doit donc viser prioritairement le secteur de l'énergieClimate change, Agence internationale de l'énergie..
Les émissions de liées à l'énergie étaient estimées à (milliards de tonnes) en 2015, provenant de l'industrie manufacturière et de la construction pour 37 %, des transports pour 25 % (dont 18 % pour le transport routier), du secteur résidentiel pour 17 %, des autres secteurs (tertiaires, administrations, agriculture, etc) pour 15 % et de l'industrie de l'énergie (hors électricité et chaleur) pour 7 %..
Les émissions de non liées à l'énergie proviennent surtout de l'industrie du ciment et de la chimie (solvants).
Les émissions de méthane ont été estimées en 2016 à , dont 60 % proviennent de l’activité humaine et 40 % de sources naturelles ; sont transformées par des réactions chimiques dans l’atmosphère et sont absorbées par les sols ; tous les ans donc, viennent s’ajouter au stock déjà présent dans l’atmosphère ; le méthane a un pouvoir de réchauffement 28 fois supérieur à celui du .. Une évaluation plus ancienne (2006) détaille la contribution des diverses activités humaines à ces émissions : production d’énergies fossiles (extraction, distribution et utilisation) : 33 % ; élevage : 27 % ; décharges et déchets : 16 % ; combustion de la biomasse : 11 % ; riziculture : 9 % ; biocarburants : 4 %..
Les émissions de protoxyde d'azote () proviennent surtout de l'agriculture : utilisation d'engrais azotés minéraux et gestion des déjections animales ; d'autres sources concernent certains procédés industriels et des équipements de combustion, dont les moteurs automobiles (pots catalytiques)..
Axes majeurs de l'atténuation
vignette|alt=Diagramme décomposant les moyens de lutte contre le changement climatique : atténuation (elle-même décomposée en sobriété et découplage), troc et rétroaction stabilisatrice. |Moyen pour freiner le franchissement des limites planétaires.. La sobriété économique. et le découplage concourent à l'atténuation des impacts environnementaux..
Les émissions de dioxyde de carbone () liées à l'énergie étant la principale source anthropique d'émissions de gaz à effet de serre, la décarbonation des consommations d'énergie est l'axe prioritaire de l'atténuation. Elle consiste à remplacer systématiquement les énergies fossiles par des énergies renouvelables (biomasse, hydroélectricité, énergie solaire, énergie éolienne) et l'énergie nucléaire, non seulement pour la production d'électricité, mais aussi et surtout dans les transports, le chauffage des locaux et l'industrie. En effet, l'électricité représente seulement 18,5 % de la consommation finale d'énergie au niveau mondial en 2015..
La réduction des émissions de méthane, comparée à celle du , peut se révéler plus économique et plus efficace dans l'atténuation du changement climatique, étant donné son fort potentiel de réchauffement global et son temps de séjour dans l'atmosphère relativement court, de neuf ans..
La recherche de l'efficacité énergétique est un levier d'action, en particulier pour les consommations d'énergie faisant appel majoritairement aux combustibles fossiles. Par exemple, l’habitat passif distingue les bâtiments dont la consommation énergétique est très basse, voire nulle ou négative, ou bien la décarbonation des transports.
L'agriculture, en particulier l'élevage, est une source majeure d'émissions de méthane et de . L'élimination de la viande de bœuf dans l'alimentation humaine contribuerait fortement à l'atténuation du réchauffement climatique.
La préservation des puits de carbone est essentielle, en particulier les forêts tropicales humides, les forêts boréales, les landes et les tourbières. Des expérimentations de création de puits de carbone artificiels par séquestration du dioxyde de carbone dans la perspective d'une restauration du climat sont menées depuis des décennies.
Une note publiée en 2015 par la Banque mondiale synthétise les choix stratégiques nécessaires, à partir des travaux du GIEC, en soulignant que pour atteindre l'objectif de limitation du réchauffement climatique au-dessous de , les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites à zéro avant 2100. Les trajectoires techniquement réalisables pour atteindre la neutralité carbone reposent sur quatre piliers. : ramener l'intensité carbone de la production mondiale d'électricité à un niveau proche de zéro dès 2050, en particulier dans les pays à hauts revenus et dans les pays émergents, en remplaçant les énergies fossiles par les énergies renouvelables et le nucléaire ou en neutralisant leurs émissions par la capture et séquestration du (CCS) ; la biomasse couplée avec la CCS permet même d'obtenir des émissions nettes négatives ; basculer des énergies fossiles vers l'électricité à bas carbone pour réduire massivement les émissions dans les secteurs à forte intensité énergétique : transports, bâtiments, industrie ; les véhicules électriques ou hybrides rechargeables, les pompes à chaleur, les fours et chaudières électriques ont une efficacité énergétique bien supérieure à leurs homologues à énergies fossiles et sont un moyen efficace pour abaisser rapidement les émissions ; améliorer l'efficacité énergétique permet de réduire les émissions, faciliter le basculement vers l'électricité et réduire les coûts énergétiques, y compris dans l'agriculture (réduction des déchets par leur utilisation énergétique, utilisation du bois dans le bâtiment, etc) et l'alimentation (basculement vers des produits à bas carbone, libération de terres) ; mieux gérer les sols : les secteurs agricole et forestier devraient atteindre la neutralité carbone dès 2030, en développant les puits de carbone par la reforestation et en évoluant vers des pratiques moins émissives.
Les auteurs mettent en garde contre les choix fondés seulement sur les coûts et sur les bénéfices à court terme, qui peuvent mener à des impasses coûteuses à long terme ; par exemple, l'expansion urbaine à faible densité non planifiée, la destruction de forêts ou le choix de remplacer le charbon par le gaz plutôt que par les énergies renouvelables.
Enfin, les émissions de gaz à effet de serre dépendant directement du nombre d'individus émetteurs, la limitation des naissances est l'un des moyens les plus efficaces pour atténuer le réchauffement climatique. Dans le manifeste signé par de , publié par Le Monde en 2017 et dans la revue BioScience, pour mettre en garde l'humanité contre les risques environnementaux liés à son comportement, la surpopulation est citée comme l'un des principaux dangers : ; . Le manifeste cite, parmi les : ..
Une étude parue dans Nature Climate Change en sur l'électrification du parc automobile conclut que la part de véhicules électriques dans le parc nord-américain n'atteindra que 50 % en 2050 dans les scénarios les plus optimistes, alors qu'il en faudrait 90 % pour espérer contenir dans les l’augmentation mondiale de la température à horizon 2100...
Une enquête publiée le par la Banque européenne d'investissement révèle que pour 40 % des Français, le moyen le plus efficace de lutter contre le réchauffement climatique reste de modifier « radicalement » ses habitudes de consommation et de transport ; 24 % seulement comptent d'abord sur les innovations technologiques, part parmi les plus faibles dans l'Europe des 27. Les pays du nord de l'Europe font davantage confiance à l'innovation, comme en Suède (40 %), en Finlande (38 %) et au Danemark (36 %), alors que les Allemands (28 %), Espagnols et Italiens rejoignent les Français. Au niveau mondial, les Chinois et les Américains pensent que les innovations technologiques sont le moyen le plus efficace. Mais les Français seraient seulement à 20 % favorables à l'introduction d'une taxe carbone sur les produits non durables, contre 30 % environ dans les pays scandinaves. Ils sont 73 % à dire que l'action climatique menée par les pouvoirs publics ne peut réussir sans tenir compte des écarts de revenus et des inégalités sociales..
Le troisième groupe de travail du sixième rapport d'évaluation du GIEC détaille les différentes possibilités, transverses et dans chaque secteur d'activité, pour atténuer le réchauffement climatique.
Actions d'atténuation des différents acteurs Actions des États La convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCC) est signée en 1992 lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro. Elle entre en vigueur le . Les signataires de cette convention se fixent comme objectif de stabiliser la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère à « un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du climat », convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques..
En 1997, les signataires de la convention cadre adoptent le protocole de Kyoto, dont la nouveauté consiste à établir des engagements de réduction contraignants pour les pays dits de l'annexe B (pays industrialisés et en transition) et à mettre en place des mécanismes dit « de flexibilité » (marché de permis, mise en œuvre conjointe et mécanisme de développement propre) pour remplir cet engagement..
Les États signataires ont adopté de nombreuses mesures d'application de ces accords ; ainsi, l'Union européenne a adopté en un plan d'action : le paquet climat-énergie, révisé en , avec pour objectif de permettre la réalisation d'ici à 2020 de l'objectif « 20-20-20 » : faire passer la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique européen à 20 % ; réduire les émissions de des pays de l'Union de 20 % ; accroître l'efficacité énergétique de 20 %.