L’église Sainte-Jeanne-d'Arc, anciennement église Jeanne-d'Arc, est un édifice religieux et un lieu de culte catholique situé au Touquet-Paris-Plage, en France.

Il est l'un des éléments importants du riche patrimoine de cette commune. Depuis 1989, le bâtiment est propriété de la commune.

Édifice Historique

Le premier lieu de culte catholique date de 1886, quatre ans après le lancement du lotissement de Paris-Plage. Il s'agit de la chapelle Saint-André de Paris-Plage, construite à l'emplacement actuel de l'Hôtel des postes. Cette construction répondait à deux besoins : l'absence de moyens de communication et l'absence de services religieux. L'un des objectifs de ce lotissement était en effet d'attirer les familles catholiques pratiquantes du Nord de la France. Alphonse Daloz fit don du terrain, la chapelle terminée en 1887 fut bénie en 1888. Mais malgré plusieurs agrandissements, cette chapelle se révéla continuellement trop petite : les fidèles se pressaient jusqu'au milieu de la place bien que chaque dimanche matin, six messes étaient célébrées. C'est pourquoi en 1909, il est décidé de bâtir une nouvelle église et de la construire très grande. la société Touquet Syndicat Limited vend alors un terrain de pour symbolique à la Société immobilière pour les besoins du culte catholiqueJournal du secteur pastoral Autour du pont, juin 1997, ..

L'église devient propriété communale par acte notarié, signé à Arras, le .

Construction Sur ce terrain de , on choisit de placer le porche du côté de la voie en prolongement de la rue Jean-Monnet (anciennement Grande-Rue) et l'abside du côté de l'avenue de la Paix. Les travaux de l'entreprise Alfred Chouard. débutent le sur les plans de l'architecte Lucien Viraut.. Elle est ouverte au culte le , la première messe est célébrée le par l'abbé Deligny, curé de la paroisse. |Émile Lobbedey, évêque d'Arras, préside l'inauguration officielle le .

Le centenaire de l'église a été célébrée par une messe dite par Jean-Paul Jaeger, évêque d'Arras, en présence de Jacques Noyer le .. Pendant cette messe, Jean-Paul Jaeger a conclu : Messe du centenaire, un appel à devenir des pierres vivantes, in le journal hebdomadaire « Les Échos du Touquet », mercredi 3 août 2011, ..

Le dimanche , vers , une centaine de bombes tombent sur le Touquet, touchant de nombreux édifices, notamment l'église (détruisant le chœur, le transept, les vitraux, les autels en marbre, la chaire, le banc de communion en fer forgé) et des villas (en haut de la rue Raymond-Lens, les trois villas Parisfal, Coppelia, Hérodiade boulevard Daloz entre la rue de la Paix et la rue Saint-Amand, l'arrière de la villa Carte-Blanche, la villa voisine Mamette en face de l'église et la villa Les Cigognes à côté de l'église, et tuant le maire Jules Pentier, en haut de la côte de l'avenue Saint-LouisPrécisions recueillies auprès d'anciens Touquettois.Édith et Yves de Geeter, Images du Touquet-Paris-Plage, 1987, ..

Jusqu'en 1946, les offices ont lieu dans la salle paroissiale tandis que les cérémonies se déroulent dans la grande salle de l'hôtel de ville, mise à disposition par le maire, Jules Pouget. En 1946, on décide de reconstruire tout ce qui a été démoli. Les matériaux sont rares et les travaux sont lents. Ils durent jusqu'en 1954, l'église reconstruite est consacrée le par Victor-Jean Perrin, évêque d'Arras.

Comme en 1911, l'église se révèle trop petite. Le terrain où se trouvait la villa Les Cigognes est acheté avec les dommages de guerre et on construit l'annexe dans le prolongement du transept droit, entre le et le .

Hors œuvre, l’église mesure un certain nombre de mètres de large et de long.

Le nombre de places assises est conséquent dans l'église (nef, bas-côtés et chœur) et dans son annexe.

Clocher et toiture La cloche « Clotilde-Marie » a été posée le en haut du clocher, construit en forme de beffroi.

Le toit, totalement recouvert d'ardoises, vieillissant et les infiltrations d'eau devenant de plus en plus importantes, une réfection complète de la toiture a été réalisée à partir de et s'est achevée pour la messe télévisée du Journal du secteur pastoral Autour du pont, décembre 1998, ..

Nef et transepts Autels et ferronnerie d'art Le maître-autel d'origine de marbre blanc, orné de bronzes dorés et de mosaïques, a été consacré le . Deux autels latéraux sont réalisés après la Première Guerre mondiale. Lors de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, un nouveau maître-autel est construit, sur les plans de l'abbé Pentez, et l'ensemble du chœur est garni de ferronnerie d'art en fer forgé, œuvres du maître Jean Lambert-Rucki (1888-1967), dit Lambert Rucki.

Intérieur de la nef

Orgue L'orgue initial a été monté en 1925 par le facteur Cavaillé-Coll-Convers. et inauguré le . Malgré la présence de la plaquette avec le nom du facteur d'orgues, sa qualité sonore n'a rien de commun avec les chefs-d'œuvre du célèbre facteur d'orgues du .

Néanmoins, cette orgue sonne bien dans l'église et, malgré ses moyens limités, treize jeux réels, conçu dans le style symphonique, permet à l'excellent titulaire de l'époque, Alfred Foucart, non-voyant, d'accompagner la chorale et de faire entendre des pièces du répertoire.

Malheureusement, vient la Seconde Guerre mondiale et le bombardement de l'église, en . L'orgue avait souffert, mais pas anéanti. Resté exposé aux intempéries au milieu des ruines, il est coffré et protégé de la pluie par du carton bitumé. L'orgue est remis en état et retrouve sa voix sous les doigts d'un nouveau titulaire, Amédée Rozoor.

En 1953, il est restauré par Jean Decroix, facteur d'orgue à Marles-les-Mines.

Le , Pierre Cochereau, célèbre organiste de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, donne un étonnant récital, improvisant même une symphonie en trois mouvements, ce qui est un tour de force sur un si modeste instrument.

Dans les années 1980, Michel Garnier, jeune facteur d'orgues, tente d'adapter l'instrument à un répertoire plus large en modifiant la composition des jeux. Malgré ces efforts, il est évident que l'orgue est à bout de souffle. Le projet de la remplacer était déjà depuis longtemps dans l'esprit de certains, tel Jean Caux, expert organier, qui rêve à des concerts prestigieux, et même à un festival..

En 2006, cet orgue était en très mauvais état et ne pouvant pas être réparé, la municipalité, aidée par le conseil général, l'Association des amis de l'orgue, de la paroisse et de nombreux bienfaiteurs, a décidé de répondre au vœu exprimé tant par les mélomanes sur le plan culturel que par les paroissiens sur le plan cultuel en s'engageant dans la création d'un nouvel orgueDocument municipal, Réunion d'information 2006 des propriétaires touquettois, ..

Doté de répartis sur trois claviers et un pédalier, ce nouvel instrument est dû au facteur d'orgues, à Saint-Didier (Vaucluse), Pascal Quoirin. C'est l'un des instruments les plus importants de la région, il permet l'interprétation de tout le répertoire classique européen de la Renaissance à Mendelssohn mais aussi une partie du répertoire symphonique de la seconde moitié du .. Il a été inauguré le par Olivier Latry, titulaire du grand orgue de Notre-Dame de ParisPlaquette émise pour les concerts organisés en l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, juillet 2010, . depuis 1985 où il succéda à Pierre Cochereau. L'orgue a été béni, le même jour, par l'évêque d'Arras, Jean-Paul Jaeger.

Deux jeunes titulaires furent nommés sur concours, Ghislain Leroy et Matthieu Magnuzewski.

L’acoustique de l'église est exceptionnelle. Grâce à la voûte en bois, construite selon la technique de la quille de bateau à l'envers, l'équilibre sonore est parfait entre la persistance du son et la clarté de sa transmission.

Vitraux Les vitraux de l'église racontent dans le chœur les étapes importantes de la vie de Jésus, et dans la nef et les transepts la vie de Jeanne d'ArcLes explications relatives aux vitraux sont issues d'une plaquette disponible dans l'église..

Vitraux du chœur À l'exception du vitrail central, les vitraux du chœur sont l’œuvre de madame Bony, maître-verrier. Ils retracent les étapes importantes de la vie de Jésus à travers les mystères du Rosaire. Le vitrail central a été réalisé en 1957, il est l’œuvre de monsieur et madame Six, maîtres-verriers lillois.

Vitraux du côté gauche Les vitraux du côté gauche de la nef et du transept gauche sont l’œuvre du maître-verrier parisien Jacques Le Chevallier. Ils racontent la première partie de la vie de Jeanne d'Arc, en commençant par l'entrée de l'église.

Baptême et enfance de Jeanne d’Arc Jeanne est vêtue de l’aube, tenue liturgique commune à l’assemblée du peuple chrétien. Elle serait née le dans une famille aisée paysanne à Domrémy (Vosges). Ses parents, Jacques et Isabelle d’Arc étaient de fidèles catholiques. Elle est sans doute baptisée par maître Jean Minet en l’église Saint-Rémy de Domrémy. Son enfance est empreinte d’une éducation très pieuse mais elle n’apprend ni à lire, ni à écrire.

Apparition à Jeanne de saint Michel, sainte Marguerite et sainte Catherine Très pieuse, imbue de cette dévotion simple et mystique, Jeanne croit depuis son enfance être en rapport avec le ciel qui lui parle par la voix de sainte Marguerite et de sainte Catherine. Mais la voix la plus forte est celle de saint Michel, le saint guerrier qui lui apparaît en chevalier. Jeanne entend également la voix du peuple qui déplore l’état du royaume. Les voix se font plus pressantes et l’exhortent à aller délivrer le royaume et à rétablir la situation du jeune roi toujours appelé dauphin puisqu’il n’est pas sacré.

Rencontre de Jeanne et de Robert de Baudricourt Après avoir longtemps hésité devant la difficulté de l’entreprise et l’opposition de son père, Jeanne finit par se rendre à Vaucouleurs. Elle cherche par tous les moyens de rencontrer Robert de Baudricourt, comte de Vaucouleurs resté fidèle au roi Charles VII. Elle essuie plusieurs échecs avant de convaincre le comte qui la considère comme une jeune fille illuminée, gagnée par la mystique nationale. Mais son obstination, son courage, lui font bientôt accumuler les victoires. Ainsi, elle obtient de Robert de Baudricourt une lettre d’introduction auprès du roi Charles VII qui réside alors à Chinon. Elle reçoit également une épée, un habit d’homme, un chevalet une escorte de six hommes.

Rencontre de Charles VII avec Jeanne Dès son arrivée à Chinon le , elle réussit à rencontrer Charles VII et le persuade qu’il est le roi « légitime ». Charles hésite, craignant d’avoir affaire à une jeune sorcière. Elle est alors envoyée à Poitiers où elle est examinée par des théologiens, évêques et secrétaires d’état. Au terme de cette enquête, le roi consent à lui donner le commandement d’une armée de secours pour dresser le siège devant Orléans.

Arrivée de Jeanne à Orléans Sur ce vitrail richement coloré, Jeanne est accoutrée de noble façon. Elle porte une armure faite d’or et le fanion à fleur de lys, symbole du pouvoir royal. C’est sous une pluie battante qu’elle franchit la porte de Boulogne à Orléans. Dès lors, les positions respectives des forces françaises et anglaises sont renversées. Les Français reprennent courage. Le , les Anglais lèvent le siège. Orléans st délivrée. Jeanne achève ensuite de libérer la vallée de la Loire. Cette jeune fille sans instruction s’est imposée à ses hommes comme chef de guerre.

Couronnement de Charles VII (dans le transept) Le , Jeanne et ses troupes défont une armée anglaise de renfort à Patay (Loiret). Jeanne se propose d’emmener Charles VII à Reims pour le faire sacrer roi selon la tradition de la monarchie française. Le , Charles VII devient roi de France, tandis que son rival, Henri VI d'Angleterre n’est pas consacré. Charles VII est agenouillé sur un tapis de satin vert, il est vêtu d’un manteau de velours bleu, semé de lys d’or et doublé d’hermine. À son côté, Jeanne porte son étendard, elle est vêtue d’une armure, d’un noble habit de drap d’or et de soie.