thumb|right|300px|Chapiteau du singe cordé à l'abbatiale de Mozac (Puy-de-Dôme) Le thème du singe cordé est un thème de l'iconographie de l'art roman, particulièrement apprécié de l'art roman en Auvergne pour le décor des chapiteauxCe n'est pas le seul thème caractéristique du décor des chapiteaux auvergnats : on peut citer encore l'homme porte-mouton ou l'avare.. Il s'agit de représentations de singes tenus en laisse par des hommes.

Le thème présente de nombreuses variantes. Le singe a souvent une apparence anthropoïde, mais ailleurs la forme simiesque est très marquée, comme à Saint-Nectaire (tête) ou à Thuret (corps). L'homme est debout ou assis, exceptionnellement c'est un cavalier (Maringues).

La disposition est souvent la suivante : le singe et l'homme sont disposés sur toute la hauteur de la corbeille, à deux angles voisins du chapiteau ; le singe est à la droite de l'homme. La corde, passée au cou de l'animal, est tenue par l'homme avec les deux mains (Mozac, Saint-Nectaire).

Exemples En Auvergne Église de Biollet (Puy-de-Dôme) Église de BulhonA Bulhon, le singe, à tête anthropoïde, est représenté, comme à Droiturier, avec ses attributs sexuels. (Puy-de-Dôme) Église Saint-Julien de Chauriat (Puy-de-Dôme) Église de Combronde (Puy-de-Dôme) Église Saint-Austremoine d'Issoire (Puy-de-Dôme) Église Notre-Dame de MaringuesUne particularité du chapiteau de Maringues est que le singe est tenu par un cavalier. (Puy-de-Dôme) Église de Montfermy (Puy-de-Dôme) Abbatiale de Mozac (Puy-de-Dôme) Basilique Notre-Dame d'Orcival (Puy-de-Dôme Église de Pont-du-Château (Puy-de-Dôme) Église de Saint-NectaireLa tête du singe est très réaliste. (Puy-de-Dôme) Église de ThuretA Thuret, le singe cordé est représenté de façon inhabituelle, sans son maître. (Puy-de-Dôme) Église de Biozat (Allier) Église de DroiturierA Droiturier, le singe, à tête anthropoïde, est représenté, comme à Bulhon, avec ses attributs sexuels.(Allier) Église de Dienne (Cantal) Église Notre-Dame de Lanobre (Cantal) Église de Menet (Cantal) Église de Riom-ès-Montagnes (Cantal) Église de Saint-Amandin (Cantal) Basilique Saint-Julien de BrioudeAnne Courtillé, Alain de Framond, Jacques Porte, Brioude et la basilique Saint-Julien, Nonette, Éd. Créer, 2004, p. 69 (fig.). (Haute-Loire)

Interprétation Les commentateurs hésitent entre une interprétation réaliste et anecdotique (représentation de bateleurs présentant des singes) et une interprétation symbolique et allégorique (l'homme tenant en laisse la part bestiale de lui-même).

Ces deux interprétations sont peut-être conciliables, si l'on suit le chanoine CrapletAuvergne romane, coll. « Zodiaque », 1978, p. 57. : « ce singe cordé serait le pécheur ravalé au niveau d'une bête qu'on exhibe dans les foires, parce qu'il a cédé au démon aux mille ruses ».

Le singe peut apparaître sur d'autres chapiteaux sans être tenu en laisse, ainsi à Mozac.

Notes et références

Composition assez comparable à celle de Mozac.

Bibliographie Pierre et Pascale Moulier, Églises romanes de Haute-Auvergne : La Mauriacois, Nonette, Éd. Créer, 1999. Voir « Le thème du singe cordé et l'idée d'animalité », pp. 39-42. Zygmunt Świechowski, Sculpture romane d'Auvergne, illustrations de l'auteur, préface de Louis Grodecki, traduction française de Lina Carminati-Nawrocka et Aleksandra Zarynowa, Clermont-Ferrand, G. de Bussac, 1973, 422 p., ill. Voir spécialement p. 195.

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