Cet article recense − de façon non exhaustive − les bornes milliaires et leugaires romaines, dont des groupes de colonnes itinéraires et des tronçons de voies, sites ou objets immobiliers et mobiliers juridiquement protégés au titre des monuments historiques et actuellement localisés en France. Historiquement, cette liste vient en complément de la liste des bornes déjà protégées pour être dans les collections publiques.

Des milliaires supplémentaires ou hypothétiques sont aussi mentionnés dans au moins seize autres notices de l'Inventaire général du ministère, mais sans qu'ils bénéficient de mesures de protections juridiques particulières à ce titre. D'autres bornes qui ont été christianisées, martelées ou transformées depuis l'Antiquité, sont parfois protégées au titre de ce nouvel emploi entièrement (croix de chemins ou de carrefour, base monumentale), ou pour partie (colonne, bénitier, sarcophage, etc.). Enfin, il faut relever le seul cas connu à ce jour où la borne a été détruite avant que l'arrêté de classement ne soit publié : celui du milliaire de Limoges.

À propos du choix par le conservatoire des sites et monuments historiques

Les raisons de leur protection

Les raisons de leur protection et de la constitution du dossier sont multiples : exposition au vandalisme, au tourisme, attention portée sur elles par une actualité, parfois savante, propriété privée ou de l'Église, vieillissement ou dégradation naturelle impliquant une intervention, risque de déplacement ou de destruction par le propriétaire, par un service de l'État, transformations diverses de l'environnement, etc.

Comme pour les autres monuments, ces raisons ne correspondent pas strictement à l'importance historique, géographique, esthétique ou patrimoniale qu'ils pourraient avoir, ni à la lecture que l'on en fait aujourd'hui, que ce soit par rapport à d'autres bornes ou de toute autre inscription épigraphique et vestige du passé.

Les catégories de protection

De même, les raisons distinguant le classement ou l'inscription du monument, d'une part, et la qualité d'édifice, de site ou d'objet mobilier, d'autre part, ainsi que ce qui justifie que certaines bornes soient uniquement recensées dans l'Inventaire général, semblent particulièrement floues, voire défient la logique.

En plus des nombreux changements dans ce qui constitue les priorités du patrimoine culturel au fil des siècles, la bonne volonté des rédacteurs des dossiers de protection et le caractère aléatoire ou obscur de leur traitement par les multiples administrations qui s'en sont chargées (sous diverses attributions : municipale, ministérielle, délégation auprès de sociétés savantes, etc.) pourraient en partie expliquer que ce chantier soit si peu avancé et chaotique.

En conséquence, les statuts juridiques ne sont indiqués ici qu'approximativement, les informations disponibles n'étant pas suffisamment sûres et à jour pour être fiables (identification, bornes en dépôts, ou versées dans des collections publiques, par exemple).

Les autres bornes

Les inscriptions recensées dans le CIL

Le nombre de milliaires protégés est à comparer avec l'ensemble des bornes routières romaines connues sur certaines parties du territoire antique des Gaules, des Alpes, de la Belgique et de la Germanie, qui sont partiellement répertoriées dans le CIL XVII-2D'après Epigraphik-Datenbank Clauss / Slaby, reprenant le CIL XVII-2. Il faudrait cependant consulter les autres recueils et publications, dont la Carte archéologique de la Gaule [CAG] ou L'Année épigraphique [AE], pour être plus exhaustif., soit au minimum pour celles portant une inscription épigraphique : 275 pour la Narbonnaise 108 pour l'Aquitaine 95 pour la Lyonnaise 39 pour la partie française de la Belgique (recouvrant entre autres, le nord de la France actuelle) 15 pour la partie française de la Germanie supérieure (le Jura, la Franche-Comté et une partie de la Bourgogne) 9 pour la partie française des Alpes-Maritimes 1 pour la partie française des Alpes Grecques Toutefois, nombre d'entre elles ont, depuis leur première publication ou « découverte » (parfois avant le ), disparu, ont été réemployées ou sont dans des dépôts archéologiques et des musées (et sont alors, de fait, protégées). Dans certains cas, une réplique a été installée sur place ou dans les environs.

Depuis leur première publication ou « découverte » (parfois avant le ), nombre d'entre elles ont disparu, ont été réemployées ou ont été placées dans des dépôts archéologiques et des musées (où elles sont de fait, protégées). Dans certains cas, une réplique a été installée sur place ou dans les environs.

Les bornes anépigraphes

De très nombreuses bornes anépigraphes (c'est-à-dire sans inscription lisible), sont recensées dans les inventaires archéologiques, comme la Carte archéologique de la Gaule [CAG]. Elles ne sont évidemment pas mentionnées dans les recueils de textes (comme les CIL). Elles peuvent être elles-mêmes des remplois de pierres plus anciennes (menhir néolithique, stèle protohistorique, etc.). Elles sont généralement considérées comme colonnes itinéraires hypothétiques, comme c'est le cas pour la stèle de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec,

Bornes classées ou inscrites au titre d'édifice ou de site

Carte des bornes

Sont données ici, les coordonnées de la localisation d'origine connue de ces bornes.

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Bornes classées ou inscrites au titre de monument historique (Base Mérimée)

Sont données ici, en priorité, les coordonnées de la localisation actuelle de ces bornes, souvent après un ou plusieurs déplacements, sauf si elles ont disparu. Dans ce dernier cas, il est alors indiqué leur première localisation connue ou son emplacement hypothétique.

Bornes parties d'édifices ou de sites classés ou inscrits

Ces bornes peuvent être intégrées ou remployées dans un monument historique, sans être spécifiquement mentionnées dans l'arrêté.

Bornes classées au titre d'objet mobilier (Base Palissy)

Autres statuts

Bornes versées dans les collections publiques Bornes de France dans les collections françaises

Les bornes faisant partie des collections publiques de biens culturels, c'est-à-dire propriété d'une entité publique (État, collectivités territoriales, établissement public, etc.) et conservées dans un dépôt archéologique, un musée, les archives, etc., sont protégées au titre du régime spécial de propriété publique ou du statut spécifique donné par le label Musée de France ; . (ce dernier statut pouvant concerner des collections privées, associatives, etc.).

Certaines bornes ont été versées dans les collections publiques après leur classement ou inscription.

Bornes étrangères dans les collections françaises

Bornes recensées dans l'Inventaire général

Les bornes recensées dans l'Inventaire général ne bénéficient pas de mesures de protection juridique particulières à ce titre, mais sont reconnues comme faisant partie du patrimoine culturel français. Ce statut peut être un préalable à un classement ou une inscription.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Recueils d'inscriptions latines Corpus Inscriptionum Latinarum . Miliaria Imperii Romani. Pars secunda, Miliaria provinciarum Narbonensis Galliarum Germaniarum, éd. par Gerold Walser, Berlin / New York, Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, 1986 (partiellement en ligne ; carte interactive) [= CIL XVII-2]. , Die Meilensteine der Gallia Narbonensis : Studien zum Strassenwesen der Provincia Narbonensis, Bern, 1970 (Itinera romana : Beiträge zur Strabengeschichte des Römischen Reiches, 3) [= IR-03]. Corpus Inscriptionum Latinarum . Inscriptiones Trium Galliarum et Germaniarum Latinae. Partis secundae. Fasciculus II. Miliaria Galliarum et Germaniarum, éd. par Theodor Mommsen, Otto Hirschfeld, Alfred von Domaszewski, Berlin, Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, 1907, insc. 7776 à 9165 (en ligne) [= CIL XIII-2-2]. Corpus Inscriptionum Latinarum . Inscriptiones Galliae Narbonensis Latinae, éd. par Otto Hirschfeld, Berlin, Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, 1888 (en ligne) [= CIL XII] Corpus Inscriptionum Latinarum . Inscriptiones Galliae Cisalpinae Latinae, éd. par Theodor Mommsen, , Berlin, Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften, 1872-1877, 2 vol. [= CIL V].

Bases de données bibliographiques mot clé « milliaire », dans Données en archéologie, préhistoire et histoire, sur le net (DAPHNE), sous la dir. de la Maison René-Ginouvès, CNRS (en ligne). mot clé « milliarium », dans Bulletin analytique d'histoire romaine [depuis 1962], sous la dir. du Groupe de recherche d'histoire romaine (Strasbourg), éd. Association pour l'étude de la civilisation romaine, Strasbourg, depuis 1965 (données depuis 1990 en ligne).

Guides Gabriel Thiollier-Alexandrowicz, avec la collab. de Robert Bedon, préf. de Raymond Chevallier, Itinéraires romains en France, d'après la « Table de Peutinger » et l'« Itinéraire d'Antonin », Dijon, Faton, 1996 (Guides monde et musées) (compléments en ligne)

Articles connexes Monument historique (France) Voies romaines en Gaule Borne milliaire Borne géographique, Borne routière, Borne frontière Géographie antique, Histoire de la cartographie, Arpenteur romain Liste des bornes routières de France protégées aux monuments historiques

Liens externes ()

Bibliographie d'épigraphie latine. Recueils complétant le CIL : Gaule, Bibliotheca Classica Selecta (mises à jour régulières) Bibliographie sommaire sur les Viae Romanae, par John Paul Adams (Université d'État de Californie à Northridge, env. 2001-2006). Répertoire et bibliographie des bornes milliaires et colonnes itinéraires en France par Roland Outhier (entre 2003 et 2005) puis par l'association L'Araire : Groupe de recherche sur l'histoire, l'archéologie et le folklore du pays lyonnais (86 sites sont documentés). Bornes milliaires en France sur le site Les mégalithes du monde (40 sont recensées, le 9 août 2012)

Bornes *