est un homme politique japonais membre du parti démocrate du Japon (PDJ) puis du Parti démocrate progressiste (PDP) et député à la Chambre des représentants depuis 1993, pour l'ancien de sa préfecture natale de 1993 à 1996, puis pour le bloc proportionnel du Tōhoku de 1996 à 2000 et enfin pour la de Fukushima depuis 2000. Membre de la jeune garde hostile à Ichirō Ozawa au sein de son parti, il a pendant longtemps été un cadre de la faction menée par Seiji Maehara, Yukio Edano et Yoshito Sengoku, avant de former en 2011 son propre groupe de pression, qui prend le nom de . Il est ministre des Affaires étrangères dans le Cabinet du Japon dirigé par Yoshihiko Noda de 2011 à 2012.

Formation en droit et sciences politiques

Kōichirō Gemba est issu d'une famille de brasseurs de saké, ses deux grands-pères ont été maires D. K. DABNEY, Electioneering in Japan in an Era of Institutional Change: Case-Studies of Campaign : Behavior in Urban, Suburban and Rural Election Districts, thèse de doctorat soutenu à l'Université du Michigan, 2009, p. 90-111 : Masakichi Ōgawara l'a été pour le bourg de Kagamiishi (district d'Iwase), tandis qu'Yoshimitsu Genba l'a été pour celui de Funehiki.

Après être sorti du lycée public Asaka de la préfecture de Fukushima, situé dans la ville de Kōriyama, en 1983, il fait ses études à Université Sophia, dans l'arrondissement de Chiyoda à Tōkyō. Il y obtient un en , puis rentre en avril suivant à l'Institut Matsushita de politique et de management. Cette grande école privée est créée en 1980 par le fondateur de Panasonic Konosuke Matsushita afin de préparer les membres de l'élite japonaise (politique, économique, financière, culturelle et intellectuelle) du à travers des classes restreintes (moins d'une dizaine d'étudiants par promotion) et un enseignement drastique, tant physique qu'intellectuel et psychologique. Cette institution insiste tout particulièrement sur la réduction du poids de l'administration d'État, la nécessité de rendre celui-ci plus transparent et la lutte contre la corruption. Membre de la (1987-1991), il y fréquente notamment trois autres futurs parlementaires démocrates : Seiji Maehara, Kōichirō Katsumata et Hisashi Tokunaga.

Durant ses études, il fait notamment un voyage aux États-Unis, dans l'Arkansas, où il rencontre le gouverneur de l'État de l'époque, Bill Clinton.

Carrière politique

Un jeune élu local puis national

Conseiller préfectoral

Une fois sorti de l'Institut Matsushita, il entame immédiatement une carrière politique en se présentant pour un siège à l'Assemblée préfectorale de Fukushima, pour le district de Tamura, comme indépendant. Il est élu le , à 26 ans, soit le plus jeune âge de l'histoire de l'institution, en obtenant le meilleur score avec voix et 34,2 % des suffrages exprimés, arrivant même devant le sortant Matsui, membre pour sa part du Parti libéral-démocrate (PLD), grand parti national de la droite conservatrice libérale, au pouvoir à l'époque sans discontinuer depuis sa création en 1955 et très influent dans les zones rurales comme le district de Tamura. Une fois élu, il adhère au groupe du PLD.

L'arrivée à la Diète

Mais il s'oriente rapidement vers la politique nationale, en se portant candidat pour les élections législatives du dans le de la préfecture de Fukushima, une circonscription essentiellement rurale, fief de deux poids lourd du PLD, Masayoshi Itō (ancien Premier ministre par intérim et ministre des Affaires étrangères de 1980 à 1981 qui se retire lors de ce scrutin) et Kōzō Watanabe (ancien ministre du Commerce international et du Commerce de 1991 à 1992, une des nombreuses personnalités qui quittent le Parti libéral-démocrate, touché par plusieurs scandales, pour créer un parti réformateur libéral, le Shinseitō). Kōichirō Genba ne souhaite pas porter l'étiquette du parti au pouvoir, relativement impopulaire et dont la gestion ou les scandales contredisent ses propres opinions politiques. Il se présente à nouveau comme indépendant et mène alors campagne en se montrant comme une alternative conservatrice au PLD. Il mêle les techniques apprises à l'Institut Matsushita et typiques de la jeune garde réformiste qui fait son apparition sur la scène politique japonaise au début des années 1990 - à savoir le fait de se construire une image de réformateur jeune et dynamique et de mettre l'accent sur un certain nombre de thèmes précis et détaillés - à des méthodes plus traditionnelles et efficaces en zone rurale, s'appuyant ainsi sur de solides réseaux de notables locaux ou préfectoraux tissés par le biais de l'entreprise familiale (notamment la Chambre de commerce, certains groupes de retraités ou des organisations religieuses qu'il cite après son élection comme l'ayant soutenu informellement, sans investiture officielle toutefois), de son mariage (il est le gendre d'Eisaku Satō, alors gouverneur de la préfecture de Fukushima depuis 1988) et de ses années passées dans le groupe libéral-démocrate de l'Assemblée préfectorale. Il se fait connaître de plus par une intense activité de porte-à-porte, adaptation à une zone rurale des discours en public utilisés massivement par les nouveaux candidats de l'époque dans les circonscriptions urbaines (à l'instar, par exemple, de Seiji Maehara à Kyōto ou Yoshihiko Noda dans la préfecture de Chiba).

Cette adaptation aux réalités politiques locales et ses liens restés fort avec le PLD ou ses réseaux lui permettent d'être élu avec un bon score pour un nouveau venu sans étiquette, obtenant la troisième place pour cinq sièges à pourvoir au vote unique non transférable, soit voix et 12,7 % des suffrages exprimés. Il arrive derrière Kōzō Watanabe, grand vainqueur du scrutin, disposant à la fois d'une forte assise personnelle et de sa rupture avec les soubresauts du PLD ( votes, 22,4 %), mais aussi derrière le candidat libéral-démocrate qui prend la relève de Masayoshi Itō, Fumiaki Saitō, un élu préfectoral de longue date (depuis 1979) pour le district de Kawanuma. Il devance les deux autres candidats libéraux-démocrates, tous deux élus : le sortant quinquagénaire Yoshiyuki Hozumi (député depuis 1986, ancien haut fonctionnaire du ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche et originaire du district de Nishishirakawa) et le nouveau candidat trentenaire Hiroyuki Arai (comme Genba, natif du district de Tamura qu'il a représenté à l'Assemblée préfectorale de 1987 à 1990, battu comme candidat indépendant aux législatives de 1990 et devenu célèbre depuis comme animateur d'une émission de radio locale). Outre le district de Tamura, Kōichirō Genba arrive également en tête, par exemple, à Kōriyama, la plus peuplée de la circonscription et fief personnel de son beau-père le gouverneur Eisaku Satō. Après l'élection, il s'inscrit dans la nouvelle majorité « anti-PLD, anti-communiste » formée par sept partis, dont le Parti socialiste japonais (PSJ, opposant traditionnel depuis 1955) et le Shinseitō, mais aussi d'autres formations créées en 1992 ou 1993 par des dissidents du PLD ou des conservateurs réformateurs. Kōichirō Genba finit par adhérer à l'un d'entre eux en , le Nouveau parti pionnier, dit aussi Nouveau parti Sakigake (NPS), créé plus tôt dans l'année par de jeunes membres libéraux-démocrates progressistes qui critiquent ce dernier pour les scandales politico-financiers qui l'ont touché et veulent défendre une certaine morale et une forme d'idéalisme en politique.

Kōichirō Genba reste à l'arrière-garde de ce petit parti de la majorité, qui change d'alliance en pour rejoindre une Grande coalition formée avec le PSJ mais aussi le PLD. Le , alors que des élections législatives se préparent (la Chambre des représentants est finalement dissoute le pour un scrutin se tenant le suivant), il suit deux personnalités montantes de son parti, Yukio Hatoyama et Naoto Kan, pour créer un nouveau mouvement d'opposition à la « Grande coalition », le Parti démocrate du Japon (PDJ) qui souhaite représenter une « troisième voie » sur le modèle du New Labour britannique de Tony Blair ou des New Democrats américains de Bill Clinton. Outre Genba, Hatoyama et Kan, ce nouveau parti recueille la moitié des parlementaires du NPS (en tout, 14 représentants sur 23 et 1 conseiller sur 4), à quoi s'ajoutent également plus du tiers des membres de la Diète du Parti social-démocrate (PSD, nouveau nom depuis du PSJ : 31 députés sur 61 et 4 élus de la Chambre haute sur 39).

Le duel avec Hiroyuki Arai

C'est sous cette nouvelle étiquette que Kōichirō Genba brigue donc un nouveau mandat législatif. Une réforme électorale votée en 1994 a profondément transformé le mode de scrutin : désormais, 300 députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans des circonscriptions locales plus petites que les précédents districts, et 200 le sont à la proportionnelle dans des blocs correspondant aux grandes régions du Japon. Il est donc candidat pour sa part aux deux modes de scrutin (comme la plupart des membres du PDJ), et est investi désormais dans le nouveau de la préfecture de Fukushima, soit la partie sud-est de l'ancien . Il bénéficie pour cette nouvelle élection du soutien de Kōzō Watanabe et de ses réseaux locaux (pour sa part candidat désormais dans la nouvelle , Watanabe reçoit en échange dans celle-ci l'aide des soutiens traditionnels de Genba, tous deux siégeant ensemble dans l'opposition, dans des partis différents mais proches idéologiquement), et tend à étendre sa base électorale en créant davantage de comités de soutien (notamment un actif « Comité des fleurs », ou Hana no kai, animé par son épouse Mikiko pour mobiliser en sa faveur le vote féminin). Mais il doit faire à un candidat du PLD, Hiroyuki Arai, qui dispose des mêmes atouts que lui : son jeune âge (un trentenaire ayant 6 ans seulement de plus que Genba), son image de personnalité charismatique et populaire forgée par son passé d'animateur de radio, des réseaux tout aussi solides et amplifiés par ceux d'un parti resté dominant dans la préfecture même lors des législatives de 1993 (alors que le PDJ joue essentiellement sur la popularité nationale de ses dirigeants, Yukio Hatoyama et Naoto Kan, et n'a que peu de relais locaux, surtout dans les circonscriptions rurales). Ils partagent de plus le même « fief », le district de Tamura, dont ils sont tous deux des natifs et d'anciens élus préfectoraux. Ils diffèrent juste sur les thèmes politiques mis en avant : alors que Genba fait campagne pour une forte décentralisation et une réforme administrative donnant plus de responsabilités budgétaires et décisionnelles aux élus locaux, Arai sur les questions de sécurité sociale.

Le score se révèle finalement serré, ce dernier emportant finalement la victoire avec seulement votes et 1,8 point d'avance. Kōichirō Genba, bien que battu, a ainsi tout de même mobilisé électeurs (44,4 %), et c'est bien le district de Tamura qui semble lui coûter la victoire puisque les suffrages exprimés lui ont, plus largement qu'ailleurs, préféré Hiroyuki Arai. Il est toutefois réélu grâce au scrutin à la proportionnelle dans le bloc du Tōhoku, la liste démocrate dans cette région, menée par l'ancien ministre social-démocrate des Postes et Télécommunications Ichirō Hino, ayant obtenu voix, 11,1 % des suffrages et 2 des 16 sièges à pourvoir Résultats des élections législatives de 1996 à la proportionnelle dans le bloc de Tōhoku, sur le site go2senkyo.com, consulté le . Résultats détaillés de la liste du PDJ à la proportionnelle dans le bloc de Tōhoku aux élections législatives de 1996, sur le site go2senkyo.com, consulté le ..

Adhésion à la jeune garde du PDJ