, né le à Iwakuni, une ville de la préfecture de Yamaguchi, est un homme politique japonais, membre du Parti démocrate du Japon (PDJ). Il est élu de 2000 à 2012 à la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète du Japon, au scrutin majoritaire pour le de Yamaguchi de 2000 à 2005 et de 2008 à 2012, et à la proportionnelle dans le bloc législatif de Chūgoku de 2005 à 2008. Il est, du au , ministre de la Justice dans le Cabinet mené par Yoshihiko Noda.
Proche au sein du PDJ de l'ancien Premier ministre Naoto Kan, dont il est membre du groupe de pression, il dirige également depuis 2005, avec Shōichi Kondō, une petite faction interne au parti attachée à l'aspect pacifiste de la Constitution japonaise.
Formation et carrière professionnelle
Le père de Hideo Hiraoka fut sous-chef du département des pompiers d'Iwakuni et dirigeant du Syndicat central des coopératives agricoles (JA-Zenchu ou Nōkyō) dans cette ville.
Il passe son enfance et toute sa scolarité dans sa ville natale, jusqu'au lycée dont il sort en . Il intègre ensuite la faculté de droit de l'université de Tokyo, passe l' en et obtient son en .
Un mois plus tard, il intègre le ministère du Trésor (ancêtre du ministère des Finances). Il est alors successivement directeur de l'office des impôts de Sakata dans la préfecture de Yamagata, détaché comme à l'ambassade de l'Inde à Tōkyō, directeur au Bureau des finances locales du Tōkai à Nagoya (préfecture d'Aichi) puis au Bureau régional des impôts nationaux de Tōkyō, conseiller au du Bureau de la Législation du Cabinet et finalement directeur de la section de l'impôt sur les sociétés au bureau de la taxation de l'Agence nationale des impôts.
Il quitte le ministère du Trésor en pour devenir avocat. Il est admis au barreau de Yamaguchi le , avant de rejoindre celui de la préfecture voisine de Hiroshima. Il ouvre un cabinet à Iwakuni, et parallèlement se lance en politique.
Assise politique dans la préfecture de Yamaguchi
Candidature à la mairie d'Iwakuni
Il se porte candidat sans étiquette à l'élection du maire d'Iwakuni du . Il est battu par un autre quadragénaire et ancien haut fonctionnaire, Katsusuke Ihara.
Député
Il rejoint ensuite le Parti démocrate du Japon (PDJ), mouvement centriste voire du centre gauche et social-libéral, principale force d'opposition sur le plan national au Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice, au pouvoir alors au Japon pratiquement sans discontinuer depuis sa création en 1955 à l'exception d'un court interlude de 1993 à 1994).
Il est le candidat de ce parti aux élections législatives du , au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans le de Yamaguchi, soit la côte sud-est de cette préfecture et comprenant Iwakuni. Il l'emporte alors face au sortant, un vétéran (68 ans, député depuis 1979 mais parlementaire depuis 1974) et personnalité importante du PLD, Shinji Satō, ancien ministre des Transports (de 1988 à 1989) puis du Commerce international et de l'Industrie (MITI, de 1996 à 1997) et fils de l'ancien Premier ministre Eisaku Satō (qui détient le record de longévité à la tête du gouvernement japonais, qu'il a dirigé de 1964 à 1972). Hiraoka bénéficie alors du fait qu'il soit le seul candidat de l'opposition non-communiste, et l'emporte assez largement sans arriver toutefois à la majorité absolue en nombre de voix : votes et 47,49 % des suffrages exprimés, contre bulletins (44,29 %) à Shinji Satō. Il est réélu confortablement lors des législatives suivantes du , face au même adversaire, avec voix (51,61 %) contre (42,87 %) à Satō.
Aux élections législatives du , marquées par une très nette victoire du PLD portée par la personnalité et la popularité de son chef réformateur Jun'ichirō Koizumi, Hideo Hiraoka est battu de peu par un libéral-démocrate (nom donné aux jeunes candidats, particulièrement fidèles au Premier ministre et à son programme de réforme, avancés lors de ce scrutin par le parti majoritaire afin de conquérir les circonscriptions de l'opposition), Yoshihiko Fukuda (35 ans). Celui-ci ne devance Hiraoka (qui totalise votes, soit 46,82 % des suffrages) que de 588 voix et 0,27 points. Il est toutefois réélu député grâce à la proportionnelle, en troisième position (et première éligible, les deux premiers ayant conservé leurs circonscriptions au vote majoritaire) de la liste démocrate dans le bloc législatif de Chūgoku qui a obtenu voix (28,59 %) et 3 des 11 sièges à pourvoir.
Hideo Hiraoka ne doit pas attendre longtemps pour reconquérir sa circonscription. En effet, Yoshihiko Fukuda choisit d'abandonner son mandat de député le pour briguer la mairie d'Iwakuni (à laquelle il est élu le ). Par conséquent, une élection partielle est organisée le suivant pour pourvoir le siège laissé vacant dans le de Yamaguchi. Hiraoka s'y présente à nouveau, avec l'investiture du PDJ et le soutien du Parti social-démocrate (PSD), tandis que, pour la première fois depuis la création de la circonscription en 1996, aucun candidat du Parti communiste japonais (PCJ) n'est avancé. Le contexte est donc cette fois-ci totalement en sa faveur : il n'a face à lui qu'un seul adversaire, le libéral-démocrate Shigetarō Yamamoto. Celui-ci n'a pas les mêmes avantages qui avaient porté Yoshihiko Fukuda en 2005 (son jeune âge, le fait qu'il était déjà connu sur la scène politique locale en étant élu à l'Assemblée préfectorale, et la popularité du Premier ministre de l'époque, Jun'ichirō Koizumi) : en effet, Yamamoto est plus âgé que Hiraoka (59 contre 54 ans), n'a jamais eu de mandat électif auparavant et est donc assez inconnu du public et doit jouer avec l'impopularité grandissante du gouvernement désormais dirigé par Yasuo Fukuda (l'opposition au PLD, emmenée par le PDJ, a d'ailleurs gagné la majorité à la Chambre des conseillers, la haute assemblée de la Diète, en 2007). Hiraoka retrouve alors assez facilement son siège avec un score plus élevé que son précédent record obtenu en 2003, à savoir voix (55,21 %) Articles sur Hideo Hiraoka, blog Observing Japan.
Il obtient un cinquième mandat aux élections législatives du , qui voient sur le plan national une très nette victoire pour le PDJ qui obtient à lui seul la majorité absolue à la Chambre des représentants. Il réunit sur son nom votes (51,65 %), contre (46,54 %) au même candidat PLD qu'en 2008, Shigetarō Yamamoto.
Hideo Hiraoka est, depuis 1996, le seul parlementaire démocrate élu dans la préfecture de Yamaguchi : les députés des trois autres circonscriptions et les deux conseillers qui la représentent sont tous issus du PLD (dont des poids lourds de ce parti, comme Shinzō Abe, Premier ministre de 2006 à 2007, dans le , ou Masahiko Kōmura, plusieurs fois ministre des Affaires étrangères et chef de faction, dans le ). Son poids politique dans sa circonscription se trouve renforcé avec l'accession à des mandats locaux de plusieurs de ses anciens collaborateurs : Kentarō Ihara (l'un de ses responsables de permanence de 2003 à 2008) qui est élu maire de la ville de Yanai en , Yoshifumi Morito qui est conseiller municipal de Hikari (dont il est président de la commission de l'économie environnementale) ou encore Hiroshi Koga à Kawamatsu. Son candidat à la mairie de Hikari en , Tatsuo Kawamura, pour qui il s'est fortement investi en faisant même venir des poids lourds du parti pour le soutenir (comme Naoto Kan), est toutefois battu par l'indépendant Hiroshi Ichikawa, récoltant 32,3 % des suffrages exprimés contre 40,8 %.
Ascension au sein de l'opposition
Un partisan de Naoto Kan
Au sein du PDJ, il devient un partisan de Naoto Kan, l'un des fondateurs historiques du parti dont il fut le premier président de 1996 à 1999. Il est ainsi membre de la faction de ce dernier, officiellement baptisée . Il fait partie des parlementaires qui l'investissent pour les élections à la présidence du mouvement du (que Kan perd de peu, à 12 voix près, au second tour face au sortant Yukio Hatoyama) « 今こそ、市民からこの国の首相を. », sur le site de Satsuki Eda, du de la même année (provoquée après la démission forcée de Hatoyama, Kan l'emporte cette fois assez largement face à Katsuya Okada) « 2002/12 代表選 推薦人名簿 », sur le site de Satsuki Eda, du (il est alors assez nettement battu par Ichirō Ozawa) « 2006年4月7日 民主党代表選 推薦人名簿 », sur le site de Satsuki Eda. Pour les autres scrutins présidentiels auxquels Naoto Kan se présente (en 2005, en juin et en ), Hiraoka, s'il ne fait pas partie des signataires de son acte de candidature, reste l'un de ses principaux soutiens.
Un spécialiste des questions judiciaires
Hideo Hiraoka, diplômé en droit et avocat, s'intéresse tout particulièrement aux questions de politique judiciaire. Il est d'ailleurs « ministre suivant de la Justice » à deux reprises au sein du ou , le contre-gouvernement du PDJ (ce qui lui vaut en parallèle d'être directeur, l'équivalent d'un vice-président, de la commission des Affaires judiciaires à la Chambre des représentants) : une première fois de manière éphémère du au en étant nommé par Yukio Hatoyama (chargé de contrer son homologue libérale-démocrate du gouvernement de l'époque, Mayumi Moriyama) « The Standing Officers Council and Ministers for the Next DPJ Cabinet unanimously approved », site officiel du PDJ en anglais, et la seconde fois du au sous la présidence d'Ichirō Ozawa (ayant à ce moment face à lui Jinen Nagase au sein du Cabinet officiel) « Cablegate: Daily Summary of Japanese Press 09/27/06 », www.scoop.co.nz. Entretemps, il est « vice-ministre suivant de la Justice » du au , secondant alors Keiko Chiba, autre spécialiste de ce secteur politique au sein du PDJ et ancienne socialiste, dans le « Cabinet suivant » de Seiji Maehara puis le premier d'Ichirō Ozawa 第1次前原『次の内閣』 閣僚名簿, sur le site de Satsuki Eda.
Il soutient également en une proposition de loi, lancée par la Ligue parlementaire japonaise contre la peine de mort (présidée par Shizuka Kamei, à l'époque cadre du PLD), visant à créer une commission ad hoc au sein de la Diète afin de discuter de la peine capitale. Bien que déclarant voir « de nombreux problèmes s'opposant à une abolition en elle-même », Hiraoka estime que la tendance mondiale à l'abandon de ce type de peine oblige le Japon à suspendre les exécutions de condamnés à mort et à lancer un débat national sur la question par le biais d'une commission parlementaire Kyodo News, « FOCUS: Proposed Diet commission on death penalty draws support. », thefreelibrary.com, 10/06/2004 ; voir aussi INTERVIEW/ Former justice minister: Death penalty a tool of the powerful , The Asahi Shimbun (4 février 2023)..
D'autre part, il est aussi amener à occuper des fonctions au sein de l'opposition dans d'autres domaines, surtout en rapport aux finances du fait de son passé de haut fonctionnaire au ministère du Trésor. Il a ainsi été également : « vice-ministre suivant du Territoire, des Infrastructures et des Transports », aux côtés de Shinji Tarutoko, dans le troisième Cabinet suivant de Yukio Hatoyama du au , « vice-ministre des Finances », secondant successivement Hirohisa Fujii puis Yoshihiko Noda, dans ceux de Naoto Kan puis de Katsuya Okada du au (il est chargé tout particulièrement du Budget à partir du ). « vice-ministre de la Politique économique et fiscale », aux côtés d'Akihiro Ōhata, dans le cinquième et dernier Cabinet suivant de Yukio Hatoyama du au .
Pacifisme et antimilitarisme
Mais Hideo Hiraoka se fait surtout remarquer au sein de l'opposition, et à l'égard de l'opinion publique, pour ses positions en matière de politique étrangère et de sécurité, allant dans le sens du pacifisme, du rejet de toute réforme de la Constitution, du désarmement (notamment nucléaire), de l'amélioration des relations diplomatiques avec les voisins du Japon (même la Corée du Nord) et de la réduction de la présence militaire américaine dans l'archipel. Il se rapproche en cela de l'aile gauche du PDJ, incarnée notamment par le groupe des anciens socialistes, et du PSD.