vignette|La conférence de presse est l'un des moyens courants pour les relations publiques de communiquer avec la presse, pour informer le public ; ici, avec le président des États-Unis George W. Bush et le Premier ministre britannique Tony Blair à la Maison-Blanche. vignette|Une conférence de presse peut être préparée par plusieurs services presse et de relations publiques. Ici, en 2011 le Jackson Laboratory for Genomic Medicine, l'État (Connecticut), l'Université du Connecticut et l'Université de Yale annoncent conjointement un projet de médecine personnalisée basé sur la génétique du patient, affirmant que le projet créera plus de sur .

est un ensemble de techniques de communication utilisé par des groupements (entreprises, lobbys, syndicats, partis politiques, États) pour : communiquer sur leurs réalisations ; promouvoir leur image de marque ; manipuler l'information pour entretenir ou améliorer leur notoriété et leur réputation, afin de produire du consentementBernays E.L (1928) Manipulating public opinion: The why and the how. American Journal of Sociology, 33(6), 958-971. dans le but, par exemple, de susciter de la sympathie à leur égard à l'extérieur et/ou favoriser les bonnes relations à l'intérieurLe Petit Robert, dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française., ou au contraire de réduire l'impact de la mauvaise publicité (communication de crise).

Le mot qui désignait autrefois ces activités était propagande, mais en raison d'une connotation et consonance trop négatives, il a été remplacé en 1919 par l'expression plus neutre de relations publiques, à l'initiative d'Edward Bernays. Cette expression désigne des relations généralement plus personnalisées et/ou intervenant via des relais (système ou organisation reliant deux ou plusieurs agents pour un même objectif, utilisé dans une grande variété de domaines)Propaganda - la fabrique du consentement, sur l'émergence du conseil en relation publique (Documentaire, sur Daily Motion). Depuis l'avènement d'Internet et des réseaux sociaux, cela inclut le churnalisme et l'utilisation des influenceurs en ligne.

Apparition de l'expression À la fin du , les entreprises privées exercent un rôle croissant dans la vie politique et économique américaine. En raison de la multiplication des crises, les dirigeants sont en quête de techniques permettant de contrôler les mouvements de contestation ainsi que les critiques émanant de la presse.

En 1892, l'avocat Dorman Eaton prononce à la Yale Law School une conférence intitulée The public relations and the duties of legal profession (« Les relations publiques et les devoirs de la profession juridique »). Et cinq ans plus tard, en 1897, l'expression Public Relations parait dans le Year Book of Railway Litterature, organe de l'Association des Chemins de fer AméricainsDanielle Maisonneuve, Les relations publiques dans une société en mouvance, Presses de l'Université du Québec, édition, 2010..

thumb|120px|Edward Bernays

En 1906, Ivy B. Lee, un ancien journaliste devenu « représentant de presse » pour la Pennsylvania Railroad, convainc ses dirigeants d'entretenir des relations ouvertes avec la presse, notamment en émettant des communiqués et en rencontrant les journalistesNormand Baillargeon, préface du livre d'Edward Bernays, Comment manipuler l'opinion en démocratie, Zones, 2007, ..

En 1908, Newton Vail, président de l'American Telephone and Telegraph Company, emploie l'expression public relations dans son acception actuelle, à l'occasion de la présentation du rapport annuel de la sociétéConstantin Lougovoy et Denis Huisman, Traité de relations publiques, PUF, 1981, Cité par Maisonneuve, op. cit..

En 1913, Edward Bernays Normand Baillargeon, op. cit., .. Et en 1917, il se fait appeler « conseiller en relations publiques »..

Au , l'histoire des relations publiques s'est donc surtout écrite dans les pays riches et au sein de grandes entreprises, en réponse à ceux qui tentaient (ou préventivement en réponse à tous ceux qui pourraient tenter) d'interférer avec leurs opérations commerciales et de développement, souvent hégémoniques. Leurs opposants étant alors volontiers qualifiés d'agitateurs, de militants ou d'activistes. Une étude historique (2012) de Coombs & Holladay, de la Nicholson School of Communication de l'université du centre de la Floride, montre que les entreprises ont repris à leur compte des techniques innovantes de relations publiques développées par ces militants. L'activisme a ainsi aussi ..

Problèmes éthiques et moraux Le métier des relations publiques est encore mal défini et très peu encadré par la législation (bien moins que celui des lobbyistes qui sont de plus en plus invités ou obligés à se déclarer pour clarifier les situations de conflit d'intérêts), et une part importante du travail de relations publiques consiste à mettre en place, au service d'un commanditaire, ce que John H. Harvey et al. appelaient en 1975 .

Dans les faits cette communication persuasive s'apparente parfois à un travail de lobbyiste, parfois associé à la diffusion de propagande, éventuellement mensongère, construite pour des organisations souvent riches et puissantes, qui instituent des rapports de force, biaisés et déséquilibrés, entre l'émetteur et le récepteur..

Pour défendre ce métier, des organisations professionnelles comme la Public Relations Society of America (PRSA) ont cherché à produire une définition interne de la profession, et ont mis en place des chartes ou codes éthiques périodiquement mises à jour (en 1954, 1959, 1963, 1977, 1983, 1988 et 2000)Fitzpatrick, Kathy R. From enforcement to education: The development of PRSA's Member Code of Ethics 2000Fitzpatrick, Kathy R. Evolving standards in public relations: A historical examination of PRSA's Code of Ethics. .

Le code déontologique de la PRSA (version en vigueur en 2012) stipulait ainsi que les membres de la PRSA « adhèrent aux normes les plus élevées d'exactitude et de vérité » ; qu'ils ne doivent jamais tendre à « corrompre l'intégrité des canaux de communication publique » et toujours agir « en accord avec le bien-être public », identifier la source de leurs communications, éviter les méthodes dérogatoires, éviter d'abuser des informations privilégiées et protéger et faire progresser « la libre circulation d'informations exactes et véridiques », favoriser une « prise de décision éclairée grâce à une communication ouverte »… (et s'efforcer de « renforcer la confiance du public dans la profession »)Susan Sommer, « PRSA Alaska Plays Vital Role At 35. », Alaska Business Monthly, 28.1, 2012, . Business Source Complete. Web. 29 Oct. 2012.

Ce code éthique reste critiqué pour sa non-opposabilité, l'absence de contrôle associé et surtout pour un fréquent manque flagrant d'application par les services chargés de relations publiques. À titre d'exemple, en 2009 Scott McClellan a révélé ou confirmé dans un livre les mensonges faits au peuple américain par le Président Bush et son administration quant aux raisons de l'Invasion de l'Irak par les États-Unis en 2003. McClellan en tant qu'attaché de presse de Bush nommé en 2001 directeur adjoint du service des relations publiques de la Maison Blanche, a lui-même été au cœur du mensonge, sous la direction de Karen Hughes). Après la parution de ce livre, sur CBS News, Andrew Cohen (alors analyste juridique de CBS News), a écrit :

La PRSA n'a de compétence que pour les États-Unis, et en matière d'éthique, elle n'a que des compétences morales, uniquement basées sur l'engagement volontaire de ses membres, mais en tant que première organisation mondiale du secteur (en nombre d'adhérents) ses avis sont susceptible d'influer la profession dans d'autres pays.

La liste complète des standards éthiques (Ethical Standard Advisory) n'est disponible sur le site PRSA que pour les membres inscrits.

Relations publiques, mésinformation et désinformation En 2021, en réponse aux fréquentes accusations de désinformation faites au secteur des Relations publiques, et notamment à l'égard des jeunes, faciles à manipuler via certains influenceurs en ligne et plus généralement par la publicité dite « native » (ou publicité intégrée ou publicité caméléon), la Public Relations Society of America a publié un avisPRSA (2021), Ethical Standards Advisory #21 ; URL=https://www.prsa.org/docs/default-source/about/ethics/ethical-standards-advisory-21-2021.pdf sur la mésinformation, la désinformation et la malinformation (ici définie comme , pouvant donner lieu à des poursuitesBroadcasting false information Federal Communications Commission, URL=https://www.fcc.gov/sites/default/files/broadcasting_false_information.pdf.

Cet avis reconnait qu'en renseignent mal ou en trompant délibérément le public, elles nuisent à la prise de décisions éclairées et en outre sapent la confiance, érodent et polluent l'autoroute de l'information et d'autres canaux de communication ; elles perturbent considérablement la démocratie, l'économie, les lieux de travail et les communautés. .

La PRSA y rappelle cependant que la désinformation ou la « distorsion de l'information » sont, dans une large mesure (par rapport à d'autres pays), permises aux États-Unis par le Premier amendement de la Constitution des États-Unis sur la liberté d'expression et la liberté de la presse. ; la jurisprudence, américaine notamment, demande à la justice de nettement distinguer la distorsion délibérée d'information (éventuellement faite avec intention de nuire), de la simple inexactitude ou divergence d'opinions. La PRSA note à ce propos que les deux agences gouvernementalesFederal Trade Commission (1914) et Federal Communications Commission (1934) chargées du respect des lois sur la communication (commerciale notamment) aux États-Unis, ont plusieurs fois mis à jour leurs directives pour les adapter au nouvel environnement médiatique (médias sociaux, publicité en ligne et appel croissant aux influenceurs en ligne). ; en 2019, la FTC a par exemple publié une nouvelle directiveFederal Trade Commission (2019) Directives sur les divulgations publicitaires pour les influenceurs en ligne (en), 19 décembre 2019 URL=https://www.ftc.gov/system/files/documents/plain-language/1001a-influencer-guide-508_1.pdf sur la divulgations publicitaires et les influenceurs en ligne…).

Selon la PRSA les professionnels des relations publiques peuvent et doivent ralentir puis éliminer l'échange de fausses informations ; ils sont même particulièrement bien placés et qualifiés pour le faire ; ils doivent pour cela . La PRSA leur rappelle qu'ils doivent régulières vérifier les mises à jour sur la désinformation

Au moins trois items traités par le Code éthique de la PRSA sont concernées : + mésinformation, désinformation, dans le Code éthique de la PRSA Thème Disposition du Code éthique de la PRSA valeurs professionnelles associées Divulgation d'informations Soyez honnête et précis dans toutes les communications. Évitez les pratiques trompeuses (Nous adhérons aux normes les plus élevées d'exactitude et de vérité dans la promotion des intérêts de ceux que nous représentons et dans la communication avec le public). Conflits d'intérêts Évitez les actions et les circonstances pouvant sembler compromettre le bon jugement commercial ou créer un conflit entre les intérêts personnels et professionnels. Améliorer la profession Construire le respect et la crédibilité de la profession des relations publiques auprès du public (La défense des intérêts est une valeur professionnelle pertinente pour la discussion sur la désinformation parce qu'une défense des intérêts responsable exige la prise en compte à la fois des intérêts du client/employeur et des intérêts de l'employeur).