La collégiale Notre-Dame de Neuchâtel est un édifice protestant du qui se situe sur la colline du château de Neuchâtel en Suisse. Elle surplombe la ville de Neuchâtel. La paroisse est membre de l'Église réformée évangélique du canton de Neuchâtel.
thumb|La collégiale de Neuchâtel.
Histoire
Collégiale Notre-Dame de Neuchâtel Le chantier de la collégiale de Neuchâtel a débuté aux environs de 1190 à l'initiative du comte Ulrich II et de son épouse, Berthe. Ce sont tout d'abord le chœur, le chevet, le bas du transept et les travées à l'est qui ont été construits. Puis le gros de la construction s'est achevé vers ~ 1270-1280 par le pignon ouest de la nef et le porche.
Ainsi, la base de la collégiale est construite selon un style roman rhénan. Puis le style change pour être plus proche du style bourguignon. Notamment le toit couvert de tuiles vernissées, comme en Bourgogne. Les parties hautes et le cloître sont de style gothique.
Le cloître
Les tours prévues à l'origine ne sont construites que plus tard : la tour sud dans la seconde moitié du et la tour nord lors de la restauration par Léo Châtelain entre 1867 et 1870. C'est également lors de cette restauration qu'ont été ajoutées les flèches sur les tours pour donner un côté néo-gothique à la mode à la fin du (Léo Châtelain étant très certainement inspiré par les travaux d'Eugène Viollet-le-Duc).
Avant la Réforme, la collégiale était consacrée à Notre-Dame. Elle était desservie par un chapitre de douze chanoines (probablement six à l'origine).
Un des chanoines les plus connus de la collégiale est saint Guillaume (attesté dès 1196, mort en 1232). C'était un chanoine de Neuchâtel à l'époque de la construction de la partie romane de la collégiale, vénéré pour des résurrections d'enfants mort-nés le temps de leur baptême, son culte se perpétue jusqu'à la Réforme.
Temple réformé de Neuchâtel
La Réforme arrive à Neuchâtel par Guillaume Farel. En 1530, une majorité de bourgeois votent la Réforme. Le culte catholique est supprimé. Les autels, des tableaux et des statues de la collégiale sont détruits. En effet, comme l'écrit Gabrielle Berthoud dans son article Iconoclasme à NeuchâtelGabrielle Berthoud, « Iconoclasme à Neuchâtel », Nos monuments d’art et d’histoire: bulletin destiné aux membres de la Société d’Histoire de l’Art en Suisse, cahier 3, 1984. p. 331. :
Entre 1867 et 1870, Léo Châtelain est mandaté pour restaurer la collégiale. À cette époque, on ne pratiquait pas les restaurations pour retrouver l'état primaire d'un édifice. On n'hésitait pas à l'embellir. Ainsi, certainement sous l'inspiration des travaux d'Eugène Viollet-le-Duc, la collégiale de Neuchâtel a été restaurée en lui ajoutant des éléments pour lui donner un style néo-gothique.
C'est lors de cette restauration que la seconde tour a été construite et que la toiture surnommée (du fait de sa forme) a été remplacée par des flèches en pierre. Les quadrilobes des parapets ont été démontés et remplacés. Les anciens quadrilobes ont été récupérés, ainsi que d'autres éléments de cette restauration, pour construire le petit château à Boudry, que l'on appelle tour de pierre (l'actuel caveau de dégustation des vins).
Les gargouilles de la collégiale ont également été remplacées par de fausses gargouilles, non percées, qui ne permettent pas l'écoulement de l'eau. Les gargouilles d'origine sont conservées au musée d'art et d'histoire de Neuchâtel. La rosace ouest est également une création à l'occasion de cette restauration.
Monument des comtes et des comtesses de Neuchâtel
Le monument des comtes et des comtesses de Neuchâtel, communément appelé « cénotaphe », est un ensemble dédié à la mémoire du comte Louis de Neuchâtel et de sa famille« Totam machinam ob memoriam fabrefecit. » « Une étude pluridisciplinaire du tombeau des comtes de Neuchâtel », Revue historique neuchâteloise, 1997, pp. 3-4.. Il comporte 14 statues polychromes et une monochrome ; au centre le comte Louis se trouve entouré de ses trois femmes successives. La comtesse située le plus à gauche ne porte pas de mentonnière, contrairement aux deux autres. Il s'agit peut-être de la troisième femme et dernière épouse du comte, Marguerite de Vufflens, avec laquelle il n'a pas eu d'enfant. Proches du comte, nous observons deux gisants relevés, (oreillers et angelots sous leurs têtes, lion et chien à leurs pieds, symboles et de courage et de fidélité), datant probablement de la première partie du . Il s'agit peut-être des parents du comte Louis, Rodolphe IV, seigneur de Neuchâtel et Éléonore de Savoie son épouse. Ils furent sans doute relevés au moment de l’édification du Monument en 1372. La dédicace (en latin) signifie en français : « Louis, illustre comte et seigneur de Neuchâtel, a fait construire la tombe et toute la machine en mémoire des siens en l’an mil trois cent septante-deux ».
Sur les côtés du monument se trouvent quatre chevaliers en armures de guerre. Il s'agit probablement des trois fils du comte Louis et de son gendre, le comte de Nidau, époux d’Isabelle, sa fille aînée. À hauteur des spectateurs, on observe deux comtesses en prière, les filles du comte Louis, Isabelle et Varenne. Après la mort du comte son père, Isabelle deviendra en 1373, comtesse en titre et ce jusqu’à sa mort en 1395. À l’extérieur du monument même, il y a 3 autres chevaliers, dont la facture iconographique date du . Ce sont les statues des comtes de Fribourg en Brisgau, qui ont succédé aux Neuchâtel par le biais d’Isabelle et de Varenne. Tout à l’extérieur, on admire Rodolphe de Hochberg, seule statue monochrome du monument, neveu et héritier de Jean de Fribourg.
Le monument des comtes et des comtesses a été restauré une première fois en 1839-40 par Charles Frédéric Louis Marthe, qui en a respecté l’esprit. La fin du a vu une restauration très importante de ce chef d’œuvre de la statuaire médiévale.
Depuis 2021, il est possible de le découvrir en réalité augmentée au moyen de Monumentissimo!, une app développée par l’Association du Monument des Comtes et des Comtesses de Neuchâtel (AMCC).
Restauration de 2009-2013
Depuis 2009 une restauration d'envergure est en cours. Des fouilles archéologiques ont d'abord été effectuées dans le cloître. L'extérieur du bâtiment fut en restauration jusqu'en 2012. Puis ce sera l'intérieur qui sera restauré. Le calendrier de chantier prévoyait de terminer l'extérieur pour les festivités du millénaire de la ville de Neuchâtel en 2011, mais cela n'a pas été possible. En revanche, la présence des échafaudages est l'occasion de visites guidées dans des endroits qui en temps normal sont totalement inaccessibles. C'est l'occasion d'observer de nombreux détails des sculptures.
Culture L'intérieur et le devant de l'édifice ont servi de décors au film Double jeu (1975) de Maximilain Schell.
Notes et références
Annexes
Articles connexes
Église réformée évangélique du canton de Neuchâtel
Vidéo
Présentation du Monument des Comtes et des Comtesses de Neuchâtel
Liens externes Site web officiel de la collégiale Site web de la restauration de la collégiale Site web de l'Association du Monument des Comtes et des Comtesses de Neuchâtel Monumentissimo!, app de réalité augmentée pour le Monument des Comtes et Comtesses
Catégorie:Église romane en Suisse Catégorie:Architecture gothique en Suisse Catégorie:Édifice religieux bien culturel d'importance nationale en Suisse Catégorie:Bien culturel d'importance nationale dans le canton de Neuchâtel Catégorie:Histoire du canton de Neuchâtel Catégorie:Temple protestant en Suisse Neuchatel Collegiale Catégorie:Monument à Neuchâtel