Jean-Yves Camus, né le à Châtenay-Malabry, est un journaliste et politologue français. Il est spécialiste de l'extrême droite.
Il est chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques et dirige depuis 2014 l'Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès. Il est expert auprès du Conseil de l'Europe et de plusieurs institutions européennes, et participe aux instances du Congrès juif européen. Il collabore à Actualité juive, à Charlie Hebdo, au Monde diplomatique et au Point.
Dans les années 2020, il est l'objet de critiques, venues notamment du monde universitaire et relatées par M, le magazine du Monde, pour ses prises de positions jugées comme complaisantes et contribuant à la normalisation de l'extrême droite.
Biographie Jeunesse et études Issu d’une famille catholique pratiquante et gaulliste, avec des valeurs républicaines, patriotiques, sociales., il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, 1982)., titulaire d’une maîtrise de science politique et d’un DEA d’histoire contemporaine de l'EHESS...
Il a été l'époux d'Annie-Paule Derczansky, avec qui il a écrit Le Monde juif..
Parcours professionnel En 1992, il publie avec René Monzat, Les Droites nationales et radicales en France, un ouvrage qui dresse un vaste panorama des franges radicales de l'ultra-droite.
Spécialiste de l'extrême droite française et des groupes radicaux islamistes, il est chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) depuis 2006. Il a dirigé et collaboré à plusieurs ouvrages collectifs dans le cadre du Centre européen de recherche et d'action sur le racisme et l'antisémitisme (CERA) et a été expert pour le Conseil de l'Europe. Entre 2002 et 2004, il collabore également au Programme national de recherche sur l'extrémisme de droite commandé par le Conseil fédéral suisse. En 2008, il dirige des recherches sur l’islamophobie dans la presse française pour l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA). Il est à l'origine de la notion de populisme de prospérité.
Intervenant dans les médias, il publie des articles dans Charlie Hebdo depuis les années 1990. ou dans Le Monde diplomatique dans les années 2000 et a collaboré au journal en ligne Proche-Orient.info.
Jean-Yves Camus, qui s'est converti au judaïsme et qui est devenu observant Lire : « Repli communautaire juif : 3 questions à Jean-Yves Camus », entretien, prochoix.org, 25 juin 2008., collabore également à l'hebdomadaire Actualité juive. Il a participé à plusieurs conventions du Conseil représentatif des institutions juives de France et est membre de la task force sur l'antisémitisme du Congrès juif européenConvention nationale du CRIF, 20 novembre 2011, Paris.Convention régionale du CRIF Marseille Provence 2012..
Depuis 2014, il dirige l'Observatoire des radicalités politiques (ORAP) de la Fondation Jean-Jaurès, un laboratoire d'idées proche du Parti socialisteObservatoire des radicalités politiques, sur jean-jaures.org... Le groupe de chercheurs avec lequel Camus cofonde l'ORAP s'éloigne progressivement de lui à partir de 2017, lorsque ses collègues quittent collectivement la Fondation pour protester contre l'accent mis d'après eux sur la médiatisation au détriment de la recherche et contre l'influence du Printemps républicain en son sein. Camus reste alors seul à la tête de l'ORAP.
Il est aussi chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques..
En , il publie avec Nicolas Lebourg un ouvrage sur Les Droites extrêmes en Europe. Pour Libération, ce livre montre que ..
En , il est nommé membre du conseil scientifique de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRA), présidé par Dominique SchnapperCommuniqué de presse: « Installation d'un Conseil scientifique auprès de la DILCRA », gouvernement.fr, 9 février 2016.. Il est également membre du groupe Extrémisme et démocratie au sein du Consortium européen pour la recherche politique (ECPR).
Il est titulaire depuis d'une chronique hebdomadaire dans Le Point.
Prises de position Jean-Yves Camus adhère à 16 ans à l'UDR de Châtenay-Malabry pendant la campagne de Jacques Chaban-Delmas puis est présent à la fondation du RPR en 1976.
Au début des années 2000.., il a été le conseiller du chevènementiste Georges Sarre..
Le , Jean-Yves Camus signe un article sur le site Proche-orient.info prônant l'interdiction de la Ligue de défense juive (LDJ). Dès 2002, il avance également que se répandrait ..
En 2008, il s'inquiète du recours par le Consistoire français à des rabbins étrangers peu ouverts d'esprit :
En 2012, il compte parmi les signataires de la tribune Français juifs et de gauche publiée dans Libération le ..
En 2025, il est présent à la cérémonie publique organisée le , la messe rendue en hommage à Jean-Marie Le Pen, fondateur historique du Front national à l’église Notre-Dame du Val-de-Grâce..
En , M, le magazine du Monde écrit que les interventions médiatiques de Jean-Yves Camus , dans lesquelles il juge notamment qu'Éric Zemmour et Marine Le Pen ne sont pas d'extrême droite, ont conduit à de vives critiques de chercheurs, parmi lesquels les historiens Nicolas Lebourg et Laurent Joly et la sémiologue Cécile Alduy, qui ont pour certains d'entre eux travaillé avec lui par le passé. Ils lui reprochent une complaisance à l'égard de son objet d'étude, au détriment de la rigueur académique. Le magazine décrit également l'historien comme lors d'une interview au média d'extrême droite Livre noir en 2024 et voit des similitudes entre les positions de Jean-Yves Camus et celles du Rassemblement national. En défense, l'intéressé se dit , récuse toute droitisation, reproche à la gauche un et affirme que conduit au .
En , il affirme que La France insoumise représente davantage un que le RN, au motif que « la pression sur la vie juive en France émane de la gauche radicale ». À la suite de la mort de Quentin Deranque, militant néonazi victime d'un traumatisme crânien suite à une rixe avec des militants antifascistes dont certains appartenaient à la Jeune Garde, Camus dénonce un qu'il attribue à . Il contribue par ailleurs à l'ouvrage collectif LFI. Anatomie d'une perversion sous la direction de Pierre-André Taguieff, recueil qui, selon Le Monde, , dont Rachel Khan, Florence Bergeaud-Blackler, Michel Onfray et Alain Finkielkraut.
Publications . Dir., Les Extrémistes, de l'Atlantique à l'Oural, Éditions de l'Aube, 1996 et 1998. Le Front national, histoire et analyse, Paris, Éditions Olivier Laurens, 1996 . L’Extrême droite aujourd'hui, Toulouse, Éditions Milan, , 1997 . Le Front national, Toulouse, Éditions Milan, , 1998 . Front National. Eine Gefahr für die französische Demokratie?, Bonn, Bouvier Verlag . Dir., Les Extrémismes en Europe, La Tour d'Aigues, éditions de l'Aube, 1998 . Avec Annie-Paule Derczansky, Le Monde juif, Toulouse, Éditions Milan, , 2001 . Extrémismes en France : faut-il en avoir peur ?, Toulouse, Éditions Milan, , 2006 . .
Notes et références
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