Archidona est une ville et une municipalité de la province de Malaga, dans la communauté autonome d'Andalousie en Espagne. C'est le chef-lieu de la comarque du Nord-est de Málagawww.nororma.com..
Géographie vignette|250px|gauche|Vue générale d'Archidona. Archidona est située au sud de Madrid, à de Malaga, au nord-est de la province éponyme, et à d'Antequera. La municipalité couvre une superficie de , allant de la limite est de la dépression d'Antequera, passant par la dépression de Loja et s'étendant jusqu'à la Vega de Grenade suivant une série de bassins appelés Surco Intrabético. Elle occupe la majeure partie de la dépression d'Archidona, dans laquelle on distingue trois zones : l'aire de Las Villanuevas, traversée par la rivière Guadalhorce, le défilé du río Frío et la Sierra de Archidona. Celle-ci se compose, à son tour, de plusieurs petits massifs montagneux. La sierra de Gracia domine le noyau urbain principal, situé à d'altitude. Elle est entourée par les sierras del Conjuro (où l'altitude maximale est atteinte, avec ), de l'Umbral et de Las Grajas.
Géologie
La municipalité appartient à la Cordillère Subbétique. Les terrains sont composés principalement de roches sédimentaires d'origine pélagique, de calcaire, de dolomie, de radiolarites, de limon, d'argile et de gypse. Il existe de petits affleurements de roches ignées basiques (ophites)..
La zone présente une anomalie aéromagnétique de champ total qui atteint . Des données magnétiques, de tomographie sismique d’ondes P et gravimétriques permettent de distinguer des corps de roches basiques placés au milieu et dans la partie supérieure de la croûte. Parmi eux, on peut remarquer un corps d’extension kilométrique, situé à des profondeurs comprises au moins entre 5 et , qui pourrait être attribué au Massif ibérique.
Non loin de la ville se trouve un grand rocher appelé la Peña de los Enamorados. Une légende raconte qu'un chevalier chrétien et la fille d'un maure, pourchassé par les parents opposés à leur amour, se seraient jetés dans le vide du haut du rocher.
Situation vignette|250px|gauche|Vue d'Archidona avec la tour de l'église Sainte-Anne, à droite, et les murs et l'Ermitage de la Vierge de Grâce, à gauche. Archidona est bordée, au nord, par les communes de Villanueva de Algaidas et Villanueva de Tapia, au sud, de Villanueva del Trabuco et Villanueva del Rosario, à l'ouest, par la municipalité d'Antequera et, à l'est, par la ville de Loja, dans la province de Grenade.
Urbanisme
Le village principal est situé dans les contreforts de la Sierra de Gracia et a une disposition linéaire, en raison de la croissance urbaine le long des voies principales de communication, entre lesquelles se développe un réseau de rues perpendiculaires petites et étroites, souvent avec des pentes abruptes et des escaliers. La vieille ville est située entre les rues Neuve et Carretería et les places de la Victoire et Ochavada. Au sud du centre, se trouvent les quartiers d'El Ejido et de Saint-Antoine, apparus au et au début du . La partie la plus moderne de la ville est à l'est, dans la zone du Llano de Juan Jaén, avec de larges rues et des quartiers de maisons qui s'étendent jusqu'à la zone industrielleSur..
Climat Le climat d'Archidona est méditerranéen, avec une tendance à la continentalité. La température moyenne des minima absolus des mois les plus froids est comprise entre et . La température moyenne du mois le plus froid est de . En revanche, la température moyenne du mois le plus chaud est d'environ . La température moyenne annuelle est de .
Les précipitations annuelles se montent à . Le nombre d'heures de soleil par an s'élève à .
Hydrographie
Les principales rivières sont le Guadalhorce et son affluent, le ruisseau Marin. La ville est située entre deux bassins : celui du Guadalhorce et celui du Genil, dont seule une fraction du cours traverse le territoire municipal. Les autres cours d'eau sont négligeables par rapport aux deux précédents, en raison de faibles précipitations. Le Guadalhorce est le cours d'eau plus important. La municipalité comprend aussi une zone endoréique, les lagunes d'Archidona.
Flore et faune vignette|250px|gauche|Renard.. Dans l'Antiquité, le territoire d'Archidona est couvert par une dense forêt de chênes, accompagnés par un sous-étage composé de cynorhodons, de chèvrefeuilles, de clématites et d'autres espèces. À l'heure actuelle, la surface non cultivée couvre , c'est-à -dire 32,38 % de la superficie de la municipalité. On trouve des forêts de chênes et de pins natifs ou replantés (Parc périurbain de la Sierra de Gracia et Faucille de Marin) et des chênaies pâturées. Le maquis méditerranéen est très répandu, avec des espèces comme le lentisque, l'euphorbe, le romarin, le thym, l'olivier sauvage, l'alfa, etc. La faune de la municipalité comprend des oiseaux, surtout des canards et de petits rapaces, et le lièvre ibérique. D'autres mammifères sont également présents, comme le bouquetin, le renard, le blaireau, la martre, le sanglier, la loutre, etc.
La Réserve naturelle des lagunes d'Archidona est un espace important et unique, car les lagunes sont les seules d'origine karstique de toute l'Andalousie. Elles sont situées dans une zone inaccessible à cause de la végétation naturelle et sont un véritable aimant pour les oiseaux dans les années particulièrement défavorables, à faible pluviosité. La Grande Lagune est permanente et a environ de profondeur. Son eau est douce, mais fortement minéralisée. Elle accueille les espèces d'amphibiens qui ont besoin d'eau douce pour leur développement larvaire et les reptiles, comme l'émyde lépreuse et la couleuvre d'eau, peu résistantes à la salinité, ainsi que certaines espèces de poissons, comme le silure. En revanche, la lagune Chica est semi-permanente et son eau est saumâtre. La végétation périlagunaire est remarquable par la taille atteinte par les pieds de Scirpus holoschoenus et les touffes de roseau commun (Phragmites australis) et Arundo donax.. Les lagunes d'Archidona , site Ramsar et Natura 2000.
Démographie
Avec , la municipalité d'Archidona est la plus peuplée de la comarque. Bien qu'elle soit située dans une zone agricole riche, Archidona offre une évolution démographique très similaire à celle de la majorité de l'Andalousie rurale, affectée par le processus migratoire des années 1960 et 1970, que ne compense pas la forte natalité de ces années. Cependant, les effets du processus n'ont jamais eu les effets exacerbés qu'ont connu d'autres espaces plus de marginaux, comme les zones de montagne.
Référence : Institut de statistique d'Andalousiewww.juntadeandalucia.es..
Globalement, la population se caractérise par le vieillissement dû à un faible taux de natalité et un taux de mortalité également faible. Le nombre d'étrangers enregistrés en 2008 était de 519 (5,9 % de la population totale), le principal groupe étant celui des citoyens du Royaume-Uni, qui représentent 23,5 % de la population étrangèreInstitut de statistique d'Andalousie.. La langue prédominante est le castillan.
Centres de peuplement vignette|250px|droite|Répartition, en 2009 et 2010, de la population entre les différents centres de peuplement. La commune comporte quatre centres de peuplement. La population est concentrée dans le centre urbain principal du même nom et dans les centres secondaires de Salinas, Estación de Archidona et Huertas del Río. Centre de peuplement Population 2009 Population 2010 Variation 2009/2010 (%) Archidona - 0,27 Salinas 711 709 - 1,4 Huertas del Río 224 229 2,2 Estación de Archidona 215 212 - 1,4Sources : PGOU, Institut national de la statistique.. Le centre principal, Archidona, concentre , soit 86,99 % de la population. Le reste de la population se retrouve pratiquement totalement dans les trois autres noyaux de peuplement. La population isolée se répartit dans un habitat dispersé traditionnel : hameaux, fermes traditionnelles et petits groupes d'habitations liés à l'exploitation des propriétés.
Histoire vignette|250px|gauche|Ermitage de la Vierge de Grâce, ancienne mosquée. Origine du toponyme
Différentes hypothèses ont été émises, concernant l'origine étymologique du toponyme Archidona. Selon J. H. Xavarino, le nom actuel provient de l'expression préromaine « arri-exi-dun-a », qui signifie « là où se trouve le cercle de pierre ». Une origine latine a aussi été proposée : l'expression « Arx Domina », ou « Arcis Domina », qui signifie « seigneurie des hauteurs », bien qu'aucune preuve de ceci n'ait été découverte.
Préhistoire
Des découvertes archéologiques confirment la présence de colons dans la région depuis le Paléolithique inférieur, comme en témoignent les quelques ustensiles de pierre retrouvés. Les témoignages du Paléolithique moyen, provenant de la ., sont plus nombreux. Ils appartiennent à la culture moustérienne et suggèrent la présence, à cette époque, de groupes de chasseurs-cueilleurs, probablement Néandertaliens. On a également retrouvé des outils de pierre polie, datant du Néolithique, comme des haches, des herminettes et des pierres à aiguiser. Il existe aussi une série de tombes et de grottes artificielles de l'âge du bronze, contenant des fragments de céramique.
Antiquité vignette|250px|droite|Vestiges de la muraille d'Archidona.. Différentes enceintes fortifiées appartiennent à cette époque. Elles ont été repérées dans les environs de La Hoya, et Cortijo Catalán, où on a également retrouvé des fragments d'amphores ibéro-puniques et des monnaies hispano-carthaginoises. La plus ancienne colonie permanente correspond à Escua ou Oscua (ce qui, dans la langue punique, signifie « tête principale »), fondée par les Phéniciens, à l'endroit où s'élève maintenant la ville d'Archidona. Une fois bien installés sur la côte, les Phéniciens mènent des raids à l'intérieur des terres et commencent la construction des murailles, qui, plus tard, seront complétées par les Carthaginois, les Romains et les Arabes.
Pendant l'occupation romaine de l'Hispanie, Archidona appartient à la démarcation de (Antequera, Iptuci, Tucci, Urso), dont le chef-lieu est l'actuelle Écija, dans la province de Bétique. La colonie d'Ulisis est alors habitée par les Turdules et les Romains. Durant cette période, la ville connaît une forte croissance, mais, lors des invasions germaniques de la péninsule ibérique et de l'effondrement de l'Empire romain, les Vandales détruisent les murailles et l'endroit est déserté.
Moyen Âge vignette|250px|gauche|Façade arrière du couvent de saint Dominique, datant de la Renaissance. Le couvent est fondé par le comte d'Ureña, en 1531.. Pendant la période musulmane, Archidona, appelée par les Arabes Medina Arxiduna, Arxiduna et Hadhira Arxiduna est un important centre musulman. La ville acquiert la notoriété en devenant la capitale de la Cora de Rayya, qui comprend la majeure partie de l'actuelle province de Malaga. Dans sa forteresse, , le dernier des Omeyyades, est proclamé émir en 756, ce qui conduit à la création de l'émirat indépendant de Cordoue en al-Andalus. Elle est conquise plusieurs fois par le muladi Omar Ben Hafsun, avant d'être reconquise par , en l'an 907.
Durant le , après les troubles et les affrontements entre les califes de Cordoue et les royaumes de taifas, Archidona est presque complètement détruite et il faut attendre 1238 pour qu'une fois intégrée dans le royaume nasride de Grenade, la ville connaisse de nouveau la croissance économique. Toutefois, à partir du début du , Archidona est soumise à des raids et des pillages constants des armées chrétiennes, tout particulièrement après la conquête de la ville voisine d'Antequera, en 1410, dont les habitants émigrent en grand nombre à Archidona.