L'ambassade de France en Chine est la représentation diplomatique de la République française auprès de la république populaire de Chine. Elle est située à Pékin, la capitale du pays, et son ambassadeur est, depuis 2023, .

Ambassade L'ambassade est située dans le district de Chaoyang à Pékin, un quartier comprenant de nombreuses ambassades. Elle accueille aussi une section consulaire.

La nouvelle ambassade a été ouverte le , elle a été conçue par l'architecte Alain SarfatiAmbassade de France en Chine par SAREA Alain Sarfati Architecture, Actu Architecture. Elle est située au croisement des rues Liangmaqiao et Tianze et accueille tous les services de l'ambassade ainsi que la résidence de France. Destinée à donner une dimension urbaine s'intégrant dans la ville, la « tour » est une proéminence de 8 étages du bâtiment de l'ambassade. Le jardin de la résidence est composé d’une pelouse centrale avec, de part et d’autre, deux allées d'érables.

Histoire

L'affaire Long Xinmin Long Xinmin était, depuis 2005, directeur général de l'administration générale de la presse et de la publication, en d'autres termes responsable de la censure en république populaire de Chine. Il a fait interdire certaines publications, comme le populaire supplément du Quotidien de la jeunesse de Chine () ainsi qu'une dizaine d'ouvrages d'écrivains connus, et, depuis son arrivée à ce poste, avait renforcé le contrôle sur les médias et, plus particulièrement, les blogs sur internet. Le , à l'Ambassade de France, a été fait chevalier de la Légion d'honneur, en raison, selon les termes de l'ambassade, de son précédent rôle aux Affaires culturelles et de sa contribution au succès des Années croisées franco-chinoises (2003-2005). Certains médias ont dénoncé cette décoration décernée à un « prédateur des libertés » éloigné des valeurs de la République française, provoquant un malaise à l'ambassade qui a fait retirer du site internet toute allusion à la cérémonie. Quelques jours plus tard, le , Long Xinmin était remplacé par Liu Binjie, officiellement .

Ambassadeurs de France en Chine De À Ambassadeur 1847 1850 Baron Alexandre de Forth-RouenPremier représentant de la légation permanente de la France en Chine, itinérante, principalement entre Macao, Shanghai et Canton. 1851 1862 Alphonse de BourboulonIl créa la première légation à Pékin en 1861, dans un ancien palais impérial. 1862 1866 Jules BerthemyRentrant en France en juin 1865, il accrédite Henry de Bellonet comme chargé d'affaires. 1866 1868 Comte Charles de LallemandArrivé à son poste en mai 1867, il le quitte en novembre 1868. 1868 1872 Comte Julien de Rochechouart 1872 1875 Louis de Geofroy 1875 1879 Vicomte 1879 1883 1883 1883 1884 1886 Jules Patenôtre 1886 1887 Ernest Jean Antoine Constans 1887 1893 Gabriel Lemaire 1893 1897 Auguste Gérard 1898 1901 Stephen Pichon 1901 1902 Paul Beau 1902 1905 Georges Dubail 1906 1909 Edmond Bapst 1909 1912 Pierre de Margerie 1912 1917 Alexandre-Robert Conty 1917 1921 Auguste Boppe 1921 1924 Aimé Joseph de Fleuriau 1925 1929 Damien de Martel 1929 1933 Auguste Henry Wilden 1933 1937 Henri Hoppenot 1937 1938 1938 1944 1944 1945 Général Zinovi PechkoffDélégué du Comité français de Libération nationale. 1945 1953 1953 1956 Chargé d'affaires a.i., basé à Formose, siège du gouvernement en exil. 1956 1960 1960 1963 Émile de Curton 1963 1964 Pierre Salade 1964 1969 Lucien PayePremier ambassadeur de France en République populaire de Chine. 1969 1975 Étienne Manac'h 1975 1979 1979 1982 1982 1986 1986 1989 1989 1990 1990 1993 Claude Martin 1993 1996 François Plaisant 1996 2002 Pierre Morel 2002 2004 Jean-Pierre Lafon 2004 2006 2006 2010 Hervé LadsousIl a été mis fin à ses fonctions le 28 novembre 2010 (), à la suite de sa nomination comme directeur de cabinet au Ministère des Affaires étrangères. En attente de la nomination de son successeur, le ministre conseiller Hervé Dejean de La Batie a été chargé d'affaires a.i. 2011 2014 Sylvie Bermann 2014 2017 Maurice Gourdault-MontagneDécret du août 2014, JORF du 3 août 2014. 2017 2019 Jean-Maurice RipertDécret du 20 avril 2017, JORF du 22 avril 2017, texte , NOR MAEA1706298D. 2019 2023 Laurent BiliDécret du 4 septembre 2019. 2023 auj. Décret du 14 février 2023, JORF du 15 février 2023, texte , NOR EAEA2302322D.

Relations diplomatiques

Les premiers contacts entre la Chine et l'Occident ont été établis par Marco Polo au . Puis des missionnaires ont, au cours des , et s, poursuivi l'implantation française en terre chinoise. Pourtant, sans doute en raison de l'éloignement de ce pays, la France, comme d'ailleurs la plupart des pays européens, n'a pas ressenti, durant plusieurs siècles, la nécessité d'établir des relations diplomatiques avec l'Empire chinois. Alors que les Portugais mettent en place un comptoir commercial à Canton, les négociants français reçoivent, un siècle plus tard, de l'Empereur Kangxi une autorisation de commerce avec une organisation de marchands chinois seuls habilités au commerce avec les Occidentaux, qui devient, en 1720, le Co-hong. En 1757, en raison du protectionnisme voulu par le gouvernement chinois, le commerce n'est plus autorisé que dans le seul port de Canton. C'est tout naturellement dans cette ville qu'est créé le premier consulat français en 1776. Mais même si les jésuites avaient pu s'introduire durablement à la cour de Pékin, grâce à leur capacité d'adaptation aux rites confucéens et aux valeurs chinoises et à leurs connaissances linguistiques et scientifiques, la politique de la dynastie Qing de fermeture à toute influence étrangère aura raison de la mission religieuse. Privé de soutien religieux, confiné dans un seul port chinois, contrôlé par un organisme intransigeant, le consulat peine à survivre. Il est abandonné en 1785Changhai : la genèse..

Durant la première moitié du , la France avait comme unique représentant de ses intérêts en Chine un consul basé à Canton, seul port ouvert au commerce étranger. En octobre 1842, sous la pression des chambres de commerce qui voient en la Chine un nouveau marché à explorer et à la suite de la première guerre de l'opium (qui débouche sur un traité entre la Chine et l'Angleterre), le roi Louis-Philippe décide d'envoyer comme consul à Canton, le comte Ulysse de Ratti-Menton, un diplomate expérimenté afin de négocier un traité de commerceVia le consul à Canton, Ratti-Menton, le Commissaire impérial Ki Ying et Ki Koung, vice-roi des deux Kwang informe le 6 septembre 1843 François Guizot, ministre des Affaires étrangères, que l'empereur Daoguang accorde aux Français la faculté de trafiquer dans les cinq ports de Canton, Fou-Tchou, Amouï, Ning-Po et Chang-haï aux mêmes conditions que celles accordées aux commerçants anglais Archives du Commerce (Volume 33 - 1844). À partir de mars 1843, le consul de France à Canton est Charles Lefebvre de Bécour. Par la suite, la mission, conduite par Théodore de Lagrené en 1844 débouche sur la signature d'un accord qui prévoit l'ouverture au commerce libre de cinq ports, autorise la création de postes consulaires et protège l'implantation de la religion chrétienneLa première ambassade en Chine, in Revue des deux mondes, volume 39, page 654..

thumb|right|250 px|Palais de la Légation de France à Pékin en 1860. Premier représentant diplomatique permanent de la France auprès de l'Empire de Chine, le Baron Forth-Rouen, dans une dépêche adressée le à son ministre des Affaires étrangères Jules Bastide (homme politique, 1800-1879)160 ans d’histoire entre la France et Hong Kong, donne le coup d'envoi de la mise en place d'un vaste réseau diplomatique et consulaire en Chine, convaincu aussi que Hong Kong est appelée à devenir le point d'entrée incontournable de la Chine et qu'elle va jouer un rôle central en AsieIn "La politique missionnaire de la France en Chine de 1842 à 1856" de Louis Wei Tsing-sing.. Un premier poste consulaire est créé à Shanghai en 1847 et confié à Charles de Montigny, chancelier de la mission Lagrené, qui négociera le statut de cette enclave en terre chinoise, soumise uniquement aux lois françaises, au terme d'un accord conclu en 1849, et ce, malgré les réticences de Forth-RouenLa création de la Concession Française de Changhai.. Ces concessions, ultérieurement étendues à Canton, Hankéou et Tientsin, dureront jusqu'en 1943.

La légation, installée provisoirement à Macao, reste cependant itinérante. Il faudra attendre 1861 pour qu'elle soit officiellement basée à Pékin, dans un ancien palais impérial, à la suite de la seconde guerre de l'opium, dans laquelle la France est cette fois impliquée, à la suite du meurtre du Père jésuite Chapdelaine. La communication avec le Ministère étant rendu difficile par l'éloignement, le développement des missions est peu constant. Certaines concessions françaises se développent rapidement, du fait de l'activisme de leurs consuls (Shanghai ou Hong Kong), tandis que d'autres se laissent distancer par l'Angleterre et périclitent (Hankéou). Durant le Second Empire, les diplomates ne se pressent pas pour cette destination peu prisée, aussi dangereuse qu'hostile. Après la chute de Napoléon III, la situation ne fait qu'empirer et les déboires se multiplient. Le massacre de la colonie française de Tientsin, dont le consul Henri Fontanier et les religieuses, n'arrange rien à la politique diplomatique de la France en Chine sur Gallica.

thumb|right|250 px|Le quartier des légations à Pékin en 1912.Les relations entre les deux pays prennent inévitablement un nouveau tournant lors de la guerre franco-chinoise, survenue entre 1881 et 1885, motivée par la volonté française d'une implantation plus forte dans le Tonkin afin de contrer l'expansion britannique. De nouveaux consulats sont installés afin, essentiellement, de surveiller la frontière du Tonkin. À la fin du , la politique coloniale française n'est plus incompatible avec sa politique européenne, en raison de l'amélioration, certes temporaire, des relations avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne. L'expansion en Chine est alors plus offensive, les diplomates en poste à Pékin de même que les gouverneurs d'Indochine relayant volontiers ces ambitions. Auguste Gérard et ses successeurs n'auront de cesse de signer de multiples accords commerciaux (mines, chemin de fer, télégraphie, etc.), parallèlement à l'ouverture de nouveaux consulats. C'est d'ailleurs durant cette période que les agents diplomatiques et consulaires sont recrutés avec une plus grande attention, l'accent étant mis sur les connaissances culturelle et linguistique. Ils deviennent aussi la principale source en matière de liaison et de renseignementLa Chine dans la stratégie impériale : le rôle du Quai d’Orsay et de ses agents, par Nicole Tixier, février 2007..

La révolte des Boxers, en 1900, durant laquelle les légations occidentales sont assiégées pendant près de deux mois, aboutit à un traité qui renforce la présence diplomatique à Pékin, grâce à la création d'un quartier spécial placé sous le contrôle exclusif de la police des légations étrangères (article 7 du protocole).

Le début du voit l'amélioration de l'implantation culturelle et scientifique française au détriment de sa représentation économique, la France s'étant largement laissé distancer par ses concurrents par manque de compétitivité économique. Les écoles se multiplient, de même que les hôpitaux. Mais la Première Guerre mondiale modifie fortement l'équilibre. L'Europe est disloquée alors que le régime chinois connaît une période des plus troublées. Les diplomates et consuls français ne sont plus astreints qu'à un rôle de spectateurs, luttant aussi difficilement pour le maintien de leurs intérêts en Indochine. Le déclin sera constant jusqu'au départ de la quasi-totalité des diplomates et représentants consulaires de la France en Chine, en 1953, après la fin de l'occupation japonaise et l'avènement du nouveau régime chinois, initialement non reconnu par les puissances occidentales.