vignette|Bulletins de vote. L'élection présidentielle en deux tours au Mali les et est remportée par Amadou Toumani Touré, qui a participé au coup d’État contre le régime de Moussa Traoré le et présidé le Comité de transition pour le Salut du peuple. Il succède à Alpha Oumar Konaré.
Contexte
Cette élection présidentielle est organisée à l’issue du deuxième mandat du président sortant Alpha Oumar Konaré, dix ans après l’instauration de la démocratie au Mali. Ce dernier n'est pas candidat dans la mesure où, selon la Constitution, il ne peut briguer un mandat supplémentaire.
Si l'élection présidentielle de 1997 s'étaient déroulées dans un climat très tendu entre le parti au pouvoir, l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma-PASJ) et l’opposition (qui, regroupée au sein d’un collectif, décide de boycotter les élections), le climat politique quelques années plus tard s'est progressivement détendu avec notamment l’organisation du forum politique national en et l’élaboration d’une nouvelle loi électorale.
Ainsi, pour les élections présidentielle et législatives de 2002, l’ensemble des partis prennent part au scrutin.
Au sein du parti présidentiel, la succession d’Alpha Oumar Konaré entraîne des divisions. Ainsi l’ancien Premier ministre et président de l’Adéma-PASJ, Ibrahim Boubacar Keïta, quitte le parti pour fonder le Rassemblement pour le Mali le . Puis, une fois que Soumaïla Cissé est investi candidat du parti, deux autres personnalités de ce dernier présentent leur candidature et sont en conséquence exclues : Mandé Sidibé, Premier ministre et Ahmed El Mandani Diallo.
Mode de scrutin Le président malien est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois..
Les candidats
La Cour constitutionnelle a enregistré 25 candidatures mais en a rejeté une, celle de Sidibé Awa Sanogo, unique candidate, pour défaut de paiement de la caution qui s’élève à 5 millions de francs CFA..
Les 24 candidats à l’élection présidentielle sont. : Soumaïla Cissé, ancien ministre de l’Équipement, deuxième vice-président et candidat investi de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice. Balla Moussa Coulibaly, président du Conseil économique, social et culturel du Mali, ancien président de la Fédération nationale des employeurs du Mali, président de l'Union pour la démocratie et le développement (UDD), également soutenu par le Bloc des alternatives pour le renouveau africain (BARA) et la Convention nationale démocrate (CND). Habibou Dembélé, dit « Guimba », comédien Mamadou Maribatrou Diaby, président fondateur du Parti pour l'unité, le développement et le progrès. Ibrahima Diakité, inspecteur des finances. Ahmed El Madani Diallo, économiste et ancien ministre du Développement rural, membre exclu de l’Adéma-Pasj Youssouf Hassane Diallo, consultant Daba Diawara, ancien ministre de la fonction publique et ancien secrétaire général du gouvernement, candidat du Parti de l'indépendance, de la démocratie et de la solidarité (PIDS) Tiébilé Dramé :député, ancien ministre, président du Parti pour la renaissance nationale (PARENA). Modibo Kane Kida, économiste et premier vice-président du Mouvement des populations libres, unies et solidaires/Rassemblement malien pour le travail et l'alternance (MPLUS/RAMATA). Ibrahim Boubacar Keïta, ancien Premier ministre de 1994 à 2000, candidat du Rassemblement pour le Mali, soutenu par quatre autres partis politiques, la Convention Démocratique, la PMDD, le MPLO, le RDT. Abdoulaye Sogolomba Konaté, ingénieur, candidat indépendant. Mady Konaté, ingénieur informaticien, président du Parti pour la démocratie et le progrès. Mamadou Gakou, Avocat, Convention Parti du Peuple. Madiassa Maguiriraga, professeur d’Université, président-fondateur du Parti populaire pour le progrès Choguel Kokalla Maïga, ingénieur des télécommunications, président et candidat du Mouvement patriotique pour le renouveau, qui se réclame de l’héritage de Moussa Traoré Oumar Mariko, médecin, ancien leader de l'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), candidat de Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (SADI) Sanoussi Nanacassé, médecin Mamadou Bakary Sangaré, dit « Blaise », secrétaire général de la Convention sociale démocrate (CDS). Modibo Sangaré, président de l'Union nationale pour la renaissance (UNPR) Mandé Sidibé, Premier ministre du au , date de sa démission, membre de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice, il s’est retiré des primaires organisées par son parti estimant qu’elle ne respecte pas les règles. Almamy Sylla, fonctionnaire international à la retraite, président du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP) Mountaga Tall, député, président du Congrès national d'initiative démocratique (CNID). Amadou Toumani Touré, général en retraite, ancien président du Comité de transition pour le salut du peuple, candidat indépendant soutenu par 23 partis politiques de l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA), le Bloc pour la démocratie et l'intégration africaine (BDIA), le Parti malien pour le progrès social (PMPS), le Mouvement pour l'indépendance, la renaissance et l'intégration africaine (MIRIA)
Organisation du scrutin
La loi électorale prévoit trois autorités compétentes pour l’organisation de l’élection : La Commission électorale nationale indépendante (Céni) qui veille à la régularité du scrutin. La Délégation générale aux élections qui est chargée . Le ministère chargé de l’Administration territoriale qui assure la préparation technique et matérielle, la centralisation et la proclamation des résultats provisoires.
D’autre part, le Comité national de l’égal accès aux médias d’État (Cnéamé) veille, pendant la période de campagne électorale, à Article 60 de la loi électorale..
Conformément à l'article 86 de la constitution, la Cour constitutionnelle statue sur la régularité de l'élection et proclame les résultats définitifs.
Déroulement de l'élection
Premier tour vignette|gauche|Votants à Bamako. Le premier tour a lieu le et a lieu dans le calme malgré l’ouverture en retard de certains bureaux de vote.
La publication des résultats du premier tour a été difficile, il a fallu plusieurs jours pour centraliser les résultats des bureaux de vote. Des irrégularités ont été contestées, anomalies constatées y compris par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) dans les méthodes de centralisation des résultats, notamment l’absence de procès-verbaux récapitulatifs et le traitement inéquitable des résultats entre les régions. Ce n’est que le que la Cour constitutionnelle proclame les résultats définitifs..
La Cour constitutionnelle invalide évoquant . Elle considère cependant que ces irrégularités n’entraînent pas l’annulation du scrutin.
right|400px|Résultat du premier tour de l’élection présidentielle au Mali en 2002 + Résultat du premier tour de l’élection présidentielleRésultats définitifs, validés par la Cour Constitutionnelle le . Candidat Voix obtenues %Amadou Toumani Touré 28,87 Soumaïla Cissé 21,44 Ibrahim Boubacar Keïta 21,15 Tiébilé Dramé 4,02 Mountaga Tall 3,77 Moussa Balla Coulibaly 3,23 Choguel Kokalla Maïga 2,73 Mamadou Bakary Sangaré 2,22 Mandé Sidibé 2,02 Ahmed El Madani Diallo 25584 1,64 Daba Diawara 1,10 Oumar Mariko 0,88 Madiassa Maguiraga 0,81 Youssouf Hassan Diallo 0,80 Modibo Sangaré 0,75 Mamadou Gakou 0,74 Mady Konaté 11 302 0,73 Mamadou Maribatrou Diaby 9 101 0,58 Modibo Kane Kida 0,62 Habibou Dembélé 0,51 Sanoussi Nanacassé 0,50 Ibrahim Diakité 0,44 Abdoulaye Sogolomba Konaté 0,44
Amadou Toumani Touré et Soumaïla Cissé sont qualifiés pour le second tour. Ibrahim Boubacar Keïta, qui arrive en troisième position est donc éliminé. Il conteste ces résultats mais soutient Amadou Toumani Touré au second tour.
Second tour
La campagne est écourtée en raison de proclamation tardive des résultats définitifs du premier tour et en dure que deux jours.
Le scrutin se déroule le dans le calme mais avec une faible participation. Les résultats connus le ne sont validés que le par la Cour constitutionnelle qui, après avoir annulé , proclame Amadou Toumani Touré vainqueur avec plus de 65 % des suffrages. right|400px|Second tour de l'élection présidentielle au Mali en 2002 +Résultat du second tour de l’élection présidentielle Nombres %Inscrits Votants 29,99Bulletins nuls 1,76Suffrages annulés 15,56Suffrages valablement exprimés 82,68
Candidat Voix obtenues % Amadou Toumani Touré 65,01 Soumaïla Cissé 34,99
Les suites du scrutin
Le nouveau président Amadou Toumani Touré nomme un gouvernement de mission dirigé par le Premier ministre Ahmed Mohamed ag Hamani afin d'organiser « dans les délais constitutionnels et dans la transparence, les élections législatives »Organisation internationale de la Francophonie, Élections législatives au Mali 14 et 28 juillet 2002..
Des élections législatives ont lieu les et , où aucun parti ni aucune coalition n'obtient la majorité absolue.
Le premier mandat d'Amadou Toumani Touré est marqué par le consensus de la classe politique, consensus qui s'effrite à l'approche des élections présidentielle et législatives de 2007.
Notes et références
Mali 2002 Catégorie:2002 au Mali Catégorie:Politique en avril 2002 Catégorie:Politique en mai 2002