Philippe Gaussot, né le à Belfort et mort le à Chamonix-Mont-BlancRelevé des fichiers de l'Insee., est un journaliste français.
Il participe à la création du quotidien Le Dauphiné libéré, au sein duquel il travaille de 1945 à 1977. Chef de l'agence locale de Chamonix, il réalise de très nombreuses photographies d'intérêt historique et écrit plusieurs livres.
Biographie Premières années
Les guerres Philippe Gaussot est ensuite délégué du comité de secours aux réfugiés d’EspagneL'Avenç, 4, juillet-août 1977, 9, Un record de l'exili, Maurici Serrahima.. Durant la guerre civile, il mène une vie « passionnante, parce qu’utile ». Non mobilisable, il entre comme rédacteur au ministère de l’Information, dirigé par Jean Giraudoux. Plus tard, on lui ordonne de rejoindre Vichy pour lancer une revue pour les Compagnons de France. Installé à Lyon, il occupe son premier poste de journaliste professionnel comme rédacteur en chef. L’orientation politique prise par le journal ne lui plaisant pas, il quitte Compagnon pour fonder l’hebdomadaire Marche, qui était en fait un organe de résistance camouflé. Après plusieurs rappels à l’ordre du secrétariat général de l’information, la parution de Marche est suspendue, et Philippe Gaussot est convoqué à Vichy. Au lieu d’obtempérer, il gagne Marseille et entre dans le service de renseignements du réseau de résistance Corvette, comme agent de liaison et chargé de mission de première classe, notamment en Espagne, sous le nom de Guy Latour. Cette période « rocambolesque et exaltante » lui inspire un livre, Melpomène se parfume au camphre, vendu au profit des veuves et orphelins du réseau. Grillé au cours d’une mission qui devait se terminer tragiquement, il est affecté à Lyon au réseau Côtre, où il est chargé du contrôle de la navigation fluviale. Il travaille par la suite au centre-école de Jeunesse et Montagne de Montroc, assurant le secrétariat de rédaction du bulletin Trait d’union de la jeunesse aérienne, puis est affecté comme inspecteur au service de la police des Forces françaises de l’intérieur pour la haute vallée de l’Arve, dépendant de l’ancien maire Raoul Lanet ; il photographie la libération de ChamonixMelpomène se parfume au camphre, Philippe Gaussot, éditions Marco, 1945..
Chamonix-Mont-Blanc Ne souhaitant plus vivre à Paris, « pour rien au monde », et aussi pour raisons de santé, il s’installe définitivement à Chamonix avec sa première épouse Jacqueline Blanc et leurs trois filles, Mireille, Annette et Gentiane. Ces temps d’après-guerre sont très difficiles. Philippe Gaussot fait un peu de portraits et des photos pour divers magazines, puis il écrit un livre sur le ski avec son ami James Couttet, champion du monde, et deux livres pour enfants aux éditions Jean Landru, Hoppy la Marmotte et You-Pi le Chamois, illustrés par le dessinateur des Pieds nickelés, son ami Pellos. Il entre ensuite comme correspondant au journal Les Allobroges, assurant également la correspondance de France-Soir, du Parisien libéré, du Figaro, de La Suisse et d’autres encoreAutobiographie rédigée par Philippe Gaussot le 17 janvier 1977..
Le Dauphiné libéré En , il entre enfin au Dauphiné libéré, où il restera jusqu’à sa mort. Il fait partie de l’équipe de fondation du journal, avec Louis Richerot et Louis Bonnaure. Il couvre les principaux événements sportifs comme les jeux olympiques d’hiver et les championnats du monde de ski, et tous les gros drames de la montagne: crash du Malabar Princess, Vincendon et Henry, chute de l’Alouette II de Wachter, puis celle de Cessou-Provost, pilier du Frêney, avalanche de la Verte, crash du Kangchenjunga, face ouest des Drus, avalanches de Val d'Isère et du Plateau d'Assy, face nord des Grandes Jorasses… Philippe Gaussot couvre l’inauguration de tous les refuges de la vallée, et assure le reportage de la construction du téléphérique de l'Aiguille du Midi, des télécabines de la Vallée Blanche, de la Flégère, des Grands Montets, et du tunnel du Mont-Blanc. . Ses célèbres Propos de la Marmotte constituent une chronique virulente et drôle de la vie chamoniarde, attendue par certains et redoutée par d’autres. Il écrira également différents ouvrages sur Chamonix et sa vallée, et un livre sur le ski et ses amis skieurs, Histoires de ski, préfacé par Marielle Goitschel. Divorcé en 1952, il se remarie en 1954 avec Colette Mongin, avec laquelle il aura deux enfants, Jean-Philippe et Christine. Chef de l’agence du Dauphiné, inaugurée en 1959, il sera épaulé notamment par Anita Hesse, Édouard Trichon, Fernand Nugue, Bernard Lagarrigue, Patrick Fiole, Hubert Gay-Couttet puis Jean-Paul Roudier, qui lui succéda à son poste en . Resté dans les cadres du journal, Philippe Gaussot s'occupe alors de la haute vallée de l’Arve, à l’exclusion de Chamonix, pour les enquêtes et les reportages. Ceci aurait dû se poursuivre jusqu’au , date à laquelle il aurait dû prendre sa retraite mais souhaitait continuer à travailler au journal comme pigiste.
Hommages Philippe Gaussot meurt le à Chamonix à , après une longue maladie, salué par ses confrères comme Le Dauphiné libéré, Le Progrès, Le Figaro, 13 mars 1977.Le Dauphiné libéré, 14 mars 1977.Le Messager, 18 mars 1977.Le Faucigny, 19 mars 1977.La Presse savoyarde, mars 1977.Le Dauphiné libéré, 13 février 1978..
Colette Gaussot meurt à le à Chamonix.. Jean-Philippe Gaussot habite Chamonix, il s'applique à mettre en valeur le patrimoine journalistique de son père et réalise un site internet lui rendant hommage..
En , un fort bel ouvrage intitulé Chamonix libéré est consacré par Pierre-Louis Roy et Corinne Tourrasse aux photos et articles de Philippe Gaussot entre 1944 et 1959.
Publications Ouvrages Carnets de route et Agenda scolaire, éditions de la JEC, 1936 à 1941 Les Cadets de la JEC, éditions SPES, 1937 Melpomène se parfume au camphre, éditions Marco, 1945 Hoppy la marmotte, illustrations de Pellos, éditions Jean Landru Chamonix, 1945 You-Pi le chamois, illustrations de Pellos, éditions Jean Landru Chamonix, 1946 Ski - Technique, compétition, montagne, avec James Couttet, photographies de Georges Tairraz, éditions Jean Landru Chamonix, en un ou trois volumes, 1947 idem, traduit en japonais, Hakusuisha, Tokyo, 1948 Le Ski, éditions de Varenne, 1951 Encyclopédie universelle des sports - Le ski et les sports d'hiver, ouvrage collectif, Lavail - Union européenne d'édition, 1960 Histoires de ski, préface de Marielle Goitschel, éditions Calmann-Lévy, 1966 Chamonix Mont-Blanc, photographies de Pierre Tairraz, éditions Navarre-La Rochelle, 1968 Sports et jeux de neige, avec Pierre Bellin et Marc Jasinski, éditions Dargaud, 1968 Hoppy la marmotte, illustrations de Pellos, éditions Mythra Chamonix, 1973 Chamonix Mont-Blanc et sa vallée, éditions SAEP Ingersheim, 1975
Paul Gignoux, à l'époque président de la Fédération française de ski, écrit dans la préface de Ski - Technique, compétition, montagne : .
Ouvrages incluant ses photographies Cette liste n'est pas exhaustive. Par ailleurs, Philippe Gaussot ne marquait pas toujours son nom au dos de ses photos, et il en faisait volontiers don à ses amis, alpinistes et autres. Il est donc fréquent et pas toujours intentionnel que des photos de lui soient publiées sans lui être attribuées. Enfin certains auteurs et la plupart des journaux, comme le Dauphiné libéré, se contentent souvent de signaler que les photos qu'ils publient font partie de leurs archives, sans citer le photographe.
Les photographies de Philippe Gaussot ont été publiées dans les livres suivants : Chamonix libéré, l’envol et la vie d’une vallée entre 1944 et 1959 sous le regard du journaliste-photographe Philippe Gaussot, de Pierre-Louis Roy et Corinne Tourrasse (éditions Atelier Esope, 2014, 360 pages, plus de 800 photos) ; Le ski par la technique française, d'Edouard Frendo (éditions Jean Landru Chamonix, 1946) (deux photos des champions de ski Francis Bozon et James Couttet) ; Le ski en 200 mots, de James Couttet, plaquette publicitaire (éditée par le couturier du ski Olympic, a priori 1955) ; Lumière et beauté, revue réservée au corps médical (éditée par le laboratoire Actifran, ) ; Carnets du vertige, de Louis Lachenal et Gérard Herzog (éditions Pierre Horay, 1956) (texte de Louis Lachenal, réalisé avec l'aide de Philippe Cornuau, et en partie censuré par Maurice Herzog et son frère Gérard ; Les conquérants de l'inutile, de Lionel Terray (éditions Gallimard, 1961) ; Les cahiers de Savoie 2, Louis Armand trois fois vingt ans, de Louis Armand, Daniel-Rops et al. (éditions Les journaux régionaux associés, avril-) ; Les compagnons de l'Alouette, de Jean-Louis Lumpert (éditions Arthaud, 1973) ; Chamonix, une vallée, des hommes, collectif, préface de Roger Frison-Roche, bibliothèque municipale de Chamonix (éditions Edimontagne, 1978) ; Chamonix fait son cinéma, de Françoise Rey et Catherine Cuenot (conseil général de Haute-Savoie et ville de Chamonix Mont-Blanc, éditions Atelier Esope, 1995) ; Les conquérants de l'inutile, de Lionel Terray (éditions Guérin, 1995) (nouvelle édition avec une iconographie plus importante, premier livre publié par Michel Guérin) ; Carnets du vertige, de Louis Lachenal et Gérard Herzog (éditions Guérin, 1996) (première version intégrale du texte de Louis Lachenal, avec des compléments) (quatre des photos de Philippe Gaussot publiées dans cet ouvrage ne lui ont pas été créditées : celle de la page 76 prise à la libération de Chamonix, celle de la page 129 représentant Lionel Terray, celle de la page 157 avec Lachenal et Terray, qui posent devant le chalet des Gaussot au Clos des Charmilles, celle de la page 311 avec Lachenal et le docteur Menegaulx) ; Chronique de la Haute-Savoie pendant la seconde guerre mondiale, 4, Le Prix de la liberté, de Michel Germain (éditions La Fontaine de Siloé, 1998, 2006) (dont quelques photos attribuées par erreur à M. Arpin) ; Le Versant du soleil, de Roger Frison-Roche, iconographie de Catherine Cuenot (éditions Guérin, 1999) (nouvelle édition augmentée de l'ouvrage paru aux éditions Flammarion en 1981 et Arthaud en 2007) (une photo de la libération de Chamonix) ; Chamonix Mont-Blanc 1860-2000, les coulisses de l'aménagement, de Bernard Debardieux (éditions Edimontagne, ) (dont plusieurs photos simplement créditées Dauphiné Libéré) ; L'aiguille du Midi et l'invention du téléphérique, de Pierre-Louis Roy (éditions Glénat, 2004) ; 50 ans de l'aiguille du Midi, 1955-2005, plaquette d'exposition, de Pierre-Louis Roy et Catherine Cuenot (Compagnie du Mont-Blanc, éditions Atelier Esope, 2005) ; La Liberté perdue et retrouvée du pays du Mont-Blanc, chronique de la seconde guerre mondiale, de Pierre Dupraz (auto-édité, 2005) ; Envoyé spécial, 50 ans de reportages à Chamonix, de Christian Brincourt (éditions Guérin, 2005) ; La liaison, le fil au-dessus du glacier, de Federica Busa et Cesare Bieller (Musumeci Éditeur, 2007) ; Le Mont-Blanc Express, Le Fayet Chamonix Vallorcine 1908-2008, de Pierre-Louis Roy (éditions Glénat, 2008) ; L'Aiguille du Midi, un téléphérique au plus près du mont Blanc, de Pierre-Louis Roy (éditions Glénat, 2011) ; Les cahiers de l'oncle Ambroise - Les mémoires d'Ambroise Couttet, de Daniel Chaubet (éditions Neva, ) (photo page 26 et vraisemblablement aussi page 25) ; Combats aux sommets, 1939-1945 dans le massif du Mont-Blanc, de Laurent Demouzon (éditions de la Tour, 2013) (photos par erreur non créditées, notamment de la libération de Chamonix) ; Les refuges dans les Alpes, abris du ciel, défis des hommes, d'Antoine Chandellier (éditions Le Dauphiné Libéré, ) ; ENSA, l'école des sommets: 70 ans de ski et d'alpinisme (éditions Glénat, ) ; Le Roman de Chamonix, de Sophie Cuenot (éditions Guérin, ) ; Les Refuges du Mont-Blanc, de Dominique Potard (éditions Guérin, ) ; Maurice Baquet, portrait avec violoncelle, de Hervé Bodeau (éditions Guérin, , en deux volumes) ;