L'église Saint-Barthélemy est une église paroissiale catholique située dans la commune de Rion-des-Landes, dans le département français des Landes. Aujourd'hui rattachée à la paroisse de Notre-Dame du Midadour et au diocèse d'Aire et Dax, l'église fut construite fortifiée au Moyen Âge, elle est ensuite remaniée pendant la Renaissance et fut le lieu des premières réunions et élections municipales de la commune lors de sa conversion en Temple de la Raison pendant la Révolution française. Les derniers grands travaux du lui ont donné sa majesté actuelle. Elle possède en son clocher la plus vieille cloche du département des Landes, datant du , elle est classée depuis le .

Histoire

Moyen Âge L'histoire commence au avec l'édification sur un tertre naturel, d'une chapelle romane dédiée à Notre-Dame.

En 1152, l'Aquitaine devient anglaise par le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri II de Plantagenêt rattachant ainsi l'Aquitaine au royaume Anglo-angevin. Dan ce contexte de tension entre Anglais et Français, les églises landaises sont fortifiées afin de protéger les populations. La chapelle Notre-Dame fut remplacée en 1220 par une église forteresse romane dont le seul vestige est le portail roman actuel qui date entre le et le . L'édifice était entouré d'une enceinte de murs crénelés de cinq mètres de haut et d'un mètre d'épaisseur avec une tour quadrangulaire de trois étages qui protégeait la porte d'entrée située à sa base, cette tour de défense fut ensuite convertie en prison. Le cimetière se trouvait dans l'enceinte.

Vers 1380, une cloche y est attribuée. C'est la plus ancienne cloche recensée dans les Landes.

L'église forteresse fut reconstruite entre le et le dans un style gothique, avec un vaisseau unique (la nef) qui se prolongeait de l'abside actuel (le chevet) jusqu'à une deuxième abside côté occidental qui était à l'emplacement du portail néo roman actuel. Le bas-côté nord est construit à cette époque. Un clocher donjon percé de meurtrière est édifié avec une flèche en bois recouverte d'ardoise, le tout mesurant de haut. Sous la toiture de la nef, les murs Nord et Sud était percés chacun de cinq meurtrières droites et d'un créneau placé contre le clocher donjon. Un escalier en colimaçon permettait d'accéder au comble de la nef. Les murs des combles de la nef portent des traces des cheminées qui durent servir à faire cuire des aliments pour la garnison et peut-être à faire bouillir des liquides à jeter sur les assaillants. L'abside occidentale était percée de chaque côté nord et sud de quatre créneaux carrés.

L'abside côté oriental possédait l'autel principal dédié à saint Barthélemy, trois sacristies y étaient accolées dont une placée au nord-est présentait une fenêtre meurtrière. Il y avait également deux autres autels dédié à saint Jean et à saint Michel. Une chapelle hors-œuvre dédiée à Notre-Dame était accolée à la nef. L'abside côté occidental se composait de la porte d'entrée qui se trouvait au nord et abritait l'autel dédié à saint Roch et les fonts baptismaux.

Durant la guerre de Cent Ans, Rion et son église ont connu de nombreux sièges, la seigneurie de Rion est généralement nommée dans les armistices ou traités de paix provisoirement conclus entre les rois d'Angleterre et les seigneurs d'Albret. Une première fois le 19 mai 1383, le sire d'Albret et le roi d'Angleterre signèrent une trêve de trois ans. Une seconde document daté du 22 avril 1407 déclare une trêve concernant « le loc d'Arrions et la Gleysa ».. vignette|L'église en violet, avec son enceinte fortifiée, cadastre du début du .

Révolution française, la Terreur Avant la Révolution, le curé prélevait une dime en grain qui se montait à dont le curé en avait les neuf dixièmes, il avait aussi le dixième de la dîme des agneaux, chevreaux et abeilles.

En 1789, la baronnie de Rion devient une municipalité, le curé en place Jean Napias refuse le serment de la Constitution civile du clergé, simule le folie et se retire à Baigts chez ses parents en 1791. La municipalité rionnaise installe dans cette période révolutionnaire un curé constitutionnel.

L'église Saint-Barthélemy devient le lieu des premières élections municipales comme celle du : les électeurs élisaient d'abord le président de la séance, ensuite le maire élu pour un mandat de an (cette année Jean Dupouy élu maire), puis trois officiers municipaux, six notables et le procureur. Idem le en l'église sont élus Jacques Maques maire de Rion et le reste du conseil municipal. À partir de 1793, les séances sont établies dans une maison commune.

Fin 1792, sur ordre du commissaire procureur du district de Tartas, la municipalité fit l'inventaire de l'argenterie de l'église (une lampe, une croix d'argent, un encensoir et une navette), et devait envoyer les biens au district. L'ensemble des objets en argent massif, d'un poids de vingt livres et seize onces, n'est finalement pas donné au district, la municipalité désobéit.

Le , la République réquisitionne les cloches des églises afin de les convertir en canons. Le district de Tartas demande à Rion de descendre deux cloches sur les quatre, laissant la cloche de l'horloge de 1720 et la cloche de 1380, mais la commune ne s'exécute pas.

Finalement, à la fin de 1793, sur la pression des administrateurs du district au sujet de l'enlèvement des «signes extérieurs de fanatisme et de fédéralisme», la municipalité décide d'enfermer les fonts baptismaux dans du grillages de fer, de descendre la girouette du clocher, d'abattre toutes les croix de la commune, de faire sonner la cloche seulement la veille et le jour de décade, et d'enlever et donner les deux autres cloches au district.

En 1794, le culte catholique cessa dans toute la France. Le , l'église Saint-Barthélemy fut convertie en Temple de la Raison où était célébré le culte de la Raison et le culte décadaire, les autorités y présentaient les arrêtés et les lois à la population. Dans le carde de cette conversion, tous les signes relatifs au culte catholique devaient être détruits. Ainsi du 14 au , les cinq autels et retables furent détruits ainsi que les statues et autres signes religieux. Les débris sont laissés sur place. Fin 1794, le Temple de la Raison est converti en Temple de l’Être Suprême où était tenu le culte de l'Être suprême.

Le 17 nivôse de l'an II de la République (le ), le commissaire d'Arnaudin du district de Tartas, vend aux enchères « les restes des dépouilles du fanatisme » qu'il restait dans l'église. Sont vendus tout le mobilier, les objets de culte dont l'argenterie, ainsi que les débris des cinq autels. Seule la chaire à prêcher résiste aux révolutionnaires.

Les réaménagements du Dès 1802, avec le rétablissement du culte, les marguillers successifs s'attachent à remeubler l'église dont seuls les derniers débris des autels sont présents à l'intérieur. Grâce à l'appel à la générosité et à la piété, de nouveaux objets de culte sont achetés, en 1825 fut construit l'autel dédié à saint Barthélemy par des Italiens, en 1827 l'autel dédié à saint Roch.

En 1832, le cimetière, qui se trouvait dans l'enceinte fortifiée de l'église, est déplacé à son emplacement actuel (le cimetière Nogaro). En 1834, on rénove le clocher en bois et on détruit les fortifications. Avec leurs pierres sont pavées les rues du bourg et est construite une maison commune.vignette|L'église gothique en 1866, côté nord. Dessin de l'architecte Gustave Alaux.En 1837, à peine rénovée, la flèche en bois du clocher fut frappée par la foudre, qui l'incendia complètement.

Plus tard en 1847, on fait un appel à la générosité et à la piété des habitants, pour remplacer la cloche de l'horloge de 1720. La charité publique surpassa les attentes tellement que fut décidé de fondre deux cloches. Ces deux cloches furent fondues au pied de l'église le . L'horloge est changée en 1862.

L'accroissement de la population (passée de 1.200 habitants sous la Révolution à 2.263 en 1861) et l'état de ruine du clocher font ressentir dès le milieu du siècle le besoin d'une rénovation et d'un agrandissement. Le conseil municipal vote un crédit de 90.000 francs et approuve en le projet présenté par l'architecte bordelais Gustave Alaux, architecte de l'église Saint-Pierre de Morcenx bourg en 1863. Les travaux, estimés à la somme de 80.343 francs 39 centimes, sont adjugés pour 72.308 francs 97 centimes et sont confiés à l'entrepreneur Jules Lespessailles, de Tartas.

Le chantier commence en par la destruction des trois sacristies qui étaient accolées à l'abside oriental, de la chapelle hors-œuvre dédiée à Notre-Dame, du haut du clocher et de l'abside occidentale. Le portail roman du qui était protégé par l'abside occidentale redevient la porte d'entrée, des nouveaux chapiteaux viennent l'entourer posés sur des colonnes de marbre rose, il est ensuite accompagné par l'édification du grand porche néo-roman. Le bas-côté nord gothique est agrandi vers l'ouest avec une quatrième travée et ajouré d'un portail ornemental néo-roman. Le mur sud est percé afin de construire le bas-côté sud identique au bas-côté nord. Le clocher est rebâti en pierre de taille avec une flèche culminant à 45 mètres. Dans le chœur sont percées deux nouvelles fenêtres, et un oculus dans le vieux mur du clocher (sur la façade pignon), des nouveaux vitraux sont installés et sont construites les deux sacristies jouxtant l'abside. Pour finir sont restaurés les murs, les piliers et les voûtes anciennes de la nef et du collatéral nord. Le chantier dont le décompte final porte la dépense à 91.404 francs et 58 centimes, est mené à bien en 1872, après une brève interruption due à la guerre franco-prussienne.

Le dernier remaniement intervient en 1894, avec l'ajout, par l'architecte bordelais Paul Minvielle, d'une tribune sur la première travée de la nef, dont le rez-de-chaussée devient ainsi un vestibule ou une avant-nef. De 1892 à 1897, le décorateur local J. Ducournau couvre les murs et voûtes de peintures ornementales (supprimées à la fin du ).

En perçant les murs primitifs de l'église, ont été découverts un grand nombre de vases en terre, dont l'ouverture était tournée vers la nef. Ces échées avaient été mis intentionnellement dans ce mur pour augmenter la sonorité du vaisseau.

Les dernières rénovations vignette|L'église au début du . En 1918, est construit le monument aux morts dans le bas-côté sud, le premier de la commune.

Une restauration de l'intérieur est effectuée en 1968, les murs sont repeint avec des couleurs vives (orange, bleu, rouge, vert…), le maitre autel est remplacé par celui actuel qui est d'un seul bloc de granit. Les prie-Dieu et autres chaises personnelles sont remplacés par les bancs actuels.

Au début du , l'édifice était noir de pollution et la flèche commençait à pencher. En 2005-2006 datent la restauration de l’extérieur de l'église qui fut réalisée par la municipalité rionnaise. Ils supprimeront la clôture à piliers de pierre et la grille ouvragée qui délimitaient un enclos autour de l'édifice.

De même, en 2009, l'intérieur de l'église est restauré par l'association «les Amis de l’Église St-Barthélémy» : peintures à la chaux, réfection de l'électricité avec pose de plusieurs lustres, sonorisation, nettoyage et restauration de l'orgue avant de la placer en tribune.

Et pour finir, en 2019, l'association «les Amis de l’Église St-Barthélémy» acquiert une icône représentant saint Barthélémy, réalisée par l'iconographe Marie-Cécile Froment, accrochée dans le chœur.

Architecture Le monument mélange principalement le style néo-roman avec le porche, les portes et le clocher; et le style néo-gothique pour les ouvertures des vitraux. Le style roman est présent avec le portail du et le style gothique avec les voûtes d'ogives intérieur.

Le porche