Byblos, Goubal ou Gebal dans l'Antiquité, Gibelet ou Guiblet en ancien français du Liban médiévalhttp://infoliban.com/liban_medieval_01.php et aujourd'hui appelée Jubayl (, prononcé en arabe levantin J'baïl ou Jbeil), est une ville du Liban. Les Grecs la nommèrent Byblos, car c'est de Gebal que le papyrus (en grec ancien ) était importé en Grèce.

Elle se situe aujourd’hui sur le site de la ville moderne de Jbeil dans le gouvernorat du Mont-Liban (actuel Liban), sur la côte méditerranéenne, à environ 40 kilomètres au nord de Beyrouth. Elle aurait été fondée vers Dès le , Byblos est un centre commercial actif, négociant surtout avec l’Égypte antique le bois du Liban. Ce rapprochement avec l’Égypte a un effet durable sur l’art et la culture de Byblos, elle était notamment un centre religieux important où l‘on pratique le culte d’Osiris.

Elle faisait également commerce de textile et de vêtements avec la Mésopotamie, notamment avec la ville de Mari et avec les Minoens de Crète. Les souverains amorrites de Byblos se faisaient inhumer dans des tombeaux avec des objets égyptiens (Tombeau d’Ahiram, roi au ). La ville se caractérise aujourd’hui par son antique port de pêche, son site romain et le château de Gibelet construit par les croisés au .

Byblos est une des plus anciennes villes du monde, peut-être la plus ancienne, à avoir été habitée sans discontinuitéJe m'appelle Byblos, Jean-Pierre Thiollet, Éditions H & D, 2005, p. 14 et suivantes. .

Histoire vignette|439x439px|Masque funéraire féminin en or découvert à Byblos en 1889, Musée du Louvre.

Antiquité Byblos est habitée de manière continue depuis plus de , ce qui en fait l'une des plus anciennes villes du monde. Les traces les plus anciennes d’une occupation humaine sur le site sont celles d’un village de pêcheurs du Néolithique, établi probablement vers

Dès le milieu du , la cité-État de Byblos est colonisée par les Phéniciens et devient un centre religieux important. Le temple de Baalat Gebal était ainsi célèbre dans le monde antique. Les liens entretenus par la ville avec l’Égypte antique sont très étroits et sont à l’origine du rapide développement culturel et religieux de la cité. Byblos est aussi un port actif qui exporte le vin et les bois du Liban vers l'Égypte et importe du papyrus égyptien pour le revendre à travers toute la Méditerranée. L'une des étapes du cabotage vers l'Égypte est le port de Tell Abou Hawan dans la baie de Haïfa. Cette escale contribuera son développement lors de l'épopée cananéenne au Bronze ancien.

Les historiens modernes proposent que l'ancien nom de la ville, Byblos, dérive du mot grec pour papyrus, .. La ville était en effet pendant l’Antiquité une escale importante pour les navires chargés de papyrus en provenance d’Égypte et se rendant en Grèce. Plus tard le mot dérivé désignera le livre en grec () et finalement le mot Bible. Une autre version rapportée par Étienne de Byzance au dans les Ethniques renvoie à la divinité Byblis, laquelle aurait trouvé la mort en ce lieu avant de se changer en source.

Byblos est aussi directement associée avec l'histoire et la diffusion de l'alphabet phénicien. C'est à Byblos qu'a été faite la découverte de la plus ancienne inscription phénicienne gravée sur le sarcophage d'Ahiram, origine de notre alphabet contemporain.

Chronologie des rois phéniciens de Byblos vers 1000 : Ahiram vers 1000-970 : Ittobaal vers 970-950 : Yahimilik vers 943 : Abibaal vers 920 : Elibaal vers 900 : Shipitbaal I .../... vers 737-732 : Shipitbaal II vers 701 : Urimilk vers 673 : Milki–Ashapa .../... vers 500: Shipitbaal III 480-466 : Urimilk II 466-459 : Yeharbaal vers 450 : Yehawmilk vers 404-394 : Elpaal vers 400 : Ozbaal vers 355 : Adramelek vers 343-338 : Aynel

Moyen-Âge L’ancienne cité est entourée de murailles d’époque médiévale comportant des fûts de colonnes antiques inclus dans les murs. Cette méthode de construction est également visible au « Château de la mer » de saint Louis à Sidon (Saïda).

L’intérieur de la cité abrite une église construite par les Génois, une petite mosquée, un souk d’artisanat local, le château croisé, le site antique et le port.

Temps modernes

Époque contemporaine

Le site antique vignette|Le Temple en L. Le site antique de Byblos, excavé par Maurice Dunand (archéologue français) de 1924 à 1975, se trouve sur une pointe de terre qui contrôle deux baies, une au nord qui abrite l’actuel port, l’autre au sud. Depuis ce port furent probablement exportés du vin, et une grande quantité de bois de cèdre du Liban vers l’Égypte et la Grèce.

Le site contient des ruines de toutes les populations qui ont habité la région depuis sa fondation : le temple en L, ainsi appelé en raison de sa forme, érigé vers ; le temple aux Obélisques du , originellement construit au-dessus du temple en L, et déplacé par les archéologues. Au temple se dressent de nombreux obélisques. Dans le sol du temple on a trouvé beaucoup d’offrandes votives comme des statuettes de bronze et d'or qui se trouvent au musée national de Beyrouth ; dans une dépression de de profondeur se trouvait la source Aïn al-Malik. C’est là que, selon la version de Plutarque du mythe d'Osiris, Isis venait pleurer Osiris ; vignette|La source Aïn al-Malik.

la nécropole royale de Byblos remonte au et contient les tombes des rois de Byblos, entre autres le sarcophage du roi Ahiram, sur lequel est inscrite la plus vieille transcription phénicienne, aujourd’hui exposé au musée national de Beyrouth ; un théâtre romain, construit vers 218 ; une colonnade romaine ainsi qu’un nymphée ; les murailles de la ville phénicienne ; les fortifications perses ; une maison traditionnelle libanaise du début du (la maison de Mousbah et Ousman Houssami)..

Le musée Mémoire du temps Le musée Mémoire du temps abrite une importante collection de fossiles remontant a 100 millions d'années.. Les plus beaux fossiles ont été achetés par le musée MIM de Beyrouth, où une salle est réservée à la collection paléontologique.

Relations internationales

Jumelage La ville de Byblos est jumelée avec les villes suivantes :

İzmir, Turquie Troie, Turquie Van, Turquie Tripoli, Grèce Sparte, Grèce Patras, Grèce Orange, France Bonifacio, France La Valette, Malte Cadix, Espagne

Galerie d'images

La ville

La côte maritime et le port

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Nina Jidéjian, Byblos à travers les âges, préface de Maurice Dunand (traduction de Byblos through the ages), Dar El Machreq Éditeurs, Beyrouth, 1968 Jean-Pierre Thiollet, Je m'appelle Byblos (préface de Guy Gay-Para), Éditions H & D, Paris, 2005. Josette Elayi, Byblos, cité sacrée (), Éditions Gabalda, Paris 2009 ; Histoire de la Phénicie, Éditions Perrin, Paris, 2013. Josette Elayi et Alain G. Elayi, A Monetary and Political History of the Phoenician City of Byblos, Éditions Eisenbrauns, Winona Lake, 2014. J. Elayi, Alain G. Elayi. « L' ordre de succession des derniers rois de Byblos ». Dans: Syria. Tome 70 fascicule 1-2, 1993.

Articles connexes Seigneurie du Gibelet Château de Gibelet (Château de Byblos) Diocèse de Byblos Abbaye Saint-Serge de Gibelet Famille Embriaco

Liens externes

« Byblos : archéologie du royaume des ombres », L'entretien archéologique, France Culture, 24 janvier 2025. Bases de données et dictionnaires

* Catégorie:Ville au Liban Catégorie:Cité phénicienne