Le , parfois appelée seulement Jikishinkage-ryū ou Kashima Shinden, est une école martiale japonaise traditionnelle (koryū) de kenjutsu (escrime au sabre). Il fut fondé au milieu du sur la base de styles d'escrime plus anciens et est l'un des quelques koryū toujours actifs à ce jour. .....

Le nom Kashima Shinden Jikishinkage-ryū peut se traduire par . L'école indique : ..

Histoire Le style du Kashima Shinden Jikishinkage-ryū dérive des styles de kenjutsu développés à la fin de la période Muromachi qui déborde sur le début de la période Sengoku, ou selon le calendrier occidental à la fin du ou début du au sanctuaire de Kashima par son fondateur, Naokatsu Bizen-no-Kami Matsumoto (, 1467–1524). Les ancêtres directs du Jikishinkage-ryū sont le Shinkage-ryū et le Aizu Kage-ryū .

Le Jikishin Kage-ryū Kenjutsu provient d'une école plus ancienne le Kage-ryū Kenjutsu. Cette école fut fondée par un samouraï nommé Iko Aizu en 1490, qui perfectionna, puis enseigna son style dans le Japon. Il existe des preuves qu'à partir de 1525, un autre samouraï, Nobutsuna Ise no Kami Kamiizumi (1508–1548), enseignait son propre style, une forme de Kage-ryū kenjutsu. Il l'appela Shinkage-ryū (école de la nouvelle ombre). Naokatsu Bizen no Kami Matsumoto, célèbre maître de cette école, fonda sa propre école, tout d'abord appelée Kashima Shinryū, puis Kashima Shinden Jiki Shinkage-ryū. Jikishin Kage-ryū signifie « l'école la plus récente de l'ombre ancienne » : ce nom indique les ancêtres de l'école et marque le respect envers les anciens maîtres. Ces écoles sont répandues à l'heure actuelle dans le monde entier. Il existe des variations de cette école telles que le Jikishin Kage-ryū, le Seito Shinkage-ryū,

Durant le , le Jiki Shinkage-ryū était l'une des écoles d'escrime au sabre de combat les plus populaires dans l'est du Japon, particulièrement dans la région d'Edo. Ainsi, le grand-maître (ou sōke () du style (dite aussi branche Fujikawa ha), Sakakibara Kenkichi ., était l'un des escrimeurs les plus connus de son époque et l'un des gardes du corps personnels du Shogun.. Kenkichi Sakakibara eut des centaines d'étudiants durant sa vie, nombre d'entre eux atteignant le « rang » de menkyo kaiden () et de shihan (), autorisés à transmettre l'entière tradition. Ainsi, Watatani et Yamada, dans Bugei ryuha daijiten, 155-156 (1978), indiquent qu'il y eut vingt successeurs détenteurs du menkyo kaiden. L'un des disciples les plus talentueux, Jirōkichi Yamada (), étudia également la branche Seito-ha (), ce qui signifie « lignée principale » du système ou de l'école traditionnelle. Les divisions du style en différentes branches semblent apparaître au cours du , conséquence directe de ce nombre important de successeurs.

D'autres pratiquants célèbres du style n'atteignirent pas les hauts grades du système et n'apparaissent donc pas cités comme successeurs. L'un des plus célèbres d'entre eux est sans doute Sōkaku Takeda, fondateur (ou restaurateur) du Daitō-ryū Aiki-jūjutsu. Des auteurs ont par ailleurs prétendu que certaines personnalités historiques telles que Gonnosuke Musō (qui n'apparait dans aucune lignée directe) appartenaient à la lignée de transmission du style, sans preuves.

+ Liste des représentants des lignées du Kashima Shinden Jikishinkage-ryū kenjutsu sur cinq siècles. sōke ryū (lignée) Seito-ha Hyakuren-kai Daihonzan Chozen-ji fondateur Kashima Shin(kage)ryū Matsumoto (Sugimoto) Bizen-no-Kami (, 1467–1524) Shinkage-ryū Kamiizumi Ise-no-Kami Nobutsuna (, 1508–1577) Okuyama Kyūkasai Taira no Kimishige (, 1528–1602) Shin Shinkage-ryū Ogasawara Genshinsai Minamoto no Nagaharu (, 1574–1644) Shinkage Jikishin-ryū Kamiya Denshinsai Sadamitsu (, 1582–1663) Jikishin Seitō-ichi-ryū Takahashi Danjōzaemon Shigeharu (, 1610–1690) Jikishinkage-ryūCertaines sources ( ou ) indiquent que Yamada Heizaemon, fondateur du style, serait mort vers 1578, soit quasiment un demi-siècle avant, et « sortent » le style de la lignée Kashima Shinden. Yamada Heizaemon Mitsunori (Ippūsai) (), 1638–1718) Naganuma Kunisato Shirozaemon (, 1688–1767) Naganuma Shirozaemon Fujiwara no Yorihito (, 1702–1772) Fujikawa Yashirō Uemon Fujiwara no Yorihito (, 1726–1798) Akaishi Chikayoshi (, 1749–1825) Dannō Gennoshin Yoshitaka (, 1761–1849) Odani Shimosa-no-kami Nobutomo (, 1798–1864) Sakakibara Kenkichi (, 1830–1894) Yamada Jirōkichi (, 1863–1930) Nomi Teijiro () Matsudaira Yasutoshi (, 1835–1880) Kawashima Takashi () - Ōmori Sōgen (, 1904–1994) Nomi Hamao Makita Shigekatsu (, 1849–1914) Ōnishi Hidetaka (, 1906–1966) Terayama Katsujo (1938–2007) Ishigaki Yasuzou () Suzuki Kimiyoshi (, 1934) Namiki Yasushi (, 1926–1999) grand-maître : [ dirigeant du Hyakuren kai]Hayakawa Kōichi () ? - - Itō Masayuki (, 1930–2001) grand-maître :[2 dirigeant du Hyakuren kai]Iwasa Masaru (, 1945) - - - Yoshida Hijime (, 1945) - - - - grand-maître ryū (lignée) Seito-ha Hyakuren-kai Daihonzan Chozen-ji Nomi-ha Shinbukan

Caractéristiques thumb|Dōjō au Kashima Shinden.Kashima, Préfecture d'Ibaraki, Japon.

Le style Jikishinkage-ryū possède de nombreuses différences avec le kendo moderne. On notera plus particulièrement un travail de déplacement et un travail de respiration différents.

Le unpō () est le travail de déplacement utilisé dans le Jikishinkage-ryū et peut se traduire par . Contrairement au suriashi du kendo moderne, les deux pieds restent fermement ancrés au sol en tout temps. Le kiai () ne consiste pas seulement en un cri, comme la plupart des arts martiaux, mais en la manière adaptée pour inspirer et obtenir un état d'esprit adapté. Cela est peut-être mieux reflété dans la respiration profonde et synchrone appelée Aum () avec un partenaire qui accompagne la majorité des mouvements.

Chaque kata () présente deux rôles distincts appelés uchidachi (), l'épée d'attaque ou de frappe, et shidachi (), l'épée agissante ou de réception. Certaines parties d'un kata sont identiques pour les deux rôles, comme le kamihanen () demi-cercle haut et le shimohanen () demi-cercle bas (appelés aussi johanen et gehanen). Ces techniques sont non conventionnelles () et caractéristiques du style. De manière basique, l'escrimeur dessine un demi-cercle (haut ou bas) avec sa main droite (tenant l'épée) et sa main gauche (libre). Il finit le mouvement avec ses bras étendus, l'épée pointant vers le haut et l'index de la main libre vers le bas. Ces mouvements peuvent être considérés comme une salutation et une forme de méditation, et sont habituellement exécutés au début et à la fin d'un kata ou d'une séance de suburi (). Ils représentent la totalité des choses du ciel et la totalité des choses de la terre, plaçant le pratiquant au centre de tout.

Tenue Le kenjutsu était pratiqué avec une tenue épaisse (keikoga) dans les anciens temps. Il était nécessaire pour la protection, bien que cela ne suffise parfois pas. Les entraînements sont bien moins dangereux aujourd'hui, les vêtements standard en kenjutsu sont des keikogi () et hakama () normaux. Préférentiellement, toutes les pièces sont de la même couleur en bleu foncé ou, lorsque quelqu'un dédie sa pratique aux kami (), en blanc. Afin d'éviter de le piétiner dans un déplacement en position basse, le hakama est légèrement tiré en pliant avec soin sous les brides liées autour de la taille à droite et à gauche des plis avant, avant que l'entraînement ne commence. Il est possible de porter un tabi () quand nécessaire.

Pour la pratique en extérieur, le jika-tabi () est porté. Comme l'uchidachi fait toujours face au soleil, ce rôle peut être vraiment handicapant, mais il n'est pas permis de porter des lunettes de soleil ou de chapeau. Cependant, en cas de froid extrême, le port du chapeau (sans visière) et d'autres vêtements protecteurs est permis. Dans le cas de fortes suées ou de cheveux longs, le port d'un tenugui () ou d'un hachimaki () est permis. On notera que le tabi ou jiki-tabi doit préférentiellement s'accorder avec la couleur du hakama.

Le port des bijoux est interdit, comme dans de nombreux arts martiaux. Cette règle est destinée à empêcher les blessures, à modérer les démonstrations d'égo et à éviter les distractions inutiles.

Certains pratiquants portent un aikidogi () ou un karategi (). Dans certains groupes, les débutants portent un obi () blanc, les intermédiaires un obi bleu et marron et les avancés un obi noir avec un hakama. D'autres pratiquent sans ceintures colorées.

Rangs Les niveaux suivants existent dans la lignée Seito-ha (ligne principale reconnue par le sanctuaire de Kashima).

rang niveau requis shomokuroku () - le disciple doit être compétent dans le Hōjō no kata. jomokuroku () - le disciple doit être compétent dans le Tō no kata. reikenden - le disciple doit être compétent dans le Kodachi no kata. kyuri-no-maki kyōshi () le disciple doit comprendre la nature profonde du Jikishinkage-ryū et être compétent dans le Habiki no kata. goku-i shihandai () le disciple est initié au Marubashi no kata. menkyo () shihan () le disciple doit maîtriser le système.

Au cours de son évolution, le disciple devrait montrer des compétences à la fois dans l'apprentissage et dans l'enseignement du système. Par conséquent, l'étudiant recevant le kyuri-no-maki est au niveau de kyoshi (assistant instructeur) ; l'étudiant recevant le goku-i est au niveau de shihandai (instructeur associé) et le récipiendaire du menkyo est au niveau de shihan (maître instructeur). Cependant, selon Yoshida Hijime (), grand-maître du Seito-ha, seul un shihan peut enseigner indépendamment du grand-maître. Une restriction qui n'est pas forcément suivie par les autres lignées.

Pour la lignée Shinbukan, ce qui suit s'applique :

rang ceinture couleur titre type kyū blanc - mudansha () kyū bleu - mudansha kyū marron reiken mudansha noir kirigami yūdansha () noir mokuroku () yūdansha noir menkyo yūdansha

Les disciples de plus haut rang de Kimiyoshi Suzuki sont des ceintures noires (mokuroku). Les examens pour les ceintures se tiennent une fois par an, dans un camp d'été. Un candidat ne peut passer qu'un examen par an.

Dans certains groupes, le hakama peut seulement être porté par ceux qui ont réussi l'examen du . Cela est dû à des raisons pratiques. L'une est que l'enseignant peut voir les positions de pieds des étudiants. Une autre raison est l'enseignant et les étudiants peuvent rapidement identifier qui appeler pour demander de l'aide. Dans les groupes plus traditionnels, tout le monde porte un hakama.

Kihon Les mouvements et la technique de base sont indiqués ci-dessous.

catégorie base autre te no uchi (手の内) saisie kamae () posture gedan no kamae () jōdan no kamae () chūdan no kamae () / seigan no kamae hassō no kamae () gyaku hassō waki gamae irimi seigan niō dachi chokuritsu seigan chokuritsu jodan chokuritsu gedan chokuritsu hassō ashi sabaki () travail de pieds unpō okuri ashi ayumi ashi tsugi ashi (migi, hidari) soroe ashi fumikomi ashi (migi, hidari) hiraki ashi (shomen, naname, soroe, ) kosa-ashi kirikaeshi seme-waza (attaque) shomen yokomen dogiri tsuki () kote kesakiri kiriage tsubamegaeshi ashikiri tai-atari ashi barai atemi (seiken tsuki, uraken uchi, ) keri (mawashi geri, mae geri, ) nage (kotegaeshi, ) uke-waza (protection) nagashi uke suriage ashidome otoshi uke harai uke kaeshi uke maki otoshi shin no uke nuki osae uke kiai « a » « um »

Kata traditionnels Les cinq kata classiques ou orthodoxes suivant sont les seuls pratiqués à l'heure actuelle au Japon et furent créés dans cet ordre à l'époque de Yamada Heizaemon Ippusai à la fin du , site officiel décrivant les cinq kata.. Au lieu de l'extension no kata, les formes du livre de Yamada ont l'extension no bu (), signifiant « section (de ce livre) ». Les étudiants de Kimiyoshi Suzuki de la lignée Shinbukan pratiquent également ces kata, en plus de ses kata propres préparant aux classiques.

Hōjō thumb|Hōjō no kata, printemps.