Pascal Lamour, né le à Vannes dans le Morbihan, est un producteur, compositeur, musicien breton et celtique surnommé l'« électro-shaman ». Locuteur du breton vannetais, il a toujours vécu à Theix où il s’investit en faveur de la culture régionale.

Il suit une longue carrière de pharmacien herboriste après son doctorat et sa thèse consacrée à la phytothérapie dans la presqu’île de Rhuys. La musique est depuis longtemps une passion, à laquelle il se consacre entièrement depuis l'année 2000. Il produit ses premiers albums sous son propre label, BNC Productions, et se fait réellement connaître dans le milieu musical vers 2005, en particulier grâce à l'album Shamans of Brittany qui fait découvrir ses fusions de musique bretonne, musique électronique et musiques du monde. Cette reconnaissance lui ouvre les portes de grandes rencontres comme le festival interceltique de Lorient et la nuit de la Saint-Patrick à Bercy. Depuis, il a produit une centaine d'albums et une douzaine d'artistes sous son label, dont le sonneur André Le Meut, le harpiste celtique Myrdhin, et le conteur vannetais Rémy Cochen.

Pascal Lamour est également un spécialiste de l'ésotérisme. Il est devenu druide au terme d'une longue initiation, et s'intéresse de près au chamanisme. La connaissance des plantes restant parmi ses spécialités, il a longtemps écrit sur ce thème dans la presse avant de devenir écrivain. Il réalise de 2010 à 2012 À la recherche de la mandragore et Le chant de la mandragore, un livre et un CD aux thèmes druidiques centré sur la forêt de Brocéliande, en collaboration avec l'illustrateur breton Bruno Brucéro. Après Druiz sortent L'herbier secret du druide, Un monde de musique bretonne, ou encore Dans les pas du Druide.

Biographie Décrit comme une « personnalité forte et indépendante », Pascal Lamour a toujours accordé une grande importance aux valeurs de la Bretagne. Il vit dans le bro gwened (pays vannetais) et parle le breton local, continuant à travailler et se produire à Vannes, Auray et Theix. Il apprend au fil du temps à pratiquer de très nombreux instruments, dont le biniou, le piano, la programmation, la flûte, l'harmonica, la guitare (acoustique et électrique), et les percussions. Il se montre d'ailleurs multi-instrumentiste sur chacun de ses albums. Il s'est constitué peu à peu un véritable cercle d'amis et a collaboré avec de très nombreux artistes, entre autres Roland Becker, Christophe Miossec, Myrdhin, le bagad Roñsed-Mor, Anne Vanderlove, Bruno Green, Mellano, Louise Ebrel ou encore La Tordue.

Enfance et adolescence (1958-1976) Fils d'un couple d'agriculteurs de Theix, né à Vannes, Pascal Lamour est confié à ses grands-parents à l'âge de cinq ans. Ils . Son grand-père est un vétérinaire traditionnel qui soigne les animaux de son quartier avec des plantes et des manipulations musculaires, mais aussi un sonneur de bombarde et un joueur d'accordéon qui l'initie à la musique, ce qui explique pourquoi Pascal Lamour est influencé tant par la musique que par le milieu des guérisseurs. Sa mère pratique le chant, le répertoire de ses parents est très éclectique, tant en chants bretons qu'en populaire parisien.

Il écrit dans des carnets de chansons et écoute la radio, notamment du rock, du reggae et du funk. Il en garde un bon souvenir, ainsi que du magnétophone qu'il reçoit de ses parents vers l'âge de dix ans, ce qui lui permet d'enregistrer les chants durant ses repas de famille. À la même époque, il dit avoir rêvé d'être musicien, aussi lui offrent-ils une flûte. Pascal est formé à la bombarde avec son grand-père et pratique le chant depuis l'âge de dix ans. Durant l'adolescence, il rejoint le cercle celtique d'Elven, puis celui de Theix au sein desquels il apprend la danse traditionnelle bretonne. Élève chez les frères de La Mennais à Ploërmel où les distractions sont rares, il regarde par hasard un concert d'Alan Stivell à la télévision. Il découvre alors le renouveau de la langue, la musique et la danse bretonne, en vogue à l'époque. Il convainc ses parents d'aller assister au concert d'Alan Stivell à Colpo (56) en 1973, qui, fiers de leur culture comme il le fut, l'autorisent à acheter d'un biniou kozh : pages 136-137, courriel du 30 décembre 2011 en conclusion du chapitre 3 "La vague"..

Période étudiante et travaux universitaires (1977-1983)

Pascal Lamour se tourne vers la médecine traditionnelle, avec ses grands-parents et dans des livres. Après un baccalauréat scientifique décroché à Ploërmel, il décide de devenir pharmacien. De son propre avis, il « se détourne de la terre » car non seulement il déteste l'utilisation du tracteur, mais en plus, le remembrement et la mise en place de l'agriculture intensive poussent ses parents à ouvrir une chambre d'hôtes puis à lui conseiller de suivre de longues études. En 1977, il perd l'usage d'un doigt et est blessé au visage à la suite d'un grave accident de voiture, ce qui remet en cause ses projets de devenir commerçant et musicien. Soutenu par sa famille, il se met à l'accordéon diatonique, et retrouve peu à peu l'usage de son doigt. De son propre avis, cette épreuve le pousse à « devenir adulte » et le motive encore davantage à suivre une carrière de pharmacien et de musicien.

Cette carrière musicale débute en 1965 puisque de seize à vingt-deux ans, il sonne en couple avec le talabarder Charles Bertho. Il participe à ses premiers festoù-noz, festivals européens et groupes traditionnels à partir de 1970. Lors d'une fête à Lauzach, c'est avec un côté très spontané qu'il anime son premier fest-noz : on lui demande de monter sur un podium avec un compère et il sonne ainsi avec Charles Bertho. Il se produit alors sur différents concours partout en Bretagne. Il expérimente différents styles de musiques (notamment du reggae-funk) et instruments (de la guitare) grâce à ses rencontres en cité universitaire. En 1979, il fonde le groupe de funk Marie Patch en tant que guitariste, avec des amis étudiants dont le batteur Alain CouzigouPïerre Henri « Le Patchwork de Marie Patch » dans L’Événement , 15-22 juillet 1983.. Dès lors, Pascal mène les deux expériences, urbaines et rurales, les deux carrières de front : la scène rock rennaise avec les étudiants et l'activité de sonneur de couple le week-end lorsqu'il rentre chez les siens.

En 1980, il devient le multi-instrumentiste de la chanteuse Lydie Le Gall. Il rencontre son plus ancien complice en musique, le percussionniste Mourad Aït Abdelmalek, avec lequel il remporte le Kan ar Bobl en 1985 en catégorie « recherche musicale », et fonde le groupe Alpho en 1982, pour jouer du « breizh-jazz ». Rejoint par Luc Le Brun, le groupe tourne jusqu'en 1986. Il rencontre par hasard le chanteur Castelhemis qui habite Treffléan et découvre avec enthousiasme sa technique de création de chanson à l'aide d'un Atari. Dès lors, en 1982, il commence ses recherches sur des séquenceurs et ordinateurs du même type, en évoluant progressivement, tout en continuant de sonner de la musique vannetaise, avec Gwenaël Denis et Marco Paulo.

En parallèle, sa formation universitaire se poursuit dans la faculté de pharmacie de l'université de Rennes 1, il y est alors l'un des seuls fils d'agriculteurs. Il rédige sa thèse sur la phytothérapie dans la presqu’île de Rhuys entièrement en breton, et la termine en 1983. L'année suivante, elle est publiée à quelques exemplaires sous le titre La Médecine populaire à Sarzeau : histoire des plantes dans la presqu'île de Rhuys. La rareté de cet ouvrage en fait désormais un « collector »..

Carrière de pharmacien et premiers métissages musicaux (1984-1990) Un professionnel de Sarzeau l'embauche une fois son diplôme obtenu, puis il ouvre sa propre pharmacie spécialisée en phytothérapie à Vannes, en 1986, travaillant avec des guérisseurs qui y viennent trouver des plantes rares. En 1984, il complète sa formation musicale par l'apprentissage du saxophone à l'École nationale de musique de Vannes, et achète son premier ordinateur.

Il mélange la musique électronique à la musique bretonne et aux textes en breton dès 1986. D'après la revue Ethnotempos, Stone Age, Denez Prigent et Kohann ont eu les faveurs des médias concernant ce métissage « électro-breizh », tandis que Pascal Lamour a « injustement subi l’amnésie ou l’ignorance de ces mêmes médias », bien que ses formations soient « initiatrices du genre » dès la fin des années 1980.. Dans son tout premier disque, un 45 tours sorti en 1988, Pascal Lamour pose ses compositions électroniques sur deux textes de Youenn Gwernig..

Les années Arkàn et la naissance de BNC Productions (1990-2000) thumb|upright=0.7|Logo de BNC Productions. Dans les années 1990, Pascal Lamour poursuit ses recherches sur les métissages musicaux. En plus de ses albums en solo et de ses productions avec Arkàn, il sort deux clips et un CD-ROM. Il travaille sur l’ouverture à d'autres cultures musicales et l'éclectisme, tout en gardant le fond musical breton. Il est considéré comme l'initiateur de la « world-fusion celtique ».

Création de BNC Productions et albums en solo L'album Lamour sort en 1991. Mal distribué et peu reconnu malgré un court passage chez Wagram, Pascal choisit l’autoproduction et le circuit underground. Son propre studio et son label, BNC Productions (pour « Bénéfice Non Commercial »), voient le jour à Theix en 1994. Il y enregistre et mixe ses albums et ceux des artistes qu'il produit. Il le développe mais reste méconnu jusque vers 1995-1996. Parallèlement, il mixe, enregistre et travaille par ordinateur sur les sons de Sanzao. Les albums sous son nom propre, Continentales (1994-1995, produit par Yves-André Lefeuvre) et Sanzao (1999), mélangent la musique traditionnelle bretonne à des sonorités indiennes et iraniennes, et à la musique électronique.

Rave-noz Le groupe Arkàn, créé en 1995 à Rennes dans un style très ethnique avec le percussionniste Mourad Aït Abdelmalek, le multi-instrumentiste Éric Trochu et François Posseme, lui vaut une certaine reconnaissance. Le premier album du groupe, , sort en 1997 après une démo nommée Rave-noz, en coproduction BNC Productions et Diogène production. Le groupe Arkàn développe en effet un concept visant à combler les amateurs de festòu-noz et de rave party, sous l'impulsion de Jacques Abalain et de Diogène production. La première rave-noz est organisée au parc de la Penfeld à Brest, en . L'originalité d'Arkan provient du côté dansant. L'année suivante, le groupe se produit à Lorient, Brest et Rennes.

Percée sur la scène musicale bretonne (2000-2005)

L'année 2000 marque un tournant dans sa carrière puisqu'il ressent un besoin de changement et vend sa pharmacie quatorze ans après l'avoir créée, afin de se consacrer totalement à la musique. Il possède déjà son studio et son label. Si son métier de pharmacien lui a plu, permettant de nombreuses rencontres et un perfectionnement dans la connaissance des plantes, il n'a jamais regretté d'y avoir mis fin. Avec Arkàn, Pascal Lamour est présent au festival de Cornouaille et aux Vieilles Charrues de Carhaix en 2000. Un nouvel album du groupe, (« chant à danser à travers la maison »), sort en 2002 chez BNC Productions. La musique ethnique y côtoie des musiques électroniques et celtiques avec chants en anglais, breton et sanskrit.

(2004) Dans Er Miloér, Pascal Lamour affirme un style qu'il nomme « kan-dub », soit un mélange de chant breton avec du reggae et du trip hop. Cet album de 20 minutes possède une dimension philosophique puisqu'il a pour thème le miroir (miloér), il parle des légendes bretonnes non sans s'ouvrir à d'autres cultures, en particulier avec les chants d'enfants tibétains dans Internoz.

(2004)