L'Hôtel de Chapelaines est un hôtel particulier du situé à Troyes, en France. Il est partiellement inscrit au titre des monuments historiques depuis 1926.
Localisation Il est situé au 55, rue Turenne, dans la commune de Troyes, dans le département de l'Aube.
Historique Le terrain Le terrain était occupé depuis le par des bouchers, des teinturiers et des drapiers, et appartenait pour partie à l'abbaye de Clairvaux et pour partie à l'abbaye Notre-Dame des Prés. Un égout longeait le mur du futur hôtel en marque la limite sud. Un bâtiment appelé « maison de Clairvaux » aurait existé là, dès la fin du , sur le côté est de la rue de Croncels - voie menant vers le bourg de Croncels, à l'extérieur des murs de la ville. La porte de Croncels (une des portes de la ville) se trouve à une centaine de mètres, au sud..
En 1470, l'abbaye de Clairvaux loue par bail emphytéotique ses terrains à Pierre Largentier, teinturier de draps et membre de la noblesse marchande, ainsi qu'à sa femme Gilette Festuot. Trois ans plus tard, en 1473, le couple acquiert, également à bail emphytéotique, de l'abbaye de Notre-Dame des Prés un terrain avec un jardin et une maison dont la façade donnait sur la rue du Gros-Raisin. La location de ces biens passe en 1487 au fils du couple, Nicolas Largentier (II), également teinturier de draps, et à sa femme Babelette (Élisabeth) Le Tartier.
L'hôtel des Largentier L'incendie de Troyes, en 1524 entraîne la conversion des baux en une vente à titre perpétuel. Nicolas Largentier (II) fait construire l'hôtel en pierre au de la rue Turenne.
En 1535, cet hôtel est appelé « Grand hôtel de Clairvaux » , et son propriétaire est Nicolas Largentier (V), petit-fils du précédent et époux de Simonette Maillet. Il prend vis-à-vis de l'abbaye de Clairvaux l'engagement de parachever les travaux, . Le gros œuvre est vraisemblablement terminé en 1536.
À la mort de Nicolas Largentier (V) et de sa femme, la propriété passe à l'un de leurs enfants, Nicolas Largentier (VI) (†1610) et sa femme Marie Le Mairat (†1628). Pendant les guerres de religion, il quitte sa femme, son commerce et sa maison pour servir le roi Henri IV contre la Ligue. Sa maison est pillée en 1586 par les corps de métiers qui protestent contre les impôts sur leurs métiers.. Après la fin des hostilités, le roi le dédommage par un don de livres en assignations. Il devient seigneur de Vaucemin, baron de Chapelaines, seigneur de Vassimont et Haussimont, de Vaurefroy, de Lenharée en partie, de Vauchassis et Thennelières en partie, vicomte de Neufchâtel-sur-Aisne, seigneur de Ternon et de Léguillon, et seul adjudicataire des fermes de France, s'enrichissant considérablement . Il achète en 1597 de Catherine de Clèves, duchesse de Guise, la terre de Chapelaines à Vassimont dans la Marne., et y fait construire un vaste château. La maison de la rue Turenne prend alors le nom de Chapelaines.
thumb|L'hôtel en 1889,par Charles Fichot.
Après les Largentier À la mort de Marie Le Mairat en 1628, l'hôtel passe à l'un de leurs fils, Louis Largentier (1581-1639), qui se lance dans des recherches d'alchimie, dissipe sa fortune, et fait exploser le château de Chapelaine.
À sa mort en 1639, l'hôtel est saisi par ses créanciers et vendu pour francs à Louis de la Fertey, achetant pour le compte de l'épicier de Troyes, Sorel. Le , Louis Largentier, en tant que légataire universel de ses parents, vend l'hôtel des Chapelaines à Paris, rue Beaubourg. Il revient ensuite par héritage à sa nièce Edmée Denise, épouse de Louis de La Fertey. Pendant son veuvage, elle le vend à M. Rapault, mais François Camusat de Riancey exerce son droit de retrait lignager et l'achète le . La maison passe alors à ses héritiers, Jean Camusat de Riancey et Marie-Claude Camusat, épouse de François-Joseph de Loynes de la Potinière (1704-1762.), auditeur des comptes à Paris.
En 1774, Marie-Claude Camusat, veuve, habite l'hôtel, connu alors sous le nom d'hôtel de Loynes. Sa fille ou petite-fille, Élisabeth-Louise de Loynes, épouse de Victor Paillot, maire de Troyes (1800-1803) et député de l'Aube (1815-1820), hérite de l'hôtel. Elle y accueille l'empereur d'Autriche le . L'hôtel passe ensuite à son fils, Jacques-Eugène Paillot-Lemuet (†1860), secrétaire général de la préfecture de l'Aube. Lors de la transformation de la grande pièce principale en appartements avant 1853., la cheminée est déménagée au musée Saint-Loup, section Arts décoratifs (sculpture, salle).. En 1889, l'hôtel appartient à la descendance de Jacques-Eugène Paillot.
Visiteurs célèbres
Le roi Louis XIII, en chemin vers le Dauphiné pour y secourir le duc Charles de Mantoue (guerre de succession de Mantoue), est reçu dans le château, le , par Louis Largentier et sa femme Marguerite d'Aloigny. Il y reste jusqu'au . Son choix a une dimension politique : Louis Largentier est son bailli et le roi réaffirme ainsi la préséance de son officier sur les autres corps de la ville..
L'empereur François d'Autriche y loge le , pendant l'invasion de la France (fin à ) par la sixième coalition contre Napoléon. Dans cette maison de Troyes, l'empereur d'Autriche (beau-père de Napoléon depuis 1810 par sa fille Marie-Louise) tient une conférence avec le roi de Prusse Frédéric Guillaume III et le tsar Alexandre de Russie.
Architecture
La façade possède de nombreuses fenêtres sculptées et une balustrade de style Renaissance. Morel-Payen la decrit :
Fichot donne une description plus détaillée, y compris de la belle cheminée datant de 1541.
Protection
La façade sur rue et la couverture sont inscrites aux monuments historiques depuis le ..
Notes et références Notes
Références
Bibliographie . .
Catégorie:Monument historique à Troyes Catégorie:Monument historique inscrit en 1926 Chapelain Chapelaines