thumb|upright=1.5|L'entrée des munitions de l'ouvrage du Galgenberg (en Lorraine) en 2004, une des deux entrées de l'ouvrage. thumb|upright=1.5|Le bloc 1 de l'ouvrage de Rimplas (dans les Alpes), armé avec deux mortiers de et deux jumelages de mitrailleuses. thumb|upright=1.5|Les cuisines de la caserne souterraine de l'ouvrage de Schœnenbourg (en Alsace) en 2006. Un ouvrage de la ligne Maginot est une construction militaire ayant pour but de protéger une portion de la ligne Maginot.

Un ouvrage désigne au sens large n'importe quel élément (casemate, blockhaus, abri, fossé, digne, etc.) composant ladite ligne ; mais au sens précis du terme, un « ouvrage » est synonyme d'un fort, soit une grosse fortification autonome. Ces ouvrages sont composés d'un ensemble de blocs en surface, reliés le plus souvent entre eux par des galeries profondément enterrées, avec des œuvres vives souterraines communes (magasins, casernement, usines, etc.).

Ces constructions ont été mises en chantier au début des années 1930, ont servi pendant la Seconde Guerre mondiale, ont été réutilisées pendant la guerre froide avant d'être progressivement abandonnées par l'armée française.

Description Le terme utilisé dans les documents militaires dès les premiers chantiers est celui d'« ouvrage »Extrait du procès-verbal de la de la CORF le 24 avril 1929 : . Source : ., mais le terme de « fort » est dans quelques cas employés, d'abord dans plusieurs projets des années 1920, ensuite encore aujourd'hui localement (par exemple le « fort Casso » est le surnom de l'ouvrage de Rohrbach.).

Dans le cas unique de l'ouvrage du Hochwald, un troisième terme est employé étant donné ses dimensions (onze blocs de combat, neuf casemates de fossé, un bloc-observatoire et trois entrées, sans compter le réduit) : celui d' « ensemble », officiellement subdivisé en deux ouvrages (Hochwald Ouest et Hochwald Est) avec chacun leur propre caserne, usine et entrée des hommes..

Types d'ouvrages Un ouvrage s'organise autour de son armement et de sa mission, ainsi, suivant les rôles attribués, on retrouve différentes tailles d'ouvrages et différents éléments. De plus, l'adaptation au terrain est également prépondérante dans l'organisation générale de ces ensembles fortifiés.

Dans le système des régions fortifiées, la ligne fortifiée, appelée « ligne principale de résistance », est composée de plusieurs ouvrages entre lesquels la continuité du barrage est assurée par des casemates d'intervalle. Bien que les ouvrages aient été triés en cinq classes dans les années 1930, l'usage est de les répartir en deux grands types d'ouvrages : d'une part les « gros ouvrages » (GO), disposant de nombreux blocs avec un armement comprenant de l'artillerie (canons, obusiers et mortiers), d'autre part les « petits ouvrages » (PO), allant du monobloc jusqu'à six blocs armés presque uniquement avec des armes d'infanterie (mitrailleuses, lance-grenades et fusils-mitrailleurs). Les gros ouvrages doivent couvrir toute la ligne en flanquement avec leur artillerie sous casemates et fournir une action frontale grâce à leur artillerie sous tourelles, tandis que les petits ouvrages soutiennent les casemates d'intervalle grâce à leurs tourelles de mitrailleuses.

Officiellement, il y a cinq catégories d'ouvrages selon leur importance, auxquels on peut rajouter les avant-postes des Alpes : + Classement des ouvrages du Nord-Est selon leur taille. Classes d'ouvrages Taille (nombre de blocs) Armements Équipages Ouvragesgros ouvrages(19 à )artillerie et infanteriede à Fermont, Latiremont, Bréhain, Rochonvillers, Molvange, Soetrich, Métrich, Hackenberg, Anzeling, Simserhof, Schiesseck, Hochwald et Schœnenbourggros ouvrages(9 à )artillerie et infanteriede 600 à Chesnois, Vélosnes, Kobenbusch, Galgenberg, Billig, Mont-des-Welsches, Michelsberg et Four-à-Chauxpetits ouvrages(7 à )artillerie et infanteriede 250 à Immerhof, Bovenberg, Annexe Sud de Coume, Laudrefang, Otterbiel et Grand-Hohékirkelpetits ouvrages(4 à )infanteriede 200 à Eth, Les Sarts, Bersillies, La Salmagne, Boussois, Thonnelle, Ferme-Chappy, Mauvais-Bois, Aumetz, Hobling, Bousse, Denting, Village-de-Coume, Mottenberg, Kerfent, Bambesch, Teting, Haut-Poirier, Welschoff, Rohrbach et Lembachpetits ouvrages(2 blocs ou monoblocs)infanteriede 130 à La Ferté, Bois-du-Four, Bois-Karre, Oberheid, Sentzich, Coucou, Berenbach, Annexe Nord de Coume, Coume et Einseling + Classement des ouvrages du Sud-Est selon leur taille. Classes d'ouvrages Taille (nombre de blocs) Armements Équipages Ouvragesgros ouvrages(7 à 4 blocs)artillerie et infanteriede 373 à Roche-la-Croix, Monte-Grosso, Agaisen et Mont-AgelL'ouvrage du Mont-Agel est rétrogradé en le .gros ouvrages(8 à 3 blocs)artillerie et infanteriede 344 à Saint-Antoine, Sapey, Lavoir, Janus, Saint-Ours Haut, Rimplas, Gordolon, Flaut, Saint-Roch, Barbonnet, Castillon, Sainte-Agnès, Roquebrune et Cap-Martinpetits ouvrages(5 à 3 blocs)artillerie et infanteriede 177 à Saint-Gobain et Col-de-Brouispetits ouvrages(3 blocs à monobloc)infanteriede 36 à Saint-Ours Bas, Fressinéa et ValdebloreNon classés.(pas terminés)tailles diverses (de 6 blocs à monobloc)artillerie et infanteriede 298 à Châtelard, Cave-à-Canon, Pas-du-Roc, Arrondaz, Col-de-Buffère, Col-de-Granon, Gondran E, Les Aittes, Restefond, Plate-Lombarde, Granges-Communes, Col-de-la-Moutière, Baisse-de-Saint-Véran et Plan-CavalAbris actifspetits ouvrages(3 à 2 blocs)infanterie54 à Col-de-Restefond, Col-de-Crous, Col-de-la-Valette, La Séréna, Caïre-Gros, Col-du-Fort, La Béole, La Déa, Col-d'Agnon, Champ-de-Tir-de-l'Agaisen, Col-des-Banquettes, Col-de-Garde et Croupe-du-RéservoirAvant-postesde 7 à 3 blocsinfanteriede 56 à 20 hommesSéloges, Le Planay, Haricot de Villaroger, La Vanoise, Les Revêts, Le Fréjus, La Roue, Vallée-Étroite, Les Rochilles, Chenaillet, Larche, Col-des-Fourches, Le Pra, Saint-Delmas-le-Selvage, Isola, Valabres Nord, Valabres Sud, Conchetas, Castel-Vieil, Le Planet, Col-de-Raus, La Croix-de-Cougoule, Castes-Ruines, Baisse-de-Scuvion, Pierre-Pointue, La Péna, La Colleta et Collet-du-Pilon

Petits ouvrages

Les 57 petits ouvrages (« », appelés aussi « ouvrage d'infanterie », ils sont 36 dans le Nord-Est et 21 dans le Sud-Est) correspondent aux classes 3, 4 et 5, ils comptent de six blocs à un seul (monobloc), abritent principalement des armes d’infanterie, complétées dans plusieurs cas par des mortiers de 81 mm — ce qui leur vaut parfois l’appellation de « petits ouvrages d’artillerie » ou « ouvrages mixtes ». Dans le Nord-Est, ces ouvrages assurent la continuité des feux de mitrailleuses et de canon antichar le long de la ligne de résistance grâce à des créneaux tirant en flanquement de part et d'autre de l'ouvrage, rajoutant en plus grâce à une tourelle pour deux mitrailleuses une action frontale ou sur les arrières. Les projets de la CORF prévoyaient aussi de les équiper chacun avec une tourelle pour deux mortiers de , tourelles qui furent ajournées pour faire des économies (elles n'ont été installées qu'aux ouvrages de l'Immerhof et de l'Otterbiel). Quant aux petits ouvrages du Sud-Est (Alpes), leur mission n'est pas d'assurer un flanquement (rendu impossible par le relief), mais d'interdire une vallée ou un col.

Il existe trois catégories de petits ouvrages : ceux prévus comme tels, ceux qui ne sont que des ouvrages d'artillerie inachevés et ceux qui sont des « abris actifs ». Les ouvrages monoblocs sont des cas un peu à part, cumulant deux chambres de tir et la tourelle pour mitrailleuses dans un seul gros bloc (au lieu de trois) pour des raisons d'adaptation au terrain. Les petits ouvrages d'infanterie prévus comme tels sont les ouvrages de Bersillies, de La Salmagne, de La Ferté, de la Ferme-Chappy, de l'Immerhof (mixte), du Bois-Karre (monobloc), de l'Oberheid, de Sentzich (monobloc), du Coucou (un observatoire non construit), de Hobling (entrée non construite), de Bousse, de Berenbach, du Bovenberg, de Denting, du Village-de-Coume, Annexe Nord de Coume (monobloc), Annexe Sud de Coume (entrée non construite), du Bambesch (entrée non construite), de l'Einseling (monobloc), de Teting (entrée non construite), du Welschof (entrée non construite), de Lembach (entrées non construites), du Châtelard, de la Cave-à-Canon, d'Arrondaz, du Col-de-Buffère, du Gondran E, des Aittes, Saint-Ours Bas (monobloc), du Col-de-la-Moutière, de Fressinéa, de Valdeblore, de la Baisse-de-Saint-Véran et du Col-de-Brouis.

Les petits ouvrages qui sont des ouvrages d'artillerie inachevés pour des raisons budgétaires (les blocs d'artillerie et d'entrées sont repoussés en second cycle, jamais financé) sont les ouvrages d'Eth, des Sarts, de Boussois, de Thonnelle, du Mauvais-Bois, du Bois-du-Four (monobloc), d'Aumetz, de Coume, du Mottenberg, du Kerfent, de Laudrefang, du Haut-Poirier, de Rohrbach et de l'Otterbiel (mixte).

Se rajoutent à la liste des petits ouvrages les abris actifs du Sud-Est, qui sont de simples abris-cavernes sur lesquels a été greffé une casemate d'infanterie ou un observatoire d'artillerie.

Gros ouvrages

Les 40 gros ouvrages (« », appelés aussi « ouvrage d'artillerie », ils sont 22 dans le Nord-Est et 18 dans le Sud-Est) correspondent aux classes 1, 2 et 3. Ils comptent de dix-neuf à cinq blocs, ces derniers abritant de l'artillerie ou des armes d'infanterie (souvent une association des deux). Ces ouvrages doivent assurer le flanquement de la ligne de résistance à partir de leurs casemates et de leurs différentes tourelles (ces dernières peuvent en plus agir frontalement et sur les arrières).

Les gros ouvrages se divisent en trois catégories, selon leurs dimensions. Les plus vastes d’entre eux, appelés « ensembles », sont même subdivisés en deux éléments — demi-forts, demi-ouvrages ou ailes —, reliés par des galeries formant une arborescence en Y. C’est le cas des ouvrages du Hackenberg, du Simserhof et du Hochwald.

La deuxième catégorie regroupe des ouvrages dont les différents organes sont reliés par une galerie unique et longue. On retrouve cette configuration dans les ouvrages du Chesnois, de Fermont, de Latiremont, de Bréhain, de Rochonvillers, de Molvange, de Soetrich, du Kobenbusch, de Métrich, du Billig, du Michelsberg, d’Anzeling, du Schiesseck et de Schœnenbourg.

Enfin, la troisième catégorie concerne des ouvrages plus compacts, implantés sur des reliefs — collines dans le Nord-Est ou escarpements dans le Sud-Est. Leur configuration concentrée ne nécessite qu’une galerie courte, dépourvue de voie ferrée de 60 cm. Cette disposition caractérise les ouvrages de Vélosnes, du Galgenberg, du Mont-des-Welches, du Grand-Hohékirkel, du Four-à-Chaux, de Saint-Antoine, du Sapey, du Lavoir, du Janus, de Roche-la-Croix, de Saint-Ours Haut, de Rimplas, de Gordolon, de Flaut, du Monte-Grosso, de l’Agaisen, de Saint-Roch, du Barbonnet, de Castillon, de Sainte-Agnès, du Mont-Agel, de Roquebrune et du Cap-Martin.

Avant-postes alpins Dans les Alpes, les 29 avant-postes () sont de véritables ouvrages, composés de plusieurs petits blocs reliés entre eux par des galeries souterraines. Les différences avec les autres ouvrages sont d'abord leurs dimensions plus modestes, ensuite qu'ils ont des blocs plus légers et moins armés (uniquement des armes d'infanterie), que leurs plans ont été établis par les et régions militaires et non par la CORF et qu'ils ont été construits par la main-d'œuvre militaire (MOM).

Ces avant-postes sont placés au plus près de la frontière franco-italienne, en avant de la ligne principale de résistance composée des ouvrages , comme avec l'avant-poste du Collet-du-Pilon. L'avant-poste de Pont-Saint-Louis est à part, car se limitant à une simple casemate défendant un barrage routier.

Composants Bien qu'il y ait eu une évolution dans la construction des ouvrages de la ligne Maginot, tous sont organisés au moyen de trois composantes : l'entrée pour les hommes et munitions (ou deux entrées distinctes) ;