L'église Notre-Dame est une église située en France sur la commune de Brissarthe, dans le département de Maine-et-Loire en région Pays de la Loire.
Elle fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le .
Localisation L'église est située dans le département français de Maine-et-Loire, sur la commune déléguée de Brissarthe. Brissarthe fait partie de la commune Les Hauts d'Anjou.
Description Une église romane thumb|left| Plan de l'église de Brissarthe au solNotre Dame de Brissarthe est de pur style roman. Selon Jacques Mallet, spécialiste de l'Art Roman en Anjou, elle reste proche, par l'austérité de sa construction et ses proportions, des modèles de la première moitié du .
Cependant, elle semble ne pas avoir été construite sur les critères classique régissant les plans de masse de ces édifices. En effet, à Brissarthe, le bras de transept droit n'existe pas, et le clocher a été reconstruit au sur les quatre piliers d'angle du bras gauche du transept. À la place du bras de transept droit a été érigé un magnifique presbytère ().
Archives On ne trouve aucun texte sur la construction initiale de l'église. Partant, il est difficile d'en dater la construction de façon exacte. Mais, Notre Dame de Brissarthe est citée dans le cartulaire de l'abbaye Saint-Serge d'Angers. On y trouve sa donation par un certain Guischard CHARPI, en 1162, de tout de que son père et lui tenaient à Brissarthe. A cette date est créé un prieuré qui subsistera dans cette commune jusqu'à la révolution de 1789.
Les Du Guesclin à Brissarthe
L'histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France indique en 1730 que: "On voyait encore les armes de Du Guesclin dans l'église de cette paroisse en l'an 1687, peintes aux 4 piliers du chœur qui soutenaient la voute et le clocher mais, cette voute étant tombée en 1688 ces armes furent détruites en la rétablissant.
Cela concernait Olivier du Guesclin, seigneur de Vauruzé qui avait suivi le parti de Charles de Blois contre Jean de Montfort dans les guerres de Bretagne. Ce dernier étant devenu vainqueur Olivier Du Guesclin quitta le pays pour s'établir en Anjou dont le duc était gendre de Charles de Blois et il fixa sa demeure à la Morelière qui appartenait à sa femme en la paroisse de Brissarthe.
L'église primitive Il y eut, sans doute en ce même lieu, une église primitive, en pierres, mentionnée par Réginon de Prüm dans le récit qu'il fit de la bataille de Brissarthe, en 866. Robert le Fort, duc d'Anjou, tendit une embuscade à un parti de Bretons et de Normands revenant d'un pillage du Mans. Il ne peut s'agir du bâtiment actuel mais, certaines pierres sculptées, situées au-dessus de l'arc principal, proviennent certainement de cette église primitive. Voir, plus loin, le résumé de cette rencontre sanglante et en fin de l'article, les récits de la bataille retrouvés dans des textes du Moyen Âge.
La nef et la croisée de transept thumb|left|Mur Nord de la nef et travée de bancs gauche thumb|Une des trois ouvertures étroites du mur sud de la nef Dans la croisée du transept, certaines pierres semblent des réemplois de débris de sarcophages mérovingiens. Les arcs sont à double rouleau et fourrés à l'emplecton.
La grande nef (9,20 m de large, 24,20 m de long) est impressionnante. Le mur sud est renforcé de contreforts. Il subsiste trois petites fenêtres (0,90 m sur 0,30 m environ) ébrasées vers l'intérieur. À arcs fourrés et claveaux étroits elles semblent d'origine () (Voir photo ci-contre) contrairement à un grand vitrail plus récent. Entre ces fenêtres étroites et évasées, pouvant servir à la défense, et le grand vitrail situé plus avant dans la nef, on peut placer la guerre de Cent Ans. En effet, la période plus calme qui suivit cette guerre s'avéra plus propice à des ouvertures favorisant la lumière. Ce mur comporte également une porte, murée à une époque inconnue. Elle correspond à cette tradition qui voulait que, dans certaines églises romanes, une porte latérale soit utilisée pour sortir le corps des défunts, après la cérémonie funéraire. (Porte des morts ou du Paradis). vignette|185x185px|Blason Le mur nord comporte six arcades murées. La clé de voûte en est légèrement brisée, ce qui pourrait indiquer une construction plus récente. Aucun texte ne donne la raison de la présence de ces arcades. On peut supposer qu'il existait une galerie latérale, à une époque inconnue, débouchant dans le bras gauche du transept. On distingue nettement sur ce mur une litre qui est agrémentée de deux blasons très intéressants puisqu'ils semblent comporter une croix pattée identique à celles qui figurent sur les blasons des templiers.
La façade thumb|upright=0.5|Portail de l'église thumb|left|La façade de l'église avec ses quatre contreforts massifs La façade est du . Elle est soutenue par quatre contreforts massifs. Ils ne sont pas liaisonnés avec les murs ce qui indique qu’ils ont sans doute été construits après coup. En haut des contreforts, le glacis se termine sur un bandeau très élégant. Les teintes différentes des pierres sont le signe qu’elles ne provenaient pas d'une unique carrière mais étaient apportées par les habitants de la région, pendant la construction, au hasard des découvertes. Il y a également des pierres de réemploi, provenant de sarcophages mérovingiens extraits autour de la bâtisse. Le portail est à double rouleaux. Son arc de décharge est d’origine, contrairement au reste du portail, restauré. La présence d'un mélange de lignes arrondies et de lignes droites indique un style romano-grec.
Le mur nord de l'église et le tripot (Extérieur gauche) thumb|right|upright=2|Le Tripot en 1911thumb|left|Extérieur du mur nord de la nef. Deux des six arcades murées qui devaient donner accès à une galerie aujourd'hui disparueÀ gauche de la nef, se situe ce qu’on appelait « Le tripot » car, vers 1900 on y trouvait une baraque en bois qui servait de buvette. Certains paroissiens et riverains se plaignaient du bruit et des odeurs occasionnés par cette utilisation de l'espace. Auparavant, devait exister en cet endroit, un cimetière pour les enfants non baptisés. Le clocher a été reconstruit, vers 1730, au-dessus du bras gauche du transept de l’église. On aperçoit, dans le mur nord (gauche)de la nef, six arcades voutées, murés. On ne sait pas si elles ont été ouvertes. Tout ce qu’on peut dire c’est que la qualité des « intrados » (Dessous des claveaux) indique qu’elles étaient destinés à l'être. Au fond, contre le mur, on aperçoit une construction qui abrite l’escalier du clocher. Elle empiète sur la dernière arcade murée ce qui indique qu’elle fut construite bien après le mur de la nef. La première arcade peut avoir été construite comme elle apparaît aujourd’hui, avec une seule moitié gauche. Il est difficile d'imaginer qu'elle eut été entière, à l'origine, car cela aurait fortement fragilisé le mur de façade.
Le clocher thumb|left|Restauration du clocehr en 1911thumb|L'église vue par les jardins avec, le presbytère, l'abside abritant la sacristie, le clocher, l'absidiole du bras gauche du transeptIl existe, aux archives de l'évêché d'Angers, un texte expliquant que la foudre frappa le clocher et le détruisit en 1730. Il fut écrit en 1820 par le curé Garnier.
Sans autre preuve que ce récit, écrit à partir de témoignages recueillis près d'un siècle plus tard, on ne peut que supposer que le clocher s'abattit alors sur le bras droit du transept. Cette théorie expliquerait l'absence de ce bras droit dont ne subsiste que la trace de l'arc qui lui donnait accès, sur le mur droit de la croisée de transept. Le nouveau clocher est massif, soutenu aux quatre coins par des contreforts épais. Il est couronné par un toit d'ardoises en forme de "casque de prussien" surmonté d'une jolie flèche dite en "bec d'hirondelle". Le curé Garnier indique que le coût de cette reconstruction fut assumé par une dame de la paroisse, appelée Anne Amat.
Le curé Garnier cite une anecdote qui lui a été rapportée quant à la hauteur du nouveau clocher:
L'autel actuel L'autel actuel fut érigé, suivant les préceptes de Vatican II, pratiquement sous l'arc d'accès à la croisée de transept. Il permet au prêtre de faire face au public. La pierre principale de cet autel provient de la chapelle de La Coutardière, sise à Brissarthe. Pour la petite histoire, il faut savoir que, pas loin de cette pierre vénérable fut enterrée, en 1605, l'épouse de Raoul de la Coutardière.
Extrait :
thumb|center|upright=3|Chœur de l'église de Brissarthe
L'autel du chœur thumb|upright=0.5|Le présentoirNéanmoins, il convient de s'intéresser à l'autel majestueux construit au au fond du chœur. Son retable est remarquable. Il comporte un mélange de classique et de baroque reflétant une réaction non-conformiste du . La richesse et le luxe de ce retable sont une sorte de réaction au dépouillement des édifices protestants. Le tableau central du triptyque est une œuvre de Jean Baptiste Thonnesse, peintre né à Dijon le et installé à Angers, place du Pilori, jusqu'à la date de sa mort, le . alt=Toile de jean Baptiste Thonnesse|vignette Signée et datée de 1825, cette "Assomption de la Vierge Marie" mériterait une restauration et un dossier est en cours d'étude au sein de la commune.
L’autel est dit de style tombeau. Les différents marbres utilisés viennent des carrières de Mayenne. Les colonnes sont ioniques et corinthiennes. (Baroque) Les dessins en relief de végétaux sont typiques du . On trouve les deux thèmes du blé et de la vigne. Noter le magnifique présentoir central. Les deux autels qui flanquent l'arc central sont de la même période.
Une étape d'un vaste projet de restauration de l'église, a été constituée par la réfection totale de la toiture située au-dessus de la croisée de transept et de l'abside accueillant cet autel baroque. La commune a reçu des aides de la Région "Pays de Loire", de la D.R.A.C. de la Fondation du Patrimoine et de l'association de Sauvegarde de l'Art Français.
La sacristie thumb|left|Sacristie vue de l'extérieurDerrière le chœur, il existe une sorte d'abside qui sert aujourd'hui de sacristie. On ne peut pas la visiter. C'est, sans aucun doute, la partie la plus ancienne de l'église à partir de laquelle l'édifice entier fut agrandi, vers l'ouest, sur un socle de schiste qui jouxtait la Sarthe. On accède à la sacristie, à la droite de l'autel par ce qui constituait sans doute la partie droite d'un déambulatoire classique autour du chœur. À gauche de l'autel, dans le bras gauche du transept, il existe une absidiole qui pourrait correspondre au débouché gauche de l'ancien déambulatoire.
Le bras gauche du transept thumb|Statue de Robert le Fort par David d'Angers.Il sert de base au clocher du mais est beaucoup plus ancien. Une porte donne accès à l'escalier du clocher. On trouve en cet endroit une statue de Robert le Fort, l'ancêtre des capétiens, réalisée par le sculpteur David d'Angers. On y trouve également un sarcophage mérovingien qui fut découvert devant l'église lors des travaux de réfection de la place. Le bâtiment semble avoir été construit sur un cimetière mérovingien car, on trouve ces sarcophages tout autour de l'église. Ces tombes sont parfois sous les murs de l'édifice.
Les bancs Il semble que l'église ait souffert des affrontements entre les républicains et les chouans pendant les guerres dites de Vendée. Le curé Garnier, souvent cité dans ce sujet, indique qu'il y avait des traces d'incendies sur les murs de l'édifice.
En 1805, il fut décidé de rééquiper Notre-Dame de travées de bancs. Il fut fait appel aux paroissiens qui, à la demande de la "Fabrique" achetèrent leurs places. Cela ne les dispensait pas, par la suite, de payer, chaque année, une sorte de prix de location. De nos jours, on peut encore relever, de place en place, les noms des généreux donateurs.
Suit une longue liste de donateurs dont il n'est pas fait mention ici.
Le presbytère