Le château de Doué-la-Fontaine est un ancien château à motte, élevé sur les bases d'un édifice carolingien au début du et plusieurs fois remanié, qui se dresse sur la commune déléguée de Doué-la-Fontaine au sein de la commune nouvelle de Doué-en-Anjou, dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire.

La motte féodale et les restes du donjon font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques, par arrêté du ..

Localisation Les vestiges du château de Doué-la-Fontaine sont situés dans le département français de Maine-et-Loire, sur la commune de Doué-la-Fontaine, au sud, à l'angle du boulevard du docteur Lionet et de l'impasse de la Motte, à moins de de la route départementale 69, d'Argenton aux Verchers-sur-Layon.

Historique Le site de la motte de la Chapelle semble se développer à l'époque mérovingienne avec l'extraction de sarcophages en carrière souterraine..

Vers la fin du , les rois carolingiens, puis les rois d'Aquitaine, disposent à Doué d'une résidence, mentionnée d'après les textes de villa ou palatium. Le prince Louis, roi d'Aquitaine en fera l'une de ses quatre résidences préférées.

C'est vers 900 qu'est édifiée sur le site de la Chapelle une aula carolingienne de et des murs épais de . Vers 930-950Dominique Allios, Architecture des châteaux forts, Architecture et patrimoine, Ouest-France, 2014, , ., un incendie détruit la charpente. Ses ouvertures sont murées, on recouvre les murs de chaux et on la surélève pour créer un étage, tandis que le rez-de-chaussée devient un vaste cellier aveugle. L’accès se faisant dorénavant par l'étage, à au-dessus du sol, via un perron en charpenteAndré Châtelain, ibid., . laula se trouve ainsi transformée en tour maîtresse fortifiée (tour-donjon), ce qui fait de Doué-la-Fontaine un des plus vieux châteaux-forts en pierre connus.

Au début du , la partie basse du bâtiment est « emmottée », afin d'empêcher la sapeAndré Châtelain, Châteaux forts - Images de pierre des guerres médiévales, Paris, Rempart, 2003, ,., par des amas de terre rapportée qui masquent désormais les parois extérieures de son rez-de-chaussée. Celui-ci sert alors de cave au nouvel édifice.. Transformée en motte castrale, laula, enterrée sur une hauteur de permet de renforcer la motte, sur laquelle est érigée une fortification en bois. Le système défensif est complété par un fossé autour de la motte, profond de et large d'une quinzaine de mètres..

Il ne subsiste, aujourd'hui, de la tour qui a été détruite au , que la partie qui a été emmottée et qui, de fait, se trouve être laula carolingienne initiale. Seuls demeurent sur le sommet de ses murs les premières arases de la surélévation des années 950.

Le site fut fouillé en 1967 et durent trois années par Michel de Boüard, opération considérée comme fondatrice de l'archéologie médiévale.. Les fouilles ont notamment permis de mettre au jour la cuisine dont les murs ont été crépis lors de la restauration du château à la suite de son incendie au milieu du . On a retrouvé sur cet enduit des graffitis figurants des personnages, des animaux et des scènes religieuses : Vierge à l'Enfant, Crucifixion. La pièce qui servait de cuisine avant l'incendie a de toute évidence changé de destination..

Description droite|sans_cadre Le premier bâtiment construit sur le site castral est une grande salle d'un seul niveau (une aula), de la fin de l'époque carolingienne, de , résidence d'un comte d'Anjou, bâtie et dallée en pierre au , voire au début du . L'épaisseur des murs varie entre 1,72 mètre et 1,8 mètre. Ceux-ci sont formés de pierres de tailles très disparates. Un mur intérieur sépare deux pièces : celle au nord fait et possédait un dallage en pierre et un foyer ; celle au sud fait et possédait une cheminée, et les déchets retrouvés dans les fouilles laissent penser que c'était une cuisine.

On trouve deux portes, une principale à l'ouest, haute de trois mètres, et une deuxième plus petite sur la façade sud. Des trous semblables à des trous de boulin se situent de parte et d'autre des portes.

Sous « l'aula-donjon » fut découverte lors de la fouille du puits à eau, situé juste à l'extérieur du bâtiment, une petite carrière souterraine située à une profondeur de , d'une superficie d'environ , et dont l'existence est antérieure à laula carolingienne puisqu'elle fut initialement creusée pour extraire des sarcophages (des fragments de sarcophages sont encore visibles dans cette carrière). Cette carrière servit ensuite de carrière de pierre à bâtir pour la construction de laula puis sa surélévation durant la seconde moitié du . Lorsque laula fut ainsi transformée en un des premiers châteaux forts connus, une liaison fut creusée (couloir descendant et escalier) entre le cellier situé au rez-de-chaussée du bâtiment et cette carrière souterraine, transformant celle-ci en cave annexe.

Doué, de par sa transformation d'une aula carolingienne en un donjon médiéval, est l'un des premiers château de pierre, avec Langeais.

La motte de la Chapelle La motte était à l'origine de forme tronconique, haute de environ avec un diamètre à sa base de pour au sommet.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Architecture militaire au Moyen Âge Motte castrale Fortification Liste des mottes castrales Liste des monuments historiques de Maine-et-Loire Liste des châteaux des Pays de la Loire Doué-la-Fontaine

Liens externes

Catégorie:Doué-en-Anjou Doue-la-Fontaine Doue-la-Fontaine Catégorie:Monument historique classé en 1973 Catégorie:Fortification du Xe siècle Catégorie:Architecture carolingienne en France