vignette|Tête d'un Pure race espagnole, le plus connu des chevaux ibériques. Cheval ibérique est le nom donné aux races de chevaux et de poneys originaires de la péninsule Ibérique. Ces races ont une longue histoire, et se sont répandues dans les Amériques du au .

À présent, la FAO reconnaît 18 races ibériques officiellement 'FAO breed list', consulté le 15 mars 2012, citant 3 races portugaises et 20 espagnoles, une en cours de reconnaissance. Trois races sont portugaises, le Lusitanien, le Garrano et le Sorraia, toutes les autres sont espagnoles ou franco-espagnoles (le Pottok et le Mérens, dans ce dernier cas). Une race dérivée du Sorraia, le Marismeño, a été identifiée comme propre au parc national de Doñana, mais ne figure pas encore sur la liste de la FAO.

Histoire thumb|Représentation pariétale de la grotte du Castillo. Les chevaux ibériques sont considérés comme faisant partie des plus anciennes races domestiquées au monde. La péninsule Ibérique recèle en effet plusieurs foyers de domestication du cheval, une découverte génétique récente y atteste d'une possible domestication indépendante de celle qui a eu lieu dans les steppes eurasiennes, au . L'érudit portugais Ruy d'Andrade défend déjà cette idéeElisabeth Della Santa, Les figures humaines du Paléolithique supérieur eurasiatique, De Sikkel, 1947, p. 76. Le vulgarisateur anglais Elwyn Hartley Edwards note la présence de ce qui semble être un harnais peint sur un cheval, dans une peinture rupestre espagnole datée de avant notre ère, découverte à Castillo Puente Viesgo dans l'actuelle Cantabrie. Il suppose qu'à cette époque, le cheval est déjà employé à divers travaux, mais sa théorie, peu crédible, n'est pas reprise par la communauté scientifiqueLes représentations supposées de harnais ne forment pas une preuve archéologique fiable, en particulier lorsque la date de la peinture rupestre est à ce point éloignée des premières traces archéologiques de domestication..

Un foyer daté de la culture campaniforme a été retrouvé dans le Sud de l'Espagne, un autre au centre du Portugal actuels. Les chevaux y présentent une diminution de stature et une augmentation de la diversité génétique. Ces foyers sont proches de l'habitant ancestral des pottokak, l'une des plus anciennes populations chevalines européennes. Par ailleurs, de nombreuses grottes ornées fournissent des représentations de chevaux dans la région.

Des monnaies espagnoles du , la statuaire et des mosaïques découvertes à Torre de Palma, près de Montforte, au Portugal, montrent que l'élevage du cheval ibérique était déjà présent à l'époque antique dans la péninsule.

Les Arabes firent de multiples commentaires élogieux sur les qualités du cheval qu'ils trouvèrent quand ils arrivèrent en Espagne. Ils notent sa maniabilité et l'aptitude des cavaliers indigènes à exploiter les dispositions de leurs montures.

Le cheval ibérique fut élevé par des établissements monastiques, notamment la chartreuse de Jerez, la Cartuja. Les religieux y produire les chevaux qui furent longtemps considérés comme les meilleurs du monde. Cette entreprise s'acheva en 1835 quand les congrégations religieuses furent dissoutes. Les moines furent obligés de quitter leur monastère et leurs élevages furent dispersés.

Les races ibériques modernes sont des chevaux baroques à l'instar du plus célèbre de tous, le pure race espagnole, qui par sa morphologie se rapproche des chevaux élevés à la Renaissance. Elles ont connu une forte influence du cheval Barbe pour certaines d'entre elles.

Du au , ces chevaux se répandent dans de nombreuses régions du monde, et en particulier dans les Amériques à la faveur de la conquête du Nouveau Monde. dans son traité paru en 1581, Marc de Pavari, écuyer vénitien, écrit que le chevaux ibériques sont les plus maniables "avec la plus simple bride qui soit.".

Avec le déclin de l'équitation classique, l'introduction du pur-sang anglais et arabe, le développement des courses de vitesse et l'utilisation militaire du cheval dans les grandes charges groupées, le cheval ibérique disparut peu à peu des représentations officielles et des écuries. Il subsista au Portugal où l'affrontement avec le taureau par le cavalier monté ne fut jamais abandonné. En Espagne, le Pure Race Espagnol se cantonna dans le service d'attelages élégants et aux prestiges du paseo. De nombreux éleveurs se tournèrent vers le pur-sang anglais, doutant des qualités de leurs chevaux.

Renouveau du cheval ibérique Cette renaissance est venue de l'Espagne et du Portugal dans la seconde moitié du XXe siècle, portée par des cavaliers fameux comme Nuno Oliveira et ses disciples, le Dr Guilherme Borba, des personnalités du monde de l'élevage comme le Dr Ruy d'Andrade, ou de la tauromachie comme Alvaro Domecq Diez et les frères Angel et Rafael Peralta. Ils furent relayés en France par Michel Henriquet et par des éleveurs passionnés.

Dans la peinture Monture de prédilection des rois et des empereurs pendant plusieurs siècles, le cheval ibérique a été jusqu'au XIXe siècle l'animal le plus représenté dans la peinture et la gravure. Il est très facilement reconnaissable à sa croupe rebondie, ses postérieurs ployés, sa tête placée, un contact assuré par un mors aux branches longues, mais retenu par le seul poids des rênes, ses crins abondants, son œil expressif et son profil convexe.

Parmi les œuvres les plus célèbres, on peut citer : le portrait équestre de Charles V par Titien (1548), conservé au musée du Prado, le portrait équestre de Charles 1er d'Angleterre par Van Dyck (1635), conservé à la National Gallery, le portrait équestre de Charles V par Van Dyck (1625), conservé au musée des Offices à Florence, le portrait équestre de l'infant Don Balthazar Carlos par Velasquez (1537), conservé au musée du Prado, la charité de saint Martin par Georges Lallement (vers 1624-1636), conservé au Petit Palais à Paris.

Liste des races ibériques Il existe deux grandes familles de chevaux ibériques, les celtes et les ibériques proprement dits. Tous deux sont nettement différenciés par leurs caractères morphologiques, mais également leur robe : les chevaux celtiques sont majoritairement noirs, plus rarement bais. Les chevaux ibériques sont les seuls à pouvoir présenter la robe grise L.J. Roy, I. Álvarez, I. Fernández, M. Valera, J. Jordana, A. Beja-Pereira, J.P. Gutiérrez, L. Payeras, E. Gómez et F. Goyache, « Allelic frequencies of MC1r and ASIP genes in Iberian horses » dans Book of Abstracts of the 56th Annual Meeting of the European Association of Animal Production, vol. 11, .

VisuelNomPays de reconnaissancePopulation (apx.)Pour les races espagnoles, sauf indications contraires, les données proviennent du registre officiel des races espagnols, consulté le 15 mars 2012. Les autres données remontent à 2010 ou 2011. Les sources renvoyant à la FAO remontent à 2001Mode de vieLa classification est la suivante : Sauvage pour les animaux dont l'existence est connue, n'ayant pas de contacts avec l'homme Semi-sauvage pour les animaux qui vivent à l'état sauvage toute l'année, mais sont soignés par l'homme au moins une fois par an En liberté pour les animaux qui vivent toute l'année dans de vastes prairies closes, peu de contacts avec l'hommeCommentaires 100px Asturcón 2319 Semi-sauvage 100px cheval des montagnes du Pays basque Moins de 600 Semi-sauvage Race élevée essentiellement pour sa viande 100px Cheval de Burguete En liberté Race de trait, née de croisements avec des Bretons et élevée pour sa viande. 100px Poney galicien Semi-sauvage Célèbre par la rapa das bestas. Sous le nom de faco ou de del país existent un grand nombre (peut-être plus de ) de chevaux semi-sauvages très proches qui ne figurent pas dans le stud-book de la race. Hispano-Árabe Issue de croisements entre le cheval Arabe et d'autres races ibériques 100px Hispano-Bretón En liberté Race de trait élevée pour le travail et surtout pour la viande, issue de croisements avec le trait Breton, une race française. 100px Jaca Navarra Semi-sauvage 100px Losino 754 Semi-sauvage 100px Mallorquín 320 Marismeño Semi-sauvage 100px Minorquin 100px Monchino 782 En liberté Pirenenc Catalá En liberté Ne figure pas sur la liste de la FAO mais reconnu en Espagne depuis 2012. La race est issue en partie de races de trait françaises. 100px Pottok et Moins de Certains en semi-liberté Propre au Pays basque 100px Pure race espagnole , et partout dans le monde Domestique Retuerta 60 à 140 Sauvage Redécouvert en 2005 Vega-Plà et al, The Retuertas horse; the "missing link" in the iberoamerican horse breed origin ?, 2005, . Pas de statut officiel. 100px Mérens Petite population transhumante Sur le versant espagnol des Pyrénées 100pxGarranoMoins de 950Semi-sauvage100pxLusitanien, partout dans le monde 'Fundaçao Alter Real', consulté le 16 mai 2012Domestique100pxSorraiaMoins de 100SauvageRace très primitive redécouverte par Ruy d'Andrade

Des procédures sont en cours pour inclure le Serrano, une variété très rare de grand poney des montagnes, dont il reste actuellement moins de 40 individus.

Notes et références

Notes

Références

Annexes Articles connexes Cheval baroque Barbe

Liens externes International Andalusian & Lusitano Horse Association Analyses ADN de chevaux espagnols Jaca Navarra

Bibliographie

Articles

Catégorie:Type de cheval Catégorie:Monde équestre en Espagne Catégorie:Monde équestre au Portugal Catégorie:Environnement dans la péninsule Ibérique