Jean-François du Cheyron, chevalier du Pavillon, dit le « chevalier du Pavillon », né à Périgueux le Michaud, et décédé le des suites de ses blessures reçues à la bataille des Saintes deux jours plus tôt, est un officier de marine et tacticien naval français du . Il est l'auteur, en 1778, d'un traité de tactique navale et divers ouvrages sur les signaux de jour, de nuit et de brume, qui seront utilisés par la Marine royale pendant la guerre d'indépendance des États-Unis.
Héros de la guerre d'indépendance des États-UnisProsper Levot, , il est considéré comme l'un des principaux inventeurs des communications navales avant l'invention de la radio. Commandant le , il est tué à la bataille des Saintes d'un coup de canon.
Biographie Origines et jeunesse Jean-François du Cheyron du Pavillon naît dans une famille de la noblesse périgourdine. Il est le fils de Jean-Jacques Joseph du Cheyron, seigneur du Pavillon (1694-1769) et de Marguerite de Feletz (v. 1699-1774). Le couple se marie le , et a quinze enfants (six garçons et neuf filles), dont huit mourront en bas âge. Septième enfant de la fratrie, il n'est à sa naissance que le quatrième enfant survivant. Viennent avant lui, son frère ainé, Joseph-Pascal (1723-1758) sera capitaine au régiment de Guyenne, il est tué au Fort Carillon en Nouvelle-France ; sa sœur Louis (1725-1805) épouse Jean-Baptiste Jaujay, seigneur de Boiras ; son frère Raymond (1727-1791) sera capitaine au régiment de Picardie, il devient seigneur du Pavillon à la mort de son père en 1769. Viennent après lui, Marie (1732-1817) ; Joseph (1734-1790), seigneur de la Dulgarie, lieutenant au régiment de Normandie ; et enfin Joseph (1740-1823) dit « l'abbé du Pavillon » pour le différencier du précédent, vicaire général du diocèse de Périgueux.
Après de bonnes études à Bordeaux, il entre dès l'âge de 15 ans, il est sous-lieutenant au régiment de Normandie-Infanterie puis est nommé rapidement au grade de lieutenant. Malgré ses bons débuts dans l'armée de terre, il rêve de voyages et d'aventures, et sacrifie son grade pour entrer dans la Marine royale au simple grade de garde de la Marine début 1748. Reçu le au concours du port de Rochefort, il est promu sous-lieutenant en 1749.
Carrière dans la Marine royale Guerre de Sept Ans 280px|thumb|right|La Bataille de la baie de Quiberon, Nicholas Pocock, 1812. National Maritime Museum
Il fait campagne au large des côtes de Nouvelle-France (actuel Canada) sur la frégate La Diane en 1750 et sur le Parham à Louisbourg, sur l'île Royale, en 1753. Le , il est promu enseigne de vaisseau. L'année suivante, il passe de Rochefort à Brest ou il embarque sur L'Inflexible dans les escadres de Mac Nemara et de Duguay, puis sur Le Blanfort entre Cadix et Lisbonne. De 1756 à 1757, le chevalier du Pavillon embarque sur le vaisseau L'Éveillé dans l'escadre de Dubois de la Motte à Louisbourg, entre Saint-Domingue et le Canada.
Le , il est lieutenant de vaisseau lorsqu'il prend part, sur L'Orient, à la bataille de Quiberon où sont commises plusieurs fautes qui l'affermissent dans son projet de régénérer la tactique navaleProsper Levot, .
En 1760, à bord du vaisseau L'Intrépide il fait campagne à Saint-Domingue. Le , il est promu au grade de lieutenant de vaisseau. Le , il est nommé chef de brigade dans la compagnie d'élite des gardes de la marine de Rochefort, et est promu par le roi de France, chevalier de Saint-Louis en 1771.
Guerre d'indépendance américaine 280px|thumb|right|Bataille d'Ouessant, , huile sur toile par Théodore Gudin, 1848.
Il reçoit le brevet de capitaine de vaisseau en 1777. C'est dans cette période qu'il met au point un système de signaux pour la marine royale française. Les premières expériences sont faites, en 1775, sur les vaisseaux de l'escadre du comte de Guichen, puis, en 1776, sur l'escadre d'évolution du comte du Chaffault, enfin, en 1778, par l'armée navale du comte d'Orvilliers.
Ces essais se révéleront concluants, notamment pendant la bataille d'Ouessant le , il est à bord du vaisseau amiral , 110 canons, comme major-général de la flotte, sous les ordres du comte d'Orvilliers.
En 1780, il prend le commandement d'un vaisseau de 74 canons le Guerrier; l'année suivante le Triomphant, 80 canons, où il est engagé comme Major-Général de la flotte du marquis de Vaudreuil.
Commandant à nouveau le Triomphant, au cours de la bataille des Saintes sous la Dominique, le , il est grièvement blessé par un boulet de mitraille qu'il reçoit à la tête au début du combat.
Avant cette dernière campagne, le chevalier du Pavillon avait reçu une lettre manuscrite du roi Louis XVI lui confiant le commandement de la Bretagne :
Le Chevalier du Pavillon meurt le à et son corps est immergé au sud de l'île Sainte-Croix.
Travaux vignette|Signaux de combat de l'armée navale du Roi (1778). C'est lors de la bataille des Cardinaux (1759) que le chevalier du Pavillon prend conscience de la nécessité de réformer les usages en cours dans la Marine royale. Il profite de sa nomination à la tête d'une compagnie de garde-marine au port de Rochefort quelques années plus tard pour faire paraître ses Signaux de nuit et pour le temps de brume qu'il modifiera plus tard, en collaboration avec Verdun de la Crenne, dans l'ouvrage intitulé : Mémoire sur la tactique navale. Malgré les travaux de Paul Hoste et de Tourville, ce mode de communication en était encore à ses débuts, attendu que les signaux ne se faisaient encore qu'avec un seul signe qu'on variait autant que possible, en leur donnant un sens différent, selon les mâts auxquels ils étaient arborés. Morogues avait songé à les perfectionner, mais il avait à peine entrevu et indiqué le système que fait prévaloir Pavillon.
En 1778, le chevalier du Pavillon publie un ouvrage intitulé Tactique navale dans lequel il met au point un nouveau mode de communication entre les différents navires de la flotte française. Ce mode de communication est brièvement décrit par Amédée Gréhan dans La France maritime :
Rossel, dans la Biographie universelle de Louis-Gabriel Michaud, décrit avec plus de précision les modalités de ce nouveau mode de communication entre navires.
Publication Jean-François du Cheyron chevalier du Pavillon, Tactique navale , à l'usage de l'armée du Roi, commandée par M. le cte d'Orvilliers, lieutenant général des armées navales, grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint Louis, commandant l'armée du Roi en 1779, imprimerie de R. Malassis, Brest, 1779 (lire en ligne)
Critiques Les nouveautés introduites par cet officier ne manquent par de trouver de violents détracteurs. Son système est présenté au ministre de la Marine Antoine de Sartine, comme un système dangereux, et que le comte d'Estaing, lui-même, s'était laissé aller à dire, dans un mémoire, qu'il devait « entraîner la perte d'une arméeLettre du chevalier du Pavillon au ministre de la marine, du 18 janvier 1778, écrite à bord de la Bretagne ». Ce ne fut pas sans peine que le succès de ce nouveau mode de communication finit par s'imposer malgré les jalousies et les convictions opposées.
Jugement de ses biographes Rossel, dans la notice qu'il rédige dans la Biographie universelle de Louis-Gabriel Michaud, dit de lui :
Un autre de ses biographes le décrit comme :
Famille Pierre-Joseph du Cheyron (†1720), seigneur de La Dulgarie, marié en premières noces, en 1660, à Périgueux, avec Jeanne Gontier de Biran (†1673), marié en secondes noces, en 1685, avec Jeanne de Véra de La Gaubertie (1656-1727), dame de Saint-Félix, secrétaire du roi, audiencier en la chancellerie près le Parlement de Bordeaux en 1677 ; Jacques Joseph du Cheyron du Pavillon (1694-1769), seigneur du Pavillon, La Dulgarie, La Bonnetie, Saint-Vincent-sur-l'Isle, le Maine, La Peyronnie, marié en 1720 avec Marguerite de Féletz (1669-1774) Joseph-Pascal du Cheyron du Pavillon (1723-1758), écuyer, seigneur de Saint-Vincent, capitaine du régiment de Guyenne, tué le au fort Carillon (Canada) Raymond du Cheyron du Pavillon (1727-1791), seigneur du Pavillon, marié en 1771 avec Catherine du Reclus (1751-1833) François du Cheyron du Pavillon (1774-1831), député de la Dordogne, marié en 1799 avec Eustoquie de Souillac (1775-1855) Jean-François du Cheyron du Pavillon (1730-1782) Joseph du Cheyron du Pavillon (1734-1790), seigneur du Maine, marié en 1769 avec Marguerite de Banes (1747-1775) Joseph du Cheyron du Pavillon (1740-1823), abbé du Pavillon, vicaire général du diocèse de Périgueux.
Armoiries Blason Blasonnement 100pxArmoiries de la famille du Cheyron du Pavillon D’azur à trois rocs d’échiquier d’or.
Rues
Une rue a peut-être été nommée en son honneur à Bordeaux, la rue du Général du Cheyron, dans le quartier de la Bastide. Rue Chevalier du Pavillon à Royan (Charente-Maritime).
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
« À propos de deux “ex-libris” périgourdins », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1902, tome 29, (lire en ligne)
, volume 32, .
Guy Penaud, « Cheyron du Pavillon, Jean François du », dans Dictionnaire biographique du Périgord, Fanlac, Périgueux, 1999,
Articles connexes Transmission des ordres dans la marine à voile Code international des signaux maritimes Histoire de la marine française Familles subsistantes de la noblesse française (A à K)
Liens externes Biographie de Du Cheyron du Pavillon Signaux de la marine royale Portrait sur le site du Ministère de la Culture Généalogie du Chevalier du Pavillon sur geneanet.org
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