Les Meteor sont une famille de satellites météorologiques soviétiques puis russes circulant sur une orbite polaire. Plus de de ce type dans des différentes versions ont été lancés depuis 1964. Les satellites Meteor ont été conçus pour mesurer les températures atmosphériques et à la surface de la mer ainsi que pour collecter des données sur l'humidité, le rayonnement, les conditions de la banquise, la couverture neigeuse, et les nuages.
Historique
Le développement des premiers satellites Meteor est lancé à la demande des militaires soviétiques qui en ces temps de Guerre froide souhaitent disposer de prévisions météorologiques couvrant l'ensemble de la planète pour leurs bombardiers intercontinentaux et leur flotte de guerre. Le gouvernement soviétique ordonne le développement du programme Meteor de satellites météorologiques dans le cadre d'un décret passé le . Le projet est piloté par les directions des fusées du ministre de la Défense tandis que le service hydro-météorologique GUGMS doit en exploiter les données. La rédaction du cahier des charges est confiée à l'institut de recherche NII-4 rattaché au ministère de la Défense. Le développement du nouveau satellite est pris en charge par l'OKB-586 de Dnepropetrovsk. Dans sa version initiale le satellite est suffisamment léger pour être lancé par la fusée Cosmos en cours de développement au sein du même bureau d'études. Mais l'OKB-586 joue un rôle crucial dans le programme stratégique des missiles intercontinentaux et son responsable Mikhail Yangel décide de sous-traiter ce programme peu prestigieux à l'institut de recherche NII-627 (devenu par la suite VNIIEM) situé à Moscou. Ce transfert devient effectif en . Cette année-là des modifications sont apportées au cahier des charges : on remplace notamment le système de stabilisation par gradient de gravité par un système plus moderne basé sur des gyroscopes puis finalement par un système d'orientation trois axes et on a désormais recours à des capteurs indépendants pour orienter les panneaux solaires. Ces modifications entrainent une augmentation de la masse du satellite dont le lancement doit désormais être assuré par le lanceur Vostok qui sera remplacé ensuite par la Tsiklon-3.
Satellites expérimentaux (1964-1968)
L'institut de recherche VNIIEM lance en 1963 deux satellites Omega de ( et ) qui permettent de tester plusieurs équipements comme le système de contrôle d'attitude, les panneaux solaires et le système de contrôle thermique. Cosmos 44 un prototype du satellite Meteor est lancé le qui retransmet les premières images en couleurs de la couverture nuageuse. Enfin le le premier satellite de la série considérée comme expérimentale, d'une masse de , est lancé et placé sur une orbite polaire mais non héliosynchrone avec une inclinaison de 81° et une altitude de . Les huit autres satellites. En tout dix satellites expérimentaux sont lancés entre 1964 et 1968. Cette première série est victime de problèmes de perte d'étanchéité en vol qui seront résolus en modifiant la conception des ouvertures et en remplaçant le matériau utilisé pour les joints.
+Historique (mise à jour : )DésignationTypeBase de lancementDate de lancement(UTC)Référence CosparLanceurRemarques Cosmos 44 Baïkonour 1964-053AVostok-2M Précurseur de la série Meteor-1 (cylindre d'une longueur de et de diamètre) Cosmos 58 Baïkonour 1965-014AVostok-2M Précurseur de la série Meteor-1, Cosmos 100 Baïkonour 1965-106AVostok-2M Précurseur de la série Meteor-1, Cosmos 118 Baïkonour 1966-038AVostok-2M Précurseur de la série Meteor-1, Cosmos 122 Baïkonour 1966-057AVostok-2M Précurseur de la série Meteor-1, Cosmos 144 Plessetsk 1967-018AVostok-2M Précurseur de la série Meteor-1, Cosmos 156 Plessetsk 1967-039AVostok-2M Précurseur de la série Meteor-1, Cosmos 184 Plessetsk 1967-102AVostok-2M Précurseur de la série Meteor-1, Cosmos 206 Plessetsk 1968-019AVostok-2M Précurseur de la série Meteor-1, Cosmos 226 Plessetsk 1968-049AVostok-2M Précurseur de la série Meteor-1,
Première série opérationnelle Meteor-1 (1964-1977)
En 1969 la phase de mise au point est achevée et la première série de satellites météorologiques soviétiques, baptisée Meteor-1, débute. Bien que considérés comme expérimentaux, ces engins spatiaux vont fonctionner sans problème majeur durant une décennie. Au total de la série sont lancés entre 1969 et 1977.
+Historique (mise à jour : )DésignationTypeBase de lancementDate de lancement(UTC)Référence CosparLanceurRemarques METEOR 1-xMETEOR 1 Plessetsk -Vostok-2M Premier satellite officiel de la série. dû à une défaillance de l'étage supérieur du lanceur METEOR 1-1METEOR 1 Plessetsk 1969-029AVostok-2M METEOR 1-2 METEOR 1Plessetsk 1969-084AVostok-2M METEOR 1-3METEOR 1 Plessetsk 1970-019AVostok-2M METEOR 1-4METEOR 1 Plessetsk 1970-037AVostok-2M METEOR 1-5METEOR 1 Plessetsk 1970-047AVostok-2M METEOR 1-6METEOR 1 Plessetsk 1970-085AVostok-2M METEOR 1-7METEOR 1 Plessetsk 1971-003AVostok-2M METEOR 1-8METEOR 1 Plessetsk 1971-031AVostok-2M METEOR 1-9METEOR 1 Plessetsk 1971-059AVostok-2M METEOR 1-10METEOR 1 Plessetsk 1971-120AVostok-2M METEOR 1-11METEOR 1 Plessetsk 1972-022AVostok-2M METEOR 1-12METEOR 1 Plessetsk 1972-049AVostok-2M METEOR 1-13METEOR 1 Plessetsk 1972-085AVostok-2M METEOR 1-14METEOR 1 Plessetsk 1973-015AVostok-2M METEOR 1-15METEOR 1 Plessetsk 1973-034AVostok-2M METEOR 1-16METEOR 1 Plessetsk 1974-011AVostok-2M METEOR 1-17METEOR 1 Plessetsk 1974-025AVostok-2M METEOR 1-19METEOR 1 Plessetsk 1974-083AVostok-2M METEOR 1-20METEOR 1 Plessetsk 1974-099AVostok-2M METEOR 1-21METEOR 1 Plessetsk 1975-023AVostok-2M METEOR 1-22METEOR 1 Plessetsk 1975-087AVostok-2M METEOR 1-23METEOR 1 Plessetsk 1975-124AVostok-2M METEOR 1-24METEOR 1 Plessetsk 1976-032AVostok-2M METEOR 1-26METEOR 1 Plessetsk 1976-102AVostok-2M METEOR 1-27METEOR 1 Plessetsk 1977-024AVostok-2M
Deuxième série opérationnelle Meteor-2 (1975-1993) vignette|Maquette de Meteor-2.
Les militaires soviétiques décident en 1967 de développer une nouvelle version du satellite météorologique baptisée Meteor-2. La durée de vie de celui-ci doit passer de à et il doit être capable de transmettre les données météorologiques directement à des stations de réception militaires, baptisées APPI, qui sont développées par VNII Television et dont sont répartis sur le territoire de l'Union Soviétique, dans des pays satellites et en mer. A l'occasion du développement des Meteor-2, les tests réalisés à l'assemblage et avant le lancement utilisent pour la première fois de manière intensive des ordinateurs. Le développement de cette nouvelle génération est ralenti par des problèmes de mise au point des instruments mais également par des capacités de production limitées. Aussi le VNIIEM créée en 1971-1972 un nouvelle ligne de production dans son établissement d'Istra non loin de Moscou. Cet établissement d'Istra, qui deviendra en 1992 le NIIEM, restera par la suite le principal fabricant des satellites Meteor. Finalement la mise en orbite du premier satellite Meteor-2 a lieu en . de ce type sont mis en orbite entre 1975 et 1993 sans aucun échec. Le lancement est initialement effectué par des fusées Vostok puis par des Tsiklon-3, plus modernes, qui permettent de réduire la durée de la phase des tests sur le pas de tir. Les soviétiques maintiennent en permanence deux à trois satellites sur deux plans orbitaux séparés de 90 à repassant toutes les 12 ou au-dessus du même point de la surface. En 1982, la constellation est déclarée opérationnelle. Les Meteor-2 auraient facilité la réalisation des prévisions météorologiques de 1 à et à anticiper les phénomènes météorologiques violents, ainsi que la présence de neige ou de glace. Pour les militaires, le système Meteor permettait de disposer rapidement d'une prévision météorologique au-dessus des régions photographiées par leurs satellites de reconnaissance ou occupées par leurs foces armées. De manière inattendue, les photos prises par les Meteor-2 étaient d'une qualité suffisante pour permettre de guider les brise-glaces circulant dans l'Océan Arctique en indiquant les passages où la glace était moins épaisse ou inexistante.
Ces satellites emportent trois caméras fonctionnant en lumière visible et dans l'infrarouge fournissant la couverture nuageuse de jour comme de nuit, un radiomètre infrarouge à huit canaux fournissant des profils verticaux de température et capteurs mesurant l'intensité des radiations.
+Historique DésignationTypeBase de lancementDate de lancement(UTC)Référence CosparLanceurRemarques METEOR 2-1METEOR 2 Plessetsk 1975-023AVostok-2M METEOR 2-2METEOR 2 Plessetsk 1977-002AVostok-2M METEOR 2-3METEOR 2 Plessetsk 1977-117AVostok-2M METEOR 2-4METEOR 2 Plessetsk 1979-021AVostok-2M METEOR 2-5 METEOR 2Plessetsk 1979-095AVostok-2M METEOR 2-6METEOR 2 Plessetsk 1980-073AVostok-2M METEOR 2-7METEOR 2 Plessetsk 1981-043AVostok-2M METEOR 2-8METEOR 2 Plessetsk 1982-025ATsiklon-3 METEOR 2-9 METEOR 2Plessetsk 1982-116AVostok-2M METEOR 2-10METEOR 2 Plessetsk 1983-109AVostok-2M METEOR 2-11METEOR 2 Plessetsk 1984-072ATsiklon-3 METEOR 2-12 METEOR 2Plessetsk 1985-013ATsiklon-3 METEOR 2-13METEOR 2 Plessetsk 1985-119ATsiklon-3 METEOR 2-14METEOR 2 Plessetsk 1986-039ATsiklon-3 METEOR 2-15METEOR 2 Plessetsk 1987-001ATsiklon-3 METEOR 2-16METEOR 2 Plessetsk 1987-068ATsiklon-3 METEOR 2-17METEOR 2 Plessetsk 1988-005ATsiklon-3 METEOR 2-18METEOR 2 Plessetsk 1989-018ATsiklon-3 METEOR 2-19METEOR 2 Plessetsk 1990-057ATsiklon-3 METEOR 2-20METEOR 2 Plessetsk 1990-086ATsiklon-3 METEOR 2-21 METEOR 2Plessetsk 1993-055ATsiklon-3
Sous-série « civile » des Meteor-Piroda (1974-1981)
Au début des années 1970 les autorités soviétiques décident de démilitariser le système Meteor ce qui est officialisé par décret en . Pour accompagner cette ouverture à un usage civil une nouvelle version des satellites météorologiques, baptisée Meteor-Priroda, est mise au point. Les satellites de ce type effectuent des observations multi spectrales. Le lanceur Vostok-2M place en orbite le premier exemplaire de cette nouvelle série le . Le troisième exemplaire est le premier satellite russe placé sur une orbite héliosynchrone.
+Historique DésignationTypeBase de lancementDate de lancement(UTC)Référence CosparLanceurRemarques METEOR PRIRODA 1 (METEOR 1-18) METEOR PRIRODA Plessetsk 1974-052AVostok-2M METEOR PRIRODA 2-1 (METEOR 1-25) METEOR PRIRODA Plessetsk 1976-043AVostok-2M METEOR PRIRODA 2-2 (METEOR 1-28) METEOR PRIRODA Baïkonour 1977-057AVostok-2M METEOR PRIRODA 2-3 (METEOR 1-29) METEOR PRIRODA Baïkonour 1979-005AVostok-2M METEOR PRIRODA 3-1 (METEOR 1-30) METEOR PRIRODA Baïkonour 1980-051AVostok-2M METEOR PRIRODA 3-2 (METEOR 1-31) METEOR PRIRODA Baïkonour 1981-065AVostok-2M
Troisième série opérationnelle Meteor-3 (1984-1994)
VNIIEM comptait utiliser les satellites Meteor-2 et une variante baptisé Meteor-2M comme composante spatiale du futur GMKS, un système intégré de recueil de données météorologiques depuis l'espace approuvé en . Mais le système GMKS est abandonnée et en le VPK donne son feu vert pour le développement de la troisième génération du segment spatial dédié à la météorologie. Baptisé Planeta-S, la constellation de satellites devaient comprendre des satellites Meteor-3 pour la couverture depuis l'orbite basse et le satellite Energia pour l'orbite géostationnaire. Mais ce projet est finalement abandonné à son tour. Le satellite Meteor-3 est par contre développé et le lancement du premier exemplaire a lieu en 1984. Les satellites emportent des instruments dédiés à leur mission primaire (météorologie) mais également des instruments variés d'observation de la Terre. Le cinquième exemplaire, lancé en 1991, emporte pour la première fois une charge utile fournie par un pays étranger reflétant l'ouverture du régime soviétique consécutive à l'arrivée de Gorbatchev au pouvoir : le spectromètre TOMS fournir par les États-Unis pour cartographier la couche d'ozone.