Saint-Laurent-de-Choulans est un site archéologique situé à Lyon au pied de l'entrée du tunnel de Fourvière, et daté de l'époque mérovingienne. Ce site comporte les vestiges d'une église entourée d'une nécropole chrétienne clôturée, d'une superficie de 0,5 à .

Situation géographique vignette|gauche|alt=plan schématique habitat antique en orange|Nécropôle de Choulans entre la Saône et la colline. La basilique funéraire et la nécropole associée se situent dans l'espace entre le pied de la colline de Fourvière et la Saône. La basilique était située à l'extrémité nord de la nécropole, et se trouvait à l'extérieur de la ville à l'époque romaine et jusqu'au haut Moyen Âge. À cet endroit arrivaient les voies de Vienne.

Le site se trouve à côté du lieu-dit Les Étroits et du ruisseau de Siolans (qui a donné le nom de Choulans) où la fontaine de Sioulans prenait sa source, plus haut sur la colline.

À l'époque moderne, le site archéologique est dans un immeuble bordant la voie rapide qui longe la Saône et à proximité du Pont Kitchener-Marchand franchissant la Saône et de l'entrée du tunnel routier de Fourvière.

Découverte et fouilles Le site archéologique a été découvert en 1947, à l'occasion de la pose d'une ligne téléphonique dans la montée Saint-Clair-Duport ; il a été fouillé à cette époque par Pierre Wuilleumier, Amable Audin et André Leroi-Gourhan, qui découvrent partiellement la partie nord d'une église, consistant en un bord de la nef centrale, le collatéral nord flanqué d'un portique. Des tombes sont découvertes dans le collatéral, les portiques et à proximité du bâtiment, soit au total 82 sarcophages. Quinze inscriptions permettent de dater l'ensemble des , deux nomment le patron de l'église, saint Laurent.

Le site est ensuite refermé pour rendre la rue à la circulation.

Le quartier fait ensuite l'objet de lourds travaux d'aménagement, avec le creusement du tunnel de Fourvière entraînent la destruction de la montée Saint-Clair-Duport, la construction de la bretelle d'accès à l'autoroute A7, puis la construction d'immeubles sur le site même.

Plusieurs campagnes de fouilles du site suivent entre 1975 et 1985 sous la direction de Jean-François Reynaud. Elles redégagent le secteur découvert en 1947 ainsi que l'abside orientale. Elle découvrent dans le périmètre de l'église les vestiges épars d'un habitat romain tardif, datant entre le et , qui restent en grande partie inexplorés pour préserver le niveau des sarcophages. L'abside de l'église, dépourvue de toute tombe, est fouillée plus profondement et montre des traces d'habitat du .

En 1976, le dégagement de supplémentaires vers l'est et vers le nord a permis de dessiner l'aspect général du bâtiment, quoique sa moitié sud soit ensevelie sous les caves d'immeubles du . Lors de la fouille, est dégagé dans les soubassements de l'abside un grand bloc de choin de Fay en remploi, long de pour une section de , portant une inscription funéraire, dédiée à Marcus Valerius Albanus et à Numidia Paulina.. Ce bloc provenait probablement d'un linteau de porte d'un grand monument funéraire.

Une dernière campagne de fouilles est menée par Chr. Becker en 1985..

Histoire vignette|gauche|Chapelle Saint-Laurent sur la Grande vue de Lyon de 1625 de Simon Maupin. Contrairement à la basilique Saint-Just, il ne semble pas que la basilique de Choulans ait été précédée d'un mausolée chrétien antérieur, c'est une construction nouvelle.

La basilique paléochrétienne a été construite sur plusieurs siècles. L'édifice d'origine, composé d'une grande abside, d'un transept débordant et d'une nef unique, date du , peut-être du début du . Quelques années après, sont ajoutés des collatéraux et des annexes. Puis, un portique est construit côté ouest autour du , et un porche au nord entre les .

Des sépultures sont aménagées dans les portiques latéraux de la basilique entre les .

La basilique funériare disparaît sans doute au . Un texte mentionne la présence d'une église à l'époque carolingienne, puis au une chapelle. Cette chapelle, qui se trouve sous l'autorité du chapitre Saint-Jean, est confiée à la direction de l'abbaye d'Ainay par l'archevêque Amédée au contre le versement d'un sens, p. 66.. Cette chapelle est probablement détruite au cours du , elle n'apparaît plus dans l'iconographie du : elle est absente de la lithographie d'Antoine Guindrand datant de 1835 qui montre la façade de l'hôpital de Gadagne.

Description vignette|Coté nord de la basilique de Saint-Laurent de Choulans, de gauche à droite : péristyle, collatéral, stylobate et base de colonne, nef. Tombes à l'intérieur de la basilique. Édifice L'église est orientée nord-ouest/sud-est. L'édifice religieux était composé d'une abside semi circulaire d'un diamètre intérieur de , d'un transept débordant en trois parties carrées, d'une nef central avec un collatéral de de long et de largeur intérieure.

Deux portiques perpendiculaires portés par une rangée de colonnes et larges de bordaient le côté nord et ouest.

Le bâtiment mesurait environ de long sur 20 de large, ce qui en fait une construction imposante pour l'époque.

Nécropole Des tombes dont les lourdes dalles supérieures constituaient le dallage de l'église sont encore visibles. Ces dalles étaient creusées d'alvéoles où étaient déposées les épitaphes, gravées dans des plaques de marbre (ce qui a notamment permis de connaître le nom de cette église).

Les tombes présentent des formes diverses : 53 sarcophages monolithiques à alvéole céphaloïde, 70 tombes maçonnées de moellons ou de dalles, ce qui constitue environ la moitié des tombes, 6 coffres trapézoïdaux, 15 coffres en pierres sèches, 17 tombes en pleine terre et 4 tombes entourées d'un cordon de galets.

L'étude anthropologie menée par André Leroi-Gourhan lors des fouilles de 1947 consatate une majorité de défunts masculins. L'âge au décès indiqué sur les épitaphes donne une moyenne d'âge de 37 ans . Une étude plus récente établie à partir des dernières fouilles recense 91 tombes et 5 emplacements mal localisés, recueillant 178 individus. Parmi ceux-ci, 38 hommes, dont un tiers sont âgé de plus de cinquante ans, et 34 femmes sont identifiés. L'âge moyen au décès recoupe l'observation précédente, soit 37,6 ans, réparti en 44,5 ans en moyenne pour les hommes et 28,6 ans pour les femmes, . Les hommes sont inhumés dans les portiques nord et ouest, tandis que les femmes sont majoritaires dans le collatéral nord.

Le mobilier funéraire découvert en 1947, plutôt modeste, comprenait des agrafes en bronze à double crochet, d'un type courant à l'époque mérovingienne au , servant peut-être à attacher des suaires, des boucles d'oreille en bronze, la trace de chaussures en cuir pour trois individus, de petits vases globulaires en céramique commune des , des vases en verre ou en céramique.

Inscriptions Quinze pierres tombales comploèes ou fragmentaires découvertes en 1947 portent des épitaphes, recensées dans le recueil des Inscriptions latines des Trois Gaules (ILTG), publié en 1963 par Pierre Wuilleumier.

D'autres inscriptions sont découvertes dans la nécropole avant 1978, quatre épitaphes et sept fragments datant du , dont trois ont été volées avant d'être photographiées et transportées au musée gallo-romain de Fourvière. Une de ces inscriptions fait mention de saint Laurent.

Sequetur hoc tom<u=O>l<o=UM> me[ritus bonae memoriae] Atto cuius corp<u=O>sc<u=O>lum a[ula s(an)c(t)i Laurenti recepit] ut veniam mereat ipsum intercede SVCVS cuius <c=K>(a)r<i=E>tas vel f<i=E>d<e=I>s PRV RVTE qui vixit in pace an(nos) LXXV o[biit 3]''.

L'écriture des épitaphes est anguleuse et abonde en faute de langue. Leur étude onomastique montre des noms latins et au des noms germaniques comme Sicualdus, Brachio, Fredoaldus, Heldberga, Franconinia, Magencola et Atto.

Postérité vignette|alt=batiment vitré derrière une voie routière sur piliers|Bâtiment abritant les vestiges de la basilique Saint-Laurent de Choulans, sous la bretelle d'accès au tunnel de Fourvière. Après la dernière campagne de fouilles en 1985, la ville de Lyon décide de conserver la partie nord des vestiges mis au jour, en les mettant en valeur au sein même des immeubles construits à cette époque, et en rendant le site accessible au public. Une fresque représentant la basilique telle que l'on se la représente à l'aide des vestiges mis au jour a été peinte sur le mur sud du site actuel.

Le site dépend au du Musée gallo-romain de Fourvière et est ouvert le premier jeudi du mois et lors des journées du patrimoine.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Ouvrages généraux

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volume 2 Feuille 39: Saint-Laurent-de-Choulans. .

Ouvrages dédiés

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Articles connexes Lugdunum

Liens externes

Service archéologique de la ville de Lyon

Choulans Catégorie:Nécropole mérovingienne Laurent Laurent Choulans Choulans