Le parc national d'Ytre Hvaler () est un parc national du sud-est de la Norvège, à la frontière avec la Suède. Situé dans les communes de Hvaler et de Fredrikstad dans le Comté d'Østfold, le parc couvre principalement maritimes de la partie extérieure de l'archipel de Hvaler et se prolonge du côté suédois par le parc national de Kosterhavet. Le parc fut inauguré en 2009, simultanément avec son voisin suédois, devenant le premier parc national marin de Norvège. Description Le parc est caractérisé par une profonde fosse, atteignant une profondeur de et parcourue par des courants océaniques offrant des conditions de vie idéales pour un grand nombre d'organismes marins. En particulier, plusieurs récifs coralliens d'eau froide de l'espèce Lophelia pertusa sont présents, dont un de de long, étant ainsi le plus grand récif d'eau froide côtier découvert dans le monde. Le parc compte aussi un grand nombre d'oiseaux de mer, ainsi qu'une importante population de phoques.

Les hommes sont présents dans la zone depuis le retrait des glaces après la dernière glaciation. Plusieurs traces de l'occupation de l'archipel durant l'âge du bronze sont visibles dans le parc, tels que des cairns ou des labyrinthes. À l'époque des Vikings et au Moyen Âge, l'archipel est principalement occupé de façon saisonnière, en lien avec les stocks de poissons. La population fixe vit à la fois de la pêche et de l'agriculture en relative autarcie. En 1658, la zone devient frontalière avec la Suède, et le fort d'Akerøy est alors construit, pour protéger la ville de Fredrikstad. Avec le temps, les activités de la mer deviennent primordiales pour les populations, dépassant l'agriculture, et de nombreux phares sont installés sur les îles de l'archipel.

De nos jours, le parc est un important site touristique, avec un grand nombre d'activités possibles allant de la baignade à l'escalade, en passant par la plaisance, la plongée sous-marine et la randonnée pédestre. La pêche est encore autorisée, mais soumise à des règles afin de préserver l'environnement unique du parc.

Toponymie Le nom Ytre Hvaler a été choisi lors de la création du parc et signifie la partie extérieure (Ytre) de l'archipel de Hvaler . La commune de Fredrikstad souhaitait que son nom apparaisse dans le nom du parc, mais a admis que ceci serait trop lourd. Le nom Hvaler proviendrait du vieux norrois Hvalir, signifiant baleines, en référence aux baleines qui nagent dans les eaux de la commune . Une autre hypothèse est que le nom dériverait de , signifiant cairn.

Géographie Localisation et frontières Le parc national d'Ytre Hvaler est situé dans le comté d'Østfold, au sud-est de la Norvègep. 2. Il est en majeure partie (94 %) dans la commune de Hvaler, l'autre se trouve dans la commune de Fredrikstad. Il protège la partie extérieure de l'archipel de Hvaler, ainsi qu'une vaste étendue maritime autour, si bien que sur les que couvrent le parc national, sont maritimes. Sa frontière sud est constituée par la frontière avec la Suède et le parc national de Kosterhavetp. 12. Les parties sauvages de l'archipel intérieur sont aussi comprises dans le parc, en particulier du côté des îles Lauer, Papper, Herføl, Kirkøy, Asmaløy, Spjærøy et Vesterøy. Le parc est relativement proche d'agglomérations à forte densité de population, telles que Fredrikstad, mais aussi Oslo et Göteborg, toutes deux situées à environ .

Relief thumb|Carte du parc et de son voisin Kosterhavet. Le parc présente un paysage insulaire de relativement faible altitude, le point culminant de l'archipel étant Bankerødkollen à et le point culminant du parc est à environ . Les îles sont relativement petites, les plus grandes de l'archipel de Hvaler (telles que Vesterøy, Asmaløy, Kirkøy…) n'étant que partiellement incorporées au parc. La plus grande île totalement contenue est Akerøya, d'une superficie de , et beaucoup d'îles ne sont en fait que des rochers émergeant de l'eau (). Le relief des îles est marqué par des sommets rocheux escarpés alternant avec des zones plus plates de terrains sédimentaires.

Le relief sous-marin est marqué par l'extrémité sud-est de la longue fosse norvégienne longeant la côte sud du pays . Dans le parc, celle-ci atteint une profondeur de p. 14 (à comparer au moins de 100 m de profondeur moyenne de la mer du Nord). Cette fosse se ramifie, une partie allant vers le sud et le parc national de Kosterhavet, une partie se dirigeant vers le nord et le fjord d'Oslo. Outre cela, la topographie sous-marine ressemble à la partie émergée, avec des sommets rocheux entre lesquelles s'étendent des zones couvertes de sédiments.

Climat Le parc, tout comme l'ensemble de la côte sud norvégienne, jouit d'un des meilleurs ensoleillements du pays . Les précipitations y sont nettement moindres que sur la côte ouest , cette dernière étant exposée à l'humidité apportée par l'océan et le Gulf Stream.

Hydrographie Le parc est situé le long de la côte du Skagerrak qui, avec le Cattégat plus au sud, forme une série de détroits reliant la mer du Nord à la mer Baltique. Il s'agit donc d'une importante zone d'échange entre les deux mers, avec deux courants marins importants. Le premier est un courant profond d'eau salée (35 ‰) transitant en particulier dans la fosse norvégienne . Ce courant suit alors le relief, se divisant au milieu du parc entre une partie se dirigeant vers le nord dans le fjord d'Oslo et une partie allant vers le sud dans la fosse de Koster. Le deuxième est un courant de surface (jusqu'à environ 25 m) en provenance de la Baltique, particulièrement important au printemps et au début de l'été, lié à la fonte des neiges alimentant les fleuves se jetant dans la Baltique. La mer Baltique ayant une salinité faible en particulier à cette période, ceci provoque un important adoucissement des eaux de surface dans le parc allant parfois jusqu'à moins de 10 ‰. Un autre facteur physique majeur apportant des eaux douces au parc est l'embouchure de la Glomma à proximité immédiate du parcp. 43, du côté de Fredrikstad. Ce fleuve a un débit moyen d'environ /s, ce qui en fait le plus puissant de Scandinavie.

Géologie thumb|Les îles Søster ont une géologie différente du reste de l'archipel. L'archipel intérieur est principalement composé d'une forme de granite appelée granite d'Iddefjord (appelé granite de Bohus du côte suédois)p. 13. Ce granite est relativement récent, formé il y a environ . Dans l'archipel extérieur au contraire, se trouve du gneiss parfois d'origine sédimentaire et parfois granitique. Il est bien plus ancien, datant probablement d'il y a d'années . La frontière entre les deux est une longue faille, liée au rift d'Oslo et datant d'il y a . Cette faille est aussi responsable de la formation de la fosse de Hvaler. Le rift d'Oslo est aussi responsable de la formation d'un conglomérat de porphyre rhombique, une roche très rare dans le monde. Ces conglomérats apparaissent au nord du parc, autour des îles Søster et Struten.

Si une grande partie du parc est constituée de ces roches affleurantes, des dépôts sédimentaires, tels que de l'argile, du limon ou du sable sont aussi présents entre les sommets rocheux, mêlés parfois avec des coquillesp. 48. Ces sédiments ont été déposés alors que la zone était immergée, à des endroits abrités du courant. En effet, depuis le retrait des glaciers il y a environ , la zone a subi un rebond post-glaciaire atteignant au maximum . Les îles n'ont donc émergé qu'il y a quelques milliers d'années. Une autre conséquence des glaciations est la moraine de Hvaler, que l'on peut apercevoir du côté de l'archipel intérieur.

Milieu naturel Partie émergée thumb|Végétation caractéristique du parc, ici à Landfasten. Le paysage insulaire est principalement ouvert, du fait des conditions climatiques et aussi de la pâture. Il est en grande partie constitué d'une lande côtière, en particulier sur l'île d'Asmaløy. Sont présentes en particulier des espèces telles que la bruyère callune (), du saule rampant (), du genévrier commun (), de la silène des rochers () et de la petite oseille ()p. 16. Dans les zones plus riches ou plus humides, poussent en plus de la laîche bleuâtre (), du géranium sanguin (), du muguet de mai (), de l'inule à feuilles de saule (), de la centaurée jacée (), de la reine-des-prés () et de la benoîte des ruisseaux (). De nos jours, ces zones tendent à être envahies par des genévriers ainsi que des pins et feuillus, mais le processus est lentp. 17. Au moins 32 espèces de plantes vasculaires présentes dans le parc sont sur la liste des espèces menacées en Norvège et plusieurs ne se retrouvent presque qu'exclusivement dans le parc, telle que l'orchis à un bulbe () et font donc l'objet d'une protection spéciale. De la même façon, cinq espèces de lichens, en particulier du genre Cladonia, neuf espèces de champignons et deux espèces de mousses présentes dans le parc sont autrement rares dans le paysp. 19-20.

Outre la partie sous-marine, le parc est surtout connu pour sa riche avifaune, fortement étudiés par les ornithologuesp. 34. C'est en particulier un site important pour les oiseaux de mer, à la fois durant la mue, la migration et l'hivernagep. 33. Le parc compte par exemple environ d'eider à duvet (), plusieurs milliers de macreuses noires (), mais aussi une riche population d'harelde kakawi (), de macreuse brune (), ainsi que de plongeons, de cormorans, d'ansérinés... Le parc compte en particulier 31 espèces rares en Norvège, telles que le guillemot à miroir () (une trentaine de couples), la sterne pierregarin () (plusieurs centaines de couples) ou le labbe parasite ().

thumb|left|Phoques dans le parc voisin de Kosterhavet.

Le parc est aussi renommé pour son importante population de phoques. Il constitue ainsi le site le plus important de tout le Skagerrak et le fjord d'Oslo pour le phoque commun () avec entre 480 et . Ils sont facilement observables dans la zone Tisler-Heia-Torbjørnskjær. Le phoque gris () se montre parfois aussi dans le parc.

Les îles sont également peuplées d'élans () et de chevreuils (), ces derniers appréciant particulièrement la mosaïque de terrains présents dans l'archipel. Parmi les plus petits mammifères, est rapportée la présence du vison d'Amérique (), qui est une espèce étrangère et invasive et représente une menace pour les oiseaux marins. Elle n'est pas présente sur les îles les plus éloignées, mais malgré la chasse de l'espèce, elle se maintient sur les îles les plus proches de la côte, se réimplantant principalement en automne. Le renard roux () peut aussi menacer les oiseaux lorsqu'il s'établit sur les îles lorsque la mer gèle, mais il s'agit d'une espèce naturellement présente.

Partie immergée thumb|Forêt d'algues non loin du parc. La partie marine du parc présente une vaste diversité d'écosystèmes, ce qui est dû à la grande variété de profondeurs et de salinitésp. 42, ainsi qu'à la diversité de substrats allant des fonds sédimentaires aux fonds rocheux.