Dieffenbach-au-Val est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.
Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.
Géographie Localisation Implantée sur la rive droite du Giessen, la commune de Dieffenbach-au-Val est partagée en trois parties bien distinctes dont la superficie globale atteint 295 ha. La première partie du secteur englobe la vallée alluviale du Giessen qui se rétrécit pour rejoindre l'endroit granitique du Petit et du Grand Hollé. L'autre partie traversée par le ruisseau qui descend de la Basse Nicole vers le Hollé. Enfin un autre secteur rejoint le massif de l'Altenberg dont Dieffenbach-au-Val ne couvre que la partie de basse altitude située à et les crêtes situées sur le territoire de la commune de Neubois. Le village s'étale entre 280 et 300 mètres d'altitude. Il est rejoint en partie par le hameau de Hirzelbach situé dans un vallon à mi-chemin de Dieffenbach-au-Val et Neuve-Église.
Communes limitrophes
Écarts et lieux-dits Hirtzelbach (hameau).
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le Giessen et le ruisseau Dumpfenbach..
Le Giessen, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Urbeis et se jette dans l'Ill à Ebersmunster, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Dieffenbach-au-ValLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Giessen Liepvrette ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Giessen et de la Lièpvrette. Son périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat des eaux et de l'assainissement Alsace Moselle..
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Villé à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Dieffenbach-au-Val est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sélestat, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (50,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (50,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (50,9 %), zones agricoles hétérogènes (16,8 %), prairies (16,2 %), zones urbanisées (16,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie L'étymologie du nom du village n'a pratiquement pas changé au cours des siècles. On trouve Dieffenbach dès 1336, puis en 1336, puis en 1359, 1369, ensuite Tifenbas (1690). Par la suite on a rajouté au-Val pour ne pas confondre son homonyme Dieffenbach-lès-Wœrth. Un toponyme germanique, Dieffenbach, est donc complété par le français « au Val ». Un exemple concret du bilinguisme qui montre que l'Alsace constitue une zone de contact entre les civilisations germanique et française. Que signifie ce nom ? L'interprétation populaire « rivière profonde » ne correspond guère au site du village dont une partie s'étire le long d'un ruisseau peu encaissé. Dieffenbach-au-Val est situé dans l'avant-vallée aux pentes douces ; la rivière n'est ni profonde, ni abondante, et quasiment à sec en été.
Histoire Un village faisant partie de la seigneurie de Frankenbourg Les premières mentions écrites se trouvent dans un document de 1336 et dans un acte de vente de 1359, mais l'origine de l'existence du village n'est pas exactement connue. Une charte de 1369 nous permet de penser que le village existait déjà au . Faisant partie de la seigneurie de Frankenbourg, il en partage le destin, change de propriétaire au cours des siècles. Ce sont d'abord les comtes de Frankenbourg qui gèrent le village, le château dominant le village du Comte-Ban. À la fin du le comte Siegebert IV s'établit au château de Werde, près de Matzenheim, et en prend le nom. Le voit le déclin de cette famille qui perd une partie de ses biens qui tombent dans la mouvance de l'évêque de Strasbourg.
Le village passe dans la propriété des comtes d'Oettingen Le déclin s'accentue au et par mariage, le château et le village deviennent la propriété des comtes d'Oettingen. La commune de Dieffenbach choisira d'ailleurs comme armoiries celles des Oettingen. Les comtes d'Oettingen vendent en 1359 leur seigneurie du Frankenbourg à l'évêque de Strasbourg qui en reste propriétaire jusqu'en 1489. À ce moment-là, l'ensemble du Comte-Ban, et donc Dieffenbach, est acquis par le Grand Chapitre de la cathédrale de Strasbourg et cela jusqu'à la Révolution.
La guerre de Trente Ans Dieffenbach connaît le sort des autres villages de la vallée et les malheurs de la guerre de Trente Ans. Les troupes étrangères déferlent sur la région à partir de 1632. Ce conflit a pour origine l'antagonisme politique entre la maison d'Autriche, l'électeur palatin Frédéric, roi de Bohême, les rois du Danemark et de Suède, secrètement soutenus par Richelieu. Les hostilités commencent en 1618 et s'achèvent, après l'entrée en scène de la France, par la paix de Westphalie en 1648. À la veille de ce conflit le village comptait 14 familles de bourgeois ; en 1649, il ne reste que trois manants et une veuve ; cinq maisons sont encore habitables sur les quatorze édifiées avant 1618.
Le village se repeuple Dans la deuxième moitié du le village se repeuple et en, 1690, onze couples, deux veufs, une veuve et 21 enfants, soit 46 personnes, vivent à Tiefenbas ; parmi ces familles on trouve des personnes portant le nom de Four, Mathieu, Thiébault, Viné, des patronymes encore connus de nos jours. Au la population continue d'augmenter, de nombreuses maisons en témoignent, pour atteindre 370 habitants en 1801.
La Révolution Le curé Kast refuse de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé. Se sentant menacé il doit immigrer. Il meurt en 1803, quelques mois avant que le village ne soit érigé en paroisse autonome dont Neubois était jusqu'à présent la maison-mère.
La guerre de 1870 La guerre de 1870 est faiblement ressentie à Dieffenbach-au-Val, hormis quelques combats à Thanvillé le . Des actions de harcèlements ont lieu dans cette commune contre les troupes allemandes qui en feront l'amère expérience. En signe de représailles, les cavaliers badois passablement énervés fusilleront le lendemain quelques otages originaires de Thanvillé. L'annexion allemande qui va durer quarante huit ans, aura pour conséquence un importante émigration vers les États-Unis ou la France métropolitaine.
La guerre 1914-1918 La guerre 1914-1818 surprend tout le monde et fait voler en éclats la région encore imprégnée des traditions et coutumes du siècle précédent. Pendant la deuxième quinzaine du mois d', des combats acharnés se produisent dans le Val. Bien que Dieffenbach ait été relativement épargné par les combats on note le passage de Bavarois qui contrôlent les allées et venues de la population.
La Seconde Guerre mondiale
Après le franchissement du Rhin les 14 et , les troupes allemandes mettent en déroute l'armée française qui se replie vers les crêtes vosgiennes par les vallées. Les premières unités de la Wehrmacht s'installent dans la vallée. Des éléments français tentent d'interdire l'accès aux vallées du Giessen et de la Liepvrette. L'administration allemande s'installe progressivement. Nombre de jeunes gens du pays tombent sous l'uniforme que l'occupant les a contraint de revêtir ; d'autres termineront leur courte vie dans les camps de prisonniers en Russie. Beaucoup refusent de se soumettre, et au péril de leur vie et de celle de leur famille, plongent dans la clandestinité ou la Résistance. Pendant la durée de la guerre plusieurs filières d'évasion se mettent en place, grâce à la complicité de passeurs et d'habitants. Ils acheminent par la frontière des centaines d'évadés, de réfractaires ou de résistants. Ces filières ont particulièrement actives dans les secteurs de Steige-La Salcée-le Climont, ainsi que dans les fermes isolées en amont de Fouchy et Lalaye. Le Val de Villé est libéré le par les troupes américaines du général Alexander Patch, relayées par la Armée française et les goumiers marocains. Préalablement, dès le , des bombardements de l'aviation américaine détruisent plusieurs immeubles dans les alentours, surtout à Villé.
Les années d'après-guerre