Eberbach près Seltz (abrégé officiellement en Eberbach-Seltz), anciennement dit Neudorf, est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Géographie Village de (recensement de 2006) situé dans le département du Bas-Rhin à l'extrémité nord-est de la région Alsace, à soixante kilomètres au nord de Strasbourg, à dix kilomètres à l'ouest du Rhin, et à une distance équivalente de la frontière allemande au nord.

Hydrographie La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau l'Eberbach..

vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|<center>Réseau hydrographique d'Eberbach-SeltzLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Alsace, caractérisée par une pluviométrie faible, particulièrement en automne et en hiver, un été chaud et bien ensoleillé, une humidité de l’air basse au printemps et en été, des vents faibles et des brouillards fréquents en automne (25 à ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Scheibenhard à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Eberbach-Seltz est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (87,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (87,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (87,1 %), zones urbanisées (12,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=2.1|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|<center>Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie D'un nom de personne germanique Ebero + bach ou de Eber « sanglier » + bach. Le linguiste allemand Theo Vennemann prétend que Eber ne signifie pas « sanglier » mais est une vieille racine *ebr apparentée au basque ibar, « vallée ». Äwerbàch en francique méridional.

Histoire Jusqu'au , l'histoire ne nous apprend que peu de choses sur l'existence humaine sur le site actuel de la commune.

Des fragments de poterie attestent de son occupation à la fin de l'époque gallo-romaine (). La localité d'Eberbach est créée par l'abbaye bénédictine de Seltz, fondée par l'impératrice Adélaïde vers la fin du premier millénaire. L'empereur Frédéric Barberousse confirme cette possession. Il y libère les serfs en 1187.

En 1442, la localité faisait partie du fief des barons de Fleckenstein. Ravagé par les guerres et la peste, village en ruine et sans vie, le ban de la commune est incorporé en 1536 au ban commun de Niederrœdern, Wintzenbach et Oberlauterbach. Le village avait disparu.

Le Eberhof

Créée par l'abbaye bénédictine de Seltz en 995, la ferme Eberhof est propriété de l'abbaye jusqu'en 1163, date à laquelle l'empereur Frédéric Barberousse donna ses biens du fief de Sainte Adélaïde à l'abbaye de Königsbrück (fondée vers 1140), qui en resta propriétaire jusqu'à la Révolution française de 1789.

Implantée sur le ban de la localité, la ferme Eberhof, d'environ 34 ha, est exploitée par un fermier. Les moutons de l'Eberhof pouvaient paître dans le ban mercredi et jeudi contre 6 pains et 7 fromages l'an. La ferme Eberhof était la seule rescapée des invasions et guerres, et pendant deux siècles ( et ) la seule exploitation agricole sur le site de la commune.

Pendant la Révolution, les biens du clergé sont déclarés biens nationaux. La ferme n'échappe pas à cette règle. Louée d'abord à Adam Weiss d'Eberbach et David Debus de Niederrœdern pour trois ans, elle est ensuite vendue comme bien national à Schmitt, commerçant à Landau, puis à Meissert qui, mis en faillite, doit la céder à son créancier Auscher de Lauterbourg. En 1812, Auscher la revend en 39 petits lots, le premier comprenant la maison d'habitation à un étage, deux granges, l'étable, la cour, le potager, la maison du berger et 48 ares de terres. Elle était alors exploitée par les mennonites Kraebihl.

Abandonné en 1905, le lot comprenant les bâtiments est vendu en 1906 à deux citoyens d'Eberbach qui démolirent les bâtisses pour en réutiliser les matériaux.

La ferme Eberhof était située près du Neugartenhof (ancêtre du Schrammhof), un peu en contrebas vers l'est en direction du village d'Eberbach. Quelques vestiges confirment encore son emplacement au milieu du .

Naissance d'un nouveau village

Plus récent que les villages aux alentours, Eberbach fut fondé sous le règne de Louis XIV. Le mars 1701 fut rédigé l'acte de création par les barons de Fleckenstein du nouveau village ou « Neudorf », appelé Eberbach. Il est implanté sur le ban commun de Niederrœdern, Wintzenbach et Oberlauterbach.

Le ban, appartenant à ces communes, était d'une grande étendue. Partiellement, il consistait en biens incultes, forêts et autres terres en friche. Selon une ordonnance royale de 1682, les terres incultes en Alsace devaient être mises en valeur. En un lieu convenu, les volontaires pourront construire des maisons, des granges, des écuries. Chacun recevra un emplacement de deux acres (48 ares) pour les bâtiments et le jardin. D'après l'ordonnance royale de 1687, tous ceux qui défricheront les terres doivent les posséder et en jouir, et seront libérés de la dîme pendant les douze premières années.

Pour favoriser le développement rapide du village, les seigneurs de Fleckenstein accordent eux aussi des avantages substantiels. Tous ceux qui bâtissent des maisons à un étage sont pleinement exempts pendant trois ans des servitudes et charges seigneuriales. Pour les maisons à deux étages, l'exemption est de six ans. En ce qui concerne les pâturages, les habitants des trois villages et ceux du futur « village neuf» doivent en jouir en commun.

Les premiers habitants viennent principalement d'Allemagne, mais aussi de Suisse et des provinces françaises. L'état civil est assuré par Niederrœdern jusqu'en 1722, date à laquelle les Rohan, successeurs des Fleckenstein, donnèrent un ban à Eberbach qui devient alors commune autonome. Les noms des pionniers figurant sur les registres de l'époque : Stoltz, Royer, Saali, Walter, Weber, Heintzelmann, Pfaff…, sont toujours en vigueur.

Les premières maisons sont construites dès 1702-1703. La population augmente rapidement. Elle est d'environ 200 habitants en 1720 ; elle atteint 401 habitants en 1900. L'école construite en 1730 est remplacée en 1830. La mairie-école date de 1882. À cette époque, l'école accueillait une centaine d'élèves répartis sur deux classes. Le village est électrifié après la Première Guerre mondiale ; l'eau courante n'est installée que quarante ans plus tard.

La population entièrement agricole vit chichement pendant plus de deux siècles des produits de la polyculture. Avec le remembrement des terres, l'évolution technologique, la mécanisation, la construction de l'Europe, la majorité des habitants s'oriente vers l'industrie et le travail frontalier. Aujourd'hui, quelques rares paysans, fortement mécanisés, cultivent l'ensemble des terres. La culture de maïs remplace la polyculture d'autrefois.

Pendant les dernières décennies du , le village connaît un essor important. Les travaux d'assainissement sont réalisés, le réseau routier est entièrement rénové.

Le village se modernise : salle des fêtes, complexe sportif, associations sportives et culturelles, grâce au dévouement de la population et des élus locaux. De nouveaux quartiers ou maisons individuelles voient le jour.

Vie paroissiale

À l'origine, Eberbach dépend de la paroisse de Niederroedern puis de celle de Wintzenbach. La paroisse d'Eberbach est créée en 1758, confirmant un essor initié dès les années 1720. L'église est construite en 1732, remplaçant une construction primitive. La paroisse devient indépendante de 1802 à 1808 mais redevient par la suite filiale de Wintzenbach avant d'acquérir une indépendance définitive en 1820.

L'église et le cimetière (datant de 1722) sont situés à l'endroit le plus élevé du village. Se révélant trop petit, le sanctuaire est agrandi en 1867 puis aménagé au fur et à mesure : le maître-autel en 1868, la chaire en 1872, les autels latéraux en 1874, le banc de communion en 1876, les vitraux et l'orgue qui remplace l'ancien harmonium en 1894.

La tour, couverte d'ardoise en 1869, est considérablement endommagée par la tempête de 1905. Elle doit subir de gros travaux l'année suivante. L'église, endommagée pendant les dernières guerres, est chaque fois restaurée. Elle est en même temps agrandie après la Deuxième Guerre mondiale sur l'initiative du curé Adolphe Fuger. L'église Saint-Louis est aujourd'hui un bel édifice.

La chronique paroissiale rapporte également l'installation et le baptême des différentes cloches de l'église.

La première, dont on ne dispose pas d'informations sur sa mise en place, est refondue en 1866 aux frais des habitants de la commune sous l'administration de MM. Bersch Jacques, curé ; Weber Michel, maire ; parrain : Arth André ; marraine : Arth Marguerite. Cette première cloche fut confisquée par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale pour la fabrication d'obus.

Une deuxième cloche fut ajoutée en 1906 sous l'administration de MM. Jung Joseph, curé ; Heintzelmann Joseph, maire ; parrain : Foeller Michel ; marraine : Heintzelmann Catherine. Cette cloche devait subir le même sort que la précédente ; les événements en ont décidé autrement.

Celle confisquée par les Allemands fut remplacée en la fête de l'armistice le 11 novembre 1923 aux frais des paroissiens sous l'administration de MM. Trieb Adolphe, curé ; Muster Antoine, maire ; parrains : Krieg Joseph, Saali Jean, Marbach Laurent ; marraines : Stoltz Caroline, Walter Thérèse, Kraemer Marie-Anne.

Origine plus détaillée