René Victor Auberjonois, né le à LausanneRené Victor Auberjonois est né, semble-t-il, à Lausanne, et non pas à Montagny-près-YverdonCf. Pierre-André Lienhard, « Auberjonois, René » in: Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du , en ligne ; SIKART, Dictionnaire sur l'art en Suisse ; plateforme Renouvaud - Patrinum de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne (sites consultés le ). et mort le dans cette même ville, est un peintre, dessinateur, caricaturiste et illustrateur suisse. Il est considéré comme l'un des peintres suisses les plus importants de la première partie du .

Biographie Famille et formation Fils de Gustave Auberjonois (1837-1917), agronome et riche propriétaire foncier à Jouxtens-Mézery (où celui-ci avait créé le domaine agricole modèle de Beau-CèdreCf. Isabelle Roland, « Une ferme modèle en territoire helvétique : le domaine de Beau-Cèdre à Jouxtens-Mézery (Vaud) », In Situ, 21 | 2013, mis en ligne le 21 novembre 2013, consulté le 15 février 2022 ; ; .), dans le canton de Vaud, et d'une mère française, Pauline d'Albys (1845-1926)Cf. le site généalogique Ancestry (consulté le )., René Auberjonois obtient sa maturité avant de mener une existence dorée mais hésitante quant à l'orientation à lui donner : un peu de musique (violon), un peu d'études.

Après avoir fréquenté l'École polytechnique de Dresde, en 1895 il se décide pour la peinture et part à Londres, où il se forme au Royal College of Art. En 1896, il s'installe à Paris, où il est l'élève de Luc-Olivier Merson en compagnie de Martha Stettler., puis étudie aux Beaux-Arts de 1897 à 1900.

En 1900, il entreprend un voyage d'étude à Florence et copie les primitifs italiens.

Carrière artistique Dans la capitale française, il rencontre le chef d’orchestre Ernest Ansermet et se lie d'amitié avec des écrivains vaudois comme Édouard Rod, Paul Budry et Charles Ferdinand Ramuz (1905), qui lui dédiera son roman Aimé Pache, peintre vaudois (1911).

En 1906, il rencontre Cuno Amiet et Giovanni Giacometti à Berne et, sous leur influence, , mais dès 1911 (qu'il a découvert avec enthousiasme lors de l'exposition du Salon d'automne de 1906) le fait « René Auberjonois » in: Paul Müller et Sylvie Patry (dir.), Modernités suisses, 1890-1914, catalogue de l'exposition du musée d'Orsay, mars - 27 juin 2021, Paris, Flammarion, mars 2021 , ..

À son retour définitif en Suisse en 1914, il s'installe à Jouxtens et adopte son style personnel : palette de gris et bruns, composition géométrique et déformation des motifs.

En 1916, il réalise les décors de Guillaume le Fou de Fernand Chavannes puis, en 1918, les décors et les costumes pour l'Histoire du soldat d'Igor Stravinsky et Charles Ferdinand Ramuz.

En 1919, en raison de son impossibilité à concilier vie familiale et travail, il divorce et s'installe à Lausanne, puis fait un séjour à Sion, en Valais, qui aura un impact important sur les thèmes de sa peinture.

Il réalise en 1923 les décors pour le bicentenaire du major Davel et le Bal des Artistes de 1927.

En 1925, il fait la rencontre de l'éditeur et mécène Henry-Louis Mermod, qui publie Ramuz et lui commandera de nombreuses œuvres (toiles et dessins d’illustration). En 1935, il peint les décors muraux de l'abbaye du Dézaley, ce qui provoque une polémique en Suisse romandePierre-André Lienhard, « Auberjonois, René » in: Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du , (consulté le )..

Son expression artistique change dès 1935, où paysages, animaux, portraits, natures mortes, nus féminins deviennent l'essentiel de sa recherche. Son œuvre Nature morte (soleils, table de jardin verte), 1946, est conservée au musée cantonal d'art de LuganoNature morte (soleils, table de jardin verte), 1946..

C'est en 1948 que sa peinture atteint son apogée par une palette sombre et des scènes de corridas. Paradoxalement, son œuvre n'est pas bien reçue en Suisse romande. Il est plus apprécié du côté alémanique ou dans le reste de l'Europe, où il participe en 1948 à la Biennale de Venise puis à la Documenta de Cassel en 1955.

Vie privée et descendance En 1908, il se marie avec Augusta Grenier (dont il divorcera en 1919) et se retire deux ans dans la propriété familiale, où naissent ses deux fils : Maurice (1909) et Fernand (1910), journaliste.

Il se remarie en 1922 avec Marguerite Hélène Buvelot. Le couple se sépare en 1929, après le décès de la mère du peintre, qui a été suivi de la vente aux enchères du domaine familial de Jouxtens.

Entre 1935 et 1940, il entretient une liaison avec Simone Hauert, modèle de nombreux tableaux.

Il est le grand-père de l'acteur René Auberjonois.

Notoriété Après Ferdinand Hodler, Auberjonois est une figure tutélaire et emblématique de l'art suisse de la première moitié du ...

Collections publiques

Collections d'art de la Confédération, Berne

Charles-Ferdinand Ramuz et le chevrier en Valais, peinture, vers 1920 Italienne près d'une chapelle votive, peinture, 1924 Jeune homme, peinture, 1934 Jeune fille française, peinture, vers 1938 Hommage à l'Olympia, peinture, 1943 Danseuse aux cuisses nues, peinture, 1950

Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne

Grand nu couché ou étendu avec chien, huile sur toile, 1922-1923 Le Major Davel au service de la Hollande / au service de la France, huile sur toile de jute, 1923 Autoportrait, huile sur toile, 1929 Ubu roi, peinture sous verre, 1935 La route valaisanne, huile sur toile, 1940-1941 Nature morte aux fourchettes, huile sur toile, 1953

Notes et références

Voir aussi Fonds d'archives BCU Lausanne - Accueil - Fichier général des grands fonds.

Fonds Auberjonois, René. Cote : P013. Centre des littératures en Suisse romande (inventaire en ligne sur Phœbus).

Bibliographie De Cézanne à Dubuffet, collection Jean Planque, 2001, p. 95 Marcus Osterwalder (dir.), Dictionnaire des illustrateurs. Études de Lettres, 1972, série III, tome 5, , consacré à René Auberjonois. Pierre-André Lienhard, « Auberjonois, René Victor » in SIKART Dictionnaire sur l'art en Suisse, 1998, actualisé 2015, en ligne, état au , consulté le . . . « René Auberjonois » in Paul Müller et Sylvie Patry (dir.), Modernités suisses, 1890-1914, catalogue de l'exposition du musée d'Orsay, - , Paris, Flammarion, , et planche .

Vidéo « René Auberjenois », un hommage de son ami Gustave Roud en 1972, une archive de la Télévision suisse romande.

Article connexe Eugénie Pradez

Liens externes

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