La présidence de Nicolas Sarkozy commence le lors de la cérémonie de passation des pouvoirs au palais de l'Élysée entre le président sortant Jacques Chirac et son successeur Nicolas Sarkozy. Le mandat se termine le , lors de la passation des pouvoirs avec François Hollande.
Nicolas Sarkozy est le président de la République française et le de la République. Durant sa présidence, la France connaît trois gouvernements successifs, tous placés sous l'autorité du Premier ministre François Fillon : les gouvernements Fillon I, II et III.
Sa présidence fut notamment marquée par une crise financière et économique mondiale, par l'intervention en Libye de 2011 et par une forte inflation législative. Parmi les principales lois votées, figurent la signature du traité de Lisbonne, le grenelle de l'environnement, la loi d'autonomie des universités et la réforme des retraites amenant toutes les deux à d'importantes manifestations.
Les gouvernements Fillon Premier gouvernement Fillon (mai 2007 à juin 2007)
Le , Nicolas Sarkozy nomme François Fillon au poste de Premier ministre. Ce dernier forme le lendemain un gouvernement réduit à 15 ministres (huit hommes et sept femmes), auxquels s'ajoutent quatre secrétaires d'État et un haut-commissaire. Le gouvernement est formé de personnalités de droite, mais aussi de gauche, du centre droit et de la société civile. Le ministère de l'Économie et des Finances est scindé en deux, l'un chargé du budget de l'État, l'autre de la stratégie économique et du développement. Conformément au Pacte écologique signé par Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle, Alain Juppé prend la tête d'un grand ministère alliant l'écologie, l'aménagement territorial et le transport. Le ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, sujet à polémiques, est également créé.
À l'issue du second tour des élections législatives de juin 2007, l'UMP conserve la majorité absolue à l'Assemblée nationale, avec 313 élus sur 577. Conformément à la tradition, François Fillon remet sa démission au président de la République le , qui le reconduit dans sa fonction pour former un nouveau gouvernement, sans Alain Juppé, seul ministre battu dans sa circonscription.
Deuxième gouvernement Fillon (juin 2007 à novembre 2010)
vignette|left|François Fillon à Bonn, en 2009. En , la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), défendue par Valérie Pécresse, est définitivement adoptée par le Parlement. Cette réforme de l'enseignement supérieur donne plus d'autonomie aux universités françaises, afin qu'elles puissent « gérer leurs filières d'enseignement, recruter leurs élèves et leurs enseignants, les rémunérer comme elles l'entendent, utiliser leur patrimoine immobilier et signer des partenariats industriels ou scientifiques ». Critiquée par les syndicats d'enseignants-chercheurs et d'étudiants, elle est présentée par la droite comme l'un des succès du quinquennat de Nicolas Sarkozy puisque 90 % des universités ont opté pour la gestion autonome au . Un rapport d'information sénatorial« La réforme universitaire : promesse rapidement tenue », Le Journal du dimanche, 20 juillet 2011. estime que la mise en œuvre de cette loi a « renforcé l'attractivité des postes administratifs des universités » et permis le recrutement de professeurs étrangers renommés, tel George Fitzgerald Smoot.
La loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (TEPA), qui prévoit entre autres la défiscalisation des heures supplémentaires, l'allègement des droits de succession, la déduction fiscale sur les intérêts d'emprunt immobilier, l'abaissement du bouclier fiscal, est votée en . Au premier mois de son entrée en vigueur, en , une enquête de l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) indique que 40 % des entreprises de plus de dix salariés ont déclaré une exonération relative à la loi TEPA et que 75 % des entreprises de plus de dix salariés ont l'intention d'utiliser cette mesure« Premiers résultats sur la mise en œuvre de la loi TEPA au mois d’octobre 2007 », communiqué sur le site de l'ACOSS, 20 décembre 2007..
Durant les mois suivants, plusieurs lois sont votées pour limiter l'immigration clandestine (loi du 20 novembre 2007, controversée en raison de l'établissement d'un dispositif sur les tests génétiques – l'amendement « Mariani » – ainsi que de l'autorisation d'effectuer des statistiques ethniques, cette dernière disposition ayant été censurée par le Conseil constitutionnel.
En matière judiciaire, la loi sur la récidive d', instaure des peines-plancher. Elle est complétée par la loi du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté qui est adoptée en procédure d'urgence (article 45) puis partiellement censurée par le Conseil constitutionnel.
Fin 2007, le service minimum dans les transports et les écoles est institué. Un service minimum d'accueil dans les établissements scolaires est imposé aux mairies, mais ce dispositif rencontre de nombreuses difficultés de mise en œuvre du fait de mauvaises volontés politique ou de réels problèmes d'organisation notamment dans les petites communes rurales« service minimum d'accueil : bilan d'application », Sur le site www.prisme-asso.org du 11 octobre 2007.. À la fin de l'année 2007, est également votée la réforme des régimes spéciaux de retraite, visant à harmoniser les « principaux paramètres de ces régimes avec ceux de la fonction publique« La réforme des régimes spéciaux de retraite », Sur le site gouvernement.fr de mai 2011. ». Une franchise médicale sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires entre en vigueur le . En parallèle, Nicolas Sarkozy met en place le plan Alzheimer, doté de 1,6 milliard d'euros sur cinq ans..
Recevant le titre de chanoine honoraire de Saint-Jean-de-Latran le , Nicolas Sarkozy prononce un discours dans lequel il fait référence à l'encyclique Spe Salvi du pape Benoît XVI, rappelle les liens qui unissent la France et le Saint-Siège et appelle à une laïcité moins rigide, qu'il nomme « laïcité positive ». Se définissant comme un catholique non-pratiquant, il est considéré comme le premier président de la République à donner des signes publics de pratique religieuse : il a publié en 2004 un livre d'entretien avec un prêtre dominicain ; s'est affiché aux côtés d'André Vingt-Trois ; s’est engagé, s’il est élu président de la République, à se retirer quelques jours dans un monastère ; est le premier président de la République à se signer lors d'une cérémonie officielle .....
Après la défaite de la droite aux élections municipales et cantonales, Nicolas Sarkozy procède, le , à un remaniement ministériel, faisant entrer six nouveaux secrétaires d'État dans le gouvernement. Dans le même temps, il appelle à la création d'un « comité de liaison pour renforcer les liens à l'intérieur de la majorité et préparer les futures échéances politiques » : le Comité de liaison de la majorité présidentielle voit officiellement le jour en juin de l'année suivante.
En , est lancée la première étape de la révision générale des politiques publiques (RGPP), qui a pour objectif la réforme de l'État, la baisse des dépenses publiques et l'amélioration des politiques publiques.
thumb|Nicolas Sarkozy aux côtés du général Georgelin, lors du défilé du .
La loi Chatel, qui doit favoriser la libre concurrence et la baisse des prix, et la loi de modernisation de l'économie (LME), qui crée notamment le statut d'auto-entrepreneur, sont adoptées en 2008. Au , l'INSEE comptabilise demandes de création en auto-entrepreneur« Révision à la hausse du niveau d'activité enregistré par les auto-entrepreneurs qui se sont déclarés au cours du semestre 2009 », edubourse.com, 26 janvier 2010. et l'objectif d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires est atteint, nouvelobs interactif, 21 janvier 2010..
Conformément à ses engagements de campagne, Nicolas Sarkozy abaisse la TVA dans la restauration de 19,6 à 5,5 % pour favoriser l'emploi et relancer la consommation. En 2015, la Cour des comptes fait un bilan très mitigé de cette mesure, qu'elle considère comme « coûteuse pour les finances de l’État et inefficace économiquement ».
Une réforme de la Constitution est adoptée par le Congrès du Parlement le à deux voix de majorité. Critiquée par une grande partie de l'opposition, elle limite notamment le nombre de mandats consécutifs du président de la République à deux, permet à celui-ci de pouvoir s'exprimer devant le Congrès, donne des pouvoirs supplémentaires au Parlement en matière législative et de contrôle, crée le poste de défenseur des droits.
Devant la crise financière mondiale qui commence en 2007 et menace l'économie française, il met en place, en , un plan de sauvetage des banques françaises, dans le but de « ne pas avoir à faire supporter aux Français le coût exorbitant qu’aurait une défaillance de tout le système bancaire ». Ce plan prévoit la garantie par l'État des prêts interbancaires à hauteur de 320 milliards d’euros et dans la limite de cinq ans, ainsi que la recapitalisation des banques en difficulté à hauteur de 40 milliards d’euros, Nicolas Sarkozy indiquant que « l’État ne laissera aucune banque faire faillite ». Dans un discours prononcé à Toulon, le , Nicolas Sarkozy déclare : « Au fond, c'est une certaine idée de la mondialisation qui s'achève avec la fin du capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait contribué à la pervertir. L'idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, cette idée de la toute-puissance du marché était une idée folle. », site de la présidence de la République, 25 septembre 2008. Décrit par le journaliste Franz-Olivier Giesbert comme un « opportuniste, assez étatiste, vaguement social et plutôt libéral », Nicolas Sarkozy ne pouvait selon lui « être pris de court par la crise financière, comme les idéologues à la Bush » et ne pouvait que retomber « sur un de ses pieds »Franz-Olivier Giesbert, M. le Président : Scènes de la vie politique (2005-2011), Flammarion, 2011, 141..
Cette crise financière, la plus importante depuis 1929, entraîne un recul important de l'activité et une hausse considérable des endettements publics dans les pays industrialisés. Ainsi, en France, le chômage progresse de deux points entre fin 2007 et fin 2009. Pour relancer l'économie française, Nicolas Sarkozy annonce, en , un plan de relance d'un montant de 26 milliards d'euros, notamment pour assurer le financement des PME. Après avoir atteint 10 % début 2010, le chômage baisse légèrement ou stagne sur les trois semestres suivants, la croissance s'améliorant en 2010. Le chômage repart ensuite à la hausse, et il y aura plus de chômeurs en plus, toutes catégories confondues, sur l'ensemble du quinquennat..
À la suite des élections européennes de 2009, qui voient les listes de la majorité présidentielle (UMP-NC-LGM) arriver largement devant les autres listes, le gouvernement Fillon II est remanié le : huit membres du gouvernement quittent leurs fonctions, autant font leur entrée (l'« ouverture » est poursuivie, avec l'arrivée de Frédéric Mitterrand et Michel Mercier) et quatorze voient leurs attributions modifiées. Nicolas Sarkozy poursuit sa politique d'« ouverture » en nommant le divers gauche Michel Charasse membre du Conseil constitutionnel et le socialiste Didier Migaud à la présidence de la Cour des comptes en .