Limersheim (Limersche en alsacien) est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.
Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.
Géographie
Localisation Limersheim est située dans le Nord-Est de la France, dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Le village appartient à l'arrondissement de Sélestat-Erstein et au canton d'Erstein.
L'altitude moyenne de Limersheim est de environ.
Sa superficie est de .
Les villes et villages proches de Limersheim sont Hindisheim (67150) à , Nordhouse à , Hipsheim à , Schaeffersheim à , Ichtratzheim à . Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par l'Andlau, le ruisseau la Scheer et la Fosse Neugraben..
L'Andlau, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Le Hohwald et se jette dans l'Ill à Illkirch-Graffenstaden, après avoir traversé .
La Scheer, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Scherwiller et se jette dans l'Andlau à Fegersheim, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LimersheimLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Ill Nappe Rhin ». Ce document de planification concerne la nappe phréatique rhénane, les cours d'eau de la plaine d'Alsace et du piémont oriental du Sundgau, les canaux situés entre l'Ill et le Rhin et les zones humides de la plaine d'Alsace. Le périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est..
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Alsace, caractérisée par une pluviométrie faible, particulièrement en automne et en hiver, un été chaud et bien ensoleillé, une humidité de l’air basse au printemps et en été, des vents faibles et des brouillards fréquents en automne (25 à ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Entzheim à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Limersheim est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Strasbourg (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (71,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (72 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (59,3 %), forêts (21,4 %), zones agricoles hétérogènes (8,4 %), zones urbanisées (6,7 %), prairies (4,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Selon une explication étymologique stricte Limersheim proviendrait de leammer : « brebis », comme schaeffersheim de "schaeffer" (berger). On disait à l'époque mérovingienne que les brebis mangeaient déjà sur les terres déboisées de Limersheim et que les huttes des bergers étaient à Schaeffersheim.
Une autre légende prétend que Limersheim provient du nom d'un soldat romain nommé Lithomar, nom alors assez répandu.
Quant à la terminaison -heim, très fréquente dans les villages alsaciens : Hilsenheim, Schaeffersheim, Hindisheim, … Elle vient de l'ancien germanique et désigne généralement une demeure, un foyer ou un établissement. Par conséquent, le nom ancien Leidmareshaim pourrait avoir été formé à partir d'un nom de personne + heim, c'est-à-dire quelque chose comme « le domaine/la demeure de Leidmar ». C'est une construction toponymique très courante dans l'espace germanique.
En résumé : l'origine exacte de Limersheim reste discutée. La commune retient traditionnellement l'explication par le nom du soldat romain nommé « Lithomar ».
Les noms à travers les siècles Leidmareshaim à la fin du 8e siècle ; La mention « Leidmareshaim » en 778 que l'on attribue parfois à Limersheim semble en réalité correspondre à Leimersheim, en Rhénanie-Palatinat. Une source historique allemande donne précisément Leidmaresheim en 778 et l'interprète comme « la demeure du clan de Leidmar ».
Lumaresheim en 845
Linemaresheim en 847
Lumereshen en 1004 le texte dit que ces biens avaient été donnés par l'empereur Lothaire Ier : « ... ab eo data ... Lumereshen ... ». Autrement dit, en 1005, l'évêque Wernher consulte les anciens privilèges de Saint-Étienne et rappelle que Lothaire Ier avait accordé des biens à Lumereshen. Toutefois, la fiabilité de cet acte reste douteuse.
Lumersheim en 1183
Lumeresheim au
Villula Linemarshaïn au
Lymmersheim en 1358
Lemersheim en 1657
Leimersheim
Histoire
Époque romaine Au nord est du village, sur la rive gauche de la Scheer qui forme limite orientale de la commune, au sud de la départementale Hindisheim-Nordhouse, a été découvert en 1932 une station romaine avec trace d’habitat, construction de bois et de terre..
Époque mérovingienne : "villa regia" d'Erstein et abbaye de Liépvre Lors de la conquête de l'Empire romain par les Francs, la propriété des biens fiscaux romains passa aux rois mérovingiens. C'est ainsi qu’Erstein et Marlenheim devinrent des "cours royales". L’agglomération de Limersheim se développe sous la dépendance de la "villa régia" d'Heristein, première forme du nom d'Erstein.
Époque carolingienne L'abbaye de Saint-Denis à Paris avait comme abbé le moine Fulrad, qui était en même temps chancelier de Pépin le Bref. Il était d'origine alsacienne, de famille riche, qui possédait des biens dans notre région (Hindisheim, Limersheim). En l'espace de 20 ans, il avait fondé deux abbayes sur ses biens patrimoniaux en Alsace (au VIIe siècle). L'une pour moines, dans son milieu de naissance, qui devint Saint-Hippolyte et l'autre à Liépvre (abbaye pour moniales).
Au IXème siècle.
Dans l'édition de Johann Daniel Schöpflin, Alsatia illustrata. Dans son chapitre consacré à Limersheim, Schöpflin écrit :« Lumarshein. Curtis haec regia fuit, quam Lotharius Imp. Monasterio Stephaniano An. DCCCXLV. cum curte Lupotheshen, ad luminaria concinnanda, destinavit, uti in suo Diplomate loquitur. Vicus nunc Lienmarsheim dicitur, qui trium ab Argentorato leucarum spatio versus meridiem distat. » On peut le traduire ainsi :« Lumarshein. Cette curtis était un domaine royal, que l'empereur Lothaire destina en l'an 845 au monastère Saint-Étienne, avec la curtis de Lupotheshen, pour l'entretien de l'éclairage [de l'église], comme il le dit dans son diplôme. Le village est aujourd'hui appelé Lienmarsheim ; il se trouve à trois lieues au sud de Strasbourg. »Schöpflin ne se contente donc pas de citer le nom : il donne trois informations historiques :
Lumarshein est le nom utilisé dans le document ancien ; le lieu était une curtis regia, c'est-à-dire un domaine relevant directement du pouvoir royal ; Lothaire Ier le donne en 845 au monastère Saint-Étienne de Strasbourg, avec Lupotheshen (Lipsheim), afin de fournir des revenus destinés à l'éclairage de l'église.
Et surtout, Schöpflin précise que « Vicus nunc Lienmarsheim dicitur » : à son époque, le village correspondant était appelé Lienmarsheim. La localisation qu'il donne — trois lieues au sud de Strasbourg — correspond bien au secteur de l'actuelle Limersheim. Nous avons une confirmation indépendante beaucoup plus tardive : une charte de 1005 de Wernher, évêque de Strasbourg, rappelle les possessions anciennes de Saint-Étienne et mentionne :
« Lupoteshen, Lumereshen ad lumina concinnanda »
c'est-à-dire Lupotheshen et Lumereshen, précisément dans le contexte des biens servant à l'entretien de l'éclairage.
Une édition scientifique du Mittellateinisches Wörterbuch cite un document du Chartularium Argentoratense (Chart. Argent. I, n° 25) qui contient le passage : « dominicam curtem ... cum salica terra et suis ... Lumarshein, Lupotheshein »Le texte associe donc explicitement Lumarshein et Lupotheshein. Il est intéressant de noter que l'édition moderne classe toutefois cette charte comme « spur. s. XII.2 », c'est-à-dire comme un document jugé suspect/falsifié datant du XIIᵉ siècle, même s'il transmet vraisemblablement une tradition documentaire beaucoup plus ancienne.
C'est une nuance essentielle : nous ne possédons donc pas un original authentique de 845 dans cette source.
Toutefois le passage nous permet de comprendre que Lumarshein était associé à une curtis, terme latin désignant un domaine ou une exploitation foncière importante, avec sa terra salica — les terres relevant directement du domaine — et ses dépendances.
Une source lexicographique moderne reproduit également l'expression :
« duas curtes ... Lumarshein, Lupotheshein »
On comprend donc qu'il s'agit de deux domaines distincts, Lumarshein et Lupotheshein, avec leurs dépendances.
Cela renforce l'idée que le Limersheim du IXᵉ siècle n'était pas simplement un petit hameau : c'était un domaine foncier identifié, suffisamment important pour apparaître dans la documentation des possessions de Saint-Étienne.