Neuve-Église (Neikìrich en alsacien)est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.
Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace. Géographie Localisation La commune de Neuve-Église présente à peu près les mêmes similitudes que les villages proches de son aire géographique : Dieffenbach-au-Val et Neubois. Implantée sur l'ancien Comte-Ban le village se situe à une altitude de . Cette altitude varie d'ailleurs d'un secteur à l'autre entre 260 et , avec quelques élévations plus marquées en direction du village de Breitenau faisant partie de l'ancien vignoble de la Boos. Neuve-Église est située à l'intersection des routes qui mènent à Breitenau, Villé, Triembach-au-Val, Saint-Maurice et Dieffenbach-au-Val. La commune comprend également le hameau de Hirtzelbach et la partie de la rive droite du Luttenbach à Breitenau.
Communes limitrophes
Géologie Neuve-Église s'inscrit dans le bassin d'effondrement de Villé. Les dépôts permiens présentent trois particularités, de bas en haut : l'assise de Triembach, conservée à la faveur des petits compartiments effondrés du vallon de Hirtzelbach et des Saucematten, et qui se caractérise par des conglomérats, arkoses, schistes, argile rouge (ancienne carrière de glaise) ; l'assise de Meisenbuckel qui présente une majorité de matériel volcanique : tufs et brèches observables dans plusieurs caves du village ; l'assise de Kohlbaechel, épaisse d'environ , qui présente des grès grossiers, arkoses, concrétions de dolomie et lits argileux ; les pentes de l'Altenberg, au-dessus de d'altitude, voient l'affleurement du grès vosgien du Trias.
Le territoire communal a connu une exploitation de houille au à la suite de l'accord d'une concession..
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le Giessen et le ruisseau le Lutterbach..
Le Giessen, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Urbeis et se jette dans l'Ill à Ebersmunster, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques du Giessen sont données par la station hydrologique située sur la commune de Thanvillé. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 02:05 TU à partir des 484 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1984 au 01/04/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Neuve-ÉgliseLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Giessen Liepvrette ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Giessen et de la Lièpvrette. Son périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat des eaux et de l'assainissement Alsace Moselle..
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Villé à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Neuve-Église est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sélestat, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (50,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (51,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (50,8 %), forêts (34,7 %), zones urbanisées (14,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Lieux-dits et écarts Hirtzelbach.
Toponymie Neuve-Église : Neukirch en allemand, Nejkerich en alsacien. La première mention connue de Neuve-Église remonte à 1336 : Neukirche ; la graphie change de nom souvent : Nuwenkirch que l'on retrouve dans des documents datés de 1359, 1362, 1369 ; Nüwenkirch (1371), Nuwenkirche (1419), Nuwekirch (1469), N¨kirch (1543) etc. Après les traités de Westphalie (1648), une grande partie de l'Alsace est rattachée à la France. Pour certains documents en français, le nom est francisé en Neuve-Église. Pour ceux en langue allemande ou en langue latine (comme les actes paroissiaux) le nom reste bien sûr Neukirch.
Histoire Située au centre de l'ancien Comte-Ban Neuve-Église est située au centre de l'ancien Comte-Ban qui était la résidence du Meier ou maire et des comtes de Frankenbourg-Werde, qui deviennent Landgraves en 1196 et y possèdent le château du Frankenbourg. Le nom de Neuve-Église et celui des autres localités du Comte-Ban apparaissent pour la première fois en 1336 : Ulrich, landgrave d'Alsace, et son fils Johann, engagent à Henrich de Müllenheim le château de Frankenbourg, Grube (Fouchy), Breitenow (Breitenau), Nunkirche (Neuve-Église), Hirzelbach, Gerute et Dieffenbach, avec leurs dépendances. Saint Maurice sera rattaché l'année suivante. Il est fort possible que le nom de Neuve-Église soit apparu bien plus tôt, peut-être déjà avant le .
Le village passe entre les mains de nombreuses familles Neuve-Église, au cours de son histoire, passe entre les mains de plusieurs familles nobles : les Werde, les Oettingen, puis devient une possession épiscopale en 1359. Les évêques de Strasbourg donnent le tout en gage à divers seigneurs : les Leiningen, les Lützelstein (1395-1447), les Uttenheim, les Bock... pour finalement, en 1489, vendre l'ensemble au Grand Chapitre de la cathédrale de Strasbourg qui en restera propriétaire jusqu'à la Révolution.
Touché par la peste noire et les guerres Au , Neuve-Église est touchée par la peste noire. Une grande partie de la population est décimée. Au cours de la guerre de Trente Ans (1618-1648), le village en 1623 est ruiné et la désolation règne un peu partout. En 1618, Neuve-Église comptait encore de bourgeois, en 1649 il ne reste plus que deux et trois manants. Sur les habitées avant la guerre, sept sont encore debout. Neuve-Église est un des villages les plus touchés par ce terrible conflit.
Des familles de Lorraine et de Suisse repeuplent le village Par un édit promulgué par Louis XIV, on encourage l'arrivée de nouveaux habitants pour repeupler la région dévastée par la guerre de Trente Ans. Des populations entières venant de Suisse et de Lorraine s'installent à Neuve-Église permettant ainsi de reconstruire le village. À Neuve-Église on voit apparaître des noms comme Humbert, Thiebault, Lemaire, et Klein dont le nom sera francisé en Petit. Cet apport massif de populations permet au village de repartir sur de nouvelles bases et de connaître dès le une ère de prospérité. Les nouvelles habitations sont le témoignage vivant de cette époque et de cette expansion démographique. En 1690, on compte 18 couples et dans le village et vers 1801 on compte .
La Révolution La Révolution de 1789 entraine de profondes inquiétudes pour la population qui ne voit pas d'un bon œil tous les excès de cette période trouble. Les prêtres doivent prêter serment à la Constitution civile du clergé. De nombreux ecclésiastiques refusent de se soumettre et doivent alors quitter le département sous peine de prison. L'agent de la commune invite le curé, François Antoine Stackler, de Neuve-Église à se soumettre à la loi. Celui-ci refuse. Bravant la loi, il accueille même d'autres prêtres réfractaires dans son presbytère pendant une année avant d'être menacé par des « patriotes » du village. Il se réfugiera d'abord à Soultz, Battenheim et finalement en Suisse. Plus tard, la situation s'étant un peu calmée, le maire du village Antoine Siffer, qui n'approuve pas les excès de la Révolution, invite le curé Stackler à regagner sa paroisse, ce qu'il fait le . Il exerce d'abord discrètement son ministère, puis se montre au grand jour en prêchant publiquement. Il est dénoncé par quelques villageois et son arrestation est ordonnée aussitôt par le Directoire de Strasbourg qui lance à ses trousses des soldats venus de Sélestat. Le curé Stackler est finalement arrêté dans la nuit du alors qu'il se cache dans la maison du maire, Antoine Siffer. Une partie de la population tente de le protéger en empêchant son arrestation avant d'en être dissuadée. Le maire du village est arrêté à son tour pour entrave à la justice. Les deux prisonniers sont transférés à la prison de Strasbourg. Refusant de se soumettre de nouveau à la Constitution, le curé aggrave son cas. Il est condamné dès le lendemain à la peine de mort et conduit à l'ancienne place d'Armes où est dressé un échafaud. Il est guillotiné à midi. Dans la région, la nouvelle de sa mort plonge la population dans la stupeur et pendant de longues années, son exécution fera l'objet de longues discussions pendant les veillées au coin du feu. Une plaque de marbre commémorative se trouve dans le chœur de l'église rappelant cette sombre journée où fut exécuté le curé Stackler. Le principal carrefour porte aujourd'hui son nom.