Le musée national du Bargello est un musée de Florence installé depuis 1865 dans le palais du Bargello qui lui donne son nom, avec des collections de sculptures gothiques et de la Renaissance, qui sont les plus importantes d'Italie et qui sont considérées parmi les plus remarquables au monde. Elles comprennent des chefs-d’œuvre de Michel-Ange, Donatello, Ghiberti, Cellini, Giambologna, Ammannati et d’autres sculpteurs importants, ainsi qu’une grande collection d’arts appliqués.

Il fait partie des musées du Bargello avec les chapelles des Médicis, l'église d'Orsanmichele, le Palazzo Davanzati et le Palazzo Martelli.

En 2016, il est le trente-septième musée le plus visité d'Italie avec visiteurs., en baisse par rapport à 2015.

Histoire Dans les années 1840, le baron Seymour Kirkup, avec d'autres donateurs, finance une série de recherches à l'intérieur de la chapelle sainte Marie-Madeleine du palais et de la prison du Bargello, à la suite desquelles, le , le peintre et restaurateur Antonio Marini met au jour un portrait de Dante Alighieri, qui selon Giorgio Vasari avait été peint par Giotto. Cela relance l'intérêt pour le bâtiment, qui est restauré sous la direction de l'architecte Francesco Leoni, assisté par Pasquale Poccianti. Suite également à l'intérêt provoqué par la découverte, la restauration de l'ensemble du bâtiment commence en 1857. En 1859, un décret royal destine le palais à accueillir un musée sur la civilisation toscane.

Une fois la prison transférée à Murate, la restauration se poursuit jusqu'en 1865 sous la direction de Francesco Mazzei qui, après avoir restauré son aspect ancien, tente de récupérer ou de refaire les ornements architecturaux de toutes pièces. Il confie les décorations picturales des chambres à Gaetano Bianchi qui s'inspire des monuments de la même époque.

Le , le musée est inauguré sous son nom actuel de « musée national du Bargello » avec au rez-de-chaussée, deux salles d'armures aménagées avec des objets provenant en partie de l'armurerie des Médicis et l'autre de la garde-robe du Palazzo Vecchio, et une salle de sculptures des . Les sculptures de la salle des Cinq-Cents du Palazzo Vecchio, devenu entre-temps le siège du parlement du royaume d'Italie, sont placées dans la salle du premier étage.

Par la suite, des sculptures en bronze et en marbre et les collections d'arts appliqués viennent du musée des Offices: majolique, cire, ambre, ivoire, orfèvrerie, émaux et bronzes, certains d'entre eux transférés en 1928 au Trésor des Grands-ducs. D'autres proviennent à la fois de dons et de prêts de particuliers et d'institutions publiques : sceaux des archives d'État de Florence et pièces de monnaie de la Monnaie. Finalement, les terrecotte invetriate, les sculptures et l'orfèvrerie sacrée arrivent à la suite du Risorgimento et de la suppression des ordres monastiques qui en résulte.

À l’occasion des 500 ans de la naissance de Donatello en 1886, une salle est destinée à abriter des œuvres de l’artiste et des sculptures florentines du .

La donation de la collection de l'antiquaire lyonnais Louis Carrand date de 1888, la donation Conti de 1886, la donation Ressman de 1899 et la donation Franchetti de 1906, enrichissant le secteur des arts appliqués.

Durement touchée par les inondations de 1966 de Florence, le musée connaît ensuite une série de restaurations, de modernisation des installations et de réorganisation des collections.

Collections Le musée occupe trois niveaux du palais.

Salles du rez- de-chaussée Cour vignette|redresse|Vue de la cour. La cour (cortile en italien), dotée de portiques sur trois côtés avec des arcs en plein cintre sur des piliers octogonaux, a été construite au et enrichie au siècle suivant par le balcon et l'escalier gothiques, ce dernier construit sur un côté sans portique par Neri di Fioravante entre 1345 et 1367.

Du fait de l'utilisation du palais comme prison, les arcs de la loggia et de la véranda furent bloqués. Dans la seconde moitié du , la cour est la partie du palais la plus mise en valeur par les restaurations de Mazzei ; les loggias et la véranda sont rouvertes et les armoiries survivantes des podestats et des juges de la Roue sont restaurées, dans les voûtes sous les loggias, ainsi que les fresques de Gaetano Bianchi avec les bannières des quartiers et quelques armoiries des maires.

L’aménagement présente des sculptures provenant du Palazzo Vecchio et des jardins de Boboli et du Castello. Un joli puits octogonal se trouve au centre de la cour ; on y trouve aussi de précieuses statues en marbre, comme les six sculptures allégoriques de Bartolomeo Ammannati, quelques reliefs de Benedetto da Maiano et le Canon de saint Paul de Cosimo Cenni (1638).

Œuvres présentes dans la cour : vignette|redresse|Océan de Giambologna. La Tempérance, Allégorie de Florence, Junon et Paon, Arno, Terra, Arbia, (1556-15561) de Bartolomeo Ammannati Océan (1570-1575) de Giambologna Divinités fluviales de Francesco Camilliani Canon de saint Paul et Faucon (1638) de Cosimo Cenni Dauphin de fontaine (1809) de Battista Giovannozzi Incoronazione di Ferdinando d'Aragona da parte del cardinale Latino Orsini nel 1459 et les Six Musiciens de Benedetto da Maiano Le Pêcheur (1877) de Vincenzo Gemito La Vierge et les saints Pierre et Paul (1328) de Paolo di Giovanni Saint Jean-Baptiste de Saint Luc (1403-1406) de Niccolò di Piero Lamberti Alphonse d'Aragon attribué à Francesco Laurana Chandelier en fer forgé de Giulio Serafini Art florentin : frise avec dauphins, pile avec armes des Bordoni

Salles de sculpture médiévale ou du Accessibles depuis le côté est de la cour, ces deux salles sont normalement destinées aux expositions temporaires. Elles abritaient à l'origine quelques sculptures de la période précédant la Renaissance, comme la Vierge à l'Enfant de Tino di Camaino ou le groupe des Trois Acolytes d'Arnolfo di Cambio, aujourd'hui au premier étage.

Salle de garde dite « de Michel-Ange » et sculpture du vignette|redresse|Michel-Ange, Apollon. La salle, redécorée au milieu du par Gaetano Bianchi, fut ensuite aménagée avec la collection d'armes des Médicis ainsi que des trophées et des drapeaux. À la suite des inondations de 1966, elle a été blanchie à la chaux ; il ne reste aujourd'hui qu'une fresque giottesque avec la Vierge à l'Enfant avec des prières. Luciano Berti l'a consacrée à la sculpture du , certaines pièces provenant de la Galerie des Offices en 1874.

Parmi les nombreuses œuvres , celles de Michel-Ange se distinguent, avec quelques œuvres de jeunesse comme Bacchus (1497), sa première sculpture en ronde-bosse sculptée à l'âge de 22 ans et l'un des très rares sujets profanes du grand artiste, avant qu'il ne soit submergé par la vague de religiosité prêchée avec véhémence par Jérôme Savonarole. La figure du Bacchus, presque en équilibre sur un pied, est sculptée dans un style majestueux et bien modelé qui rappelle les sculptures classiques.

Le Tondo Pitti remonte à 1504, un bas-relief en partie inachevé représentant la Vierge avec Jésus et saint Jean enfants, dans lequel certains historiens voient des signes d'influence de compositions similaires de Léonard de Vinci.

L'Apollon date de 1530-32 et n'a pas été clairement interprété, tandis que buste de Brutus de 1539 est le seul buste survivant de Michel-Ange, qui selon Vasari représente Lorenzino de Médicis, appelé « Lorenzaccio » pour avoir tué son cousin le duc Alexandre de Médicis (1510-1537).

La salle est entourée de quelques petites œuvres inspirées du maître, sculptées par Bartolomeo Ammannati, Niccolò Tribolo et Baccio Bandinelli.

Sont aussi présentées les œuvres de Benvenuto Cellini (comme les bronzes originaux de la base de Persée tenant la tête de Méduse sur la Piazza della Signoria, les marbres de Ganymède et Narcisse et le Buste de Cosme ) et de Jean Bologne, représenté par l'un de ses chefs-d'œuvre, le bronze agile de Mercure de 1576.

Le Bacchus d'Andrea Sansovino datant d'environ 1515, s'écarte délibérément de l'œuvre de Michel-Ange, tandis qu'un relief en bronze est une œuvre intéressante de Vincenzo Donati.

Œuvres présentes dans la salle : Michel-Ange : Bacchus ivre (1496–1497), Tondo Pitti, Apollon, Brutus Giovan Francesco Rustici : Madone et le petit saint Jean, La Bataille d'Anghiari, d'après la fresque de Léonard de Vinci au Palazzo Vecchio. Benvenuto Cellini : Apollon et Hyacinthe, Ganymède, Cosme , Persée tenant la tête de Méduse (copie en cire et bronze sur le piédestal original, tandis que le Persée original se trouve à la loggia dei Lanzi, sur une copie du piédestal) Sansovino : Madone, Bacchus Pietro Francavilla : Moïse Il Tribolo : Le Jour, L'Aurore, Le Crépuscule, Fleuve Giambologna : Apennin, Mercure, Florence victorieuse de Pise, Bacchus Bartolomeo Ammannati : Guerrier gisant, La Victoire

Salles du premier étage

Salle des ivoires La salle est aménagée avec les ivoires entrés au Bargello en 1889 avec la collection Carrand, un antiquaire français qui fit don de sa collection à Florence. L'exposition, réorganisée en 1988, a été enrichie d'objets en bois, en cuir et en os d'usage similaire. Aux murs se trouvent des peintures et des statues en bois.

Chapelle Marie-Madeleine et sacristie thumb|upright=1.2|Fresque de Giotto avec le portrait de Dante (avant 1337). La chapelle du premier étage, avec une voûte en berceau ogivale et des fenêtres à une seule baie, a été construite après 1280. Les condamnés à mort s'y arrêtaient avant de commencer leur chemin vers la potence, assistés par les Battuti de' Neri qui faisaient partie de la confrérie Santa Maria della Croce al Tempio. Cet usage explique les fresques attribuées à l'atelier de Giotto (1340) : sur les murs latéraux, les Histoires de sainte Marie l'Égyptienne, de sainte Marie Madeleine, de saint Jean-Baptiste, exemples fameux de pénitents et de pécheurs rachetés ; sur le mur d'entrée est représenté l'Enfer, et sur le mur du fond le Paradis, où parmi les élus Dante Alighieri est représenté tenant la Divine Comédie, le portrait le plus ancien et probablement le plus proche de la réalité du grand poète.

Sur le mur du fond se trouvent également deux fresques de la fin du : la Vierge à l'Enfant de Sebastiano Mainardi et Saint Jérôme pénitent de Bartolomeo di Giovanni.

Lors de la transformation du bâtiment en prison, les fresques ont été effacées et la salle fut divisée en deux étages, l'un destiné à abriter les condamnés à mort en attente d'exécution, l'autre à servir de garde-manger. Avec la restauration au milieu du , le chœur et le pupitre de Bernardino della Cecca de la basilique San Miniato al Monte ont été placés dans la chapelle, tandis que le triptyque de Giovanni di Francesco a été installé sur l'autel et les œuvres d'orfèvrerie dans les vitrines sacrées.

Œuvres présentes dans la chapelle Marie-Madeleine et la sacristie : Fresque de Giotto avec le portrait de Dante Tondo de l'Esprit Saint, Luca della Robbia Saint François stigmatisé atelier de Giotto candélabre aux armes des Médicis de Valerio Cioli pièces d'arts religieux siennois, toscan, florentin, lombard, vénitien, ombrien, français avignonnais, allemand : calices, reliquaires, croix, patène, candélabres, plaques votives

Collection Carrand vignette|redresse|Salle Carrand. La salle, appelée salle du Duc d'Athènes jusqu'en 1888, à laquelle appartiennent les armoiries des fresques, contient une partie des objets donnés par Louis Carrand en 1888 : pièces d'orfèvrerie, émaux de Limoges, métaux, objets indiens, sculptures et peintures. Elle comporte une importante collection de tableaux et d'objets d'arts (émaux, ivoires, camées, métaux, etc.) du Moyen Âge et de la Renaissance provenant d'Italie et de France.

Œuvres présentes dans la Collection Carrand : Noli me tangere et le Couronnement de la Vierge du Maître du Codex de saint Georges