vignette|Carte des puits de pétrole, raffineries et oléoducs en France en 2006.
La France dispose de réserves de pétrole qu'elle utilise, en 2020, à raison de 1 % de sa consommation annuelle.. Ces réserves au sens géologique (pétrole extractible présent dans les gisements) ne doivent pas être confondues avec les stocks stratégiques de trois mois de consommation pleine utilisables en cas de grave crise internationale.. En effet, en tant qu'adhérente à l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la France doit conserver des stocks de pétrole équivalent à d'importation nette, ce qui correspond en 2010 à environ de tonnes.
Réserves et production vignette|Formation d'un train transportant du pétrole à Gabian dans l'Hérault dans les années 1920. vignette|Puits de pétrole dans le village de Burosse-Mendousse dans les Pyrénées-Atlantiques dans les années 2000.
En métropole Données générales Les réserves de pétrole en France métropolitaine sont principalement réparties entre le Bassin parisien et le Bassin aquitain.
En 1939, la production métropolitaine était d'environ pour une consommation de carburant de de tonnes.
Entre 1956 et 2017, le Gouvernement français a reçu plus de de titres d'exploration (demandes de permis exclusifs de recherches d'hydrocarbures liquides ou gazeux) et en a octroyé plus de 600. Ceux-ci ont conduit à l'octroi de d'exploitation (concessions d'hydrocarbures liquides ou gazeux), principalement dans le Bassin parisien, le bassin d'Aquitaine et le fossé rhénan. Au cours de cette période, la France a produit environ de tonnes de pétrole et de mètres cubes de gaz naturel ( pour le seul gisement de Lacq, pour Meillon). Environ d’exploration et de production ont été forés.
Dans les , environ de brut sont extraits chaque jour des deux régions (55 % en Île-de-France et 45 % en région Aquitaine),soit en 2020.. Cependant, les réserves exploitables sont bien plus importantes que celles exploitées en raison de l’existence dans les sous-sols du Bassin parisien de pétrole emprisonné dans le Permien (fin de l'ère primaire) et le Lias (milieu de l'ère secondaire)Les hydrocarbures de roche-mère en France - Rapport provisoire, La Documentation Française avril 2011.. En 2016, cela représente de pétrole, soit environ 1 % de la consommation française. Ces réserves représentent d'exploitation au rythme de 2020 et trois mois et demi de consommation nationale.
Le principal producteur à cette date est la société canadienne Vermilion Energy., implantée en France depuis 1997 et réalisant à cette date près des trois quarts de la production française. soit, début 2016, par jour.. Les principaux autres producteurs sont début 2017 Lundin Petroleum (Suède), qui a transféré en cours d'année dans une nouvelle société, International Petroleum Corporation, sise au Canada., ses activités en France., Geopétrol, Petrorep (la première compagnie à avoir découvert en 1958 du pétrole exploitable commercialement dans le Bassin parisien.) et la Société pétrolière production exploitation.
Ces activités engendrent, dans les années 2010, un chiffre d'affaires annuel direct et indirect compris entre et d'euros, assurant ainsi quelques milliers d’emplois directs et indirects en France et des retombées fiscales d’environ d’euros par an.. En 2014, l'Union française des industries pétrolières estimait à .
En est adoptée une loi mettant progressivement fin à la recherche et à l'exploitation d'hydrocarbures sur le territoire national d'ici à 2040.. Ainsi, aucun nouveau permis de recherche d'hydrocarbures ne peut être désormais accordé en France par l’État. La prolongation de permis existants est en revanche encore possible. Aucun nouveau permis d'exploitation ne pourra non plus être accordé, sauf si la demande est faite pendant la durée de validité d'un permis de recherche. Les permis d'exploitation existants ne pourront pas être prolongés au-delà de l'année 2040 sauf si l’entreprise qui demande la prolongation démontre qu’elle n’a pas couvert ses frais de recherche avec l’exploitation du gisement.
En , le site web d'investigation Disclose révèle que malgré la loi hydrocarbures, l’État a autorisé au moins 47 forages de pétrole depuis 2017, sur l’ensemble du territoire. Pour cela, les industriels s'appuient sur une partie du texte qui leur permet de creuser de nouveaux puits sur leurs concessions tant qu’ils disposent d’un titre minier délivré avant 2017. Sur les 47 autorisations, au moins 19 sites d'extraction sont déjà en service, s'ajoutant aux 600 déjà présents en France. Également, en plus des nouveaux forages sur des concessions existantes, les gouvernements successifs, sous la présidence d’Emmanuel Macron, ont approuvé par décret cinq nouvelles concessions pétrolières et l’agrandissement de deux autres (soit 400 kilomètres carrés du territoire national). Selon les industriels, parmi lesquels le canadien Vermilion qui extrait 70 % du pétrole français, l'intérêt est surtout écologique, avec un meilleur bilan carbone pour le baril de pétrole produit en France que pour le baril importé. Cet argument est toutefois nuancé par des scientifiques, dans la mesure où les sites d'extraction et de raffinage sont distants de plusieurs centaines de kilomètres, impliquant de nombreux allers-retours en camion-citerne. Par ailleurs, l'Autorité environnementale s'inquiète en réalité d'un accroissement des émissions de gaz à effets de serre, et les régies de l'eau craignent une pollution des nappes d’eaux souterraines.
Dans le Bassin parisien vignette|gauche|Chevalets de pompage à Jouy-le-Châtel en Seine-et-Marne en 2013. vignette|Un puits de pétrole en cours de forage en 2009 à Saint-Martin-de-Bossenay, le département de l'Aube. vignette|gauche|Chevalets de pompage à Sivry-Courtry en Seine-et-Marne en 2013. Plus de deux mille puits ont déjà été forés et plus de 285 millions de barils de pétrole ont été produits dans le Bassin parisien en 2011 sur une réserve totale estimée à entre 60 et 100 milliards de barilsUn eldorado pétrolier sous le Bassin parisien, Le Figaro, 8 mars 2011..
Cependant, faute de nouvelles explorations, cette production s’amoindrit progressivement et risque de disparaître. Les principaux gisements sont Chaunoy, Itteville et Villeperdue.
La production dans le Bassin parisien remonte aux années 1950, époque à laquelle la France vise l’autosuffisance pétrolière et entame une série de grands programmes de recherche en Seine-et-Marnehttp://annales.com/ri/2000/05-2000/galin041-046.pdf Les forages profonds : un autre après-mine ? Annales des mines..
La première découverte de pétrole est faite le à , à de profondeur dans les sous-sols du village de CoulommesLa Guerre secrète du pétrole, Jacques Bergier et Bernard Thomas, Éditions Denoël, 1968 ; Éditions J’ai Lu Flammarion, 1971 réf. A259, ..
Ce gisement a produit environ deux millions de tonnes de pétrole mais sur les cinquante-sept puits forés depuis 1958 sur la concession, quatre seulement sont encore en activité en 2011Le gisement Pétrorep bientôt à sec, Le Parisien, 04 janvier 2011..
Au cours des années 1960, d’autres découvertes ont suivi. C’est également à cette période que l’unique raffinerie de Seine-et-Marne, la raffinerie de Grandpuits qui approvisionne Paris, est inaugurée en 1967 en présence de Georges Pompidou, alors Premier ministre.
En 1982 et 1983, les champs de Villeperdue et de Chaunoy sont découverts. Le premier par la société Triton (il a ensuite été exploité par Total, puis par Coparex, devenue Lundin depuis ) et le second par Esso. Fin 2002, Chaunoy avait produit au total d'huile et Villeperdue Les ressources énergétiques du sous-sol ministère de l’Écologie et du Développement durable..
La dernière découverte significative a été faite par Elf en 1990 (Itteville)Le pétrole en Ile-de-France, de la ressource aux consommateurs, Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE).. Pour autant à cette époque, le bilan de l’activité pétrolière du Bassin parisien est mauvais et aucune autre découverte significative n’a été effectuée. En 1992, neuf puits seulement ont été forés, contre 33 en 1991.
Plusieurs découvertes ont été faites au cours des années 1990, puis plus récemment en 2003-2004En France, on a du gaz, des idées et des canadiens, Le Blog Finance, 11 mars 2006..
Mais, parallèlement, plusieurs puits français ont également été stoppés et la prospection suspendue en raison de la chute du prix du baril passé sous les neuf dollars (le seuil de rentabilité était de le baril).
Face au prix du baril de pétrole (100 dollars en 2011), il devient économiquement de nouveau rentable de prospecter dans le Bassin parisienPétrole: le prix du baril à plus de ?, 20 minutes, 5 mars 2011..
Les compagnies pétrolières qui exploitent actuellement du pétrole dans le Bassin parisien cherchent à progresser sur deux domaines en parallèle : augmenter le rendement d'extraction qui n'est actuellement que de 25 % par puits, et poursuivre l'explorationLe Parisien, Pétrole : quatre nouveaux forages en Seine-et-Marne, Le Parisien, 18.11.2012..
Dans le Bassin aquitain vignette|Station de pompage sur l'étang de Biscarrosse et de Parentis en Nouvelle-Aquitaine. vignette|Installations de Vermilion à la pointe du Cap Ferret (au premier plan, concession de « Lavergne ») en 2004. Les trois principaux champs de pétrole du Bassin aquitain sont Parentis, Cazaux et le « pool d'Arcachon »..
Après la découverte de pétrole dans le village de Gabian (Hérault) en 1924, et celle de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) le , le plus important champ d'huile français, Parentis-en-Born, a été découvert par Esso le ..
Depuis cette découverte, une vingtaine de gisements ont été mis au jour dans le Bassin aquitain. L’essentiel de l’activité se concentre dans le sous bassin d'Adour-Arzacq long de plus de avec 4,7 puits pour . Celui de Parentis, à la fois terrestre et maritime a en revanche une plus importante densité de forage d'exploration (environ 8 puits/)Les ressources énergétiques du sous-sol, ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement (MEDDTL)..
vignette|gauche|Un puits de pétrole de Vermilion au Cap-Ferret en 2020. Sur la presqu’île du Cap Ferret se situent des forages exploitant une nappe de pétrole située à de profondeur appartenant aux ressources du bassin aquitain. Le puits du Cap Ferret, ouvert en 1962, exploitait par un forage dévié, le gisement de « Lavergne » situé sous la mer, entre la Pointe et le banc d’ArguinUn second puits, installé en forêt au « Truc vert », exploite le gisement de « Courbey », situé entre la presqu’île et l'île aux Oiseaux, et découvert en 1996.. Il a été fermé en 1994 par ESSO-Rep, filiale d’Exxon et ancien exploitant, en raison du débit trop faible. Le puits a été déplacé plus au nord à cause de l’érosion.
La société pétrolière Vermilion, qui a racheté les champs pétrolifères d'Esso, a été autorisée en 2010 à réexploiter le gisement de « Lavergne » au Cap Ferret jusqu’en 2029 et à forer des puits additionnels....
En 2023, la société Vermilion souhaite augmenter l'exploitation de sa concession de « Cazaux » en forêt usagère de La Teste par des forages supplémentaires. Ce projet suscite l'incompréhension des écologistes au regard de l'échéance annoncée de 2040 d'arrêt de toute exploitation d'hydrocarbure en France..
Les hydrocarbures sont acheminés via un oléoduc au bec d'Ambès.
En Alsace-Lorraine vignette|Publicité pour l'entreprise Antar commercialisant le pétrole alsacien. (La Vie en Alsace, 1933).