En génétique humaine, l’haplogroupe T ou T-M184 est un haplogroupe de l'ADN du chromosome Y humain. De 2002 à 2008, il fut connu comme haplogroupe K2. Ne pas confondre avec l'haplogroupe T de l'ADN mitochondrial, du même nom.

T-M184 est inhabituel car il est à la fois géographiquement répandu et relativement rare. T1 (T-L206) – la branche primaire numériquement dominante de T-M184 – semble être originaire d'Asie occidentale, puis s'est propagée en Afrique de l'Est, en Asie du Sud, en Europe, en Égypte et dans les régions adjacentes. T1* pourrait s'être étendu avec la culture néolithique précéramique B (PPNB), originaire du Proche-Orient.

Le polymorphisme à évènement unique qui définit ce clade est généralement considéré comme un polymorphisme nucléotidique singulier (sigle anglais SNP) M184. D'autres SNP, L206, M193, M272 sont couramment considérés comme équivalents par la phylogénétique.

Origine L’haplogroupe T aurait émergé il y a environ 25 000 à 30 000 ans, probablement dans la région du Proche-Orient ou de l'Asie de l'Ouest.

Le plus ancien porteur connu de l’haplogroupe T-M184 a été retrouvé sur le site de Pınarbaşı (Anatolie) et est daté d'env. 12 000 ans avant le présent. Cette découverte suggère également que l'haplogroupe T était présent en Anatolie bien avant l'avènement de l'agriculture, renforçant l'hypothèse d'une origine locale pour les premiers agriculteurs de la région..

L’haplogroupe T-M184 a probablement accompagné les premières vagues de diffusion néolithique, en particulier via la migration des premiers agriculteurs du Levant vers l'Europe et l'Afrique. On le trouve ainsi dans la grotte de Karsdorf (Allemagne), daté d'env. 7 200 – 7 500 AP associé à la culture rubanée (LBK) du Néolithique européen précoce. Cet haplogroupe T1a semble démontrer que celui-ci faisait partie de la vague de néolithisation venant du Proche-Orient vers l'Europe Iain Mathieson, Iosif Lazaridis, Nadin Rohland et al., Eight thousand years of natural selection in Europe, biorxiv.org, 10 octobre 2015, doi.org/10.1101/016477.

La présence en Europe de lignages appartenant aux subclades T1a ou T1a1 (Ancien T1b) reflète probablement de plusieurs épisodes de flux génique.

Distribution haplogroupe T1 L'haplogroupe T1 (M70, M184, M193, M272) est trouvé à une petite majorité chez les indigènes Kurukh, Bauris & Lodha en Inde; et une forte minorité de Rajus et Mahli en Inde, Somalis, Sud Égyptiens et Foulbé en Afrique, Chians, Allemands Stilfser/Tyroliens Saccensi/Siciliens, Eivissencs et Juifs du Nord-Est Portugal en Europe, Zoroastriens, Bakhtiaris au Moyen-Orient, et les Xibes en Extrême-Orient.

Puisque l'haplogroupe T1 n'est pas associé avec les lignages R1, G et J qui sont entrés en Afrique venant d'Eurasie relativement récemment, Luis et al. (2004) suggère que la présence du clade sur le continent africain peut, comme pour les représentants de R1b-V88*, pointer à une plus ancienne arrivée depuis l'Asie. Le Levant plus que l'Arabie du Sud apparaît être la principale route d'accès, car les haplogroupes égyptiens et turcs sont considérablement plus vieux en âge ( avant présent et avant présent, respectivement) que ceux trouvés à Oman (seulement avant présent). Selon les auteurs, la distribution moderne suivant un modèle en tâches pour l'haplogroupe T1 à l'intérieur de l'Afrique peut donc représenter les restes d'une présence précoce plus étendue du clade. Les expansions plus tardives de populations portant des lignages E1b1b, E1b1a, G et J peuvent les avoir fait très largement surpasser en importance numérique les porteurs des clades T dans de nombreuses régionsJ. R. Luis et al.: The Levant versus the Horn of Africa: Evidence for Bidirectional Corridors of Human Migrations (Errata), American Journal of Human Genetics, 74: 532-544..

Mendez et al. (2011) ont observé qu'une notable fréquence d'un échantillon Lemba d'Afrique du Sud (18 %) portait exclusivement l'haplogroupe T1b-L131 qui est considéré originaire du Proche-Orient. T1b* partage une même période estimée d'expansion avec les T1* SomalisF.L. Mendez et al., "Increased Resolution of Y Chromosome Haplogroup T Defines Relationships among Populations of the Near East, Europe, and Africa" BioOne Human Biology 83(1):39-53, (2011).

La distribution de l'haplogroupe T1 dans beaucoup de parties de l'Europe est diffuse ou régionalisée ; par exemple, l'haplogroupe T1 fut trouvé pour 1,7 % (10/591) dans un ensemble de six échantillons d'hommes du Sud-Ouest de la Russie, mais il était complètement absent d'un ensemble de huit échantillons totalisant 637 individus de la moitié nord de la Russie européenneOleg Balanovsky, Siiri Rootsi, Andrey Pshenichnov, Toomas Kivisild, Michail Churnosov, Irina Evseeva, Elvira Pocheshkhova, Margarita Boldyreva, Nikolay Yankovsky, Elena Balanovska, et Richard Villems, "Two Sources of the Russian Patrilineal Heritage in Their Eurasian Context", The American Journal of Human Genetics, 82, 236–250, janvier 2008. Les Russes du Sud-Ouest étaient des villes suivantes : Roslavl, Livny, Pristen, Repievka et Belgorod; avec compris les Cosaques du Kouban de la République des Adygués..

Distribution haplogroupe T (hors T1) FTDNA, une société commerciale de généalogie génétique expose une carte qui montre une relativement haute fréquence de l'haplogroupe T chez quelques Aborigènes australiens. Probablement ces populations correspondent à celles antérieurement rapportées dans plusieurs études comme K*(M9) avec une fréquence proche de 30 % en Australie du Nord. Selon FTDNA, leur haplogroupe T est défini par le SNP M184 tandis que M70 définit T1.

Asie du Sud L'haplogroupe T1-M70 a été détecté chez :

PopulationLangueRégionMembres/NombrePourcentageSourceNotes Kurukh Yerukala (dravidien) Andhra Pradesh 10/18 55,6 % R. Trivedi, Sanghamitra Sahoo, Anamika Singh, G. Hima Bindu, Jheelam Banerjee, Manuj Tandon, Sonali Gaikwad, Revathi Rajkumar, T Sitalaximi, Richa Ashma, G. B. N. Chainy et V. K. Kashyap, "High Resolution Phylogeographic Map of Y-Chromosomes Reveal the Genetic Signatures of Pleistocene Origin of Indian Populations" Bauris Bengali (indo-aryen) Bengale-Occidental 10/19 52,6 % K* a 6/19, si M70- mais M184+, alors pourrait être 84,2 % Lodhas Lodha (Sora–Juray–Gorum munda)Bengale-Occidental 2/4 50 % Rajus Telougou (dravidien) Andhra Pradesh 3/1915,9 % Maheli Mahali (Kherwari munda)Bengale-Occidental2/13 15,3 % Chenchus Chenchu (dravidien) Andhra Pradesh3/2015 %K* a 7/20, si M70- mais M184+, alors pourrait être 50 % Kare VokkalKannada (dravidien)Karnataka4/3013,3 %Anish M. Shah et al., ["Indian Siddis: African Descendants with Indian Admixture"] 2011K* a 3/30, si M70- mais M184+, alors pourrait être 23,3 % Banjaras Lambadi (indo-aryen) Andhra Pradesh 2/1811,1 % Gonds Gondi (dravidien) South Uttar Pradesh 4/38 10,6 %Clyde Winters "Y-Chromosome evidence of an African origin of Dravidian agriculture", International Journal of Genetics and Molecular Biology (2010) Gonds Gondi (dravidien) Madhya Pradesh 10/1397,2 % Indiens langues en Inde Inde du Sud18/3055,9 % Maheli Mahali (Kherwari munda)Jamshedpur du Jharkhand; Purulia, Midnapore & autres endroits du Bengale-Occidental2/385,3 %Vikrant Kumar et al. "Y-chromosome evidence suggests a common paternal heritage of Austro-Asiatic populations"Deux échantillons d'études différentes groupés Chenchus Chenchu (Dravidien) Andhra Pradesh3/614,9 %T. Kivisild et al. "The Genetic Heritage of the Earliest Settlers Persists Both in Indian Tribal and Caste Populations"Échantillons de Trivedi et al. and Kivisild et al. Banjaras Lambadi (indo-aryen) Andhra Pradesh 2/533,8 %Deux échantillons d'études différentes groupés Indiens Langues en Inde Inde de l'Est 14/3673,8 % Gujaratis Gujarati (Indo-Aryen) Gujarat 1/293,4 % LodhaLodha (Sora–Juray–Gorum MundaMidnapore et autres endroits Bengale-Occidental2/712,8 %Sanghamitra Sengupta et al. "Polarity and Temporality of High-Resolution Y-Chromosome Distributions in India Identify Both Indigenous and Exogenous Expansions and Reveal Minor Genetic Influence of Central Asian Pastoralists"Trois échantillons d'études différentes groupés

Avec K-M9+, non confirmé mais probablement T1-M70+ : 56,6 % (30/53) des Kunabhis au KarnatakaK.Tangaraj et al. "Y-Chromosomal STR Haplotypes in Two Endogamous Tribal Populations of Karnataka, India", "'American Academy of Forensic Sciences'" (2007), 32,5 % (13/40) des Kammas en Andhra PradeshG. Venkata et al. "Y-chromosome SNP haplotypes suggest evidence of gene flow among caste, tribe, and the migrant Siddi populations of Andhra Pradesh, South India"], 26,8 % (11/41) de Brahmanes en Visakhapatnam, 25 % (1/4) de Kattunaiken en Inde du SudR. Cordaux et al. "Independent Origins of Indian Caste and Tribal Paternal Lineages"], 22,4 % (11/49) de Telougous en Andhra PradeshI. Thanseem et al. "Genetic affinities among the lower castes and tribal groups of India: inference from Y chromosome and mitochondrial DNA S1 ", "'BMC Genetics'" (2006), 20 % (1/5) de Ansâri en Asie du SudElise M. S. Belle et al. "Y chromosomes of self-identified Syeds from the Indian subcontinent show evidence of elevated Arab ancestry but not of a recent common patrilineal origin"], 10 % (2/20) de Poroja en Andhra Pradesh, 9,8 % (5/51) de Pandits au CachemireS.Sharma et al. "The Indian origin of paternal haplogroup R1a1* substantiates the autochthonous origin of Brahmins and the caste system", Journal of Human Genetics (2009), 8,2 % (4/49) de Gurjars au Cachemire, 7,7 % (1/13) de Siddis (migrants venus d'Éthiopie) en Andhra Pradesh, 5,5 % (3/55) de Adi en Inde du NordRichard Cordaux et al. "The Northeast Indian Passageway: A Barrier or Corridor for Human Migrations?", Society for Molecular Biology and Evolution (2004), 5,5 % (7/128) de Pardhans à Adilabad, 5,3 % (2/38) de Brahmanes du Bihar, 4,3 % (1/23) de Bagatas en Andhra Pradesh, 4,2 % (1/24) de Valmiki en Andhra Pradesh, 3,6 % (2/56) de Syed en Asie du Sud, 3,1 % (1/32) de Brahmanes au Maharashtra, 3,1 % (2/64) de Brahmanes au Gujarat, 2,9 % (1/35) de Rajputs en Uttar PradeshP. Majumder et al., Ethnic populations of India as seen from an evolutionary perspective], 2,3 % (1/44) de Brahmanes au Peruru, et 1,7 % (1/59) de Manghi au Maharashtra.

Aussi dans les Desasth-Brahmanes au Maharashtra (1/19 ou 5,3 %) et de Chitpavan-Brahmanes au Konkan (1/21 ou 4,8 %) de Chitpavan-Brahmanes au Konkan (2/66 ou 3 %).

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