La Petite-Pierre (Lìtzelstän en alsacien, Lützelstein en allemand) est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace et fait partie du parc naturel régional des Vosges du Nord, dont le siège se trouve dans le château de la ville.

Linguistiquement, La Petite-Pierre se situe dans la zone du francique rhénan.

Géographie Localisation Petite ville du Bas-Rhin à au nord de Saverne et au nord-ouest de Strasbourg, située dans un défilé des Vosges conduisant de l'Alsace à la Lorraine, au pied de l'Altenbourg. La Petite-Pierre, ancien chef-lieu de canton, et la partie « plateau » du canton portant son nom sont généralement considérés comme la limite Est de l'Alsace Bossue ou krumme Elsass, particularité géologique, géographique, cartographique mais aussi architecturale (maisons à schopf, villages rues).

Géologie et relief Sur une carte des Vosges du Nord, on constate qu'à partir de La Petite-Pierre, l'axe nord-sud du massif des Vosges « s'incline » vers le nord-est, vers une ligne Lichtenberg-Niederbronn-les-Bains-Wissembourg, pour reprendre ensuite, autour de Lembach, un axe sud-nord, se prolongeant vers le Palatinat rhénan en Allemagne (Naturpark Pfälzerwald).

La commune se trouve sur un socle de grès très épais (sol pauvre, acide), ce qui explique l'importante couverture forestière. Ce massif se situe entre la vallée de la Moder au nord, et celle de la Zinsel du Sud, en direction de Phalsbourg. Au nord-est du ban communal passe la ligne de partage des eaux entre les sous-bassins de la Sarre (Moselle) et le bassin principal du Rhin.

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau l'Eichel et le ruisseau le Niederbachel..

L'Eichel, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Petersbach et se jette dans la Sarre à Herbitzheim, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|<center>Réseau hydrographique de la Petite-PierreLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang d'Imsthal () et l'étang du Donnenbach, d'une superficie totale de ( sur la commune)..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Moder ». Ce document de planification concerne le bassin versant de la Moder dont le territoire s'étend sur . Le périmètre a été arrêté le . La commission locale de l'eau a été créée le , puis modifiée le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat des eaux et de l’assainissement Alsace-Moselle (SDEA)..

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Berg à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Milieux naturels et biodiversité Espaces naturelsBiodiversité : Cinq espaces protégés hors Natura 2000, Trois espaces protégés Natura 2000, Deux zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff) Forêts des plateaux gréseux des Vosges du NordForêts des plateaux gréseux des Vosges du Nord, Cours amont de la Moder et de ses affluentsCours amont de la Moder et de ses affluents.

Urbanisme Typologie Au , La Petite-Pierre est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols vignette|droite|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (91,6 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (91,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (91,6 %), zones agricoles hétérogènes (4,6 %), zones urbanisées (2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Écarts ou lieux-dits La commune compte plusieurs entités géographiques et cadastrales : la cité médiévale fortifiée (Staedtel), le Faubourg et les quartiers et lieux-dits limitrophes, deux hameaux, au sud du ban communal, Kohlthal et Imsthal, et deux lieux-dits situés sur la limite communale, localisation de maisons forestières (ONF), à savoir la Rothlach et le Loosthal.

Voies de communications et transports Voies routières L'origine de La Petite-Pierre est liée à un croisement de routes, l'une nord-sud, suivant l'axe du massif des Vosges, et l'autre reliant la plaine du Rhin, l'Alsace et le plateau lorrain. Cette position de col () se situe à une altitude moindre que le col le plus proche, le col de Saverne (). Anciennement, cette différence avait une importance majeure pour les six mois d'hiver. Ceci se matérialise aujourd'hui par les voies départementales suivantes : la venant de Bouxwiller et Weiterswiller (Ingwiller et Strasbourg) et la vers Petersbach et Drulingen (Sarre-Union et l'autoroute A4), la liaison nord-sud étant assurée par la depuis Zittersheim et Wingen-sur-Moder (Bitche), et la venant du sud, côté Graufthal (Eschbourg), Oberhof, Dossenheim-sur-Zinsel (Phalsbourg et Saverne).

Lignes SNCF La ligne la plus proche est celle de Mommenheim à Sarreguemines. La gare la plus proche est celle de Wingen sur Moder (10 km), elle permet de rejoindre Strasbourg en 40 minutes et Sarreguemines en 39 minutes. La gare d'Ingwiller située sur la même ligne se trouve à 13 km.

La Petite Pierre se trouve également à 20 km de la gare de Steinbourg sur la ligne de Paris-Est à Strasbourg permettant de rejoindre Saverne, Sarrebourg, Metz ou encore Paris en TGV.

Ces lignes sont desservies par les trains TER Grand Est.

Toponymie LítzelstäinGeoplatt et Lítzelstään en francique rhénan, Lützelstein en allemand. La Petite Pierre (1793).

Histoire Antiquité Les premières traces d’occupation sur le territoire de la commune remontent à la période romaine. À cette époque, une voie romaine passe par le col de La Petite-Pierre et une tour de guet se dresse à l’emplacement de la maison dite des païens construite sur sa base au . Un sanctuaire, dit Meissenbacher Schlössel, dédié à une divinité des sources se trouve en outre à l’est. La Petite-Pierre n’est toutefois probablement alors rien de plus qu’un gîte d’étape pour les voyageurs.

Moyen Âge Au Haut Moyen Âge, la route dite via Bassoniaca, qui va vers Bitche depuis la Petite-Pierre en passant par Puberg et le Breitenstein, joue un rôle majeur dans l’organisation de la région, car elle fait la jonction entre les territoires lorrains et alsaciens de l’évêché de Metz. C’est peut-être à cette époque qu’un premier château est construit sur le rocher qui surplombe le village. Celui-ci est probablement un lieu assez important à l’échelle locale, car il comporte, bâtie sur les pentes du Kirchberg, la seule église des alentours. Le pouvoir temporel reste toutefois d’abord entre les mains des comtes de La Petite-Pierre. Ceux-ci, qui détiennent d’autres comtés, y séjournent peu jusque dans le dernier quart du , quand Hugues de Lunéville décide de donner le comté à son fils. Celui-ci s’y installe dans les années 1180, fait reconstruire l’ancien château et prend le nom de Hugues de La Petite-Pierre. En 1223, Hugues est toutefois forcé de devenir le vassal des évêques de Strasbourg après avoir perdu une guerre contre l’évêque Henri II de Veringen.

La ville se développe au cours du sur le plateau rocheux en avant du château et est dotée de fortifications. Cette partie ne concentre toutefois que les fonctions administratives de capitale du comté, le centre commercial et religieux restant dans le faubourg Sainte-Croix, au pied de la colline. À cette époque, les ressources du comté proviennent essentiellement des droits de péage, le faible nombre d’habitants de la région ne permettant pas de générer d’importantes recettes fiscales.

Au début du , le comte Nicolas de La Petite-Pierre se lance dans une guerre contre la ville de Strasbourg. En réponse, la milice strasbourgeoise, après avoir incendié tous les villages du comté sur son chemin, assiège la ville. Ce siège n’aboutit pas, mais entraîne la destruction du faubourg Sainte-Croix. En 1374, c’est au tour des écorcheurs de ravager la région, bien que Le Petite-Pierre, protégée par ses fortifications, demeurent épargnée. À la mort sans héritier du comte Henri, son frère Bourcard hérite du comté, mais est contraint pour ce faire de céder en 1403 un quart du château et de la ville à l’empereur Robert le Palatin. Bourcard s’attache particulièrement au développement de la ville, avec notamment la construction d’une nouvelle église près du château.

Ses fils Jacques et Guillaume entraînent toutefois la formation d’une coalition contre eux après s’être emparé en 1447 de Bitche et avoir pris en otage les enfants du comte Frédéric de Deux-Ponts. Le prince palatin Louis IV s’empare alors de La Petite-Pierre et se fait remettre le comté, qu’il leur restitue sous forme de fief, une garnison palatine occupant le château. En 1449, Jacques et Guillaume se révoltent et chassent les Palatins de la ville. Après quelques succès initiaux, La Petite-Pierre se retrouve toutefois assiégé à partir de par Frédéric du Palatinat. Le château tombe en septembre après deux mois de siège et la ville est annexée aux possessions des comtes palatins.

Époque moderne vignette|Le fort de la Petite-Pierre(Eugène Laville, 1849).